Baudelaire

Éphéméride 31 août 1867 décès de Charles Baudelaire

Charles Baudelaire n'a jamais aimé qu'une seule femme, sa mère, à qui il ne pardonnera jamais son remariage avec le général Aupick, alors qu'il n'avait que sept ans.
Le beau-père détesté, officier devenu plus tard ambassadeur, incarne à ses yeux tout ce qui fait obstacle à ce qu'il aime
: sa mère, la poésie, le rêve, et la vie sans contraintes. Il fait embarquer Charles de force sur un paquebot en direction des Indes, puis place sous tutelle judiciaire la fortune héritée de François Baudelaire et menacée d'être rapidement dilapidée.
Contraint de travailler, Charles se consacre à la critique d'art et à la traduction des œuvres d'Edgar Poe.
En 1857 paraissent
Les Fleurs du Mal, recueil de vers exaltant la beauté en germe dans toute perversité, dans toute souffrance. L'ouvrage est condamné pour « outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs ».
Criblé de dettes, Baudelaire entreprend une tournée de conférences en Belgique.
Lors d'une visite à l'église Saint-Loup de Namur, il perd connaissance. Cet effondrement est suivi de troubles cérébraux, en particulier d'aphasie.
À partir de mars 1866, il souffre d'hémiplégie. Il meurt à Paris de la syphilis le 31 août 1867, sans avoir pu réaliser le projet d'une édition définitive des
Fleurs du Mal, travail de toute une vie.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse, (6e division), dans la même tombe que sa mère et son beau-père le général Aupick.
Son œuvre, condamnée, méconnue de son vivant, aura un retentissement posthume inouï
: elle fonde la modernité poétique, en particulier le symbolisme.
« Dante d'une époque déchue » selon le mot de Barbey d'Aurevilly, nourri de romantisme, tourné vers le classicisme, à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », Baudelaire occupe une place immense dans l'histoire de la poésie française.

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