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Savoir raisonner

8 fiches progressives pour apprendre à argumenter

Fiche 1 : La typologie des textes

1. La typologie des textes

C'est l'intention de l'auteur qui permet de classer les principaux types de textes : il veut informer, expliquer, donner un ordre ou un conseil, convaincre ou influencer. Mais un texte n'appartient jamais à un seul type de texte : il s'agit d'en dégager l'élément dominant : on parlera donc de texte à dominante injonctive, argumentative…

On parle parfois de texte descriptif pour simplifier : en réalité, la description peut faire partie d'un texte narratif, d'un texte explicatif, d'un texte argumentatif, etc…

Les distinctions de types de textes sont surtout valables pour les textes non littéraires. Ceux-ci n'ont pas pour seul but d'informer, de distraire, de convaincre ou de donner des consignes.
Le texte littéraire, en particulier poétique, est beaucoup plus complexe : c'est d'abord une forme d'art : l'auteur cherche à créer quelque chose de beau. On peut cependant se servir des catégories de textes que nous avons définies pour servir à aider à expliquer un texte littéraire.

On peut distinguer cinq principaux types de textes :

- les textes narratifs, qui présentent des faits sous forme de récit ;
- les textes informatifs, qui apportent des renseignements objectifs ;
- les textes explicatifs, qui apportent des explications ;
- les textes injonctifs, qui donnent une consigne, un ordre, un conseil ;
- les textes argumentatifs, qui visent à faire changer quelqu'un d'avis.

Texte 1 Chéiroptères

On appelle ainsi nos Chauves-souris, animaux caractérisés par le fort développement des phalanges des membres antérieurs, qui soutiennent des membranes aliformes ou alaires que l'on appelle vulgairement ailes. Celles-ci s'étendent jusqu'aux membres inférieurs et se prolongent ordinairement entre ces derniers, soutenues par les calcanéums 1 et la queue qu'elles englobent plus ou moins complètement.
Nos chauves-souris habitent les greniers, les combles, les clochers, les ruines, les vieux troncs d'arbres, les grottes, cavernes, caves et souterrains, où elles se réfugient le jour, et restent tout l'hiver dans un engourdissement profond, alors que le froid a fait disparaître les insectes qui constituaient leur nourriture.
Ce sont des animaux à mœurs crépusculaires ou nocturnes. Rarement ils se posent à terre où leur démarche est pénible. Pour hiberner, dormir ou se reposer, ils s'accrochent à quelque saillie et s'y suspendent la tête en bas, s'enveloppant plus ou moins complètement dans leurs ailes. Quelquefois cependant, ils se glissent et se pelotonnent à plusieurs dans quelque fissure de rochers ou de murailles, laissant à peine le passage pour leur corps.
Cet ordre très nombreux en espèces dans les pays chauds, renferme à la fois des frugivores, des insectivores et même des carnassiers.
Il est représenté chez nous par 25 espèces toutes insectivores et appartenant à trois familles : les RHINOLOPHIDÉS, les VESPERTILIONIDÉS et les EMBALLONURIDÉS.
A. Bouvier, Les Mammifères de la France, 1891.

1. Calcanéums : os du talon.


Texte 2 La chauve-souris est-elle dangereuse et répugnante ?

En abordant le chapitre de la chauve-souris, il nous paraît utile de procéder tout d'abord à la réhabilitation1 ou du moins d'y collaborer, car cette bestiole, parfaitement inoffensive et éminemment utile, ne souffre plus que rarement de mauvais traitements. On n'en aperçoit plus guère de crucifiées vivantes sur des portes de granges ou d'habitations pour servir d'épouvantails à leurs congénères et les écarter ainsi des lieux habités où elles apportent, chacun sait cela, le malheur et le mauvais œil. Ces superstitions stupides sont en régression : mais une répulsion physique, irraisonnée, persiste à faire passer la chauve-souris pour un animal dangereux, hideux et répugnant. Cela tient à un défaut d'observation et même à une absence totale d'observation. On n'ose pas regarder les chauves-souris de près, ou on n'en a pas l'occasion, et de grossières erreurs sont formulées et perpétuées à leur sujet. Cette ignorance et cette prévention viennent en grande partie de ce qu'il s'agit d'un animal nocturne, et que l'homme porte en lui la terreur atavique2, ancestrale, des ténèbres et de tous les êtres qui vivent et circulent la nuit.
Cette crainte instinctive, cette aversion ne tiendraient-elles pas aussi au nom lui-même, qui évoque le rat, animal répugnant, et une nudité qui ne correspond pas à la réalité ? La chauve-souris a, au contraire, un pelage fin, très doux, une petite fourrure très fournie.
On l'accuse encore d'être munie de griffes dont elle se sert pour s'accrocher aux cheveux ! Où et comment a pu naître une pareille légende, on se le demande : car, si la chauve-souris est en effet pourvue de petites griffes fines et fragiles, qui lui servent à se suspendre aux voûtes et aux parois rocheuses, jamais cette bestiole timide craintive, n'ose s'approcher de l'homme, et encore moins se poser sur sa chevelure. D'autre part, l'adresse de son vol, dans l'obscurité comme au grand jour, n'est jamais en défaut et la met à l'abri de pareilles maladresses et imprudences.
La chauve-souris exhale une odeur repoussante, disent ceux qui, ayant visité une grotte fréquentée par ces chiroptères, ont eu leur odorat incommodé par une odeur musquée qui se dégage de ces cavernes. C'est ici le cas de faire remarquer qu'il ne faut pas prendre l'effet pour la cause : car, si le guano3 de chauve-souris, qui existe parfois en accumulations incroyables dans les grottes, a une odeur désagréable, encore que très supportable, la chauve-souris, elle, est exempte de toute émanation, parfaitement propre et inodore, comme on peut s'en convaincre aisément en prenant l'animal dans la main.
Mais ses ailes sont nues, dira-t-on encore et cela est affreux. Oui, elles sont nues, étant formées d'une membrane non pas sèche, parcheminée et comme morte, mais soyeuse translucide, finement irradiée de vaisseaux et de nerfs et dont l'armature flexible est une merveille…
Norbert Casteret, Au fond des gouffres.

1. Réhabilitation : fait de déclarer innocente une personne accusée à tort.
2. Atavique : qui vient des ancêtres.
3. Guano : excréments séchés.

Texte 3 La chauve-souris

Au village, la chauve-souris a mauvaise réputation. Les garnements la clouent sur la porte des granges, les filles craignent que celles qui, au crépuscule, battent l'air de leur vol saccadé, ne s'emmêlent dans leurs cheveux. C'est l'animal des cauchemars, la sombre émergence de l'enfer. Dante1 découvre le corps poilu de Lucifer affublé de ses ailes ; dans les peintures ou les statues des cathédrales, le diable est un mélange de bouc et de chauve-souris.
Cependant, pour l'imagerie urbaine de notre temps, elle devient au contraire la bonne force cachée qui poursuit les méchants : elle brille sur la poitrine de Batman, les mouvements de cape des héros de bandes dessinées imitent ses déploiements de membranes et de griffes, elle est la justice qui veille inexorable, dans les ténèbres.
La chauve-souris en somme, est un mythe et un symbole. L'animal, lui, est ignoré ; tout le monde l'a vu voler deci delà, le soir, se dirigeant sans hésitation à travers l'obscurité ; quelques-uns l'ont trouvé sous les poutres de leur grenier, pendu par les pattes, enveloppé dans ses ailes refermées : mais bien peu l'ont regardé de près.

D'après Paul Caro, Le Monde, 20 mars 1982.

1. Dante : grand poète italien du XIVe siècle. Son poème, fondateur de la langue italienne, est La Divine Comédie. La première partie raconte la descente aux enfers du poète, et sa découverte du Diable, qui porte des ailes de chauve-souris.


Texte 4 La pipistrelle

J'aurais pu dire : la Chauve-souris. Mais je n'aime guère ce nom bâtard, deux fois traître. Car cette «chauve» est dotée d'une toison, épaisse et douce ; et cette «souris» n'est pas un rongeur. Remarquablement endentée, elle est pourvue de crocs qui percent allègrement la chitine1 des plus dures élytres. Ainsi le fabuliste2 a tort, qui la voit oiseau et rat sur la foi d'un nom abusif. Même si mon sentiment est celui d'un profane, je voudrais néanmoins ne me réclamer que de lui.
C'est pourquoi je préfère Pipistrelle3 à Chauve-souris. Je ne vois pas la chauve souris, mais très bien la pipistrelle, petit mammifère volant et le seul de la création, prendre son essor vespéral en emportant pendu à elle, son petit pipistrelleau. Son vol zigzaguant, capricieux, apparemment incertain, est en réalité l'un des plus sûrs qui soient dans toute la gent ailée, on oserait dire : «oiseaux compris». Toutes les voltes, tous les retournements, les montées verticales, les piqués, les descentes en vrille, nulle figure, nulle témérité, nulle prouesse paradoxale que cette mère ne puisse se permettre. Et pendant toute cette voltige, pendant que les fines dents pointues déchiquètent en plein vol les noctuelles, les éphémères, font éclater les lourds, coriaces et fondants hannetons, le rejeton, solidement cramponné des griffes, tête activement l'une, puis l'autre des mammelles gonflées de lait que lui offre la poitrine maternelle.
Il y aurait de quoi trembler pour lui, s'agirait-il seulement d'une brève incursion aérienne que suivrait un retour au perchoir, plus exactement au pendoir, trou de roche ou poutre de grenier. Point du tout, le vol se prolonge, pousse ses pointes de plus en plus loin, toujours aussi heurté, capricieux, zigzaguant à la poursuite des proies ailées. Et le pipistrelleau ne tombe pas ? Presque jamais. Ou alors sa mère le ramasse, le cueille à la volée, plus rapide qu'un cavalier afghan dans un roman de Joseph Kessel. Deux faits concourent à se sécurité : d'abord ses petites griffes, prodigieusement fines, recourbées comme des hameçons sans ardillon, et qui s'accrochent d'elles-mêmes à ce qu'elles viennent d'effleurer, bois de charpente, aspérité d'une pierre ou fourrure du sein maternel ; et d'autre part ce vol propre à l'espèce dont je n'ai rien dit qu'à peine la sûreté.
Sur ces deux points il me faut revenir. Cette très étrange pipistrelle, ce petit monstre a de quoi passionner. Chasseur libre, aventureuse dès qu'elle est seule, follet noir des nuits de lune, elle redevient intégralement grégaire4 aux heures de repos, du sommeil. Blottie dans ses ailes repliées, suspendue la tête en bas, elle cesse alors d'être individu pour devenir parcelle d'une colonie dense et velue, un seul être, une seule chaleur, un seul gazouillis continu qui se lève et se tait d'une seule voix.

Maurice Genevoix, Bestiaire enchanté, Plon.

1. Chitine : substance dure constituant la carapace des insectes.
2. Fabuliste : La Fontaine. Allusion à la fable «La Chauve-souris et les deux belettes» :
«Je suis oiseau ; voyez mes ailes (...)
Je suis souris ; vivent les rats ! »
3. Pipistrelle : de l'italien pipistrello, déformation du latin vespertilio, de vesper, le soir.
4. Grégaire : qui vit en groupe.

Texte 1. Chéiroptères
1. Quel est le temps verbal utilisé dans l'ensemble du texte ? Justifiez son emploi.
2. Comment les chauves-souris sont-elles successivement désignées ?
3. L'attitude de l'auteur par rapport à ces animaux est-elle - neutre - positive - négative?
4. Le texte comporte un raisonnement destiné à convaincre quelqu'un ?
5. Relevez des termes scientifiques.
6. Quelles phrases apportent des explications ?

Texte 2. La chauve-souris est-elle dangereuse et répugnante ?

1. Quelle est l'intention de l'auteur, exprimée dans la première phrase ?
2. Quelle est la situation actuelle de la chauve-souris ?
3. Quelle explication est donnée à cette situation ?
4. Quelle hypothèse est formulée dans le premier paragraphe ?
5. Complétez le plan suivant pour analyser la suite du texte :

Accusations

Concessions
Réfutations
§2



§3



§4



§5




Texte 3. La chauve-souris

1. Relevez les indications de lieu mentionnées dans les deux premiers paragraphes. Quel rapport ces lieux ont-ils entre eux ?
2. Quelle est l'image traditionnelle de la chauve-souris ?
3. Quelle est son image moderne, d'après le journaliste ?
4. En quoi ces deux images s'opposent-elles ? A laquelle correspond le mythe ? le symbole ?
5. Relevez les points communs et les différences dans l'image donnée de l'animal.
6. Quelle conclusion apporte le troisième paragraphe ?
7. De quel type de texte s'agit-il ici ? Justifiez votre réponse.
8. Trouvez un titre qui résume l'essentiel du texte (vous pouvez utiliser une phrase ou des mots cités dans le texte).

Texte 4. La pipistrelle
1. Pour quelle raison l'auteur refuse-t-il le nom de chauve-souris ?
2. Quel contraste est mis en valeur dans la description du vol de l'animal ?
3. Comment celui-ci se nourrit-il ?
4. Pourquoi, à votre avis, l'auteur a-t-il choisi de présenter une mère et son pipistrelleau ? Quelles expressions vous paraissent les plus significatives ?
5. Relevez toutes les images et les métaphores qui dépeignent l'animal dans le dernier paragraphe et classez-les selon ce qu'elles évoquent.
6. Les paragraphes deux et trois constituent-ils - une description - un récit - une description narrativisée ?
7. L'ensemble du texte vous paraît-il plutôt proche du texte - informatf - narratif - descriptif - poétique - argumentatif ?

Synthèse des quatre textes

1. Quelle est la seule indication qui se retrouve, sous différentes formes, dans les quatre textes ?
2. Quel texte vous paraît le plus scientifique ? le plus littéraire ? le plus convaincant ?
3. Cherchez un texte scientifique contemporain sur la chauve-souris, dans un manuel de biologie ou une encyclopédie. Comparez les informations qu'il apporte à celles qui sont mentionnées dans le premier texte.
4. Cherchez le texte de l'arrêté du 17 avril 1987 du Journal Officiel fixant la liste des mammifères protégés sur le territoire français. De quel type de texte s'agit-il ?

Exercices
1. Par équipes de quatre, et pour un animal que vous choisirez, écrivez quatre textes de type différent : descriptif - narratif - informatif ou explicatif - injonctif (qui donne des conseils ou des consignes).

2. Ecrivez un texte journalistique alertant sur la disparition possible des chauves-souris :
- Choisissez un titre à sensation ;
- Construisez des paragraphes frappants (une idée par paragraphe) avec des intertitres ;
- Prévoyez des illustrations et une mise en page s'inspirant des journaux de vulgarisation scientifique ;
- Vous pourrez rédiger des textes plus courts, plus informatifs, venant s'insérer en encarts dans la page.

Fiche 2 : Donner son opinion

2. Donner son opinion

Donner son opinion sur un sujet, que cette opinion soit positive ou négative, permet d'apporter des arguments et des exemples pour étayer sa façon de penser, la développer et se faire comprendre.
Mais il ne s'agit pas encore d'écrire un texte argumentatif, car celui-ci présente généralement deux thèses en les opposant.

Etre adulte

Si un adulte est un être vivant parvenu au terme de sa croissance, comme l'indique le dictionnaire, j'ai atteint ma taille adulte depuis l'âge de treize ans ! Pour le reste, j'espère n'atteindre jamais ce terme. Néanmoins, si être adulte, c'est être parvenu à un bon degré de connaissance de soi-même, de ses possibilités et de ses limites, personnellement et socialement, alors je me sens adulte. J'ai déterminé mon champ de travail, je sais ce qui m'intéresse ou ne m'intéresse pas et ce que je cherche dans la vie. Je suis à coup sûr dans la période la plus passionnante de mon travail et la plus heureuse affectivement.
L'âge adulte est, pour moi, le moment où toutes les richesses accumulées dans l'enfance, forces autrefois désordonnées, ont décanté. Si on les a respectées, elles se mettent au service d'un travail de l'esprit et du cœur pour produire l'œuvre d'une vie. Cela peut être de la poésie, de la créativité mathématique ou tout simplement de belles relations humaines. On parle souvent péjorativement de ce qui est raisonnable, parce que cela évoque des raisonnements purement intellectuels. Mais l'intelligence humaine, libre, fonctionne magnifiquement. Il arrive souvent que des gens socialement adultes soient affectivement immatures. Ils jouent à l'adulte, au travail comme à la maison. Mais cela sonne faux et contraint. Car ils sont encore narcissiquement tournés vers eux-mêmes. Ils ont besoin d'être reconnus, valorisés, reconstruits, par le regard de l'autre. Ils ne savent pas donner et recevoir l'amour, nouer des liens qui apportent du bonheur. Au fond, je crois que c'est cela le plus important : oser faire ce que l'on a à faire malgré la souffrance que peut parfois apporter le regard des autres.
Il me semble qu'être adulte, sur le plan psychique, c'est la capacité de donner, de tolérer, de respecter, d'éprouver un intérêt pour l'autre. Je crois qu'on devient adulte à travers un objet d'amour : un être humain, Dieu, les autres, en fait, tout ce qui vous sort de vous-même. C'est pour cela que je trouve amusant que vous interrogiez des gens sur ce point, en leur demandant une appréciation qu'ils sont assez mal placés pour donner… En fait, il faudrait interroger les autres, l'entourage.
Heureusement que mon métier m'oblige à changer d'âge plusieurs fois par jour : pour comprendre ce qui fait souffrir un fœtus, un enfant de trois mois, de quatre ans ou de douze ans, il faut, d'une certaine façon, éprouver ce qu'il éprouve. Cette gymnastique-là est très vivifiante !
Catherine Dolto-Tolitch, médecin pédo-psychiatre, La Vie, N°2437, 14 mai 1992.

Etre adulte

Un adulte est quelqu'un qui a terminé son adolescence… et ça peut arriver à n'importe quel âge ! J'ai retenu deux notions : la liberté et la responsabilité. Chacun vit une histoire particulière mais j'ai l'impression d'avoir atteint l'état adulte en deux étapes.
La première fois, c'est lorsque j'ai quitté ma famille pour aller étudier aux Etats-Unis. Enfin, j'étais dans une certaine mesure libre et responsable de mes décisions. De l'autre côté de l'Atlantique je n'avais plus à ma disposition un guide permanent en la personne de mes parents. Mais tout cela était relatif. Quand je suis rentré, j'ai retrouvé la famille. Riche d'un peu plus de maturité, j'avais pris goût à la responsabilité et à la liberté. Ce qui n'a pas été sans quelques frictions. Mais entre parents et enfants, c'est chose naturelle sinon nécessaire.
La deuxième étape fut atteinte ce jour de 1945 où j'ai appris la disparition de mes parents. Ils ne reviendraient plus. Ils avaient été emmenés à Auschwitz. Parmi le flot des émotions très fortes ressenties à l'époque : un sentiment inéluctable, celui que je disposais de mon destin. J'étais tout seul.
On ne peut pas dire que l'on devient de plus en plus adulte. Ce n'est pas un processus, c'est un état. Cela entraîne nécessairement des confrontations, des épreuves positives ou négatives qui enrichissent une personnalité ou l'appauvrissent. On essaie de comprendre ce qui se passe au cœur de soi-même, chez les autres. Et compte tenu de ce qui a été accumulé de sentiments, d'expériences, mais aussi des inclinations du moment, on prend des décisions, on fait des choix.
S'engager est un choix, mais pas forcément le signe de l'état adulte. Peut-être l'engagement est il un comportement qui amène un individu à essayer de se rapprocher de ce que lui dictent son rêve, son imagination et l'utopie qu'il peut nourrir. Alors c'est un engagement vis à vis de soi et plus généralement vis-à-vis des autres.
Je pense à l'engagement politique. Il y a aussi l'engagement religieux, mais c'est autre chose. Je ne me sens pas capable d'en parler parce que je ne l'ai pas ressenti. En tout cas, pas jusqu'à maintenant.
Cependant, le rêve, l'imagination, l'utopie ne sont pas l'apanage de l'adulte. Les enfants les possèdent aussi. Nous sommes plutôt là au cœur de l'humain. Cela dit, en ce qui me concerne, ça serait un peu inquiétant si, à soixante-dix-huit ans, je ne me sentais pas un peu adulte.

Raymond Aubrac, figure de la Résistance, ancien directeur à l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, La Vie, N°2449, 6 août 1992.


Critique de film

La petite voleuse, film français de Claude Miller (1988). Scénario : F. Truffaut et Claude de Givray. Interprètes : Charlotte Gainsbourg, Didier Bezace, Simon de la Brosse, Clothilde de Bayser.
Le genre
Portrait-parcours d'une adolescente dévoyée.
L'histoire
Janine Castang, une adolescente farouche, vit dans un coin de la France profonde, chez son oncle et sa tante, sa mère l'ayant jadis abandonnée pour vivre sa vie. Janine l'idéalise et croit qu'un jour elle reviendra. En attendant, elle se morfond et attise la hargne de ses proches. On la soupçonne de voler. A juste titre. Janine va faire l'apprentissage de la vie, de la délinquance, de l'amour, de la prison, de la liberté, au cours d'une longue errance que le film conte en détail.
Ce que j'en pense.
C'est un film qui, malgré son humour, se reçoit la gorge serrée. On sait que le scénario est tiré d'un synopsis qu'avait écrit François Truffaut, en collaboration avec Claude de Givray, et qu'il projetait de réaliser. Claude Miller a eu la bonne idée de reprendre ce projet. C'est un hommage, bien sûr, mais pas une oraison funèbre. L'ombre de François Truffaut est sensible dans la façon affectueuse d'apprender la démarche. Elle est présente aussi dans les portraits des comparses, chaleureux ou ambigus, lâches et pitoyables. Aucune leçon de morale dans la description de l'itinéraire de cette enfant qui vole ; aucune volonté, non plus, d'écraser le spectateur sous un discours sur la société corruptrice. Miller a bien retenu les leçons de son ex-patron. Il regarde les gens, intensément. Il restitue leur charme, leur grâce, leur désarroi, leurs moments de bonheur. Il nous fait le cadeau de ne pas commenter… Charlotte Gainsbourg est une comédienne exceptionnelle : fragile, gauche (mais lumineuse, par accès), elle semble jouer d'instinct et comprendre, pour les restituer aussitôt, les cent nuances d'un personnage contradictoire et complexe dont la seule présence sur l'écran nous bouleverse.

Gilbert Salachas, Télérama N°2248, 10 février 1993.

Texte 1
Dans le texte de Catherine Dolto-Tolitch, distinguez les différentes opérations de l'auteur en remplissant le tableau suivant :
Capture d’écran 2018-03-05 à 12.44.18

Capture d’écran 2018-03-05 à 12.44.29


Texte 2
Procédez de même pour le texte de Raymond Aubrac en remplissant le tableau suivant :

Capture d’écran 2018-03-05 à 12.44.40


Synthèse des deux textes

1. Les deux textes donnent-ils une vision positive ou négative de l'âge adulte ? Justifiez votre réponse.
2. Dans le texte de Catherine Dolto, relevez les mots-clefs, et les mots qui vous paraissent, personnellement, les plus importants.
3. Quels sont les deux mots qui définissent l'âge adulte, pour Raymond Aubrac ? Où sont-ils placés dans le texte ?
4. Renseignez-vous sur la vie de R. Aubrac : en quoi sa propre vie éclaire-t-elle la définition qu'il donne de l'âge adulte ?
5. Relevez, dans chaque texte, tous les mots et expressions qui marquent l'attitude de l'auteur par rapport à son texte (nuances, certitudes, doutes, hésitations, affirmations, négations, etc…)
6. Les deux textes s'opposent-ils ? Ont-ils des points communs ? Si oui, lesquels ?
7. Chacun des deux textes oppose-t-il deux thèses contraires, ou développe-t-il une seule opinion ?


Texte 3 : La fiche de film
1. Quelles sont les rubriques de la fiche ? Dans quel ordre se présentent-elles ?
2. Précisez le contenu de chaque rubrique. Quelles informations donnent-elles successivement au lecteur ?
3. Relevez le vocabulaire technique et cherchez-en les définitions exactes.
4. Dans la dernière rubrique, relevez les expressions valorisantes, les mots et expressions qui manifestent des nuances, ainsi que ceux qui expriment l'émotion de l'auteur.
5. A quelle catégorie de lecteur s'adresse cette fiche, selon vous ?

Exercices d'écriture

1. A votre tour, répondez à la question : qu'est-ce qu'être adulte, selon vous ?
2. Présentez une fiche pour un film que vous avez particulièrement aimé, donnez des informations précises avant de développer la rubrique «Ce que j'en pense».



Fiche 3 : Le texte polémique

3. Le texte polémique

Le texte polémique comprend une thèse (idées - causes - exemples), mais surtout une implication directe de l'auteur, repérable dans le vocabulaire, le type des phrases, les temps des verbes (généralement le présent). Il s'adresse directement à l'accusé.
Le texte polémique comprend une argumentation nettement dominée par les sentiments, les émotions (l'affectivité).

Au nom de la tradition

Allez-y, les gars, tirez sur les tourterelles, c'est le moment. Elles n'ont pas la tête à vous éviter, vous, votre quincaillerie et votre 4X4, elles nidifient, on ne peut pas penser à tout. Elles sont sûrement très bêtes, les tourterelles. Vous ? Non. Vous avez des lettres et vous avez de la tradition.
Vous ne les bouffez pas, les tourterelles, vous les zigouillez parce que ça se fait depuis la plus haute antiquité. Mais pourquoi vous contenter de cette seule tradition ?
Relisez vos classiques. Si votre voisine vous contrarie, dénoncez-la au service «sorcières» de votre mairie, on la brûlera. Pendez le voleur qui vous a piqué votre autoradio. Exigez que les séropositifs de votre région ne se déplacent qu'en secouant une crécelle. Lapidez votre femme adultère, je suis sûre que le juge d'instruction comprendra votre penchant pour la tradition. Pour soulager vos envies de tirer sur tout ce qui bouge, vous pourriez jouer au pigeon d'argile, seulement, ça ne saigne pas un pigeon d'argile, comme c'est frustrant.
La civilisation consiste à faire la peau aux idées toutes faites, aux désirs de meurtre qu'on passe sur les petits oiseaux et à prendre les canards sauvages pour les enfants du bon Dieu. Mais être civilisé, ce n'est pas traditionnel.
Odile Grand, L'Evénement du Jeudi, 21/27 mai 1992


Changeons la vie

«Tu ne feras pas souffrir les animaux, ou du moins tu ne les feras souffrir que le moins possible. Ils ont leurs droits et leur dignité comme toi-même», est assurément une admonestation1 bien modeste ; dans l'état actuel des esprits, elle est, hélas, quasi subversive2. Soyons subversifs. Révoltons-nous contre l'ignorance, l'indifférence, la cruauté, qui d'ailleurs ne s'exercent si souvent contre l'homme que parce qu'elles se sont fait la main sur les bêtes. Rappelons-nous, puisqu'il faut toujours tout rapporter à nous-mêmes, qu'il y aurait moins d'enfants martyrs s'il y avait moins d'animaux torturés, moins de wagons plombés amenant à la mort les victimes de quelconques dictatures, si nous n'avions pas pris l'habitude de fourgons où des bêtes agonisent sans nourriture et sans eau en route vers l'abattoir, moins de gibier humain descendu d'un coup de feu si le goût et l'habitude de tuer n'étaient l'apanage des chasseurs. Et dans l'humble mesure du possible, changeons (c'est-à-dire améliorons s'il se peut) la vie.

Marguerite Yourcenar, Le temps, ce grand sculpteur, Gallimard.

1. Admonestation : réprimande sévère.
2. Subversive : qui est de nature à renverser l'ordre social.

Les chemins de fer

Il m'est impossible de regarder sans une sorte de tristesse ces chemins de fer merveilleux auxquels notre industrie semble donner des ailes. Je ne sais si c'est un progrès que de pouvoir fendre ainsi l'espace comme une flèche ; mais ce qu'il y a de sûr, c'est que cela me rend plus sensible la rapidité de la vie, qui avant notre invention, l'était cependant bien assez. Ces rainures de fer où nous sommes forcés de courir sans dévier d'une ligne, emportés par une puissance aussi aveugle, presque aussi indomptable que la foudre, n'est-ce pas une image de cet implacable sort qui nous entraîne, et dont nous sommes les esclaves alors même que nous croyons le maîtriser ? On croit gagner du temps parce qu'on l'accélère. Mais ces voyages étourdissants ne font qu'abréger l'existence, qui n'est, elle, qu'une traversée. ils ne permettent pas la mémoire, le seul moyen qu'ait l'homme d'allonger et de doubler ses jours. L'unique souvenir qu'ils nous laissent, c'est qu'on va vite. Aller vite, c'est mourir plus tôt.
Jules Lefèvre-Deumier (1797-1853), Le Livre du promeneur.

1.Pour parcourir la distance de Paris à Toulouse (713 km), on mettait 3 jours en 1840, et 31 heures de chemin de fer en 1851.

J'accuse
Lettre ouverte au Président de la République Félix Faure
(…)
J'accuse le lieutenant-colonel Du Paty de Clam d'avoir été l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d'avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par les machinations les plus saugrenues et les plus coupables.
J'accuse le général Mercier de s'être rendu complice, tout au moins par faiblesse d'esprit, d'une des plus grandes iniquités du siècle.
J'accuse le général Billot d'avoir eu entre les mains les preuves certaines de l'innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s'être rendu coupable du crime de lèse-humanité et de lèse-justice dans un but politique et pour sauver l'Etat-Major compromis.
J'accuse le général de Boidreffre et le général Gonse de s'être rendus complices du même crime, l'un sans doute par passion cléricale, l'autre, peut-être, par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la Guerre l'arche sainte, inattaquable.
J'accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d'avoir fait une enquête scélérate, j'entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.
J'accuse les trois experts en écriture, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d'avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu'un examen médical ne les déclare atteints d'une maladie de la vue et du jugement…
En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose… Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour. J'attends.
Emile Zola, Lettre ouverte au Président de la République, L'Aurore,13 janvier 1898.

Voyage à Tours

J'avais Quentin Durward dans ma poche ; je suis allé à pied, en lisant, au village de Riche, à vingt minutes de Tours, où l'on voit encore quelques restes du château de Plessis-lez-Tours. Il était bâti en briques ; sur la fin, la peur de Louis XI en avait fait une forteresse : le donjon est tout ce qui reste du vieil édifice.
Caché dans ce palais, ce mélancolique Louis XI faisait pendre aux arbres voisins tous ceux dont il avait peur. Là il mourut en 1483, tremblant et soupirant devant l'idée de la mort, comme le dernier des hommes, enrichissant son médecin et appelant un saint du fond de la Calabre. Ce roi me semble Tibère, plus la peur de l'enfer ; je me rappelle l'excellent portrait que l'on voit au Palais-Royal, et la statue de M. Jalley. J'ai vu de loin les ruines de la fameuse et opulente abbaye de Marmoutiers, de l'ordre de Saint-Benoît, connue des hommes d'aujour'hui par le Comte Ory ; elle fut détruite en 1793.
A mon retour en ville, je suis allé voir la cathédrale, que l'on m'avait beaucoup trop vantée. Après avoir été deux fois détruite par des incendies, on commença à la reconstruire vers la fin du douzième siècle ; mais on dirait que le pays manquait de piété, car elle ne fut achevée qu'en 1550. On admire la rosace au-dessus du portail et les deux tours assez élevées. Les chanoines, gens de goût, ont fait revêtir de boiseries la base des piliers gothiques du chœur. Le bedeau m'a montré le tombeau en marbre blanc des enfants de Charles VIII. J'ai appris là que l'on appelle Tour de Charlemagne cette tour carrée que l'on donne ici pour un reste de l'ancienne église de Saint-Martin. J'ai vu la bibliothèque, le musée chétif. En sortant de la cathédrale, j'ai trouvé une assez jolie rue ; mais les maisons sont trop basses pour avoir du style, pour dire autre chose au passant, sinon : Vous êtes au village. Cette rue m'a conduit dans la partie de la ville située au couchant de la belle rue ; cet ancien Tours est fort mal bâti.
Stendhal, Mémoires d'un touriste, Editions Grès, 1927.

Texte 1. Au nom de la tradition

1. Quelles personnes l'auteur critique-t-il ? Comment sont-elles présentes dans dans le texte ? Quelle image le texte donne-t-il d'elles ?
2. Complétez le tableau suivant, afin d'établir les opérations faites par l'auteur :

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3. Relevez les phrases à l'impératif : s'agit-il d'ordres, de conseils ou de suggestions ? Justifiez votre réponse.
4. L'auteur de l'article pense-t-il ce qu'il écrit, ou pense-t-il le contraire ?

Le procédé employé ici est une forme d'ironie qu'on appelle l'antiphrase. C'est un moyen très employé de polémique.

Texte 2. Changeons la vie

1. Sur quel sujet l'auteur prend-il position ?
2. A qui s'adresse-t-il ? Comment le destinataire est-il présent dans le texte ? Quelle est donc la portée du texte ?
3. Quels mots indiquent un jugement porté par l'auteur ?
4. Relevez les mots ont un sens particulièrement fort.
5. Quelle phrase (ou membre de phrase) vous paraît le mieux résumer le texte ?
6. Le raisonnement : relevez trois parallélismes. Quelle est leur phrase introductrice ? A quel temps est exprimé le verbe introducteur ?
7. Quels sont les mots importants de la phrase de conclusion ?
8. Relevez des mots ou des procédés (temps verbaux) qui expriment une certaine distance de l'auteur par rapport à ses affirmations.

Texte 3. Les chemins de fer

1. De quel ouvrage ce texte est-il extrait ? A quelle époque cet ouvrage a-t-il été publié ?
2. L'auteur est-il favorable, défavorable au nouveau moyen de transport, ou nuancé (exprimant le pour et le contre) ?
3. L'auteur compare le voyage en chemin de fer et la vie : quelles conclusions tire-t-il de cette comparaison ?
4. Relevez deux phrases qui posent des affirmations sous la forme de sentences, de maximes définitives.
5. Quelle phrase résume la thèse de l'auteur ? Où est-elle placée ?

Texte 4. J'accuse

Ce passage est la dernière partie de ce texte célèbre, ce qu'en rhétorique on appelle la péroraison, c'est-à-dire la conclusion.
1. Renseignez-vous sur l'Affaire Dreyfus, et préparez un court exposé sur le rôle d'Emile Zola dans cette affaire.
2. Comment l'auteur s'implique-t-il dans son texte ? Comment appelle-t-on la répétition de «J'accuse» en tête de chaque phrase ?
3. Relevez, dans chaque phrase, les termes qui désignent l'affaire Dreyfus. Quel vocabulaire est employé ? Quel est l'effet produit sur le lecteur ?
4. Quelles motivations l'auteur prête-t-il à ceux qu'il accuse ? Faites-en un relevé. Quel portrait se dessine d'eux ?
5. Relevez les adjectifs qui, dans le passage, s'adressent le plus aux sentiments et aux émotions du lecteur.
6. Dans le dernier paragraphe, quels mots traduisent le courage de Zola ? Quel effet produit la dernière phrase ?

Texte 5. Voyage à Tours

1. Lisez le titre de l'ouvrage dont ce texte est extrait. Quel type de texte vous attendez-vous à lire ?
2. Quels éléments d'information sont contenus dans ce texte? A quels domaines appartiennent-ils ? De quelle manière sont-ils présentés ?
3. Relevez tous les mots et expressions qui expriment un jugement de l'auteur. Classez-les selon qu'ils expriment une affirmation positive ou négative. Qu'en concluez-vous ?
4. Ce texte vous paraît-il aussi polémique que les autres ? Justifiez votre réponse.

Synthèse des cinq textes
1. Lequel de ces textes ne défend pas particulièrement une thèse ? Quel est le plus violent ? le plus nuancé ? le plus solennel ? le plus risqué ?
2. Quel est l'auteur le plus neutre ? Quel est celui qui s'implique le plus dans son texte ?
3. Quel est celui des textes qui contient le plus de procédés d'exagération (hyperboles) ?
4. Quel est celui qui dévalorise le plus son ou ses adversaires ?

Exercices d'écriture

1.Vous faites l'éloge d'un voyage en TGV : «Fendre l'air comme une flèche…».
2. Si vous partagez l'opinion de M. Yourcenar, écrivez un texte polémique sur l'abattage des animaux de boucherie.
3. Vous détestez particulièrement un endroit ou une ville. Ecrivez un texte qui le dévalorise.
4. Faites la liste de tout ce que vous détestez dans la vie. Choisissez ensuite un seul de ces éléments pour en faire un texte polémique qui commencera par «Je suis contre…»

Fiche 4 : La démonstration

4. La démonstration

L'argumentation, qui a pour but de convaincre ou de persuader le lecteur, l'interlocuteur, repose sur des propositions qui ne sont pas absolument certaines, mais posées ou présupposées par celui qui écrit.
La démonstration, qui a beaucoup de points communs dans sa forme avec l'argumentation, a pour objectif d'atteindre une conclusion indiscutable. Elle repose sur des propositions considérées comme évidentes (axiomes) ou parce qu'elles sont le résultat d'un accord (postulat).
Le type le plus frappant en est la démonstration mathématique ou scientifique. Le plan de la démonstration est le suivant : affirmation ; démonstration partir d'exemples concrets ; conclusion.


Texte 1. Eloge du maquillage

La femme est bien dans son droit, et même elle accomplit une espèce de devoir en s'appliquant à paraître magique et surnaturelle ; il faut qu'elle étonne, qu'elle charme ; idole, elle doit se dorer pour être adorée. Elle doit donc emprunter à tous les arts les moyens de s'élever au-dessus de la nature pour mieux subjuguer1 les cœurs et frapper les esprits. Il importe peu que la ruse et l'artifice soit connus de tous, si le succès en est certain et l'effet toujours irrésistible.
C'est dans ces considérations2 que l'artiste philosophe trouvera facilement la légitimation de toutes les pratiques employées dans tous les temps par les femmes pour consolider et diviniser, pour ainsi dire, leur fragile beauté. L'énumération en serait innombrable ; mais pour nous restreindre à ce que notre temps appelle vulgairement maquillage, qui ne voit que l'usage de la poudre de riz, si niaisement anathématisé3 par les philosophes candides, a pour but et pour résultat de faire disparaître du teint toutes les taches que la naure y a outrageusement4 semées, et de créer une unité abstraite dans le grain et la couleur de la peau, laquelle unité, comme celle produite par le maillot5, rapproche immédiatement l'être humain de la statue, c'est-à-dire d'un être divin et supérieur ? Quant au noir artificiel qui cerne l'œil et au rouge qui marque la partie supérieure de la joue, bien que l'usage en soit tiré du même principe, du besoin de surpasser la nature, le résultat est fait pour satisfaire à un besoin tout opposé. Le rouge et le noir représentent la vie, une vie surnaturelle et excessive ; ce cadre noir rend le regard plus profond et plus singulier, donne à l'œil une apparence plus décidée de fenêtre ouverte sur l'infini ; le rouge, qui enflamme la pommette, augmente encore la clarté de la prunelle et ajoute à un beau visage féminin la passion mystérieuse de la prêtresse.
Ainsi, si je suis bien compris, la peinture du visage ne doit pas être employée dans le but vulgaire, inavouable, d'imiter la belle nature et de rivaliser avec la jeunesse. On a d'ailleurs observé que l'artifice n'embellissait pas la laideur et ne pouvait servir que la beauté. Qui oserait assigner à l'art la fonction stérile d'imiter la nature ?
Charles Baudelaire (1821-1867), Le Peintre de la vie moderne.

1. Subjuguer : soumettre.
2. Dans ces considérations : ici, dans cet écrit.
3.Anathématisé : rejeté avec violence.
4. Outrageusement : scandaleusement.
5. Maillot : ici, le collant de la danseuse.


Texte 2. Vive la V.O.

Aux tous débuts du cinéma, on n'avait pas le choix : les films muets étaient parsemés de cartons, ancêtres des sous-titres. Le doublage est né avec l'arrivée du parlant, mais aussi par nécessité artistique : certains acteurs avaient des difficultés d'élocution. Lorsqu'on a voulu exporter des films à l'étranger, on a d'abord essayé de faire les choses dignement : le réalisateur supervisait lui-même le tournage simultané de plusieurs versions tournées avec des équipes d'acteurs de diverses nationalités. C'est en Italie qu'on a commencé à tricher : pour être distribué à Rome ou à Milan, un film devait obligatoirement être doublé dans la langue de Dante, garantie de l'emploi oblige. De ce protectionnisme est née l'industrie de la post-synchronisation, dont nul ne nie l'utilité.
Mais les versions doublées, depuis, sont devenues monnaie courante. Aller voir un film en v.o. est considéré comme une démarche élitiste. Les cinéphiles, adeptes inconditionnels du sous-titrage, sont-ils des pinailleurs primitifs en retard d'un demi-siècle ? Il suffit de suivre cette démonstration, sans polémique, pour admettre de bonne foi que, même réalisé avec le plus grand soin, le doublage est une trahison. «Une infâmie» disait Jean Renoir. Ce n'est pas seulement la voix de l'acteur, son timbre, ses intonations, son jeu qui sont bafoués, mais aussi l'émotion de la scène, les sons annexes, le rythme du dialogue, le synchronisme… Les nombreux exemples qui nous sont proposés prouvent l'importance de la musique des langues : ôter les voix égyptiennes, brésiliennes, japonaises, hongroises, suédoises à Chahine, Rocha, Kurosawa, Szabo ou Bergman est un sabotage. Vous n'êtes pas convaincus ? Ecoutez la partie de cartes de «Marius» en anglais. Michel Simon parlant napolitain. Gabin ou Arletty éructant façon Max von Sydow ou Ingrid Thulin…

Jean-Luc Douin, Télérama N°2190, 1er janvier 1992.


Texte 3. L'équilibre naturel

J'ai reconnu par l'expérience que le bourdon joue un rôle indispensable dans la fécondation de la pensée, fleur que les autres insectes du genre abeille ne visitent pas. J'ai reconnu également que les bourdons sont nécessaires à la fécondation d'une certaine sorte de trèfle ; ainsi cent pieds de trèfle rouge ayant produit deux mille sept cents graines, un nombre égal de pieds abrités contre les insectes n'en ont pas produit une seule. Le bourdon seul visite le trèfle rouge, car les autres abeilles sont incapables d'en atteindre le nectar. Nous pouvons en déduire que moins il y a de bourdons dans une région donnée, moins il y a de trèfles rouges et de pensées, et tirer cette conclusion très probable que la disparition complète - ou à peu près - du genre bourdon en Angleterre entraînerait la rareté, ou même l'exteinction, de ces deux espèces végétales dans le pays.
Or, la quantité de bourdons dans une localité donnée dépend elle-même à un assez haut degré de l'abondance de la souris des champs, qui détruit leurs nids et leurs rayons de miel ; aussi le colonel Newman, qui a longtemps observé les mœurs des bourdons, croit-il que plus des deux tiers de ces insectes sont, en Angleterre, annuellement détruits de cette manière. D'autre part, chacun sait que le nombre des souris dépend essentiellement de celui des chats ; et le colonel Newman dit à ce sujet : «J'ai toujours remarqué que les nids de bourdons sont plus abondants autour des villages et des petites villes qu'ailleurs ; et je crois qu'on peut attribuer ce fait au plus grand nombre de chats qui détruisent les souris.» Il est donc parfaitement possible que l'abondance d'un animal félin dans une localité puisse déterminer la fréquence de certaines plantes dans cette même localité, par l'intermédiaire des souris et des bourdons.

Charles Darwin (1809-1882), L'Origine des espèces.

1. Bourdon : insecte à corps velu, voisin de l'abeille. Le faux bourdon est l'abeille mâle.
2. Pensée : fleur veloutée, rose, jaune ou violette, de la famille des violacées.
3. Trèfle : plante herbacée à fleurs blanches, roses ou violettes, et qui sert pour la nourriture du bétail.

Texte 1. Eloge du maquillage

Premier paragraphe
1. Quelle progression est établie dans la première phrase ? Quels sont les deux mots-clefs ?
2. Quel est le sens particulier de «étonne» et «charme» ? Quels adjectifs précédents ces adjectifs reprennent-ils ?
3. Quel jeu de mots l'auteur fait-il ? Quelles idées ce jeu de mots lui permet-il de rapprocher ?
4. Quelle transformation la femme subit-elle par le maquillage ?
5. «Elle doit donc… esprit» : comment le maquillage peut-il élever la femme «au-dessus de la nature» ?
6. A quel vocabulaire appartiennent les verbes «subjuguer» et «frapper» ?
7. Quelle vision de la femme peut-on prêter à l'auteur ?

Deuxième paragraphe
1. Pourquoi l'artiste intervient-il ici ?
2. Quel exemple de maquillage l'auteur donne-t-il d'abord ? Quel est son but ?
3. «Rapprocher l'être humain … supérieur» : quel mot et quelle idée précédente sont repris ici ?
4. «Quant au noir artificiel… besoin tout opposé» : quelle est l'utilité des deux couleurs ?
5. Que représentent ces deux couleurs ?
6. Quelle est l'importance de la dernière phrase du paragraphe et surtout du dernier mot ?

Troisième paragraphe
1. A quoi le maquillage ne doit pas servir, pour Baudelaire ?
2. La dernière phrase est-elle une vraie question, dont l'auteur ignore la réponse ?
3. Relevez, dans l'ensemble du texte, tous les mots et expressions qui peignent la femme comme un être surnaturel.
4. Baudelaire se fait-il une idée positive de la nature ? de l'art ?

Texte 2. Vive la V.O.
1. L'auteur de l'article est-il - défavorable - plutôt favorable - très favorable aux flims en v.o. sous-titrée ?
2. Quels arguments donne-t-il pour appuyer cette opinion ?
3. Y a-t-il une concession à l'opinion inverse ? Est-elle mentionnée, et si oui à quel endroit du texte ?
4. Etude du second paragraphe : complétez le tableau suivant :

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Texte 3. L'équilibre naturel

1. Lisez le titre de l'ouvrage dont ce texte est extrait : quel genre de texte vous attendez-vous à lire : récit, reportage, discussion, démonstration, etc ?
2. Quel est l'objectif de l'auteur ?
3. Complétez le tableau suivant pour suivre la démonstration de l'auteur :

4. Relevez les mots et expressions qui servent à relier les différents éléments de cette démonstration.
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5. Quel rapport unit les éléments suivants dont l'ensemble forme un équilibre ? Faites un schéma si possible :
fleurs - bourdons - chats - souris

Synthèse sur les trois textes
1. Quel est l'objectif de chaque texte ?
2. Chacun des textes exprime la thèse adverse pour la rejeter ?
3. Lequel des trois textes est une démonstration scientifique ?
4. Quel est celui des trois textes qui se fonde sur des propositions évidentes ?
5. Chaque texte s'appuie-t-il sur des exemples admis de tout le monde ?
6. Tous les textes sont-ils convaincants au même degré ? Justifiez votre réponse.

Exercices d'expression

1. A votre tour, démontrez un phénomène scientifique sur lequel vous vous serez informé, dans le domaine de votre choix : biologie, informatique, mécanique, astronomie…
2. Démontrez que les versions doublées des films sont plus intéressantes, en appuyant votre démonstration de faits indubitables (image masquée par les sous-titres, etc…).
3. Rédigez une démonstration mathématique : démontrer à quelles conditions un parallélogramme est un losange.



Fiche 5 : Le pour et le contre

5. Le pour et le contre

Une argumentation cherche à convaincre ou à persuader, au moyen d'arguments, de la justesse d'une proposition.
Elle se présente de la manière suivante : - une proposition, ou une constatation, une thèse - des arguments pour - des arguments contre, ou objections, que l'auteur réfute - une conclusion.
Les textes suivants envisagent, sur le même sujet, deux démonstrations opposées qui permettent de se faire une opinion.

Sujet 1 : Débat à propos de... Michaël Jackson.

Après l'Allemagne, l'Angleterre, la Scandinavie et avant la Turquie et la Grèce, le «Dangerous tour» (qui évite quand même la Yougoslavie) arrive à Paris. Méga-vedette du show, Michael Jackson sera à l'Hippodrome de Vincennes le 13 septembre. L'ancien petit Mozart du rock, propulsé dès l'âge de 5 ans sur les scènes par sa famille, est devenu la plus grosse machine à sous du show-business. A 34 ans, il a déjà vendu 100 millions d'albums. "Thriller", "Billie Jean", "Beat it", "Bad" font danser dans les discothèques du monde entier. Il vient de signer avec Sony un contrat d'un milliard de dollars ! Du jamais vu. En pleine gloire d'Elvis, Sun Records avait vendu tous ses droits pour 100 000 dollars. Le petit mutant androgyne a atteint une telle dimension qu'il échappe désormais aux critères habituels. Plus qu'un musicien, il est devenu un phénomène de foire. Ses opérations de chirurgie esthétique à répétition, les enfants qu'il adopte et noie dans le luxe de son Disneyland privé, le mystère de sa vie sexuelle inexistante et la liste interminable de ses folies alimentent sa légende. Prononcer le nom de cet E.T. californien - monstre pour les uns, génie pour les autres - suffit à lancer la polémique. Un débat dont "le Match de Paris" se fait l'écho.

Contre Pourquoi renier son identité noire ? Tout son talent vient de là.

Que restera-t-il de l'album « Thriller» dans vingt ans ? Un chanteur, apparemment noir, qui dansait comme on ne l'avait jamais fait auparavant sur des dalles lumineuses, une bagarre de voyous branchés et quelques tombes entrouvertes par des cadavres frénétiques. Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter aux critiques qui ont accueilli la sortie de «Thriller» en 1982 : un album bien ficelé et plutôt dansant. Quid du génie à l'état brut que l'on nous fait avaler par la suite ?
Que Bambi Jackson soit un sacré danseur, personne ne songe à le contester. Qu'il soit un grand compositeur, cela reste à démontrer. Et ce ne sont pas les kyrielles de tubes, propulsés au haut des hit-parades par l'air du temps et le contagieux «phénomène Jackson», qui prouvent quoi que ce soit. Qui pourrait aujourd'hui fredonner une seule chanson de «Bad», pourtant copie conforme de «Thriller» ? On ne se rappelle que sa silhouette de rocker pour «La cage aux folles». Pire encore. «Dangerous», sorti il y a quelques mois, est déjà oublié. On n'en est pas à l'acharnement thérapeutique, mais l'album n'est maintenu en vie que grâce aux vidéo-clips. Puisque le génie ne se cache pas dans les chansons, peut-être se terre-t-il dans la façon de les interpréter ? Si sa voix de falsetto entrecoupée d'ahanements supposés suggestifs intriguait au début, on se lasse de tout. Surtout lorsque la parcelle d'originalité apparaît de plus en plus comme un «truc» qu'on essaie de nous resservir à toutes les sauces. Reste le personnage. Certains le croient fou, ce qui justifierait son génie. Qu'il veuille acquérir la dépouille d'Elephant Man ne regarde que lui. Que sa demeure californienne ressemble à Disneyland, soit ! Qu'il «achète» avant la naissance les enfants qui viendront grossir son parc d'adoptés trouble plus. Mais ce qui gâche carrément le charme du «grand enfant perdu dans la jungle impitoyable du monde des adultes» c'est sa maladive soif d'argent. Riche jusqu'à l'écœurement, il n'en a jamais assez. Après avoir racheté le catalogue de Sly and the Family Stone, puis celui de Little Richard, il n'a pas hésité à surenchérir sur son ex-grand copain Paul McCartney, qui pouvait prétendre à un droit moral sur les chansons des Beatles. Il a emporté le morceau pour 50 millions de dollars. Pour son plaisir personnel, pensaient les naïfs. Résultat : aujourd'hui, il cède le droit d'utilisation à toute marque qui y met le prix. Pourtant, si quelqu'un n'a pas besoin de signer de contrat publicitaire, c'est bien lui. Entre Pepsi et les baskets L.A. Gear, ses apparitions sont fréquentes et hors de prix. Avec lui, les payeurs ont tous les droits. Lors de son actuelle tournée, Pepsi, le sponsor, s'affiche de façon obscène : sur l'avion, sur les marches, sur les micros...
Mais le plus incroyable reste quand même sa métamorphose physique. Que ses innombrables interventions chirurgicales le mènent tout droit au cancer et à la ruine (physique s'entend), c'est son problème. Même si sa tête de musée Grévin, après avoir intrigué, confine désormais au pathétique. Mais qu'il ait voulu dissimuler sa négritude à coups de scalpel, ce n'est pas glorieux. C'est même, et surtout, une aberration. La négation de tout ce qui a fait son succès. S'il danse, s'il chante comme il le fait, c'est surtout parce qu'il est noir. Viendrait-il à l'idée de Carl Lewis ou de Prince de se défaire de leur identité ? Non, justement. «They're black and they're proud» (ils sont noirs et fiers de l'être). Les Africains ne s'y sont pas trompés lorsqu'ils renvoyèrent Jackson à son univers de crèmes blanchissantes après un périple promotionnel d'une rare impudeur. Dès la première heure, tout était clair : il est sorti de l'avion en se bouchant le nez !
A l'inverse de stars comme Prince ou Madonna, qui n'ont eu de cesse de bousculer leur image, Michael Jackson ne fait que vivre sur un acquis vieux de déjà dix ans. D'Elvis Presley ou des Beatles, il nous reste aujourd'hui quelques chansons. De Jackson, il ne subsistera qu'un gant pailleté.
Romain Clergeat, Paris-Match, 12/9/92.

Pour Oui, il est névrosé. C'est pour ça qu'il est génial.

Dans sa chambre, à Ferney, en fin de matinée, Voltaire s'épilait devant ses hôtes. Quand il allait dîner chez les Jung, Freud notait méticuleusement dans son journal qu'il prenait une dose de novocaïne pour se fouetter le cerveau. Avant de se lancer au travail, Scott Fitzgerald commençait par vider la cave du Ritz. Et Woody Allen ! Pour écrire ses scénarios géniaux, doit-il cultiver des rêves de caissière à Milwaukee ou entretenir des pensées troubles, proches de celles de Molière, qui, lui aussi, épousa la fille de sa maîtresse ? La réponse saute aux yeux : un peu d'extravagance et de névrose n'a jamais nui aux grands artistes.
Sauf que, aujourd'hui, attention, on doit être anormal dans les règles (...) Mais qu'on ne s'avise pas de se singulariser comme Michael Jackson. Ni Blanc, ni Noir, ni homme, ni femme, il n'aime ni la viande ni le poisson, ni la drogue, ni les microbes, ni l'alcool, ni le tabac, ni les hommes, ni les femmes... Cela ne plaît pas. Tout, du coup, prête à polémique : ses lèvres amincies, sa peau éclaircie, ses paupières rétrécies, ses narines émincées, ses cheveux lissés...
Ça, quand il se fait tirer la peau, il n'agit pas en douce comme mille petits personnages du show-business. Il se fait charcuter comme il danse : sans retenue. En plus, à 34 ans, le mot sexe continue de l'affoler. Dans ses rêves, il pense à la Bible et à Walt Disney. Et alors ? S'il songeait aux filles et aux Cadillac, il ne composerait pas une musique capable d'emballer le monde entier. Que souhaite le peuple ? Un rythme génial ou du Jean-Jacques Goldman ? C'est ça le dilemme. Et si Michael Jackson ne veut plus être noir et se bichonne une arête nasale fine comme la porcelaine, où est le mal ? Depuis celui de Cléopâtre, aucun nez n'avait fait couler autant d'encre. Cela s'explique puisque ce petit chef-d'œuvre chirurgical a réussi un prodige : persuader un musicien black né en 1958 qu'il reste un petit garçon, blanc, mélomane et innocent. Le genre d'idée fixe qui envoie pas mal de gens à l'hôpital ou en prison, et quelqu'uns, exceptionnellement, au Panthéon. Où Michael Jackson n'est classé ni parmi les Blancs, ni parmi les Noirs, mais chez les «platines» - comme ses disques. Car tout le problème est là. S'il composait une musique «d'art et décès», inaudible et mortelle, ses fantaisies ne choqueraient personne. Mais, à Denver comme à Limoges, quand on est célèbre, on doit ressembler à Georges Brassens ou à Dolly Parton. Sinon, c'est louche. Et Michael Jackson l'est. Espérons qu'il le restera et ne cédera jamais au conformisme de ses censeurs. Pour achever de les exaspérer, lui qui aime tant les opérations, il devrait même se faire palmer les pieds. Comme Donald, un de ses dieux - ce qui agace les donneurs de leçons que fascinent De Gaulle et Presley, le Che ou Marilyn...
Gilles Martin-Chauffier, Paris-Match, 12/9/92.

Le texte d'introduction
1. Relevez toutes les expressions qui désignent M. Jackson. Classez-les
- selon leur fonction grammaticale : sujet ; attribut du sujet ; apposition, etc…
- selon leur nature : nom ; pronom ; périphrase ; métaphore.
- selon leur connotation : neutres ; péjoratives (négatives) ; mélioratives (positives).
2. Etudiez l'emploi des temps verbaux : le texte suit-il l'ordre chronologique de la carrière du chanteur ? Sinon, rétablissez-le.
3. Relevez les éléments qui établissent la «légende» de M. Jackson.

Le texte Contre
Complétez le tableau suivant afin de suivre la structure du texte :

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Le texte Pour
1. Quels exemples d'artistes extravagants sont donnés en introduction ?
2. Pour quelle raison ces exemples sont-ils donnés ?
3. Le procédé qui consiste à faire un portrait par la négative s'appelle la prétérition : relevez-le dans le second paragraphe.
4. A quel type de reproche appartiennent les exemples de polémique donnés en fin de paragraphe : argent, physique, dons musicaux, etc…
5. Quelle excuse donne-t-on successivement
- aux opérations de chirurgie esthétique ;
- aux rêves de la vedette ?
6. Quelle phrase tente de donner la clef du personnage ? Sur quelle opposition est-elle construite ?
7. De quelles manières le titre de l'article est-il repris en fin du troisième paragraphe ?
8. Quel souhait est formulé en conclusion ?

Exercices d'expression
1. Etablissez, en deux textes successifs, le pour le contre sur l'un des sujets suivants, par exemple :
- les voyages organisés ;
- les films «colorisés» ;
- l'ouverture des magasins le dimanche.
2. Des deux textes pour et contre M. Jackson, faites un troisième texte qui fasse la synthèse en utilisant des formules de concession ou de refus :

La concession
L'oppositionoui, bien entendu, bien sûr
certes, assurément
admettons, d'accord
très bien, tout à fait
c'est entendu, c'est exact
il est vrai, c'est sûr, c'est évident
il faut reconnaître que
vous avez raison
qui dira le contraire ?
cela va sans dire
il n'y a rien à objecter
etc…
L'opposition :
mais
cependant
pourtant, néanmoins
en revanche
d'un autre côté
malheureusement
il n'en reste pas moins que
il n'empêche que
encore faudrait-il que
il ne paraît possible de
il est difficile d'admettre que
etc…

Fiche 6 : Viser un destinataire

6. Viser un destinataire

Argumenter est un acte de communication qui suppose un émetteur qui veut convaincre un destinataire. Celui-ci n'est pas toujours présent : pour le convaincre ou le persuader, il faut imaginer une stratégie qui prenne d'avance en compte les arguments qu'il peut opposer.
La publicité offre de nombreux exemples de la manière dont on peut s'adresser à un destinataire.

Texte 1.

SCIENCES
ET
AVENIRS
Le Magazine de l'Actualité Scientifique
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Madame Burgaud
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85350 L'Ile d'Yeu

Chère Madame,
Si je vous écris aujourd'hui, c'est parce que j'ai deux très bonnes nouvelles à vous annoncer :

- Sciences et Avenir a changé !
Sans se renier, sans renoncer le moins du monde à sa curiosité universelle qui lui fait aborder tous les champs de la connaissance - de l'astronomie au génie génétique en passant par l'archéologie - Sciences et Avenirs a développé ses pages sur les sciences de la vie, l'informatique et toutes les techniques de communication.
Il s'est enrichi aussi de nouvelles rubriques : chercheurs, shopping, innovations et toute l'actualité scientifique et technologique du mois.
Enfin, il a modifié sa présentation avec une mise en page très claire, illustrée de tableaux, schémas et de superbes photos qui représentent à elles seules une magnifique source d'information.

- A cette occasion et pour vous donner la meilleure opportunité de faire connaissanre avec le "nouveau" Sciences et Avenir, ma Direction Générale m'a autorisé à vous faire bénéficier d'une offre de premier abonnement tout à fait exceptionnelle :

Les 12 prochains numéros de Sciences et Avenir ;
+ ses 6 numéros hors-série ;
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Acceptez cette proposition, Madame Burgaud, c'est pour vous l'occasion de participer à la passionnante aventure de la connaissance scientifique.
En lisant Sciences et Avenir, vous saurez tout ce qui se passe de nouveau dans les laboratoires et les centres de recherche du monde entier…
médecine, astronautique, préhistoire, biologie,
…/…
astronomie, mathématiques, génie génétique, sociologie… SCIENCES ET AVENIR parle de tout, sa curiosité est universelle.

AVEC SCIENCES ET AVENIR, VOUS POUVEZ ETRE CERTAIN D'ETRE A LA POINTE DE L'ACTUALITE SCIENTIFIQUE ET TECHNOLOGIQUE.

C'est dans Sciences et Avenir que les lecteurs ont pu trouver les premiers articles sur le SIDA, la maladie d'Alzheimer ou les dernières découvertes de la physique des particules.
SCIENCES ET AVENIR a été le premier à décrire les travaux qui plus tard ont valu aux chercheurs français le prix Nobel…
Collaborant à la presse quotidienne, les journalistes de SCIENCES ET AVENIR sont toujours informés en priorité, et les premiers à vous informer.

VOUS DISPOSEREZ D'UNE INFORMATION RIGOUREUSEMENT EXACTE.

L'équipe de SCIENCES ET AVENIR est composée des meilleurs journalistes scientifiques actuels, passionnés mais scrupuleux, soucieux d'objectivité et de rigueur et dont tous les articles sont relus et corrigés par les chercheurs eux-mêmes. Compte-tenu de la qualité de nos lecteurs, notre information se doit, en effet, d'être d'une authenticité et d'une précision irréprochables.

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SCIENCES ET AVENIR est un magazine agréable à lire avec une mise en page très claire, des tableaux, des schémas, des graphiques qui complètent les explications, et surtout de superbes photos qui constituent à elles seules, une magnifique source d'informations et de documentations.

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Ces numéros sont de véritables ouvrages de référence, réalisés avec la collaboration des meilleurs spécialistes du sujet. Ils font le point d'une question : un rappel historique, l'état des recherches, les travaux en cours, es applications, les conséquences techniques, les coûts, les délais, les espoirs, les perspectives proches et lointaines ; ils sont, en outre, accompagnés d'une illustration remarquable, prcise.

Voulez-vous faire l'expérience ? Juger vous-même de l'intérêt et de la valeur de SCIENCES ET AVENIR ?
Renvoyez vite votre bon !

Dans l'espoir d'avoir très vite de vos nouvelles.

Xavier DARNOY
Responsable des Abonnements.


TEXTE 2. Les avantages Apple

1. Vous le branchez et ça marche tout de suite…

Vous savez brancher une prise de courant ? Alors, vous savez installer un Macintosh Performa. Pour le mettre en marche, il suffit de le sortir de son carton et de connecter les quelques fils, comme ceux du clavier ou de la souris, en suivant les symboles gravés sur les câbles et la face arrière de votre Macintosh.
Vous savez appuyer sur un bouton ? Alors, vous savez l'utiliser. A peine allumé, il vous souhaitera la bienvenue. Tout est déjà installé. Vous n'aurez qu'à «cliquer» avec la souris sur l'un des boutons affichés par le lanceur pour que le programme ou le document soit immédiatement ouvert.

2. On apprend vite et c'est simple à utiliser

Tout a été pensé pour que vous consacriez le moins de temps possible à l'apprentissage de votre Macintosh Performa. Apple l'a doté d'une «visite guidée» qui vous en fera découvrir l'essentiel en quelques minutes.
En fait, vous en connaissiez déjà beaucoup avant d'avoir commencé.
Macintosh Performa, c'est votre bureau, avec ses dossiers et ses documents. mais ici, papier, stylo, crayon ou gomme sont remplacés par des icônes symbolisant vos fichiers et applications, et sont accessibles grâce à la souris. Deux petits clics et vous voilà au travail, dans un environnement qui vous sera vite familier, quel que soit le programme que vous utiliserez.
En apprenant à vous servir d'un logiciel, vous apprenez tous les autres : si vous savez dérouler un menu, vous savez dérouler tous ceux de tous les autres programmes. Des fonctions universelles comme Couper, Copier, Imprimer, Ouvrir, fonctionnent toujours suivant les mêmes principes.
Avec Macintosh Performa, facilité rime avec puissance. A quoi bon disposer des meilleurs outils si leur apprentissage est difficile et leur emploi compliqué ?

Brochure Macintosh Performa, Apple Computer France, Les Ulis.

TEXTE 3. Pas si bête, Bécassine

Nunuche, Bécassine ? Historien et «bécassinophile» distingué, Bernard Lehembre prend la défense de la célèbre petite Bretonne.
Marie-France. - Grâce à la parution de l'album inédit «Bécassine au studio», Bécassine redevient à la mode ! Pour les petites filles des années 90, on peut trouver plus positif, comme modèle !
Bernard Lehembre. - Au contraire ! Le programme des journées de Bécassine dépasse en modernité les Filofax1 les mieux remplis. Lisez les 27 albums2 : Bécassine conduit elle-même son auto, fait du ski, de la culture physique, de l'alpinisme, voyage en Turquie et, bien sûr, travaille, témoignant en cela de l'entrée massive des femmes dans la production. Et puis, si elle est si nunuche, pourquoi les albums «de guerre» de Bécassine ont-ils été saisis par les Allemands quarante-huit heures après leur arrivée, en 1940, comme ouvrages subversifs ?
Certes, mais le monde de Bécassine se limite à la maison de Mme de Grand Air…
Pas du tout ! Bécassine est un témoin actif de son temps. On assiste à l'arrivée du gaz et du cinéma, à l'exposition des Arts décoratifs de 1925, à la critique de la médecine… Le monde de Bécassine bouge vite, ses albums tiennent du reportage.
D'accord, Bécassine s'agite. N'empêche qu'elle donne l'image d'une femme soumise…
C'est qu'on prend pour de la soumission est tout simplement son perpétuel souci de bien faire et son intelligence du cœur. Loin d'être indifférente aux causes humanitaires qui nous préoccupent aujourd'hui, Bécassine s'inscrit à la Croix Rouge. Elle est engagée, ouverte, tolérante. Elle est d'autant moins servile qu'avant la naissance de Loulotte elle cherche sans arrêt du boulot ! C'est une indépendante…
Pourquoi se laisse-t-elle tyranniser par sa jeune maîtresse Loulotte ? Un peu sadomaso, leurs rapports, non ?
Bécassine n'a qu'un principe d'éducation : l'amour. A l'opposé de la très répressive comtesse de Ségur, Bécassine n'enseigne rien. Elle est totalement dévouée aux enfants, soucieuse de les réconforter et de les aider à franchir des épreuves. Une méthode qui a la faveur des auteurs puisque le personnage de Loulotte n'est autre que la propre fille du dialoguiste de Bécassine, Caumery.
A croire que Bécassine a lu Françoise Dolto3…
Elle aurait pu ! Aider l'enfant à s'épanouir… C'est un mode d'éducation d'avant-garde. Et ça marche. Loulotte devient une jeune femme heureuse, décidée et célèbre. Qui fait plus d'études supérieures que de travaux de couture. Une vraie leçon d'amour dans l'air du temps, qui devrait séduire enfants et parents d'aujourd'hui.
Marie-France, Novembre 92, propos recueillis par Corinne Goldberger.

1. Filofax : marque d'agendas
2. Editions Gautier-Languereau.
3. F. Dolto : célèbre psychanalyste d'enfants, auteur de nombreux ouvrages d'éducation.

TEXTE 1. Lettre d'abonnement
1. Quelle est la forme de ce texte ? Dans quel but est-il écrit ?
2. Pourquoi le mot «chère» dans l'apostrophe ?
3. Quelle est la forme de la première phrase ? Sur quels mots se porte l'attention ?
4. Le premier argument : quel est-il ? Comment est-il développé ? A quel type de lecteur s'adresse-t-il ? Relevez les adjectifs valorisants.
5. Conclusion partielle : comment l'abonnement est-il valorisé ? Comment l'offre est-elle mise en valeur typographiquement ? Pourquoi le nom de la destinataire est-il rappelé ?
6. Le deuxième argument : en quoi consiste-t-il ? Comment est-il mis en valeur ? Relevez tous les mots qui insistent sur cette idée.
7. Le troisième argument : quelle qualité suppose-t-il chez le lecteur ? Cet argument est-il autant développé que les précédents ?
8. Le quatrième argument : comment est-il mis en valeur ?
9. Quel paragraphe fait la synthèse des arguments précédents ?
10. En quoi la formule finale rappelle-t-elle l'en-tête ? Pourquoi cette lettre est-elle signée ?

Texte 2. La série Performa d'Apple
1. L'objet dont il est question fait-il l'objet d'une description - neutre - scientifique et technique - publicitaire ?
2. Distinguez les paragraphes qui décrivent, et les paragraphes qui commentent. Dans quel ordre sont-ils disposés ?
3. Les termes techniques sont-ils rares / nombreux - très spécialisés / tout à fait courants ? Est-il nécessaire d'être spécialiste pour comprendre le texte ?
4. Examinez les mots-clefs de chaque paragraphe. Définissez-les précisément à l'aide d'un dictionnaire.
5. Quelle impression ce texte veut-il produire ?
6. Quelle image le rédacteur de ce texte se fait-il du client ? de ses aptitudes ? ses goûts ? ses désirs ? son mode de vie ?
7. Vous identifiez-vous facilement à ce client ?


Synthèse des deux textes
1. Comment le lecteur est-il valorisé dans les deux textes ?
2. Comment le produit est-il valorisé (utilisation des adjectifs, métaphores, hyperboles) ?
3. Quelles connaissances suppose-t-on partagées entre l'auteur du texte et le lecteur ?

Texte 3
1. Quel est le but de B. Lehembre dans ce texte ? A quel endroit du texte ce but est-il exprimé ?
2. Quelle réputation fait-on d'ordinaire au personnage de Bécassine ?
3. Relevez tous les reproches que présente la journaliste qui mène l'interview. Par quels mots de liaison présente-t-elle certains de ses arguments ?
4. Faites la liste des arguments présentés par B. Lehembre en faveur du personnage. Selon quel ordre sont-ils présentés ?
5. Citez toutes les expressions valorisantes qui qualifient Bécassine.
6. Quels arguments B. Lehembre donne-t-il en faveur de l'ensemble des albums ? Quel est le plus surprenant ?

Exercices d'expression

1. Rédigez un texte publicitaire sur un objet de votre choix. Définissez d'abord le client potentiel et adressez-vous à lui de manière à le persuader d'acheter l'objet

2. Imaginez des prospectus pour vendre :
- des produits invendables :
- une voiture dont l'autonomie est de 50 km ;
- un synthétiseur aux sons faux ;
- une encyclopédie pleine d'erreurs ;
- des draps qui déteignent, etc…
- des produits absurdes :
- un rouge à lèvres invisible ;
- un parfum indécelable ;
- une télévision à image fixe.
Vous rechercherez une mise en page adaptée au produit, des photos ou dessins, des schémas.
Vous rechercherez des adjectifs valorisants ou exprimant la rareté.

3. Ecrivez un texte publicitaire sur les albums de Bécassine et sur le personnage en supprimant les marques de dialogue et en les remplaçant par ces phrases exprimant l'opposition ou la concession (voir fiche précédente)

Fiche 7 : S'informer pour argumenter

7. S'informer pour argumenter

Avant de se faire une opinion, ou d'argumenter sur un sujet donné, il est nécessaire de s'informer sur la question : réunir un certain nombre de données objectives permet d'avoir une vue saine sur le sujet, de trouver des arguments d'autant plus convaincants qu'ils sont admis de tout le monde, incontestables.
Les articles informatifs et explicatifs, les banques de données, certaines revues de vulgarisation scientifique, sans compter les manuels et les encyclopédies, permettent de s'informer avant d'établir ou de discuter une thèse.


Texte 1. En fac similé, avec les graphiques, l'article de la NR du 12/2/93
(voir original)



Texte 2. Plus de toutous, moins de bébés

Comme la vie est plus simple, comme elle est plus douce quand il s'agit d'élever un chien-enfant plutôt qu'un enfant-enfant ! D'abord, il faut le dire, un enfant «ça coûte cher». Son coût a augmenté de plus de 50% en dix ans.
Même en les bichonnant, même en mitonnant tous les petits plats que les grosses bêtes exigent (on estime d'ailleurs que chaque jour la moitié des maîtres-parents obtempèrent), ce ne sont, à coup sûr, pas elles qui vous mettront sur la paille. On compte en moyenne 400 F pour un chien. Rien en comparaison des bambins. L'INSEE qui décortique notre vie de A à Z, ne ratant pas une occasion de faire le rabat-joie, est formelle : le coût moyen d'un enfant est de 4 200 F par mois, de 7 800 F pour deux ; pour trois enfants, c'est 11 000 F. Un exemple, l'habillement : 2 000 F par an au minimum pour un enfant, et largement plus dès que se pointe l'adolescence. Quant aux couches - 4 000 F sur deux ans - c'est ruineux, et pas écologique du tout.
On compte 2,5 milliards de couches hyper-résistantes vendues chaque année en France. En comparaison, les crottes de chien, au petit matin, sur le trottoir, c'est de la poésie. La redécouverte de la nature ! A Paris, 16 tonnes sont émises quotidiennement, dont quatre sont enlevées par les motos-crottes pour un budget de 42 millions par an. Pour les couches, ce sont les parents qui paient ; pour les crottes, c'est tout le monde, mais on ne râle pas.


L'enfant hors de prix

Seconde antienne : les enfants nous bouffent la vie. Avec un chien-enfant, au contraire, pas de contraintes horaires - ou si peu - pas d'école, pas de garderie. On laisse l'animal seul, et si ça se passe mal, il n'y aura que le voisin pour se plaindre. Pas de baby-sitter non plus, sinon pour la frime (65F de l'heure) et pas de nourrice. (...) Reste la question des vacances. Mais tous les maîtres n'en font pas une maladie. D'abord, de plus en plus d'hôtels se mettent en quatre pour les accueillir, sans supplément. Et sinon, pourquoi s'en faire? On s'en débarrasse. 350 000 chiens et chats chaque année font les routards. Un de perdu, dix de retrouvés.
Mais quand on pense aux 20 000 couples qui sont assez fous, chaque année, pour laisser leur irrépressible désir d'enfant se transformer en décision d'adopter, quelle inconscience ! Surtout quand on considère le parcours du combattant qu'ils devront emprunter. Sur 115 000 enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance, 5 800 seulement sont considérés comme pupilles de la nation et donc adoptables. 1 500 trouveront finalement une famille. Certains se tournent vers l'adoption à l'étranger. Un enfant n'a pas de prix : 50 000 F en moyenne pour un petit Brésilien. Décidément hors de prix.
Alors que les chiens, les chats, les oiseaux, les poissons, les tortues, les hamsters, les grenouilles, c'est donné. Et jamais encombrant. Voyez votre chien-enfant. Empiètera-t-il sur votre sacro-saint tennis du samedi ? Non, il vous attend dans la voiture. La sortie au restau ? Attaché au pied d'une chaise, impeccable. Pour votre détente ? Tout ce qu'il faut d'espaces verts. Avec des enfants au contraire, la moindre balade est un problème : gymkhana avec la poussette entre travaux et voitures, pelouses des bois impraticables (à cause des crottes), squares poussiéreux où ils risquent d'attraper les mauvaises maladies transmises par leurs congénères. Oui, à tout bien considérer, rien ne vaut la saine rusticité d'une vie de chien. (…)

L'enfant est un sauvage

Mais si tout cela - la vie chère, les petites tracasseries quotidiennes - n'était qu'alibi ? En préférant une famille composée d'Antoine le hamster et de Thomas le chien, ne révèle-t-on pas que l'on ne sait plus s'y prendre avec les enfants ? Dans sa jeunesse, n'importe quelle maman d'aujourd'hui a materné sa poupée d'une main distraite, un petit chien ou un petit chat de l'autre, plus attentive. Et pour reprendre le titre d'une émission de notre gourou à tous, Françoise Dolto, «Lorsque l'enfant paraît», c'est la panique. Ne parlons même pas de l'angoisse de la mère à la veille du passage en sixième, ni de la tyrannie exercée par les ados lors des courses du samedi au supermarché. Ils ont, paraît-il, leur mot à dire sur plus de 15% des dépenses du ménage, et, en plus, il faut leur donner de l'argent de poche (plus de 10 milliards de francs par an pour les 14-17 ans). Nos animaux domestiques, moins sauvages, n'ont pas ces exigences.(…)

L'arrivée du Troisième
(…) Il y a un signe qui ne trompe pas : quand les Français ont commencé à faire moins de bébés - c'était vers la fin des années soixante -, les chiens, chats, oiseaux et rongeurs entraient discrètement dans les foyers, pour, depuis, affirmer un peu plus chaque année leur présence. Aujourd'hui, ils sont 37 millions à être couverts de poils ou de plumes, tandis que notre progéniture se parsème. Au train où vont les choses, cela n'est pas près de s'arranger : avec : avec 750 000 naissances par an, nous avons atteint le plus bas niveau de fécondité de notre histoire, hors période de guerre. 1,79 enfant par femme, selon les dernières estimations de l'INSEE. Record battu dans la capitale : 1,56.
Dans le même temps, ici ou là, on pousse des cris d'angoisse devant le constat de vieillissement de la population : nous sommes déjà 19,4% à être âgés de 60 ans et plus. Solitude des jeunes ou solitude des vieux, le solitaire, quel que soit son âge, promène qui vous savez au bout de sa laisse. Dans ce cas, l'animal est avant tout une présence, un soutien affectif. Mais désormais, un foyer sur deux abrite une charmante bestiole, et plus souvent qu'on ne le croit, ce foyer est une famille avec enfants (43%). Il est si bon pour le développement psycho-affectif de ces chers petits, d'avoir un chat à caresser à rebrousse-poil. Voilà un bon prétexte, en effet.
La vérité ne résiderait-elle pas ailleurs ? Dans une nouvelle famille qui tendrait à inclure «indifféremment» enfants, chien ou chat ? Si arbitrage il y a, au moment de décider d'avoir un deuxième enfant et a fortiori un troisième, il y a fort à parier en effet que l'animal en sorte de plus en plus souvent vainqueur. Où est donc passé le troisième enfant dans la famille contemporaine type ? Il suffit de regarder : dans les salons, le panier du chien a remplacé le landau.

Le Journal du Dimanche, 1992.

Texte 2.
1. Relevez tous les chiffres cités dans l'article. Sont-ils nombreux ? Quelle est leur origine ? Où sont-ils placés ?
2. Parmi ceux-ci, quels sont ceux qui coïncident approximativement avec l'article d'information précédent ? Sont-ils importants dans l'argumentation ?
3. Quel est le sujet de l'article ? Est-ce un article informatif ou cherche-t-il à convaincre ?
4. Pour découvrir le cheminement de la pensée de l'auteur, complétez le tableau suivant :

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5. L'auteur partage-t-il l'avis que son texte exprime, ou dit-il le contraire de ce qu'il pense ?
6. Cet article est-il très sérieux ou ironique, utilisant les procédés d'exagération et d'antiphrase ? Justifiez votre réponse en relevant certaines expressions du texte.



Exercices d'expression
1. Les jeux vidéo ont été récemment accusés de rendre les enfants violents et de provoquer des crises d'épilepsie. Documentez-vous sur le sujet et présentez ensuite votre thèse, en utilisant si possible le procédé de l'ironie.

2. L'école en quatre jours
Réunissez une documentation complète, en particulier sur la fatigue scolaire, et présentez une mise au point argumentée sur le sujet, en dépassant vos premières réactions !



Fiche 8 : Convaincre et persuader

8. Convaincre et persuader

Les arguments que nous devons choisir pour convaincre ou persuader un interlocuteur, un lecteur, ne sont pas toujours les mêmes sur un même sujet, car ils dépendent en partie du destinataire.
On cherche à persuader en s'adressant aux sentiments de l'autre, et à convaincre en s'adressant à sa raison, à son intelligence.
Grâce à la persuasion, on cherche à obtenir un changement concret (une attitude, un comportement, un achat…). Grâce à la conviction, on cherche à obtenir un accord intellectuel.
Par exemple, un alcoolique peut être convaincu des méfaits de l'alcool, mais s'il n'en est pas persuadé, il continuera à boire.


Texte 1. Une abominable coutume

Il y avait alors dans l'Arabie1 une coutume affreuse, venue originairement de Scythie, et qui, s'étant établie dans les Indes par le crédit des brachmanes2, menaçait d'envahir tout l'Orient. Lorsqu'un homme marié était mort, et que sa femme bien-aimée voulait être sainte, elle se brûlait en public sur le corps de son mari. C'était une fête solennelle qui s'appelait le bûcher du veuvage. La tribu dans laquelle il y avait eu le plus de femmes brûlées était la plus considérée. Un Arabe de la tribu de Sétoc étant mort, sa veuve, nommée Almona, qui était fort dévote, fit savoir le jour et l'heure où elle se jetterait dans le feu au son des tambours et des trompettes. Zadig remontra à Sétoc combien cette horrible coutume était contraire au bien du genre humain ; qu'on laissait brûler tous les jours de jeunes veuves qui pouvaient donner des enfants à l'Etat, ou du moins élever les leurs ; et il le fit convenir qu'il fallait, si l'on pouvait, abolir un usage si barbare. Sétoc répondit : «Il y a plus de mille ans que les femmes sont en possession de se brûler. Qui de nous osera changer une loi que le temps a consacrée ? Y a-t-il rien de plus respectable qu'un ancien abus ? - La raison est plus ancienne, reprit Zadig. Parlez aux chefs des tribus, et je vais trouver la jeune veuve.»
Il se fit présenter à elle ; et après s'être insinué dans son esprit par des louanges sur sa beauté, après lui avoir dit combien c'était dommage de mettre au feu tant de charmes, il la loua encore sur sa constance et son courage. «Vous aimiez donc prodigieusement votre mari ? lui dit-il . - Moi ? point du tout, répondit la dame arabe. C'était un brutal, un jaloux, un homme insupportable ; mais je suis fermement résolue de me jeter sur son bûcher. - Il faut, dit Zadig, qu'il y ait apparemment un plaisir bien délicieux à être brûlée vive. - Ah! cela fait frémir la nature, dit la dame, mais il faut en passer par là. Je suis dévote ; je serais perdue de réputation, et tout le monde se moquerait de moi si je ne me brûlais pas.» Zadig, l'ayant fait convenir qu'elle se brûlait pour les autres et par vanité, lui parla longtemps d'une manière à lui faire aimer un peu la vie, et parvint même à lui inspirer quelque bienveillance pour celui qui lui parlait. «Que feriez-vous enfin, lui dit-il, si la vanité de vous brûler ne vous tenait pas ? - Hélas! dit la dame, je crois que je vous prierais de m'épouser.»
Zadig était trop rempli de l'idée d'Astarté pour ne pas éluder cette déclaration ; mais il alla dans l'instant trouver les chefs de tribus, leur dit ce qui s'était passé, et leur conseilla de faire une loi par laquelle il ne serait permis à une veuve de se brûler qu'après avoir entretenu un jeune homme tête à tête pendant une heure entière. Depuis ce temps, aucune dame ne se brûla en Arabie. On eut au seul Zadig l'obligation d'avoir détruit en un jour une coutume si cruelle, qui durait depuis tant de siècles. Il était donc le bienfaiteur de l'Arabie.

Voltaire (1684-1778), Zadig.

1. L'Arabie dont il est question dans ce conte est de pure fantaisie : la coutume du suti est indienne.
2. Brachmanes : on écrit maintenant brahmanes. Prêtres.


Texte 2. Ecologie : Les Nobel prennent la mouche

Alors que la planète se penche sur son sort à Rio, les scientifiques jettent une pierre dans la mare écolo.

Quelle mouche a donc piqué nos grosses têtes ? A l'heure où l'humanité tout entière s'émeut pour sa planète et n'a que le mot écologie à la bouche, voilà que deux cent soixante-quatre scientifiques et intellectuels dont cinquante-deux prix Nobel issus de vingt-neuf pays se mettent en tête de nous donner mauvaise conscience. Dans un appel adressé à la centaine de chefs d'Etat et de gouvernements réunis à Rio jusqu'au 14 juin, à l'occasion de la Conférence des Nations unies pour l'Environnement et le Développement, ils alertent les sommités de ce monde contre les dangers d'un totalitarisme vert où seule, Dame Nature aurait des droits.
«Nous exprimons, écrivont les signataires, la volonté de contribuer pleinement à la préservation de notre héritage commun, la Terre. Toutefois, nous nous inquiétons d'assister à l'émergence d'une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social.»
Explications de l'un des signataires, Jean-Marie Lehn, prix Nobel de chimie et professeur au Collège de France : «Nous avons le sentiment d'un dérapage, note-t-il. Depuis que l'écologie politique a pris le pas sur l'écologie scientifique, les prises de position sont devenues beaucoup trop passionnelles. On en arrive à prêcher que tout ce qui est naturel est bon et pur, et que tout le reste, à savoir le fruit de l'activité humaine, est dangereux. Le monde n'est pas aussi manichéen1, et bannir tout progrès ne nous amènera jamais au risque zéro. Car la nature, elle aussi, peut être toxique.
«Savez-vous qu'un grand nombre de pesticides naturels, secrétés par les plantes elles-mêmes pour se défendre, et par ailleurs couramment consommées, se sont révélées cancérigènes chez les rongeurs ? L'idéologie d'une nature pure et sans tache en prend un sacré coup, non ? Je dis, donc : relativisons et sachons garder une certaine mesure. Ne péchons pas par ignorance. Je prends un autre exemple : on s'inquiète beaucoup à propos de la pollution atmosphérique. Eh bien, en ce qui concerne le degré d'absorption de substances cancérigènes, respirer la pollution d'une grande ville durant une journée est beaucoup moins nocif que de manger un poulet grillé au charbon de bois. Alors bien sûr, cela ne signifie pas qu'il ne faut pas assainir notre atmosphère. Freiner toutes les pollutions est essentiel, en particulier à l'Est et dans le Tiers-monde. Mais sachons aussi faire preuve de discernement. Il y a de vrais et de faux problèmes.»
Gare donc aux décisions radicales prises sous le coup de la panique et basées sur des arguments pseudo-scientifiques. Certains nous prédisent un avenir apocalyptique si l'homme ne remet pas totalement en cause sa logique de croissance.

A quoi est dû le réchauffement ?
Le pire n'est pas si sûr. Car l'écologie scientifique, disons-le, tâtonne. Ainsi à propos de l'effet de serre.
«Nous ne pouvons encore prédire avec une certitude absolue, commente un autre signataire de l'appel, le professeur Maurice Aubert, océanographe et président du Centre d'études et de recherches de biologie et d'océanographie médicale (CERBOM), les changements climatiques que pourrait entraîner l'effet de serre. Certes, il semble que nous soyons dans une période de réchauffement de notre climat. La faute à qui ou à quoi ? Nous ne savons pas encore l'évaluer précisément ; est-ce dû à un phénomène naturel puisque la Terre, tout au long de son histoire, a subi de grandes variations climatiques allant de réchauffement en refroidissement ? Est-ce dû à l'activité humaine ? Mais les volcans aussi ont une responsabilité dans l'effet de serre. Un volcan en éruption crache infiniment plus de gaz carbonique (CO2) que tout la circulation du monde en une journée. Les bestiaux aussi dégagent du CO2. Alors qu'est-ce qu'on fait ? On raye ces derniers de la surface de la terre, on terrasse les volcans, on supprime les voitures, on interdit toute forme d'énergie à base de combustibles fossiles ? Il ne faudrait quand même pas oublier qu'il y a sur Terre plus de cinq milliards d'hommes qu'il faut nourrir, chauffer et qui ont de légitimes besoins économiques. D'un autre côté, bien sûr, il faut se rendre à l'évidence : notre planète supporte de moins en moins l'hyper activité qu'on lui fait subir. Faut-il pour autant crier haro sur le progrès ? Cessons cette opposition simpliste. La science et l'industrie, dont la mission est tout de même de se mettre au service de l'humanité, ont au contraire un rôle fondamental à jouer dans la protection de l'environnement. Car le progrès et le développement, c'est aussi arriver à définir précisément les risques et mettre au point des technologies propres, capables de freiner la destruction du monde. Je vous donne un exemple : il y a trente-cinq ans, le commandant Cousteau assurait que la Méditerranée n'en avait plus pour longtemps avant devenir une mer morte. Qu'en est-il aujourd'hui ? Les taux de mercure, de matières organiques et des bactéries ont été divisés par cent grâce aux techniques d'assainissement et d'épuration mises au point. Il faut continuer dans ce sens. Et arrêter de prétendre qu'il n'y a qu'une seule issue valable : retourner à l'âge des cavernes. Qui le pourrait d'ailleurs ? J'ai vu un ami astronome qui est un écologiste forcené. Il a installé des capteurs solaires autour de sa maison et se promène à cheval dans sa région, le midi. Mais quand il doit aller siéger à l'Académie des Sciences à Paris, que coryez-vous qu'il fait ? Il prend l'avion. Permettez-moi de sourire.

Anne Declèves, La Vie N°2441, 11 juin 1992.

Texte 1.
Etude du texte : Une argumentation sous forme de récit

1. En quoi consiste la coutume dont parle le texte ?
2. Quel changement de temps marque le passage de l'exposé général au récit proprement dit ?
3. Quelles sont les trois interventions successives de Zadig ? Auprès de qui ont-elles lieu ? Quel est leur objet ?
4. Les trois discussions menées par Zadig ne sont pas présentées de la même manière. Caractérisez-les : discours direct - discourt indirect - discours indirect libre (mélange des deux).
5. Relevez dans le passage tous les mots (en particulier les adjectifs) qui montrent l'opinion du narrateur sur cette coutume.
6. Donnez un exemple de l'ironie de Voltaire dans le dernier paragraphe.
7. Quel est le but de Voltaire dans cette page :
- amuser simplement le lecteur ;
- défendre la raison et le progrès contre une tradition barbare ?

Convaincre et persuader
1. Que signifie la réponse de Zadig à Sétoc ?
2. Zadig cherche-t-il à convaincre Almona ou à la persuader ?
3. Pour quelle raison Zadig pose-t-il des questions ? Ignore-t-il les réponses à ses propres questions ?
4. L'argument par la tradition : quel est le point faible de ce type d'argument ?
5. Qu'arrivera-t-il à Almona si elle ne suit pas la coutume ?
6. Quel type d'argument Zadig a-t-il pu employer auprès des chefs de tribus ?
7. Quelle conception de la femme se fait Zadig ?

Texte 2
1. Quelle phrase présente le contenu du texte ? Où est-elle située ? Pourquoi ?
2. Pour suivre le déroulement de l'argumentation contenue dans les passages en italiques, complétez le tableau suivant :

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Exercices d'expression écrite

1. Vois êtes trois candidats à la location d'un appartement. Que dites-vous au propriétaire pour qu'il vous accorde la préférence ?

2. Votre meilleur copain conduit sa voiture beaucoup trop vite. Vous avez peur. Que lui dites vous pour le convaincre et le persuader ?
3. Votre fils de dix-huit ans veut abandonner ses études. Vous voulez le convaincre et le persuader de persévérer…


Fiches publiées dans
Lire à loisir 3e, Nathan.
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