Passion Lettres

Livre du jour J. H. Rosny La Guerre du feu

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« Les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable. Fous de souffrance et de fatigue, tout leur semblait vain devant la calamité suprême: le Feu était mort. Ils l’élevaient dans trois cages, depuis l’origine de la horde; quatre femmes et deux guerriers le nourrissaient nuit et jour. Dans les temps les plus noirs, il recevait la substance qui le fait vivre; à l’abri de la pluie, des tempêtes, de l’inondation, il avait franchi les […]. »

La Guerre du feu, de J.-H. Rosny Aîné

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Livre du jour E. Rostand L'Aiglon

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« Les Dames, au clavecin, parlant toutes à la fois, et riant comme des folles.

- Elle manque tous les bémols.
- C’est un scandale
!
- Je prends la basse.
- Un, deux
!
- Harpe
!
- La… la
!…
- Pédale
!
BOMBELLES à Thérèse
- C’est vous
?
THÉRÈSE
Bonjour, Monsieur de Bombelles.
UNE DAME, au clavecin.
- Mi… sol…
THÉRÈSE
- J’entre comme lectrice aujourd’hui.
UNE AUTRE DAME, au clavecin
[…] »


L’Aiglon d’Edmond Rostand.

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Livre du jour P. Corneille La Place royale


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EXTRAIT

Cléandre
Vit-on jamais amant de la sorte enflammé,
Qui se tînt malheureux pour être trop aimé
?
Alidor
Comptes-tu mon esprit entre les ordinaires?
Penses-tu qu’il s’arrête aux sentiments vulgaires
?
Les règles que je suis ont un air tout divers
;
Je veux la liberté dans le milieu des fers.
Il ne faut point servir d’objet qui nous possède
;
Il ne faut point nourrir d’amour qui ne nous cède
;
Je le hais, s’il me force
: et quand j’aime, je veux
Que de ma volonté dépendent tous mes vœux
;
Que mon feu m’obéisse, au lieu de me contraindre
;
Que je puisse à mon gré l’enflammer et l’éteindre,
Et toujours en état de disposer de moi,
Donner, quand il me plaît, et retirer ma foi.
Pour vivre de la sorte Angélique est trop belle
:
Mes pensers ne sauraient m’entretenir que d’elle
;
Je sens de ses regards mes plaisirs se borner
;
Mes pas d’autre côté n’oseraient se tourner,
Et de tous mes soucis la liberté bannie
Me soumet en esclave à trop de tyrannie.
J’ai honte de souffrir les maux dont je me plains,
Et d’éprouver ses yeux plus forts que mes desseins.
Je n’ai que trop langui sous de si rudes gênes
;
À tel prix que ce soit, il faut rompre mes chaînes,
De crainte qu’un hymen, m’en ôtant le pouvoir,
Fît d’un amour par force un amour par devoir.

Corneille, La Place royale

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Livre du jour T. Gautier Mlle de Maupin

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"
Tu te plains, mon cher ami, de la rareté de mes lettres. Que veux-tu que je t’écrive, sinon que je me porte bien et que j’ai toujours la même affection pour toi? Ce sont choses que tu sais parfaitement, et qui sont si naturelles à l’âge que j’ai et avec les belles qualités qu’on te voit, qu’il y a presque du ridicule à faire parcourir cent lieues à une misérable feuille de papier pour ne rien dire de plus. J’ai beau chercher, je n’ai rien qui vaille la peine d’être rapporté […]."

Mademoiselle de Maupin, de Théophile Gautier
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Livre du jour G. Leroux Le Fantôme de l'Opéra

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« Ce soir-là, qui était celui où MM. Debienne et Poligny, les directeurs démissionnaires de l’Opéra, donnaient leur dernière soirée de gala, à l’occasion de leur départ, la loge de la Sorelli, un des premiers sujets de la danse, était subitement envahie par une demi-douzaine de ces demoiselles du corps de ballet qui remontaient de scène après avoir « dansé » Polyeucte. Elles s’y précipitèrent dans une grande confusion, les unes faisant entendre des rires excessifs et peu naturels, et les autres des cris de terreur.
La Sorelli, qui désirait être seule un instant pour « repasser » le compliment qu’elle devait prononcer tout à l’heure au foyer devant MM. Debienne et Poligny, avait vu avec méchante humeur toute cette foule étourdie se ruer derrière elle. Elle se retourna vers ses camarades et s’inquiéta d’un aussi tumultueux émoi. Ce fut la petite Jammes, – le nez cher à Grévin, des yeux de myosotis, des joues de roses, une gorge de lis, – qui en donna la raison en trois mots, d’une voix tremblante qu’étouffait l’angoisse
:
« C’est le fantôme! »

Et elle ferma la porte à clef. […] »


Gaston Leroux, Le Fantôme de l’Opéra
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Livre du jour A. Tchekhov La Mouette

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TCHEKHOV, ANTON PAVLOVITCH: La MouetteThéâtre Fils d’une comédienne célèbre, Constantin Treplev, jeune écrivain, veut conquérir la gloire, et avec cette dernière, la main de Nina (la Mouette), sa voisine. Mais tout ne se passera pas comme il l’espère lors de sa première représentation théâtrale… L’art et le théâtre sont très présents dans cette pièce, chaque personnage y étant plus ou moins lié: Arkadina qui se croit toujours une grande actrice- Treplev son fils qui rêve de révolutionner le théâtre — Trigorine l’amant d’Arkadina, un écrivain connu — Nina qui désire devenir actrice et est fascinée par le monde de l’art. Le second grand thème de cette pièce est l’Amour, avec ses illusions et ses désillusions.

Anton Tchekhov La Mouette

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Livre du jour L. Tolstoï Anna Karénine

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« Tous les bonheurs se ressemblent, mais chaque infortune a sa physionomie particulière.

La maison Oblonsky était bouleversée. La princesse, ayant appris que son mari entretenait une liaison avec une institutrice française qui venait d’être congédiée, déclarait ne plus vouloir vivre sous le même toit que lui. Cette situation se prolongeait et se faisait cruellement sentir depuis trois jours aux deux époux, ainsi qu’à tous les membres de la famille, aux domestiques eux-mêmes. Chacun sentait qu’il existait plus de liens entre des personnes réunies par le hasard dans une auberge, qu’entre celles qui habitaient en ce moment la maison Oblonsky. La femme ne quittait pas ses appartements; le mari ne rentrait pas de la journée; les enfants couraient abandonnés de chambre en chambre; l’Anglaise s’était querellée avec la femme de charge et venait d’écrire à une amie de lui chercher une autre place; le cuisinier était sorti la veille sans permission à l’heure du dîner; la fille de cuisine et le cocher demandaient leur compte. »


Léon Tolstoï, Anna Karénine

http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Tolstoi-Karenine-1.pdf

http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Tolstoi-Karenine-2.pdf

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Livre du jour C. Collodi Les Aventures de Pinocchio

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Comment Maître Cerise, le menuisier, trouva un morceau de bois qui pleurait et riait comme un enfant.
Il était une fois…
– Un roi
! – vont dire mes petits lecteurs.
Eh bien non, les enfants, vous vous trompez. Il était une fois… un morceau de bois.
Ce n’était pas du bois précieux, mais une simple bûche, de celles qu’en hiver on jette dans les poêles et dans les cheminées.
Je ne pourrais pas expliquer comment, mais le fait est qu’un beau jour ce bout de bois se retrouva dans l’atelier d’un vieux
menuisier, lequel avait pour nom Antonio bien que tout le monde l’appelât Maître Cerise à cause de la pointe de son nez qui était toujours brillante et rouge foncé, comme une cerise mûre.
Apercevant ce morceau de bois, Maître Cerise devint tout joyeux et, se frottant les mains, marmonna
:
– Ce rondin est arrivé à point
: je vais m’en servir pour fabriquer un pied de table. […]

Carlo Collodi, Pinocchio

Étude ici (questionnaire et corrigéWinking
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Livre du jour P. Corneille Œdipe

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«Thésée.
N’écoutez plus, madame, une pitié cruelle,
qui d’un fidèle amant vous feroit un rebelle
:
la gloire d’obéir n’a rien qui me soit doux,
lorsque vous m’ordonnez de m’éloigner de vous.
Quelque ravage affreux qu’étale ici la peste,
l’absence aux vrais amants est encor plus funeste
;
et d’un si grand péril l’image s’offre en vain,
quand ce péril douteux épargne un mal certain.
Dircé.
Le trouvez-vous douteux quand toute votre suite
par cet affreux
[…]».

Œdipe, de Pierre Corneille.

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