Passion Lettres
Flaubert

Livre du jour Gustave Flaubert Dictionnaire des idées reçues

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«J’ai quelquefois des prurits atroces d’engueuler les humains et je le ferai à quelque jour, dans dix ans d’ici, dans quelque long roman à cadre large; en attendant, une vieille idée m’est revenue, à savoir celle de mon Dictionnaire des idées reçues (sais-tu ce que c’est ?). La préface surtout m’excite fort, et de la manière dont je la conçois (ce serait tout un livre), aucune loi ne pourrait me mordre quoique j’y attaquerais tout. Ce serait la glorification historique de tout ce qu’on approuve? J’y démontrerais que les majorités ont toujours eu raison, les
minorités toujours tort. J’immolerais les grands hommes à tous les imbéciles, les martyrs à tous les bourreaux, et cela dans un style poussé à outrance, à fusées. Ainsi, pour la littérature, j’établirais, ce qui serait facile, que le médiocre, étant à portée de tous, est le seul légitime et qu’il faut donc honnir toute espèce d’originalité comme dangereuse, sotte, etc. Cette apologie de la canaillerie humaine sous toutes ses faces, ironique et hurlante d’un bout à l’autre,
[…]»

Flaubert, Dictionnaire des idées reçues.
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Livre du jour G. Flaubert Tentation de st Antoine

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La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert (1874)

Texte inclassable, pièce de théâtre ou plutôt mystère au sens médiéval du terme, La Tentation de saint Antoine a été mise plusieurs fois sur le métier par Flaubert, et finalement éditée en 1874. C'est une oeuvre difficile d'accès, et l'un des plus grands mérites des somptueuses illustrations de Daniel-Girard mises en ligne ici est de lui donner une chance de commencer par fasciner le lecteur. A lui ensuite de franchir le pas et d'entrer dans la métaphysique.

Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine (1874)
Edition Henri Cyral, Collection française n° 30, Paris, 1930
Illustrations de Daniel-Girard


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Livre du jour G. Flaubert Un Cœur simple

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« Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l’Evêque envièrent à Madame Aubain sa servante Félicité. Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse, — qui n’était pas cependant une personne agréable. Elle avait épousé un beau garçon sans fortune, mort au commencement de 1809, en lui laissant […]. »

Un cœur simple, de Gustave Flaubert

Mon étude de ce texte
ici
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Livre du jour G. Flaubert Madame Bovary

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Nous étions à l’Étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un gar
on de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.
Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tour- nant vers le ma
tre d’études :
– Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa con- duite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son
ge.
Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne f
t pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à tre nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jauntre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.


Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857

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Livre du jour Flaubert Bouvart et Pécuchet

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«Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le boulevard Bourdon se trouvait absolument désert. Plus bas le canal Saint-Martin, fermé par les deux écluses étalait en ligne droite son eau couleur d’encre. Il y avait au milieu un bateau plein de bois, et sur la berge deux rangs de barriques. Au-delà du canal, entre les maisons que séparent des chantiers le grand ciel pur se découpait en plaques d’outremer […].

Flaubert, Bouvart et Pécuchet
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