Littérature

Éphéméride 23 avril 1616 : décès de William Shakespeare

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William Shakespeare
Né à Stratford-sur-Avon (Angleterre) le 23/04/1564 ; décédé à Stratford-sur-Avon (Angleterre) le 23/04/1616 (calendrier julien)
Si son œuvre a traversé les siècles pour devenir un monument de la littérature universelle,
l’histoire de Shakespeare semble condamnée à être écrite au conditionnel tant elle est sujette à controverse. Que de thèses échafaudées sur la véritable identité du dramaturge anglais, sur les pièces qu’il aurait écrites ou sur la vie qu’il a menée. Son existence même a été parfois remise en cause. Si la France a attendu le XXème siècle pour entendre une controverse sur la paternité des textes de Molière, Shakespeare voit sa légitimité remise en question dès le milieu du XIXème siècle au profit de Bacon, Marlowe, voire de la reine Elisabeth en personne. Tel Homère, père mythique de la littérature grecque, les auteurs devenus le symbole de leur langue - ne dit-on pas la « langue de Shakespeare » ou la « langue de Molière » - souffrent aujourd’hui de fortes suspicions. Il est vrai que Shakespeare, avec un parcours parfois obscur et des textes retouchés par la postérité, est particulièrement mal logé. Cependant, la biographie « orthodoxe » reste la plus reconnue, dût-elle s’accommoder de bizarreries « mythologiques » telle qu’une date et un lieu de naissance s’accordant parfaitement avec la date et le lieu de mort.
De la jeunesse privilégiée à la « disparition »
William Shakespeare naît le 23 avril 1564 à Stratford-sur-Avon dans le comté de Warwick en Angleterre au sein d’une famille catholique. Son père John est un ancien paysan enrichi devenu gantier et Mary Arden, sa mère, est issue de la bourgeoisie. De la jeunesse de William, on ne connaît que peu de choses, sinon qu’il fut certainement l’élève de l’école de Stratford et que son père eut apparemment des difficultés financières. En novembre 1582, William épouse Anne Hathaway, femme de huit ans son aînée et qui lui donne un enfant dès le mois de mai. Suivent des jumeaux en février 1585.

Puis, on perd la trace de Shakespeare pour longtemps. On ne sait quasiment rien de ses années de formations. L’hypothèse traditionnelle est que Shakespeare aurait quitté Stratford pour éviter les représailles d’un certain sir Thomas Lucy sur les terres duquel il aurait braconné. Il aurait alors rejoint Londres. Mais cette supposition repose surtout sur l’anecdote du délit de chasse de Falstaff dans Henry IV. Aucun élément matériel ni témoignage n’est en mesure de la confirmer.

Toujours est-il qu’en 1592, la plume assassine du dramaturge Robert Greene rend compte de la présence de Shakespeare à Londres dans le milieu théâtral. Greene stigmatise en effet le jeu et la plume du Stratfordien dans un pamphlet nommé « Un liard de malice ». Pendant les dix années entre son mariage et ce fameux article, on ne sait rien de l’auteur : d’époux précoce à Stratford, il est devenu dramaturge et acteur reconnu sur la scène effervescente du théâtre élisabéthain. Mais la route qu’il a empruntée nous reste inconnue. C’est d’ailleurs un point qui alimente les thèses critiques sur l’identité de Shakespeare.

Le dramaturge et acteur du Globe Theatre
Alors que le théâtre élisabéthain culmine à Londres, Shakespeare gagne le goût des autorités, ce qui lui assure succès et situation financière confortable. Il s’établit au Théâtre du Globe avec la compagnie des « Lord Chamberlain’s Men », dont il est l’un des sociétaires. La troupe prend le nom de leur protecteur Lord Chamberlain, alors censeur officiel des représentations théâtrales.

A défaut de connaître véritablement Shakespeare, on distingue quatre périodes dans ces œuvres. De 1590 à 1594, celles-ci répondent aux attentes des autorités : elles mettent en scène des drames historiques et politiques tels que Henry VI et Richard III. La sagesse, l’harmonie des pouvoirs sont opposées aux désordres et injustices nés de l’ambition personnelle. Shakespeare écrit dans la même période de nombreuses comédies comme La Mégère apprivoisée et des œuvres poétiques tel que Vénus et Adonis. Les œuvres de la période suivante, de 1594 à 1600, appartiennent à des registres proches. Ainsi le dramaturge écrit Henry IV mais aussi du Songe d’une nuit d’été, un exemple caractéristique des comédies au ton fantaisiste de l’époque. Mais Shakespeare y écrit aussi l’une de ses tragédies les plus connues : Roméo et Juliette.

A partir de 1600, les œuvres prennent un ton plus grave et sont empreintes de pessimisme. Ainsi, dans Hamlet, le jeune prince du Danemark, confronté à la nécessité de la vengeance, peine à trouver les forces pour accomplir son destin tragique et entretient un rapport ambigu avec la mort. Mort, démesure, pour ne pas dire folie, sont en effet des thèmes récurrents de ces tragédies. Ainsi, dans le personnage d’Ophélie, amour, folie et suicide s’enchaînent dans un inéluctable crescendo. Quant au tyran Macbeth, il règne dans le sang et la déraison. Même les comédies n’en sont plus vraiment, tant le pessimisme pointe derrière l’humour. Ainsi Tout est bien qui finit bien ou encore Mesure pour mesure sont désormais classées comme des « pièces à problèmes ».

Malheureusement, on ne connaît aucun élément biographique qui permette de comprendre ce changement dans l’écriture de Shakespeare. Au cours de cette période, qui court jusqu’à 1608, la troupe, bien installée au Globe puis au Blackfriars, change de nom après la mort de la reine Elisabeth en 1603. Elle prend alors de nom de « King’s Men » (troupe du roi).

Après 1608, les tragédies laissent place à des tragi-comédies moins noires mais qui n’en demeurent pas moins graves, par exemple le Conte d’hiver ou encore la Tempête.

Le retour à Stratford
En 1611, Shakespeare décide de se retirer du théâtre et de prendre sa retraite sur ses terres natales. Sur ses cinq dernières années, on sait juste que Shakespeare a eu quelques démêlés judiciaires quand à la possession de terrains. Il s’éteint le 23 avril 1616 à l’âge de 52 ans. Enterré dans le chœur de l’église de la Trinité à Stratford, il laisse derrière lui une œuvre impressionnante et un épitaphe explicite maudissant quiconque ouvrirait ou déplacerait sa tombe.


Bien qu’il ait bénéficié de la reconnaissance du public et de la cour de son vivant, le destin de William Shakespeare reste mal connu, sinon dans les grands traits. Pourtant ses œuvres complètes sont éditées dès 1623 dans le fameux Folio. En fait, elles ne sombreront jamais dans l’oubli en Angleterre. En France, il faut attendre les romantiques pour que Hamlet ou encore le Songe d’une nuit d’été soient reconnus et appréciés. Mais depuis, Shakespeare est pensé comme un auteur essentiel au même titre que les écrivains nationaux. C’est d’ailleurs le cas dans de nombreux pays où les pièces sont encore représentées régulièrement. Les mises en scène, souvent très dépouillées ou transposées dans le monde actuel, témoignent de la modernité de Shakespeare. Avec de multiples adaptations de Hamlet, Macbeth ou encore Roméo et Juliette, le cinéma rend aussi régulièrement hommage au dramaturge anglais.

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Éphéméride 22 avril 1901 : naissance d'Alexandre Vialatte

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Auteur de centaines de chroniques publiées dans La Montagne et Le Spectacle du monde, Alexandre Vialatte (1901-1971) fut journaliste régional, écrivain et le premier traducteur en France de Franz Kafka (Le Procès, 1933).


Alexandre Vialatte, né le 22 avril 1901 à Magnac-Laval (Haute-Vienne) et mort le 3 mai 1971 à Paris, est un écrivain français.

Installé une première fois à Ambert (Puy-de-Dôme) avec sa famille en 1915, il rencontre en 1916 les frères Paul et Henri Pourrat, auxquels le liera une longue amitié, surtout avec le dernier. Cette amitié, ponctuée de nombreuses randonnées pédestres dans les monts du Livradois et du Forez, et d'une abondante correspondance, sera un peu de nature « filiale ».
Germanophone, il est de 1922 à 1928 secrétaire de rédaction de La Revue Rhénane en Allemagne, dans la zone occupée par les forces françaises. En 1938, il est professeur de français au lycée franco-égyptien d'Héliopolis, près du Caire.

Il s'engage en 1939 et est fait prisonnier en Alsace en juin 1940, ce qui provoque en lui un effondrement psychologique qui le conduit à l'hôpital psychiatrique de Saint-Ylie, près de Dole. Après avoir tenté de s'y suicider, il en sort en 1941. Cette expérience est relatée dans Le Fidèle Berger, roman du soldat qui sombre dans la folie à force de marcher et sera sauvé en pensant à la femme aimée. Son ami Henri Pourrat mentionne[1] « ce bourg où Vialatte, en se retrempant chaque jour dans le limpide étang des Escures, écrivit en trois semaines Le Fidèle Berger, et, c'est le plus étonnant des livres de guerre parus durant la guerre, le plus profond. Celui où la colère, l'humour, la simplicité, la fidélité nous parle de plus près ».

En 1948, il retourne à Ambert, puis s'installe à Paris (en face de la prison de la Santé). Il écrit, de 1952 jusqu'à sa mort, les 898 Chroniques publiées (sauf 10) dans le journal quotidien auvergnat
La Montagne.
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Éphéméride 21 avril 1699 : décès de Jean Racine

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Jean Racine est un écrivain français né à La Ferté-Milon où il fut baptisé le 22 décembre 1639, mort à Paris le 21 avril 1699.

Biographie de Racine (Gustave Lanson, «La Grande Encyclopédie», 1885-1902)
«Il était fils de Jean Racine, contrôleur au grenier à sel ou procureur au bailliage, et de Jeanne Sconin, qui mourut le 28 janv. 1641 en donnant le jour à une fille. Jean Racine mourut le 6 févr. 1643. Les deux orphelins furent recueillis par les grands parents, le petit Jean par la grand-mère Racine, née Marie Desmoulins, et la petite Marie par le grand-père Sconin. Marie Desmoulins, veuve en 1649, se retira bientôt après à Port-Royal. La famille était de longue date attachée aux jansénistes. En 1638 et 1639, dans un temps de persécutions, Lancelot, Antoine Lemaistre et Lemaistre de Séricourt avaient trouvé asile chez Mme Vitart, soeur de Marie Desmoulins : puis les Vitart s’étaient installés aux portes mêmes de Port-Royal des Champs, où leurs fils avaient été élevés. Une autre soeur de Marie Desmoulins avait été religieuse à Port-Royal : sa fille, tante de Racine, y était encore et devait y être abbesse, c'est la mère Agnès de Sainte-Thècle. En se retirant à Port-Royal, Marie Desmoulins mit son petit-fils au collège de la ville de Beauvais, maison janséniste. De là, en 1655, Racine passe à l'école des Granges, sous la direction de Lancelot et de Nicole. M. Hamon et Antoine Lemaistre s'occupèrent aussi du petit Racine qu'ils voulaient pousser vers le barreau. Racine fit alors ses premiers vers, les sept odes du Paysage de Port-Royal, etl'ébauche des Hymnes du bréviaire romain. Il rimait aussi de petits vers et des madrigaux, et s'égayait assez dans ses lettres à son cousin Antoine Vitart. Il aimait les romans et relisait sans se lasser Les Amours de Théagène et de Chariclée. En 1658, Racine alla faire sa philosophie au collège d'Harcourt; puis il s'installa à l'hôtel de Luynes, chez son cousin Nicolas Vitart, intendant du duc. Il commence à voir le monde ; il se lie avec de beaux esprits, l’abbé galant Le Vasseur et l'épicurien La Fontaine. Il écrit une ode, La Nymphe de la Seine, en l’honneur du mariage du roi (1660). Perrault et Chapelain louèrent la pièce, et Chapelain fit donner une gratification à l'auteur. Mais le théâtre attirait Racine : il fit en 1660 une pièce intitulée Amasie, que les comédiens du Marais, après hésitation, refusèrent; puis il écrivit pour l'Hôtel de Bourgogne le plan d'une tragédie des amours d'Ovide. Port-Royal et surtout la tante Agnès de Sainte-Thècle s'attristaient de ces essais. Racine recevait mal les reproches et les conseils. Cependant, pour complaire à sa famille, il se laissa envoyer à Uzès, auprès de son oncle, Antoine Sconin, vicaire général et prieur des chanoines réformés de la cathédrale (nov. 1661). Racine étudia la théologie avec l’espérance de succéder à son oncle dans quelqu'un de ses bénéfices. Mais il continuait de lire Virgile, Homère et Pindare ; il entretenait une correspondance très profane et libre avec Vitart, Le Vasseur et La Fontaine. Il rentra à Paris en 1663, décidé à suivre sa vocation poétique. Il est probable qu'il tint de son oncle Sconin les bénéfices dont on le voit plus tard en possession, le prieuré de Sainte-Madeleine de l'Epinay en 1664, 1667 et 1668; celui de Saint-Jacques de La Ferté en 1671, 1672 et en 1674, et celui de Saint-Nicolas de Chésy en 1673. A peine de retour à Paris, il perdit sa grand-mère (12 août 1663). Une ode sur La Convalescence du roi, qui avait eu la rougeole, lui valut 600 livres de gratification, dont il fit son remerciement par l'ode intitulée la Renommée aux Muses. Cette pièce plut au duc de Saint-Aignan qui introduisit l'auteur à la cour. Elle lui procura aussi la connaissance de Boileau, avec qui il se lia d'une étroite amitié. Il fut aussi en relations amicales avec Molière qui joua en 1664 sa tragédie La Thébaïde. Les relations se refroidirent par un mauvais procédé de Racine : Molière avait reçu sa seconde pièce, Alexandre le Grand, qui eut un grand succès et consolait Saint-Evremond de la vieillesse de Corneille ; mais Racine, mécontent de l'interprétation de sa tragédie, la porta à l'Hôtel de Bourgogne, si bien qu'on la vit en même temps sur les deux scènes (1665). Il menait alors une fort libre et joyeuse vie avec ses amis Boileau et La Fontaine. L'épicurien Chapelle, les courtisans Vivonne et Nantouillet étaient de leur société et lui donnaient une couleur assez libertine. Racine, avec eux, hanta les cabarets, le Mouton blanc, la Pomme du Pin, la Croix de Lorraine. Ilacheva d'y perdre sa pureté janséniste. Puis il aima des comédiennes, la Duparc qui mourut en 1668 et qui paraît avoir été la grande passion de sa vie, la Champmeslé ensuite, qu'il ne quitta qu'en renonçant au théâtre. On entrevoit par Mme de Sévigné (1er avr. 1671, à Mme de Grignan) l'existence de Racine à cette époque : elle nous parle de ces parties où Racine et la Champmeslé, avec Despréaux, font vis-à-vis à Charles de Sévigné et Ninon : ce sont « des soupers délicieux, c.-à-d. des diableries » (Sévigné, t. II, p. 137). Tout cela pénétrait Port-Royal d'horreur, et ils confondaient dans leurs anathèmes la création poétique et la fréquentation des comédiennes. Racine, trop bien instruit par eux pour ne pas leur donner un peu raison contre lui au fond de son coeur, n'en portait que plus impatiemment leurs censures. Il se fâcha tout à fait quand il se crut désigné par un passage des Visionnaires que Nicole écrivit contre Desmarets de Saint-Sorlin. Au lieu de défendre le théâtre, il fit contre Port-Royal une lettre fort méchante, où M. Lemaistre et la Mère Angélique, qui étaient morts, n'étaient pas épargnés (janv. 1666). Port-Royal répliqua : sur quoi Racine écrivit une seconde lettre que Boileau l'empêcha de publier. Cet endroit de sa vie, où la vivacité de son humeur l'avait fait glisser jusqu'à l'ingratitude, lui fit plus tard beaucoup de peine. Cependant il continuait de travailler; et, en nov. 1667, il donna Andromaque à l'Hôtel de Bourgogne : il y avait attiré la Duparc. La Thébaïde se ressentait de Corneille et de Rotrou; Alexandre révélait l'étude de Corneille et de Quinault. Dans Andromaque éclatait, avec le goût de l'antiquité, l'originalité de Racine. Le succès fut très vif; les critiques furent vives aussi (1ère Préface de Racine; Saint-Evremond, Oeuvres mêlées, t. I, pp. 286 et 320). Perdou de Subligny fit jouer le 18 mai 1668 par Moliére une parodie d'Andromaque, La Folle Querelle ou la critique d'Andromaque qu'il fit précéder ensuite d'une très sévère préface; les remarques de style de Subligny ne furent pas inutiles à Racine. Après Andromaque vinrent Les Plaideurs, farce écrite par un poète qui sentait la poésie d'Aristophane (Les Guêpes). Furetière et Boileau, qui connaissaient bien le Palais, fournirent des traits à l'auteur, qu'un récent procès avait initié à la chicane. La comédie, d'abord composée pour Scaramouche, fut jouée à l'Hôtel de Bourgogne en nov. 1668 : reçue froidement à la ville, elle se releva à la cour. Britannicus parut à la scène le 13 déc. 1669 : Boursault nous a conservé le souvenir de la première représentation (dans la nouvelle d'Artémise et Poliante). La pièce fut très discutée : on n'en épargna que le style. Racine, fâché d'avoir toujours contre lui les amis de Corneille (par ex., Saint-Evremond, Oeuvres mêlées, II, 325), s'en prit aigrement dans la première Préface de sa tragédie à Corneille même, qui peut-être avait regardé son oeuvre avec peu de bienveillance. Bérénice fut jouée à l'Hôtel de Bourgogne le 21 nov. 1670, huit jours avant que Molière donnât le Tite et Bérénice de Corneille. C'était, dit-on, la duchesse d'Orléans, Madame Henriette, qui avait donné le sujet et mis les deux poètes aux prises. L'abbé Montfaucon de Villars publia en 1671 une critique de Bérénice; mais il fut ensuite plus sévère encore pour Corneille qu'il n'avait été pour Racine. Une réponse à l'abbé de Villars a été attribuée à Subligny ou à l'abbé de Saint-Ussans. En 1673 parut à Utrecht une comédie anonyme en prose intitulée Tite et Titus, ou Critique sur les Bérénice : on y donnait l'avantage à Racine. Bérénice fut le premier rôle confié par Racine à la Champmeslé. En janv. 1672 eut lieu la première représentation de Bajazet. La pièce réussit, malgré les partisans de Corneille qui, comme toujours, n'y trouvaient pas assez d'exactitude historique (cf. Segraisiana; le Mercure galant du 9 janv. 1672; Mme de Sévigné, Lettres du 13 et du 15 janv. et du 16 mars 1672). Racine devait son sujet à M. de Césy qui avait été ambassadeur à Constantinople, dont les récits lui avaient été rapportés, semble-t-il, par le chevalier de Nantouillet. Il est difficile pourtant d'admettre qu'il ait ignoré la nouvelle de Segrais, Floridon ou l'Amour imprudent (dans les Nouvelles françaises ou Divertissements de la princesse Amélie, 2 vol., 1656-57), où l'aventure de Bajazet avait été traitée. Les sujets modernes et contemporains, assez fréquents dans la tragédie du XVIe siècle, et au début du XVIIe, étaient devenus rares : depuis l'Osman de Tristan, on n'avait eu aucune tragédie turque, ni moderne. Bajazet ramena la tradition ; mais Racine eut à justifier sa hardiesse dans sa Préface. Racine fut reçu à l'Académie française le 12 janv. 1673 : le même mois, peut-être la veille, Mithridate fut joué. L'applaudissement fut général : on crut retrouver le sublime de Corneille joint cette fois à la tendresse de Racine. Cependant on reprocha encore à l'auteur d'avoir « changé la vérité des histoires anciennes » (De Visé). Iphigénie en Aulide fut représentée d'abord à Versailles le 18 août 1674, puis à l'Hôtel de Bourgogne en janv. 1675. Racine s'était inspiré surtout d'Euripide, mais il devait aussi quelque chose à Rotrou. Le succès fut immense et incontesté. Mais une cabale de beaux esprits et d'auteurs jaloux essaya de l'entraver. Le Clerc, s'aidant de Rotrou, et aidé par Coras, brocha une Iphigénie, qui, pronée deux mois à l'avance, fut jouée cinq fois à l'hôtel de Guénégaud, à partir du 26 mai 1675. Pour appuyer la manoeuvre, un anonyme publia le 26 mai des Remarques sur l'Iphigénie de M. Coras, très flatteuses, et des Remarques sur l'Iphigénie de M. Racine, très sévères. Après Iphigénie, une édition qui parut des neuf tragédies écrites par Racine donna lieu au janséniste Barbier d'Aucour de manifester l'hostilité de sa secte par une méchante satire en vers, Apollon vendeur de Mithridate, ou Apollon charlatan (1676); ce ramas de tout ce qui s'était dit de malveillant sur Racine eut un certain succès. Les comédiens de l'Hôtel de Bourgogne jouèrent la Phèdre et Hippolyte de Racine le 1er janv. 1677; et le 3, la troupe de l'Hôtel de Guénégaud jouait une tragédie de Pradon, de même sujet et de même titre. Pradon, sur le bruit que Racine travaillait au sujet de Phèdre, et peut-être même ayant eu connaissance du plan de l'ouvrage, écrivit sa pièce en trois mois. L'hôtel de Bouillon l'appuyait : c.-à-d. la duchesse de Bouillon, nièce de Mazarin, son frère le duc de Nevers, Mme Deshoulières, etc. La duchesse de Bouillon loua les deux salles, ou au moins les loges, pour six représentations. Le succès de l'ouvrage de Racine n'en fut que retardé : pour la pièce de Pradon, elle alla d'abord aux nues, et la curiosité du public la maintint encore assez longtemps sur la scène. La querelle s'envenima, Pradon accusa Racine et Boileau d'avoir empêché les deux meilleures artistes de Guénégaud de jouer dans sa tragédie; il leur reprocha d'avoir fait interdire une critique de l'oeuvre de son rival, en forme de comédie, Le Jugement d'Apollon sur la Phèdre des anciens, qu'il lut à l'hôtel de Bouillon. Sur cette affaire se greffa celle des sonnets : Mme Deshoulières, aidée de quelques amis de la cabale, avait fait un sonnet injurieux sur la Phèdre de Racine. Le poète et son fidèle Despréaux, attribuant le morceau au duc de Nevers, ripostèrent sur les mêmes rimes par des vérités fort indécentes : sur quoi le duc renvoya, encore par les mêmes rimes, des menaces de coups de bâton pour les deux écrivains. M. le prince dut intervenir et leur offrit un asile à l'hôtel de Condé : ce qui n'empêcha pas un quatrième sonnet d'affirmer que Boileau « fut hier bien frotté ». On attribue à Subligny une Dissertation sur les tragédies de Phèdre et Hippolyte qui parut en 1677. On y donnait la supériorité à Racine pour le style, à Pradon pour l'intrigue : ce jugement représente assez bien le goût général du public. Le récit de Théramène fut très critiqué (Subligny; Lamotte, Discours sur la poésie en général et sur l'ode en particulier, 1701, réfuté par Boileau, 11e Réflexion sur Longin; Fénelon, Lettre à l'Académie; Ch. De la Tragédie); Louis Racine défendit son père dans une Comparaison de l'Hippolyte d'Euripide avec la tragédie de Racine sur le même sujet, lue en 1728 à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Après Phèdre, Racine se retira du théâtre, laissant inachevée une Iphigénie en Tauride, dont il avait dressé le plan, et une Alceste qui était écrite en partie : on a fait bien des hypothèses pour expliquer cette retraite, à trente-sept ans, en pleine gloire, en pleine vigueur du génie. Racine n'a pas fait ses confidences à la postérité : il faut s'en tenir aux conjectures. Est-ce le dégoût produit en lui par la cabale qui fit quelque temps échec à Phèdre? Depuis dix ans, les critiques le faisaient souffrir, l'irritaient; mais s'il avait cédé seulement à sa sensibilité, on conçoit qu'il eût fait serment de ne plus écrire pour le théâtre, on ne conçoit pas qu'il ait tenu son serment peu dans plus de vingt ans. Il est certain que ce fut le jansénisme qui arracha Racine à la poésie dramatique : il s'était réconcilié un peu avant Phèdre avec ses anciens maîtres. Il entra dans leurs sentiments sur l'impossibilité de concilier la vie chrétienne avec le théâtre. Son retour à la foi de son enfance détermina sa retraite. Quelle part curent dans sa détermination et dans sa persévérance les procès de la Brinvilliers et de la Voisin? Il est impossible de le dire, ni, au cas où ces événements le touchèrent, s'il fit des réflexions sur l'immoralité d'un théâtre d'amour et la séduction contagieuse des crimes de passion, ou s'il fit un retour plus profond sur lui-même et sur quelque ancienne aventure de sa vie amoureuse (Funck-Brentano, l'Affaire des poisons, 1899, in-18). Toujours est-il qu'il prit en telle horreur le monde qu'il voulut se faire chartreux (si toutefois Louis Racine n'a pas attribué à son père une intention qui appartient à son frère Jean-Baptiste). Sur le conseil (le son confesseur, il se maria. Il épousa le 1er juin 1677 Catherine de Romanes, femme pieuse et indifférente à la poésie; il en eut cinq filles, dont deux se firent religieuses, et deux fils, Jean-Baptiste, qui après avoir servi dans les ambassades, vécut longtemps retiré dans la piété et dans l'étude, et Louis qui fut poète, ou crut l'être. Les lettres de Racine le montrent fort occupé de l'éducation de ses enfants qu'il dirigeait avec une tendresse inquiète et une dévotion scrupuleuse. Dans son acte de mariage, Racine est qualifié conseiller du roi et trésorier de France en la généralité de Moulins : en mai 1677, il fut nommé avec Boileau historiographe du roi. Louis XIV leur commanda de tout quitter pour se consacrer au récit de sa vie. Cette charge attacha Racine à la cour, où il réussit par sa noble physionomie, sa parole élégante et son tact délicat. Les deux historiographes suivirent le roi aux sièges de Gand et d'Ypres en 1678, et au voyage d'Alsace en 1683. Racine seul alla à Luxembourg, en 1687, et assista aux dernières campagnes du roi en Flandre en 1691, 1692 et 1693. Il prenait sa tâche très au sérieux, quêtant partout des informations et des mémoires. Par malheur, l'oeuvre inachevée des deux amis périt en 1728 dans l'incendie de la maison de M. de Valincour. Malgré l'aversion du roi pour les jansénistes, Racine restait très attaché à Port-Royal. Il visitait Nicole ; il correspondait avec Arnauld; il osa, seul des amis du dehors, assister au service funèbre d'Arnauld qui fut célébré à Port-Royal. Il servit les religieuses dans leurs affaires et leurs peines, rédigeant des mémoires, négociant avec les archevêques de Paris, Harlay et Nouilles. Pendant longtemps, cette conduite ferme et modérée ne lui fit point de tort. Le roi l'aimait, l'appelait volontiers pour le faire causer ou lire. Auprès de Mme de Maintenon aussi, il était en faveur. Elle le chargea avec Boileau de revoir le style des Constitutions de Saint-Cyr. Puis, lorsqu'elle se résolut à ne plus laisser jouer de pièces profanes, comme Andromaque, par les demoiselles, elle chargea Racine de composer des ouvrages religieux. Il reprit le sujet sauvent traité d'Esther. Les représentations eurent beaucoup d'éclat : la première eut lieu à Saint-Cyr le 26 janv. 1689; il s'en donna cinq autres jusqu'au 19 févr. (Cf. Sévigné, lettre du 2 févr. à Mme de Grignan). On joua encore la pièce en 1690, puis en 1697, pour la duchesse de Bourgogne, mais cette fois sans éclat et sans pompe, dans une classe de Saint-Cyr ou dans une chambre de Versailles. Les courtisans se plurent à reconnaître Mme de Maintenon dans Esther, Mme de Montespan dans Vasthi et Louvois dans Aman. Le succès d'Esther engagea Racine à composer Athalie. Mais dans l'intervalle l'évêque de Chartres, Godet Desmarais, éveilla les scrupules de Mme de Maintenon, qui fit jouer Athalie sans décorations et sans costumes dans une classe. Il y eut trois répétitions, les 5, 8 et 22 janv. 1691; quelques autres à Versailles, dans la chambre de Mme de Maintenon, en 1691, 1692 et 1693; enfin en 1699 et 1702 pour la duchesse de Bourgogne. Le peu de bruit de ces représentations fit croire dans le public que la pièce était manquée; seul Boileau soutint que c'était le chef-d'oeuvre de son ami. Athalie ne parut à la Comédie-Française qu'en 1796, et Esther en 1724. Excepté ces deux drames qui montrent que Racine n'avait rien perdu de son génie dans sa retraite, il ne manqua guère à la promesse qu'il avait faite de renoncer à la poésie. Un prologue d'opéra, où il mit la main avec Boileau, une Idylle à la paix, composée en 1683 pour une fête que le marquis de Seignelay donnait au roi dans sa maison de Sceaux, et plusieurs épigrammes mordantes contre de méchants auteurs et de mauvaises tragédies, voilà à peu près toutes les rechutes de son talent poétique en vingt ans : je ne compte pas les quatre beaux cantiques spirituels, publiés en 1694, qui sont d'un chrétien autant que d'un poète. On conte que Racine mourut de chagrin, disgracié, pour avoir remis à Mme de Maintenon un mémoire sur la misère du peuple que le roi surprit. C'est une légende. Le mémoire que fit Racine pour être déchargé d'une taxe extraordinaire imposée aux secrétaires du roi (il en avait acheté l'office en 1696) ne fut pour rien dans les chagrins de ses derniers jours : il n'y était pas question de la misère du peuple. Si Racine déplut à Louis XIV, c'est par son jansénisme, dont il se justifiait par une lettre adressée à Mme de Maintenon. Il ne tomba point publiquement en disgrâce : il fut toujours des voyages de Fontainebleau et de Marly. Mais il sentit que le roi s'était refroidi, et il en souffrit. Il mourut le 21 avril 1699, d'un abcès au foie. Il demanda à être inhumé à Port-Royal des Champs, au pied de la fosse de son ancien maître, M. Hamon. Quand Port-Royal fut détruit, et le cimetière violé, les restes de Racine furent rapportés à Saint-Étienne du Mont. Une enfance grave, dans la sérénité triste de Port-Royal, une jeunesse orageuse, dans les compagnies les plus libres, des passions et des plaisirs sans retenue, puis tout d'un coup la vie de famille, modeste et recueillie, tous les soins d'un père chrétien, et en même temps, par une conciliation qui ne pouvait se faire qu'en ce temps-là, l'assiduité auprès du roi, la gloire de la faveur et l'art de la flatterie délicate dans le noble décor de Versailles et de Marly, à la fin les amertumes secrètes, la disgrâce sourde qui conduisent aux désillusions dernières et rendent le chrétien tout à son Dieu : voilà la vie inégale, tourmentée et pourtant harmonieuse de Racine, où se succèdent et se rapprochent les aspects les plus opposés. Dans cette vie se déploient une âme passionnée, tendre, et qui savait goûter la douceur des larmes, une imagination ardente, active, qui grossissait les peines et les inquiétudes, un amour-propre inquiet, endolori, irritable, que la moindre piqûre affolait, des vivacités d'humeur et des duretés, lorsqu'il était blessé, qui voilaient la bonté intime de cette nature ; et sur tout cela, un esprit vaste, puissant, fin, exquis, capable également de juger la vérité des choses avec précision, et de sentir la beauté des choses avec ravissement. A Port-Royal, chez les comédiennes, à l'Académie, au foyer domestique, chez le roi, partout il paraît à sa place, égal à tous les emplois, d'amoureux ou de courtisan, de bel esprit ou de chrétien, s'acquittant de tout avec la même grâce aisée et, délicate. Mais surtout c'est un poète, par cette délicatesse toujours vibrante de sentiments et d'impressions. Les traits caractéristiques du génie de Racine doivent se chercher dans les neuf tragédies qu'il adonnées à partir d'Andromaque. En les publiant, il les a fait précéder de préfaces intéressantes, mais où l'on aurait tort de chercher toute une poétique : en général, Racine se contente de discuter les objections qu'on lui a faites, ou qu'il prévoit. il n'explique point en détail la théorie de son art. Au reste, il ne prétendait pas à changer ni à renouveler la technique. Il accepte la forme et les règles de la tragédie, qu'il trouve établies; il se plie aux unités sans les discuter. Il prend le genre tel que Corneille et d'Aubignac l'ont constitué : il saura y faire apparaître son originalité, qui est moins dans la nouveauté des formules techniques que dans la vérité, le pathétique et la poésie de l'invention morale. Il prend ses sujets dans la légende ou l'histoire antiques : il va où la matière est riche et parle à l'imagination, déjà élaborée par de grands esprits de poètes et d'historiens; ses sources sont les tragiques grecs, Virgile, Sénèque, Tacite, Plutarque, et la Bible. La Grèce fabuleuse, l'histoire romaine, et enfin l'histoire juive, voilà le domaine où il s'enferme, évitant les annales sèches et vagues des peuples mal connus. Une fois, il se hasarde à traiter un sujet moderne, dans Bajazet, estimant que « l'éloignement des lieux répare la trop grande proximité des temps», et que ces Turcs, si distants de nous par les moeurs, sont capables de grandeur et de noblesse tragiques. Jamais il ne tente de sujets fictifs : pour lui, comme pour Corneille, la réalité historique, ou son équivalent, la légende reçue dans la croyance des hommes, garantissent la justesse des enchaînements psychologiques. Aussi s'est-il piqué de garder la vérité de l'histoire, et c'est le point sur lequel il revient le plus constamment dans ses Préfaces. Les contemporains pourtant lui disputèrent ce mérite : si l'on fait la part de la malignité et de l'envie, leurs critiques attestent l'étonnement qu'ils éprouvent à voir prendre pour ressort de la tragédie historique, non plus la politique comme chez Corneille, mais l'amour. Puis, dans cette peinture de l'amour, on lui a reproché de donner aux anciens et aux Turcs l'air et le ton français. Tabac, après Voltaire, voit des courtisans français dans les amoureux de Racine. Il faut reconnaître que certaines nuances nobles et délicates du dialogue racinien révèlent le grand siècle et le voisinage de Versailles; mais la critique tombe surtout sur les caractères secondaires : si Xipharès ou Hippolyte sont deux Français, il y a bien autre chose dans Néron, Mithridate et Athalie. Si l'on considère en quel état étaient alors les sciences historiques, on verra sans peine que Racine a fait tout ce qui se pouvait faire en son temps: Il a senti en poète les temps fabuleux de la Grèce ; en historien et en poète, l'empire romain, l'Asie hellénisée, l'âme judaïque. Il s'est efforcé d'évoquer ta représentation des milieux légendaires ou historiques, d'en faire comme la toile de fond devant laquelle se développe son action et évoluent ses personnages. Il a peint aussi avec curiosité des individus historiques, leur gardant, jusque dans leur réduction à un type général, certains traits caractéristiques de leur personnalité: on le comprendra en comparant Mithridate et Nicomède. L'imitation artistique est le but de Racine dans l'usage de l'histoire : il ne vise qu'à exprimer poétiquement certaines civilisations et certains individus. Mais l'histoire, au théâtre, se décompose aisément en tableaux à peine liés, et fournit matière à des portraits strictement individuels : il s'agissait pour Racine d'y introduire une liaison rigoureuse et des types généraux. L'amour lui a fourni le moyen tout à la fois d'enchaîner et d'humaniser la matière historique. Par l'amour, passion universelle, il a généralisé les caractères individuels; par l'amour, passion extrême et furieuse, il a serré et précipité l'action. Voilà comment il a fait de l'amour le ressort de son théâtre. Cela convenait au public. Le temps des conspirations était passé; le roi gouvernait seul avec quelques commis. Les générations nouvelles, désintéressées de la politique, jouissaient de l'abandon des grandes ambitions et des nobles intérêts; dans la paix magnifique que procurait le despotisme royal, les plaisirs de la société et de la cour, les conversations, la galanterie les occupaient. A ce public, Corneille ne convenait plus : il se retrouvait dans Quinault, et Racine avait de quoi l'enchanter en le dépassant. Voilà donc comment se construisit la tragédie de Racine: une intrigue d'amour enserra étroitement l'évocation légendaire ou historique. Rien ne fut donné à la curiosité du passé: Racine ne fait pas de tableaux. Tous les détails évocateurs se coulent dans les dialogues, parmi les accents de passion; le milieu se peint par l'action même. Des individus héroïques sont ranimés en leur singularité touchante ou monstrueuse ; mais leur caractère singulier est employé rigoureusement à nuancer une passion générale, l'amour le plus souvent, dont les effets s'inscrivent dans l'action. Point de reconstitution des époques, point de résurrection des individus qui se fasse au détriment de la continuité de l'action, en la suspendant ou la retardant, Racine a gardé la loi essentielle du théâtre classique, que Corneille avait dégagée: la poésie dramatique est action, et tout ce qui n'est pas action n'est pas du théâtre. Et l'on entend par action, non pas la réalisation scénique des faits, mais la chaîne continue des effets, le passage incessant d'un état à un autre jusqu'à l'état définitif qu'on appelle dénouement. Conformément à cette conception, une tragédie de Racine est la recherche d'un dénouement : un problème est posé dans l'exposition, et la solution, tour à tour attirée et écartée par l'effort des personnages,. se détermine au cinquième acte. Rien d'oiseux n'est admis. Il n'y a pas une scène qui ne concoure à la production du dénouement ou qui n'y fasse obstacle. On a souvent loué la simplicité de l'intrigue chez Racine : et c'est justice. Il a rejeté les complications et les moyens extraordinaires. Andromaque se ressentait encore de l'art cornélien; dans les autres pièces, Racine abandonne les histoires à deux fils, et réduit le sujet d'amour à la forme la plus simple, une femme aimée de deux hommes, un homme disputé entre deux femmes (Britannicus, Bérénice, Mithridate; Bajazet, Iphigénie, Phèdre). Pour nouer et dénouer son intrigue, il use des moyens les moins cherchés et les plus naturels, les plus rapprochés parfois de la vie ordinaire, sans crainte de manquer à la dignité tragique. On lui a fait honneur d'avoir tiré toute l'action des caractères, d'avoir pris dans les passions des personnages tous les moyens qui meuvent l'intrigue. Ce n'est pas tout à fait vrai. Et du reste, dans la vie, le hasard et les coïncidences ont leur part : rien ne parait plus artificiel qu'un drame où la volonté humaine conduit tout. Racine a gardé la juste mesure : sans exclure les coups de fortune et de fatalité, il a voulu surtout étudier les effets de passion, et ainsi il a présenté le plus souvent les faits qui étaient en relation avec les passions, il a suivi les prolongements des émotions de l'âme dans la réalité extérieure. Toute son intrigue est bâtie de façon à donner du jeu aux passions. Comme il excluait les développements purements pittoresques qui ne contribuaient pas à nouer ou dénouer l'intrigue, il s'est interdit les tirades pathétiques dont l'action ne profitait pas. Sa psychologie est une psychologie de l'action; elle est l'analyse des mobiles qui possèdent une vertu de production ou d'inhibition relativement à de certains actes. Ce qu'il a cherché dans les caractères, c'est la genèse et les causes des faits constituant la matière historique ou légendaire. De là le pathétique saisissant des analyses de Racine : toutes ces déductions de sentiments se résolvent rapidement en actes, en résolutions violentes ou criminelles, en coups de théâtre effrayants et pitoyables. Cette psychologie est admirable, unique de vérité et de finesse. Nul n'a mieux démêlé les enchaînements des états passionnels et la secrète logique des orages du coeur. Racine n'a pas de parti pris étroit, de système exclusif sur l'âme humaine. Il ne nie pas la volonté; il lui accorde presque toujours le combat, parfois la victoire. Mais il croit (et son éducation janséniste y est pour quelque chose sans doute) que l'humanité est ordinairement faible, et que, même chez les héros, les passions ont plus d'empire que la raison. Il ne donne pas non plus une formule unique de l'amour. Il ne refuse pas de le fonder sur l'estime, sur l'idée de la perfection, comme Corneille : mais il voit là une exception. Dans la vie, l'origine de l'amour est le plus souvent l'appétit sensuel, ou la curiosité, ou même la pitié, enfin une disposition de la sensibilité plutôt qu'une connaissance de l'esprit. Et surtout aimer, c'est aimer : on ne sait pas d'ordinaire pourquoi l'on aime, on ne le sait ni de soi-même ni d'autrui. Aussi Racine n'imposera-t-il pas à ses personnages une façon uniforme d'aimer : chacun d'eux aimera selon son caractère, avec son accent et son humeur propres. Ce qu'il a distingué par une vue d'une vérité saisissante, ce sont deux qualités d'amour : une affection tendre et douce, faite pour se dévouer et se sacrifier, et une passion dominatrice et violente, qui souffre aussi, mais qui surtout fait souffrir, qui va jusqu'à tuer. Les contemporains sentirent mieux la grâce du premier amour que la vérité du second : tant de fureur les gêna, les attrista, et, domptés qu'ils étaient déjà ou glacés par la politesse, leur parut médiocrement vraisemblable et tout à fait brutal. Racine dut se justifier d'avoir fait Néron méchant, quoique amoureux. Mme de Sévigné croyait Racine incapable de peindre une autre passion que l'amour : elle se trompait. S'il a préféré l'amour pour sa vertu dramatique, il a montré pourtant qu'il était capable d'analyser aussi exactement l'amour maternel, l'amitié, l'ambition, l'envie, l'orgueil, l'enthousiasme religieux et national: Il a su faire à l'amour une place très réduite dans Iphigénie, l'éliminer entièrement d'Esther et d'Athalie :et nulle part sa psychologie n'a été plus sûre et plus fine. Comme il ne s’asservissait qu'à la vie, ses caractères, même quand ils semblent des exemplaires d'une même passion, se différencient par des traits délicats : ils offrent une étonnante variété. Il a peint en perfection des caractères virils, Oreste, Néron, Mithridate, Joad : mais il est vrai que, tandis que Corneille a réussi à exprimer la raison de l'homme, Racine a été surtout le peintre de la passion féminine. Presque dans toutes ses oeuvres, la femme est au premier plan: Andromaque et Hermione, Bérénice, Roxane, Phèdre, Esther. Agrippine et Athalie ne s'effacent pas à côté de Néron et de Joad, ni Clytemnestre auprès d'Agamemnon. Dès que l'amour est le ressort principal de la tragédie, la femme naturellement devient le personnage principal. Aussi a-t-on fait dater de Racine l'empire de la femme sur la littérature. Mais il y a avant lui les romans, depuis l'Astrée, et au théâtre, Quinault : et dans la société, par l'apaisement des passions politiques et l'épanouissement de la vie mondaine, le règne de la femme avait commencé; la tragédie de Racine a suivi l'évolution des moeurs. Pourtant Racine s'est séparé des contemporains, et a été véritablement inventeur en trois choses : par delà la galanterie, il a retrouvé l'amour, tendresse ou fureur ; à la place de l'amour-vertu, source d'héroïsme, il a vu l'amour-faiblesse, cause de défaillances et de crimes; et enfin il a pour un siècle et demi fixé la formule de la femme, être de passion, sans moralité ni raison assez fortes pour faire échec à la passion, n'existant que par et pour l'amour, et capable en le suivant de toutes les incohérences et de toutes les contradictions. Avant lui, dans le théâtre, comme dans le roman, la femme n'avait pas de traits distincts de ceux de l'homme; il faudrait aller aux fabliaux et aux farces de l'ancienne littérature pour trouver une ébauche de psychologie féminine. On a disputé sur la vérité du théâtre de Racine: Taine l'estime surtout locale et particulière; c'est la vérité des moeurs françaises, de la vie de cour et de salon. M. Brunetière l'estime surtout générale et humaine : c'est la vie de tous les hommes et de tous les jours. La juste formule serait celle qui combinerait les deux jugements qu'on vient de lire. Racine a peint l'humanité, mais il l'a peinte dans des formes, avec un goût et un style qui appartiennent à son siècle. Il nous offre bien plus que la vie de cour, mais il nous offre autre chose aussi que la réalité commune. A des amours dont la brutalité ou la fureur ne s'exprime guère en réalité que par le geste ou le cri, il prête toutes les délicatesses de l'analyse et l'abondance du raisonnement. Ces passions, rares ou inconnues dans les salons, et dont on cherche les exemples dans la rudesse populaire; sont chez Racine idéalisées, transposées par la condition héroïque ou royale des personnages et aussi par le recul dans des siècles lointains, ou par la différence des moeurs étrangères. Il nous offre ainsi une vérité d'un caractère tout spécial, très éloignée de tous les réalismes et qui a pourtant une saveur exquise de réalité. Avec le pathétique et la vérité, Racine a la poésie. Il a la poésie qui naît de l'histoire, de la représentation du passé en sa beauté et en son étrangeté : il accuse, d'accord avec le goût de son temps, plutôt la beauté que l'étrangeté. Cela apparaît dans la façon dont il imite Euripide ou Homère. Il a aussi la poésie qui naît des sentiments, de leur valeur propre, indépendante de leurs effets et des actions qu'elles produisent, en un mot la poésie lyrique. II a mis tout son art à fondre ces deux sortes de poésie dans l'action dramatique, de façon que chaque tableau évocateur, chaque émotion lyrique fussent des ressorts d'action, intervinssent comme mobiles ou obstacles dans les délibérations ou les conflits des personnages. La tragédie avec Corneille se perdait dans l'analyse, sacrifiait le pathétique et la poésie à la vérité, à la logique. L'originalité de Racine a été, en gardant la formule cornélienne de la tragédie, l'intrigue serrée, l'action rapide, la psychologie exacte, d'y faire rentrer le pathétique et la poésie. Il a choisi ses sujets et ses personnages de telle sorte que les sentiments par lesquels l'intrigue se développe et va à son dénouement, eussent par eux-mêmes une force pathétique et une beauté poétique. L'individu qui agit ou examine les raisons d'agir, souffre, et dans son raisonnement, il fait passer les visions des objets qui l'émeuvent, il fait entendre le chant de la passion qui le travaille. Voilà comment dans une forme dramatique si opposée à celle des Grecs, Racine a ramené le pathétique puissant et la poésie exquise des Grecs. Il est au reste un des rares écrivains de la France qui aient eu une connaissance approfondie et un sentiment vif de la littérature grecque. C'est ce qui lui a permis de juger d'un si juste coup d'oeil ce qu'elle avait d'admirable et de propre, et ce qui s'en pouvait transporter dans notre tragédie classique. A un public indifférent à l'art grec, et qui n'en aurait pas eu l'intelligence, s'il y avait fait attention, Racine fit goûter quelques-uns des plus purs mérites de l'art grec. Il ne chercha pas à faire violence au goût de ce public, et il ne prit que ce qu'il pouvait espérer de faire passer, tant qu'il travailla pour les comédiens. Lorsqu'il composa pour les demoiselles de Saint-Cyr ses deux dernières tragédies, asservi qu'il était à des convenances morales dont le respect ne lui coûtait rien, il se sentit plus libre du côté de l'art. Il prit sa matière dans la Bible et rapprocha sa forme de la tragédie grecque. Il desserra l'intrigue dans sa délicieuse élégie d'Esther; il osa parler aux yeux et aux sens par la composition scénique et la mise en scène dans Athalie : dans les deux pièces, il mit des choeurs, et même dans le dialogue il dégagea l'accent lyrique. Son influence fut immense. Sa tragédie fut pendant cent cinquante ans le modèle de la tragédie. Si Corneille ou Quinault fournirent des procédés, c'est par l'impuissance où l'on fut d'égaler la simplicité, la nudité, la vérité de Racine : on ne songea pas à nier que là fut l'idéal. De Racine on garda la construction de l'intrigue, l'habitude de réduire tous les sujets à l'amour; on s'efforça de reproduire la noblesse harmonieuse de son style. On en copia l'élégance sans en voir et sans en prendre l'énergie ni la précision, ni la poésie. On ne sut jamais l'imiter, et en ce sens il n'eut pas de disciples. Voltaire, pas plus que Campistron, ne lui ressemble. Mais les romantiques ne se trompaient pas quand, voulant détruire la tragédie, et en cherchant l'idéal, le type parfait et incontesté, ils remontaient jusqu'à Racine. Outre ses tragédies, Racine a laissé diverses poésies: lo des poésies lyriques dont les principales sont le Paysage ou Promenade de Port-Royal des Champs,document intéressant sur la jeunesse et la formation du talent de Racine, et les Cantiques spirituels, qui sont, avec les choeurs d'Esther et d'Athalie, les chefs-d'oeuvre du lyrisme français dans la seconde moitié du XVIIe siècle; 2° des épigrammes, en général spirituelles et mordantes, et même malignes. L'oeuvre en prose comprend: 1° La Lettre à l'auteur des hérésies imaginaires et la Lettre aux deux apologistes de Port-Royal, la première imprimée en 1666 (in-4, s.d.), la seconde publiée seulement en 1722 dans une édition de Boileau donnée à La Haye. - 2° Deux Discours prononcés par Racine à l'Académie française, l'un à la réception de l'abbé Colbert en 1678, et l'autre à la réception de Thomas Corneille et Bergeret en 1685 : c'est dans celui-ci que Racine rendit une justice éclatante au grand Corneille. La harangue que prononça Racine, lorsqu'il fut reçu lui-même, est perdue. - 3° L'Abrégé de l'histoire de Port-Royal, publiée partiellement en 1742, et complètement en 1767. Boileau a peut-être collaboré en quelque mesure avec Racine pour cet ouvrage, ou tout au moins a révisé la rédaction première. Il est probable que Racine fit cette histoire dans les derniers temps de sa vie ; il n'eut pas le temps de l'achever. Outre le mérite du style, elle vaut par les souvenirs que l'auteur a pu recueillir de première main. - 4° Diverses particularités concernant Port-Royal, recueillies par Racine dans ses conversations avec Nicole. C'est un petit écrit de quelques pages, de simples notes. Imprimé en 1807. - 5° Un Mémoire pour les religieuses de Port-Royal des Champs, présenté au cardinal de Noailles, archevêque de Paris, quand les religieuses de Port-Royal de Paris réclamèrent contre le partage des biens fait en 1669, lors de la séparation des deux maisons. - 6° Des fragments et notes historiques, matériaux pour l'histoire du roi, de date et de provenance diverses, de rédaction souvent incomplète et sommaire. - 7° Cinq explications de médaillés dans l'Histoire métallique de Louis XIV, composée par l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et publiée en 1702. - 8° Des traductions, la Vie de Diogène le Cynique, de Diogène Laerte, et divers morceaux d'auteurs ecclésiastiques, exercices de jeunesse, qui remontent sans doute au séjour de Racine à Uzès; des extraits de Lucien et de Denys d'Halicarnasse sur la manière d'écrire l'histoire, qui datent du temps où Racine devint historiographe et réfléchit aux devoirs de sa charge; une partie du Banquet de Platon, version entreprise entre 1678 et 1686 pour Mme de Rochechouart, abbesse de Fontevrault, qui traduisit le reste; ce travail fut publié en 1732. En outre, quelques passages de la Poétique d'Aristote ont été traduits par Racine, en marge d'un exemplaire du Commentaire de Victorius (Vettori). Il est à remarquer que tous ces essais et fragments de traductions se rapportent à des textes grecs. La culture de Racine est hellénique autant que latine : c'est une marque rare en ce siècle. On possède aussi certaines notes de Racine, parmi lesquelles un certain nombre concernant les passages de la Bible relatifs au sujet d’Athalie. Mais il faut signaler surtout comme étant d'un intérêt considérable les remarques faites par Racine au cours de ses lectures. Il a fait dès le temps de son séjour à Port-Royal des extraits de saint Basile, de Virgile, d'Horace, de Tacite, de Quintilien; à diverses époques de sa vie, des extraits de Cicéron, de Tite-Live, de Quinte Curce, de Vaugelas. A Uzès, il remplit des cahiers de remarques sur les Olympiques de Pindare, et sur les dix premiers livres de l'Odyssée. Enfin, on connaît beaucoup de livres ayant appartenu à Racine (cf. l'éd. P. Mesnard, t. VI, p. 167 ; P. Bonnefon, la Bibliothèque de Racine, dans la Revue d'histoire littéraire de la France, 1898) ; beaucoup de ces livres portent des annotations marginales; il y en a sur le livre de Job, l'Iliade, Pindare, Eschyle, Sophocle, Euripide, Platon, Aristote, Plutarque, Lucien, Cicéron, Pline le Jeune, l'historien moderne La Barde, qui a écrit en latin, l'abbé d'Aubignac. On remarquera encore la place que tiennent les auteurs grecs dans les lectures de Racine. Les lettres de Racine sont en assez grand nombre; les parties les plus importantes sont sa correspondance avec Boileau et sa correspondance avec son fils aîné Jean-Baptiste. L'esprit et le coeur du poète s'y peignent. On lui a attribué un certain nombre de pièces en vers et en prose, parmi lesquelles une Relation du siège de Namur, et une Réponse de Mgr l'archevêque de Paris aux quatre lettres de Mgr l'archevêque de Cambrai. Les oeuvres de Racine ont été publiées par lui-même chez Claude Barbin en 2 vol. in-12, 1676, 1687 et 1697. Des éditions données depuis la mort du poète, la principale, et qui abolit toutes les précédentes, est celle qu'a publiée M. Paul Mesnard, 8 vol. in-8 et deux albums, 1865-70." GUSTAVE LANSON, article "Jean Racine" de La Grande Encyclopédie (publiée entre 1885 et 1902)

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Éphéméride 20 avril 1894 naissance de Joseph Delteil

Joseph Delteil est un écrivain et poète français né le 20 avril 1894 à Villar-en-Val dans l'Aude, à 30 kilomètres au sud de Carcassonne, dans le Val de Dagne.
En 1898, son père achète une parcelle de vigne à Pieusse à 30 kilomètres plus loin du côté de Limoux. C’est là, dira Delteil, son « village natal », au cœur du terroir de la Blanquette de Limoux, « où le paysage s’élargit, où l’on passe de la forêt au soleil, de l’occitan au français ».
Il y demeure jusqu’à son certificat d’étude (1907), puis il intègre l’école Saint-Louis à Limoux. Il est ensuite élève au collège Saint-Stanislas (petit séminaire) de Carcassonne.
La parution, en 1922, de son premier roman
Sur le fleuve Amour attire l'attention de Louis Aragon et André Breton.
Delteil collabore à la revue
Littérature et participe à la rédaction du pamphlet « Un cadavre » écrit en réaction aux funérailles nationales faites à Anatole France (octobre 1924). Breton le cite dans son « Manifeste du surréalisme » comme l'un de ceux qui ont fait « acte de surréalisme absolu ».
Le 24 mai 1924, à la Soirée du Claridge où l'ancien Corps des Pages de Russie donne un bal de bienfaisance, un défilé de mode avec des costumes de Sonia Delaunay illustre un poème de Joseph Delteil
La Mode qui vient. « L'apparition de ce groupe souleva les applaudissements de la mondaine assemblée. »
La publication, en 1925, de
Jeanne d'Arc, ouvrage récompensé par le Prix Femina, suscite le rejet des surréalistes et de Breton en particulier. Cette œuvre est, pour Breton, une « vaste saloperie ».
Delteil participe au premier numéro de
La Révolution surréaliste, mais après un entretien dans lequel il déclara qu'il ne rêvait jamais, il reçut de Breton une lettre de rupture.
En 1931, il tombe gravement malade et quitte la littérature et la vie parisienne pour le sud de la France. En 1937, il s'installe à la Tuilerie de Massane à Grabels près de Montpellier où il mène jusqu'à sa mort une vie de paysan-écrivain, en compagnie de sa femme, Caroline Dudley, qui fut la créatrice de la
Revue nègre.
Dans sa retraite occitane, il entretient de solides amitiés avec les écrivains (Henry Miller,...), les poètes (Frédéric Jacques Temple,...), les chanteurs (Charles Trenet, Georges Brassens), les peintres (Pierre Soulages), les comédiens (Jean-Claude Drouot,...).
En publiant, en 1968,
La Deltheillerie, il retrouve un peu de la notoriété des années 1920, soutenu par des personnalités comme Jacques Chancel, Jean-Louis Bory, Michel Polac, Jean-Marie Drot.
Il est décédé le 16 avril 1978 à Grabels dans l'Hérault.

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Éphéméride 19 avril 2001 décès d’André du Bouchet

André du Bouchet naît en France d'un père américain d'origine française mais né en Russie et d'une mère d'origine russe juive. Il passe son enfance en France jusqu’à la proclamation des lois de Vichy, qui interdisent à sa mère l'exercice de sa profession de médecin dans un hôpital public. Avec sa mère et sa sœur, il fait le trajet à pied de la région parisienne jusqu'à Pau. Sur la route, le dictionnaire de grec Bailly sera sa seule lecture. Ils empruntent le dernier paquebot pour l'Amérique au départ de Lisbonne pour rejoindre leur père qui résidait déjà aux États-Unis.
Il passe son adolescence en Amérique et poursuit des études à Amherst College et à l’Université Harvard, devenant même professeur d’anglais.
André du Bouchet revient en France en août 1948 et publie ses premiers textes critiques en français sur Hugo, Reverdy, Char, Ponge, Pasternak, Baudelaire ou Shakespeare, dans
Les Temps modernes, Critique ou Les Cahiers GLM.
Les premiers écrits poétiques des années 1950 paraissent sous la forme de plaquettes qui seront plus tard refondues dans
Dans la chaleur vacante (Mercure de France, 1961, prix de la critique ; réédité en 1991 dans la collection Poésie (Gallimard).
Sa poésie exigeante s’inscrit dans le sillage de Stéphane Mallarmé et voisine avec celle de Pierre Reverdy ou René Char.
Il est le cofondateur en 1967 avec Yves Bonnefoy et Jacques Dupin de la revue
L'Éphémère, qui accueille des poètes comme Paul Celan, Philippe Denis, Jean Daive, Alain Suied, Philippe Jaccottet, Alain Veinstein, ou des prosateurs comme Michel Leiris, Louis-René des Forêts et Pascal Quignard.
Parallèlement à son travail poétique, André du Bouchet écrit des livres de critiques d’art, sur Poussin, Seghers ou ses contemporains et amis Alberto Giacometti, Bram van Velde et Pierre Tal Coat. Ceux-ci illustreront de nombreux livres d’André du Bouchet. Il signe de nombreuses traductions comme celles de Hölderlin, Mandelstam, Faulkner, Joyce, Celan et Shakespeare.
Il obtient le Grand prix national de la poésie pour l'ensemble de son œuvre en 1983.
Installé pour une partie de l'année à Truinas dans la Drôme depuis les années 1970, André du Bouchet y décède le 19 avril 2001.

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Éphéméride 18 avril 1974 décès de Marcel Pagnol

Marcel Pagnol naît à Aubagne le 28 février 1895. Fils d'un instituteur fermement laïque et d'une mère couturière, il entreprend de brillantes études. Il publie quelques poèmes dans la revue Massilia. En 1914, à peine âgé de 15 ans, il perd sa mère, avec qui il entretenait une relation fusionnelle. La même année, il créé avec quelques amis la revue Fortunio, qui deviendra Les cahiers du sud. Réformé de l'armée suite à la faiblesse de sa constitution, il obtient en 1915 une licence ès lettres et littérature vivante en anglais.

Il obtient alors différents postes de répétiteurs qui le mèneront jusqu'à Paris. Il décide alors de prendre congé de l'éducation nationale afin de se consacrer à l'art littéraire et au théâtre. Il écrit
Topaze : la pièce sera un triomphe. Fort d'une nouvelle notoriété, il décide, contre l'avis de tous, d'écrire une pièce se déroulant dans sa région de coeur, et crée Marius, l'histoire d'un jeune marseillais attiré par le large : le casting réunit Orane Demazis, Charpin et Raimu. Le triomphe sera gigantesque.

En 1926, après avoir assisté à Londres à une projection de
Broadway Melodies, un des premiers films parlant, il décide de se consacrer au cinéma, devenu parlant. Marcel Pagnol décide d'apprendre le métier par lui-même. En 1932, il se rapproche des studios Paramount afin d'y apprendre toutes les facettes du milieu. Il supervise ainsi l'adaptation cinématographique de Marius en 1931, réalisée par Alexandre Korda et reprenant l'intégralité du casting original. Le public lui donnera raison, et fera un triomphe à Marius, puis à ses suites, Fanny de Marc Allégret en 1932 et César, qu'il réalise lui même en 1936.

En 1932, Pagnol crée ses propres studios, afin de diriger totalement son tournage, et fonde une cité du cinéma. Il met en scène Charpin, Orane Demazis (avec qui il aura un fils), Fernandel, et surtout Raimu qu'il considère comme le plus grand acteur du monde et à qui il offre
La Femme du boulanger. En bon provençal, Marcel Pagnol respecte les traditions : les tournages sont souvent interrompus ou reportés en fonction de la prolongation d'une partie de boules, et l'auteur n'abandonnera jamais sa traditionnelle sieste, qu'il fera tout au long de sa vie. Qualifié de «menteur de charme» par Fernandel , il interprète lui-même tous ses personnages lors de l'écriture. Lors du tournage du Schpountz, leur sommet commun dont il écrit les dialogues au jour le jour, il se dispute avec Fernandel, qui le trouve fainéant : ils se fâcheront définitivement.

En 1941, Pagnol rencontre Jacqueline Bouvier, qui deviendra sa femme en 1951. Il lui écrira
Manon des Sources, elle restera sa compagne jusqu'à la fin.

En 1947, il est reçu à l'Académie Française. En 1954, sa fille Estelle meurt subitement, à l'âge de quatre ans. Il ne s'en remettra jamais, et renoncera au cinéma peu de temps après. Reconnu comme l'un des grands du cinéma français, il est président du Festival de Cannes 1960. Courtisé par Hollywood, il est un des seuls (avec Fernandel ) à s'y être toujours refusé.
En 1955, il reviendra un certain temps sur scène avant de se consacrer à la rédaction de ses souvenirs, qui le feront connaître du monde entier. Sa dernière grande passion sera le masque de fer, auquel il consacrera deux livres.

En 1974, le plus marseillais des parisiens meurt dans la capitale. Il est enterré au cimetière de La Treille, près de Camoins-les-Bains, dans les collines provençales de son enfance, auprès de sa mère et de sa dernière fille, Estelle. Sa tombe porte l'inscription : "
Il a aimé les sources, ses amis, sa femme".

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Éphéméride 17 avril 1911 naissance d’Hervé Bazin

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Né à Angers, le 17 avril 1911, Hervé Bazin (Jean Hervé-Bazin à l'état-civil), petit-neveu de l'académicien catholique René Bazin, a vécu une enfance troublée très tôt par le départ de ses parents en Chine, et plus tard par son renvoi de plusieurs collèges religieux. Bachelier, premier au Concours général de sciences naturelles, licencié ès-lettres ; mais de multiples conflits familiaux perturbent sa santé et le conduisent plusieurs fois en maison de repos. Il se réfugie dans la poésie, à laquelle Paul Valéry lui conseille de renoncer. En 1934, l’auteur du
Cimetière marin l’encourage à se tourner vers la prose. En dix ans, Hervé Bazin, vivant de divers métiers, écrit alors quatre romans qu'il ne publiera jamais.
En 1946, il fonde avec un petit groupe d'amis une revue poétique,
La Coquille et reçoit l'année suivante le prix Apollinaire pour son recueil de poèmes : Jour. Il publie son premier roman, Vipère au poing en 1948 qui lui vaut le Prix des lecteurs et le révèle d'emblée au grand public. Sa vie est jalonnée de nombreux voyages (Afrique du Nord, Europe Centrale, Canada, U R. S S.), de désordres familiaux (trois mariages) et d'importants succès littéraires.
En 1949, il obtient le Prix de la Presse latine ; en 1956, l'année de
Qui j'ose aimer, un référendum des Nouvelles littéraires le consacre "meilleur romancier des dix dernières années" ; en 1957, il reçoit le Grand Prix de Littérature de Monaco ; en 1958, il est élu membre de l'Académie Goncourt au siège de Francis Carco ; en 1960, il succède à La Varende à la présidence de l'Association des écrivains de l’Ouest ; en 1967, il reçoit le Grand Prix de l'humour noir.
Il a été élu président de l'Académie Goncourt en 1973.
Il est décédé le 17 février 1996.

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Éphéméride 16 avril 1844 naissance d’Anatole France

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Anatole France, de son vrai nom François-Anatole Thibault, est un écrivain français, né le 16 avril 1844 à Paris, décédé le 12 octobre 1924 à Saint-Cyr-sur-Loire. Il est considéré comme l'un des plus grands écrivains de la Troisième République, dont il fut également l'un des plus importants critiques littéraires, et comme l'une des consciences les plus significatives de son temps, s'engageant en faveur de nombreuses causes sociales et politiques du début du XXe siècle.
            Son père, Noël France, d'abord sous-officier légitimiste, démissionna au lendemain de la Révolution de 1830. Il tint sur le quai Malaquais, à Paris, une librairie spécialisée dans la Révolution française. La période révolutionnaire constitue l’arrière-plan de plusieurs des romans et nouvelles d’Anatole France, dont
Les Dieux ont soif, qui est considéré comme son chef-d’œuvre.
             De 1853 à 1862, Anatole France fait ses études à l'institution Sainte-Marie et au collège Stanislas. Il obtient son baccalauréat en 1864.               
À partir du début des années soixante, il travaille pour diverses libraires et revues, mais refuse de prendre la suite de son père. Sa carrière littéraire commence par la poésie. Il est disciple de Leconte de Lisle, avec qui il travaillera quelque temps comme bibliothécaire au Sénat. Il fait partie du groupe du Parnasse à partir de 1867.
              En 1876, il publie
Les Noces corinthiennes chez Lemerre. La même année, il devient commis-surveillant à la Bibliothèque du Sénat.
            Anatole France se marie en 1877 avec Valérie Guérin de Sauville dont il aura une fille, Suzanne, née en 1881 et qui mourra en 1918. En 1888, il engage une liaison avec Madame Arman de Caillavet, qui tient un célèbre salon littéraire de la Troisième République ; cette liaison durera jusqu'à la mort de celle-ci en 1910. Madame Arman de Cavaillet lui inspire
Thaïs (1890) et Le Lys rouge (1894). France divorce en 1892.              
Anatole France s'est orienté tardivement vers le roman ; il connaît son premier succès public à trente-huit ans, en 1881, avec
Le Crime de Sylvestre Bonnard, couronné par l'Académie française. Cette œuvre tranche avec le naturalisme qui règne alors.
Il devint en 1887 critique littéraire du prestigieux journal
Le Temps.
Anatole France est élu à l'Académie française le 23 janvier 1896, au fauteuil 38, où il succède à Ferdinand de Lesseps. Il y est reçu le 24 décembre 1896.
           Anatole France s'engage en faveur de nombreuses causes. Il tient plusieurs discours dénonçant le génocide arménien et soutient Archag Tchobanian, rejoint Émile Zola, avec qui il s'est réconcilié, lors de l'affaire Dreyfus ; au lendemain de la publication de
J'accuse, il signe, quasiment seul à l'Académie française, la pétition demandant la révision du procès. Il rend sa Légion d'honneur après qu'on l'eut retirée à Zola et refuse longtemps de siéger sous la Coupole. Il participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme. Son engagement dreyfusard se retrouve dans les quatre tomes de son Histoire Contemporaine (1897 - 1901), chronique des mesquineries et des ridicules d'une préfecture de province au temps de l'Affaire. C'est dans cette œuvre qu'il forge le terme xénophobe. Il fait un très beau discours aux funérailles de Zola : « il fut un moment de la conscience humaine » dit-il.
            France s'engage pour la séparation de l'Église et de l'État, pour les droits syndicaux, contre les bagnes militaires. Au début de la Première guerre mondiale, il écrit des textes guerriers et patriotes, qu'il regrettera par la suite, mais milite en faveur d'une paix d'amitié entre Français et Allemands, ce qui suscitera l'indignation et l'hostilité, et lui vaudra des lettres d'insultes et des menaces de mort. Il prend position en 1919 contre le Traité de Versailles, signant la protestation du groupe Clarté intitulée « Contre une paix injuste », et publiée dans
l'Humanité, 22 juillet 1919.
            Ami de Jaurès et de Pressensé, il collabore dès sa création à l'
Humanité. Proche de la SFIO, il est plus tard critique envers le PCF. S'il écrit un Salut aux Soviets, dans L'Humanité de novembre 1922, il proteste contre les premiers procès faits aux socialistes révolutionnaires. À partir de décembre 1922, il est exclu de toute collaboration aux journaux communistes. Anatole France, tout en adhérant aux idées socialistes, s'est ainsi tenu à l'écart des partis politiques, ce dont témoignent ses romans pessimistes sur la nature humaine, tels que L'Île des pingouins et surtout Les Dieux ont soif (publié en 1912) qui, à cause de sa critique du climat de Terreur des idéaux utopistes, fut mal reçu par la gauche.
            Il se marie en 1920 avec Emma Laprévotte. Il est lauréat en 1921 du prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre, et le reçoit à Stockholm le 10 décembre.
         En 1922, l'ensemble de ses œuvres (
opera omnia) fait l'objet d'une condamnation papale (décret du 31 mai 1922).
           Pour son 80e anniversaire, au lendemain de la victoire du Cartel des gauches, il assiste à une manifestation publique donnée en son honneur le 24 mai 1924 au palais du Trocadéro. Il meurt le 12 octobre à La Béchellerie (Indre et Loire) et des funérailles nationales sont célébrées le 18 octobre 1924.

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Éphéméride 15 avril 1980 décès de Jean-Paul Sartre

Jean-Paul Sartre est né le 21 juin 1905 à Paris. Fils unique d’une famille bourgeoise, il ne connaît pas son père, qui meurt un an après sa naissance. Il passe son enfance avec sa mère et ses grands-parents, les Schweitzer, et découvre la littérature dans l’imposante bibliothèque familiale. En 1917, sa mère se remarie et la famille déménage à La Rochelle. Malade, Sartre retourne à Paris en 1920 et y poursuit sa scolarité.
Il intègre le lycée Henri-IV à seize ans et retrouve celui qui deviendra son ami le plus proche, Paul Nizan. Tous deux préparent le concours d’entrée à l’École normale supérieure au lycée Louis-le-Grand et écrivent leurs premiers textes.
Ils entrent ensuite à l’ENS. Grand travailleur, il échoue pourtant au concours d’agrégation de philosophie en 1928. L’année suivante, il est reçu premier au concours ; Simone de Beauvoir, qu’il vient de rencontrer, se classe deuxième. Les concours ne sont pas mixtes à l’époque.
En 1931, il est nommé professeur au lycée du Havre. Il dirige ensuite l’Institut français à Berlin avant d’être muté au lycée Pasteur de Neuilly. Après plusieurs refus d’éditeurs, son roman philosophique
La Nausée est publié chez Gallimard en 1938.
Pacifiste, Sartre est mobilisé à Nancy au début de la Deuxième Guerre mondiale, en tant que soldat météorologiste. En 1940, il est fait prisonnier et transféré dans un camp en Allemagne. En mars 1941, il est libéré et retourne à Paris.
En 1943, il publie
L’Être et le Néant puis rencontre le succès l’année suivante avec sa pièce Huis clos. Il rejoint Camus dans le journal Combat et y décrit la libération de Paris. Il acquiert une renommée importante en tant qu’intellectuel engagé.
À la Libération, Sartre fonde à Paris la revue
Les Temps modernes où il développe sa pensée existentialiste. Elle devient l’une des revues françaises les plus connues, avec des plumes célèbres comme Simone de Beauvoir et Raymond Aron.
Sartre devient membre du Parti communiste de 1952 à 1956, ce qui entraîne sa rupture avec Camus. Figure de proue de la littérature française, il voit son influence décliner au cours des années 1960, tout comme sa santé. Il reste célèbre pour avoir refusé, en 1964, le Prix Nobel de littérature.

Opposé à la guerre d’Indochine et à l’Algérie française, Sartre n’hésite pas à prendre partie politiquement dans Les Temps modernes. Il soutient la révolution cubaine dès 1960 et encourage les événements de mai 1968.
En 1971, à l’âge de 66 ans, une première attaque laisse Sartre très affaibli. Il perd presque totalement la vue lors d’un second AVC. En 1973, il lance avec Serge July le quotidien
Libération.
À la fin de sa vie, Sartre se penche sur le conflit israélo-palestinien, souhaitant aider à créer une liaison entre les deux peuples. Il participe encore à des réunions politiques, comme en 1977 à Paris en compagnie de dissidents soviétiques.
Jean-Paul Sartre meurt le 15 avril 1980 d’un œdème pulmonaire. Sa mort entraîne des réactions considérables dans le monde. À Paris, cinquante mille personnes accompagnent son cortège lors de son enterrement au cimetière du Montparnasse.

(1938) Le Mur (1939) Les Mouches (1943) L'Être et le Néant (1943) Huis clos (1945) L'âge de raison (1945) L'existentialisme est un humanisme (1945) Morts sans sépulture (1946) La Putain respectueuse (1946) Réflexions sur la question juive (1947) Les Mains Sales (1948) Le Diable et le Bon Dieu (1951) Les Séquestrés d'Altona (1959) Critique de la raison dialectique (1960) Les Mots (1964)
La Nausée

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Éphéméride 14 avril 1930 décès de Vladimir Maïakovski

Vladimir Maïakovski est un écrivain russe né le 7 juillet 1893 à Bagdadi, en Géorgie.
À la mort de son père, sa famille, dans la misère, s'installe à Moscou.
Militant actif du parti bolchevik auquel il adhère à quinze ans, il fera quelques mois de prison. C’est au cours de cette période qu’il découvre la poésie. Il commence à écrire en prison, à Boutyrskaïa en 1909, il a seize ans.

À l'automne 1911, il entre à l'école de peinture, sculpture et architecture de Moscou, et commence son œuvre de dramaturge par une pièce de théâtre intitulé
Vladimir Maïakovski.
Les premiers vers de Maïakovski sont publiés dans les recueils futuristes en 1912.
Il utilise un vocabulaire provocant qui détourne les règles de classicisme.
Il publie ensuite plusieurs recueils :
- 1915:
Un nuage en pantalons.
- 1916:
la Flûte-colonne vertébrale.
- 1917:
la Guerre et l'univers.
- 1918:
l'Homme.
Il va révolutionner les codes mêmes de la poésie en écrivant
La flûte en colonne vertébrale (1915), authentique manifeste du futurisme russe. Ce livre de poésies est aussi inspiré par sa relation à Lili Brik, la sœur d’Elsa Triolet. Ils forment le triangle amoureux classique avec le mari Ossip Brik, écrivain russe qui lui fera connaître le monde avant-gardiste russe. Lili sera sa muse et son mari Ossip, son ami et éditeur.
Rejoint par Serge Tretiakov ils créeront ensemble le journal LEF (
Levyi Front Iskusstv –Front de Gauche des Arts, en français) qui inspirera toute une génération d’artistes d’avant-gardes : l’écrivain Nikolai Aseev, Le cinéaste Eisenstein, le metteur en scène Meyerhold…
Il sera aussi l’amant d’Elsa Kagan connue en France sous le nom d’Elsa Triolet.
Il réalise pendant une longue période des légendes d'affiches publicitaires, des caricatures satiriques.
Après avoir participé activement à la révolution d’Octobre en 1917, il se met au service de Lénine auquel il dédie l’un de ses plus beaux poèmes
Lénine. Il écrit sur la révolution, en particulier une pièce Mystère-Bouffe dans laquelle sa manière satirique et épique de parler la révolution commence à lui attirer des ennuis. C’est le début d’un conflit incessant avec les instances du parti, ce qui le mine et le déprime, alors qu’il parcourt le monde comme ambassadeur de la révolution russe à Londres et à Paris.

En 1923, Maïakovski fonde la LEF (« Front de gauche de l'art ») où il prône une position fonctionnaliste de l'art. Néanmoins au cœur même de la LEF, il rencontre de farouches opposants, qui finissent par le pousser à continuer son chemin autrement (Création du REF).

Il adhère à la RAPP, organisation littéraire révolutionnaire, où il ne sera jamais considéré suffisamment à son goût .
En 1924, c’est la rupture définitive avec Lilli. Il part aux États-Unis pour une série de conférence et rencontre à New York une jeune émigrée russe Elly Jones, dont il aura une fille, Patricia Jones Thompson.


Il poursuit une vie sentimentale compliquée, il s’y use… Sa dernière compagne Veronika Polonskaïa assistera à ses ultimes moments, impuissante à contrer les sentiments de Maïakovski qui va de désillusions en désillusions sentimentales, mais surtout politiques. Les bolcheviks ne lui font aucun cadeau. Il voit la révolution, sa révolution sombrer dans une dictature infaillible et inhumaine.
Le 14 avril 1930, à 10h15, à l’^age de trente-sept ans, il se tire une balle en plein cœur, lui qui appelait la jeunesse à vivre à la mort de Sergueï Essenine, le 28 décembre 1925, suicidé par désespoir et qui se pend dans la chambre n°5 de l’Hôtel d’Angleterre à Leningrad, après avoir laissé un dernier poème écrit avec son sang.
Ses funérailles furent nationales à la demande de Staline. Pas sûr que Maïakovski eut apprécié.


http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/maiakovski.html

Quelques œuvres de Maïakovski :



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    Éphéméride 13 avril 1906 naissance de Samuel Beckett

    Samuel Beckett naît le 13 avril 1906 à Foxrock, dans la banlieue de Dublin.
    Son père était métreur vérificateur. Sa mère, profondément croyante, était protestante en pays catholique. Il avait un frère aîné, Frank.
    Il mène une enfance classique de petit protestant irlandais, entre hymnes et psaumes. Sportif et studieux, il s'attelle à l'apprentissage du français. En 1926, il est lecteur d'anglais à Paris, où il fait la connaissance de James Joyce.

    En 1929, Beckett publie son premier ouvrage, essai critique destiné à prendre la défense de la démarche et du style de James Joyce.
    E
    n 1930, il est assistant de français à Dublin.
    En 1931, il publie un essai sur Proust.
    Il cesse d'enseigner en 1932 pour se consacrer à l'écriture.
    En 1934, le Dublin Magazine publie son poème Gnome, inspiré par une lecture de Goethe.

    En 1938, il commence à fréquenter Suzanne Dechevaux-Dumesnil, qu'il épouse en 1961. Ils n'auront pas d'enfant.

    Il s'installe définitivement à Paris, à la veille de la Seconde guerre mondiale. Après avoir essuyé plus de trente-cinq refus, son roman Murphy trouve enfin un éditeur.
    Beckett est en Irlande lorsque la guerre éclate. Il se dépêche alors de revenir en France, déclarant préférer « la France en guerre à l'Irlande en paix ». Il participe d'ailleurs à la Résistance contre le nazisme.
    Après la guerre, définitivement fixé à Paris, Beckett décide d'écrire en français.

    Ses débuts d'écrivain sont difficiles : personne ne veut le publier. Murphy est son premier roman. Il s'attache ensuite à l'écriture de trois romans qui convainquent l'éditeur Jérôme Lindon, aux éditions de Minuit : Molloy (1951), Malone meurt (id.) et l'Innommable (1953).

    Le succès arrive avec le théâtre, et en particulier sa pièce la plus célèbre aujourd'hui : En attendant Godot, parue en 1953. Ses travaux, quoique de plus en plus espacés dans le temps, seront poussés jusqu'à l'extrême recherche du néant du langage, et couronnés par un prix Nobel en 1969, qu'il ne refuse pas mais qu'il ne va pas chercher lui-même.
    Il décède le 22 décembre 1989 à Paris.

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    Éphéméride 12 avril 1704 décès de Jacques-Bénigne Bossuet

    Jacques-Bénigne Bossuet est né à Dijon, le 27 septembre 1627, d’une famille « parlementaire ». Il fit ses études d’abord chez les Jésuites de sa ville natale, puis à Paris au collège de Navarre, et il se distingua de bonne heure à la fois par son intelligence et par sa puissance de travail. Ordonné prêtre en 1630, il alla résider à Metz, avec le titre d’archidiacre de Sarrebourg ; et jusqu’en 1659 il y prononça de nombreux sermons et panégyriques. Là aussi il commença à rédiger des ouvrages de controverse, pour ramener à l’Église les nombreux protestants et Israélites qui habitaient la Lorraine. En 1659, il vient s’établir à Paris, et jusqu’en 1670, il y prêche des Avents et des Carêmes. En 1669, il avait été nommé évêque de Condom (Gers), mais il s’était démis de son évêché pour accepter la place de précepteur du Dauphin, fils de Louis XIV. Absorbé par ce préceptorat, Bossuet ne prêche plus que rarement ; mais il prononce plusieurs oraisons funèbres. En 1681, il devient évêque de Meaux. Il publie en 1688 l’Histoire des variations des églises protestantes et les Avertissements aux protestants (1689-1691). De 1694 à 1699, son activité est presque entièrement absorbée par l’affaire du quiétisme. Il meurt le 12 avril 1704.

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    Éphéméride 11 avril 1922 naissance d'Antoine Blondin

    Antoine Blondin, né le 11 avril 1922 à Paris, mort le 7 juin 1991 à Paris, est un écrivain français. Romancier et journaliste, il est connu également sous le pseudonyme de Tenorio et reste associé au mouvement des Hussards.

    Fils de la poétesse Germaine Blondin et d’un père correcteur d’imprimerie, il est un brillant sujet à l’école, collectionnant les prix et les récompenses.

    Après des études aux lycées Louis-le-Grand à Paris et Corneille à Rouen, il obtient une licence en lettres à la Sorbonne.

    Sous l’Occupation, il est envoyé en Allemagne dans le cadre du STO, expérience qui lui inspire
    L’Europe buissonnière (1949).

    Avec ce premier roman, il capte l’attention d’auteurs comme Marcel Aymé et Roger Nimier qui lui accordent aussitôt leur amitié. Le livre obtient le Prix des Deux-Magots.

    D’autres romans suivent (
    Les Enfants du bon Dieu, L’Humeur vagabonde), qui confirment son talent de plume et la singularité d’un style se situant entre Stendhal et Jules Renard.

    Journaliste engagé, il collabore à de nombreux journaux et notamment à la presse de droite et même d’extrême-droite
    : Aspects de la France, La Nation française et Rivarol. Il est aussi lié au groupe des Hussards. Il participe à l’aventure de La Table ronde.

    Journaliste sportif également, il est l’auteur de nombreux articles parus notamment dans
    L’Équipe. Il suivra pour ce journal vingt-sept éditions du Tour de France et sept Jeux olympiques, et obtiendra le Prix Henri Desgrange de l’Académie des sports en 1972.

    Ses chroniques sur le tour de France ont contribué à forger la légende de l’épreuve phare du sport cycliste.

    Buvant souvent plus que de raison, il a évoqué avec des accents céliniens la passion de l’alcool dans
    Un singe en hiver (1959), que Henri Verneuil a adapté pour le cinéma sous le même titre.

    Il a marqué le quartier de Saint-Germain-des-Prés de ses frasques, jouant à la « corrida » avec les voitures, multipliant les visites dans les bars et collectionnant les arrestations dans un état d’ébriété avancée (cf. son roman autobiographique
    Monsieur Jadis ou L’École du soir). À la fin, il n’avait presque plus d’amis, ni de famille.
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    Éphéméride 10 avril 1931 décès de Gibran Khalil Gibran

    Gibran Khalil Gibran est un poète et peintre libanais, né le 6 janvier 1883 à Bcharré au Liban et mort le 10 avril 1931 à New York.


    Khalil Gibran est né le 6 janvier 1883 à Bécharré au Liban alors province ottomane de la Grande Syrie dans une famille Maronite. En raison de la pauvreté de sa famille, Gibran ne reçoit pas d’éducation formelle au cours de son enfance. Toutefois, les prêtres qui rendent visite régulièrement à sa famille lui apprennent la langue arabe et ainsi que la langue syriaque aussi bien que l’étude de la Bible.


    En 1895, C’est l’exil et le départ de la famille de Khalil Gibran pour Boston; le père n’est pas du voyage. La famille Gibran s’installe dans le South End de Boston, à l’époque la deuxième plus grande communauté syro-libanaise des États-Unis.

    Sa mère commence à travailler comme couturière itinérante, vendant de la dentelle et du lin qu’elle transporte de porte en porte.

    Gibran commence l’école le 30 septembre 1895. Il est placé dans une classe spéciale pour les immigrants par l’administration de son école pour mieux apprendre l’anglais. Gibran est aussi inscrit dans une école d’art. Grâce à ses enseignants, il est présenté à l’avant-garde artistique de Boston, à des artistes, à des photographes et à l’éditeur Fred Holland Day, qui l’ont encouragé et soutenu dans ses efforts de création.


    En 1898, la mère de Gibran, ainsi que son frère aîné, Boutros, veulent l’imprégner de son patrimoine culturel d’origine plutôt que de l’esthétique de la culture occidentale qu’il préfère; ainsi, à quinze ans, Gibran est renvoyé dans son pays natal pour étudier à l’école préparatoire et à l’institut d’enseignement supérieur à Beyrouth gérés par les maronites. à Beyrouth, il s’inscrit au collège de la Sagesse. Il y passe quatre ans.

    En 1902, il retourne à Boston
    : deux semaines avant son retour, sa sœur Sultana meurt de la tuberculose à l’âge de quatorze ans. L’année suivante, Boutros décède de la même maladie et sa mère meurt d’un cancer. Seule, sa sœur Marianna subvient à ses besoins matériels grâce à un emploi de couturière de boutique. Il peint et il écrit; son talent artistique s’affirme.

    En 1904 Gibran rencontre une directrice d’école, Marie Haskel, qui le protège. Elle le soutient dans ses travaux d’écriture en langue Anglaise. Il engage avec elle une correspondance que seule la mort interrompra.

    En 1905. Parution de
    La musique, le premier livre de Gibran, suivi des Nymphes des Vallées (1907)
    En 1908 Publication des
    Esprits Rebelles. L’église maronite juge l’ouvrage hérétique et le pouvoir ottoman décide de le brûler en place publique. Gibran part pour Paris où il étudiera les Beaux-arts.

    En 1910, il s’installe définitivement à New-York où il se consacre à la peinture et à la poésie.

    En 1918 Publication du
    Fou. Alors que la plupart des premiers écrits de Gibran sont en arabe (La Musique, Les Ailes brisés, Les Nymphes des vallées, Les Tempêtes…), la majeure partie de son travail après 1918 a été écrite et publiée en anglais.

    E
    n 1923: Parution du Prophète.

    En 1926
    : Parution du Sable et de L’écume.
    En 1928
    : Parution de Jésus, Fils de l’Homme suivi des Dieux de la Terre, de l’Errant et du Jardin des Prophètes.

    En 1931 il meurt à New-york. Son corps est ramené au Liban, où il repose désormais dans la crypte du monastère de Mar Sarkis, à Bécharré.

    La mystique de Gibran se trouve au confluent de plusieurs influences
    : le christianisme, l’islam, le soufisme (le concept d’union avec Dieu et l’unicité de l’existence), les grandes religions de l’Inde, la théosophie…

    Sa poésie est remarquable pour son utilisation de la langue officielle, ainsi que des idées sur la vie exprimées par des termes spirituels.

    L’ouvrage le plus connu de Gibran s’intitule
    Le Prophète, un livre composé de vingt-six textes poétiques.
    Le livre est devenu particulièrement populaire pendant les années 1960 dans le courant de la contre-culture et les mouvements New Age.
    Depuis qu’il a été publié pour la première fois en 1923,
    Le Prophète n’a jamais été épuisé. Après avoir été traduit dans plus de vingt langues, il est devenu l’un des best-sellers des livres du xxe siècle aux États-Unis.
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    Éphéméride 9 avril 1553 décès de Rabelais

    François Rabelais est un moine puis prêtre catholique évangélique, médecin et écrivain humaniste français de la Renaissance, né à La Devinière à Seuilly, près de Chinon , à une date indéterminée entre 1483 et 1495, et mort à Paris le 9 avril 1553.


          François Rabelais naît à La Devinière, près de Chinon vers 1494 (date controversée). Son père est avocat et sénéchal de Lerné. On ne sait rien de son enfance ni de sa jeunesse. Il reçoit une éducation qui le conduit, sans vocation, à l’état monastique.


    Le jeune François commence ses études à l’abbaye des bénédictins de Seuilly. En 1510, il devient novice au couvent de la Baumette, près d'Angers. Il y rencontre le jeune rejeton d'une vieille souche tourangelle, Geoffroy d'Estissac, qui devint évêque de Maillezais à vingt-trois ans, et deux des frères du Bellay, dont l'un est évêque et l'autre capitaine.


    Rabelais rejoint plus tard le couvent franciscain du Puy-Saint-Martin à Fontenay-le-Comte, où il devient novice vers octobre 1520. Rabelais achève son noviciat chez les Cordeliers de Fontenay-le-Comte, passe par les ordres mineurs vers 1520, comme en atteste sa lettre rédigée le 4 mars 1521 à Guillaume Budé, premier texte connu de Rabelais.


    Épuisé par la règle franciscaine et voyant ses études en grec entravées (cette langue est considérée comme hérétique par la Sorbonne et les Franciscains), il obtient un indult du pape Clément VII qui l’autorise à passer dans l’ordre bénédictin de l'abbaye de Maillezais dirigée par l'évêque de Maillezais Geoffroy d'Estissac. Il s'attache à la personne de ce dignitaire ecclésiastique et devient son secrétaire. Il l'accompagne ainsi au cours des tournées d'inspection de ses terres et abbayes.


    Il se livre à l’étude approfondie des langues anciennes : latin, grec et hébreu. Rabelais constitue avec quelques érudits locaux un petit groupe d’humanistes, qui lisent les textes anciens et sont en correspondance avec Guillaume Budé.

    Rabelais va d'abord étudier, probablement le droit, à l'Université de Poitiers à vingt-huit ans, puis s'en va dans nombre d'autres villes pour arriver ensuite à Paris, entre 1524 et 1530, pour y commencer ses études de médecine.

    Il quitte alors la vie monastique et sera condamné pour apostasie. De son séjour à Paris, il aura deux enfants d'une femme veuve.


          À l’encontre des préceptes chrétiens, Rabelais suit donc des études de médecine à la faculté de Montpellier et devient médecin en 1532 à Lyon, grand centre culturel où fleurit le commerce de la librairie. Le 1er novembre, il est nommé médecin de l'Hôtel-Dieu de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône.

    Il y enseigne également la médecine et publie des critiques de traités médicaux antiques. Ses proches Étienne Dolet (1509-1546), Mellin de Saint-Gelais (1491-1558), Jean Salmon Macrin (1490-1557) sont protégés par l'évêque de Paris, Jean du Bellay — oncle du poète Joachim du Bellay — qui devient aussi le protecteur de Rabelais.

    Cependant, trop peu présent auprès des malades, il fut congédié par l'Hôtel-Dieu en 1535.

    En 1532 paraissent à Lyon les
    Grandes et inévitables chroniques de l'énorme géant Gargantua, un recueil anonyme de contes populaires à la fois épiques et comiques. Ces contes tirent eux-mêmes leurs sources des romans de chevalerie du Moyen Âge, et en particulier du cycle arthurien. Ce recueil obtient un grand succès.

    Rabelais se met alors à écrire un texte qui reprend la trame narrative des
    Chroniques. Il raconte l'histoire de Pantagruel, fils du Gargantua des Chroniques. Pantagruel est donc très marqué par ses sources populaires.

    Rabelais publie
    Pantagruel en 1532 sous le pseudonyme d'Alcofribas Nasier (anagramme de François Rabelais). Ce pseudonyme, qu'il utilisera aussi pour Gargantua (1534), souligne son désir de ne pas confondre ses ouvrages savants et ses fantaisies gigantales.


    En 1533,
    Pantagruel est condamné par la Sorbonne, faculté de théologie de Paris. Sa réputation de médecin lui vaut la protection de l’évêque de Paris, Jean Du Bellay, futur cardinal.

     
    Rabelais quitte Lyon pour Rome en Italie en 1534 avec Jean du Bellay. Il fait des recherches en botanique, en pharmaceutique, en archéologie.

    De retour en France, il reprend ses fonctions à l’hôtel-dieu et publie,
    La Vie très horrifique du grand Gargantua, père de Pantagruel.

    L’ouvrage condamné, Rabelais mène à nouveau une vie errante. Il retourne en Italie en juillet 1535 avec Jean du Bellay. Il parvient alors à faire régulariser sa situation auprès du pape, ce qui lui permet de poursuivre en même temps son activité de médecin et sa fonction de prêtre (l'Église interdisant aux prêtres l'exercice de la médecine). Il obtient son affectation au monastère bénédictin de St-Maur-des-Fossés.


       En 1537 il est docteur en médecine. De 1539 à 1541 il serait à Turin avec Guillaume du Bellay, seigneur de Langeais ; en 1540, François et Junie, les enfants bâtards de frère Rabelais, sont légitimés par le pape Paul III. Un troisième enfant, le petit Théodule, est mort en bas âge.


    Rabelais retourne à Rome en 1542 et rentre, accompagnant la dépouille de Du Bellay, en 1543.

    En 1546 le
    Tiers Livre est publié à Paris, chez Christian Wechel. Rabelais le signe de son propre nom. Le livre est aussitôt censuré par les théologiens de la Sorbonne pour hérésie. Cependant le privilège royal le protège.

    En mars 1546, Rabelais se retire à Metz, ville de l'Empire, chez Étienne Laurens, et est nommé médecin de la ville de Metz.

    Envoyé à Metz pour préparer l'annexion française de 1552, François Rabelais, agent du roi Henri II, y séjourne de 1545 à 1547. Il y écrit en 1548
    le Quart Livre dont la première version paraît le 1548 ; la version intégrale ne paraîtra qu'en 1552.

    Rabelais est à Rome au début de cette même année (il décrit dans
    la Sciomachie de 1549 la fête donnée à Rome en l'honneur de la naissance du dauphin Louis d'Orléans).

    En 1551 il obtient la cure de Meudon (cette même année ses ouvrages figurent sur la liste des livres condamnés par la Sorbonne).
    Le
    Quart livre est censuré par les théologiens de la Sorbonne, et la publication en est suspendue par un arrêt du Parlement en date du 1er mars 1552.

    Malade, Rabelais résigne ses deux cures, Saint Martin de Meudon et Saint Christophe du Jambet (diocèse du Mans). Il meurt le 9 avril 1553 à Paris. Il est enterré au cimetière Saint-Paul.


    Neuf ans après sa mort, seize chapitres d'un
    Cinquième Livre sont publiés (L'Isle Sonnante, première partie du Cinquième Livre, paraît en 1562) , puis une publication intégrale en 1564, sans indication de lieu ni de librairie. Attribuée par son éditeur à Rabelais, cette publication sera par la suite contestée par de nombreux commentateurs.
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    Éphéméride 8 avril 1911 naissance d'E.M. Cioran

    Emil Michel Cioran, né le 8 avril 1911 à Rasinari en Roumanie, mort le 20 juin 1995 à Paris, est un philosophe et écrivain roumain, d’expression roumaine initialement, puis française à partir de 1949.


    Né dans un petit village de Roumanie d’un père pope orthodoxe et d’une mère
    athée, Emil Michel Cioran suit dès dix-sept ans des études de philosophie à Bucarest. Bien que ses premiers travaux portent sur Nietzsche, Schopenhauer ou encore Spengler, il choisit de faire une thèse sur Bergson avant de poursuivre ses études à Berlin.


    À vingt-deux ans, il publie son premier ouvrage,
    Sur les cimes du désespoir, qui le propulse immédiatement parmi les références de la littérature roumaine. Après deux années de formation à Berlin, il rentre en Roumanie, où il devient professeur de philosophie au lycée de Brasov pendant l’année scolaire 1936-1937.
    Comme tous les intellectuels de sa génération, il assiste, en compagnie de Mircea Eliade, à l’ascension du mouvement fasciste et antisémite de la Garde de fer, combattu par les armes et effectifs de la police du régime parlementaire.

    C’est une période trouble pour Cioran qui côtoie un temps les jeunesses fascistes. En 1937, la publication de son troisième ouvrage,
    Des larmes et des saints, fera scandale dans son pays.


    Installé à Paris dès 1937 comme boursier de l’Institut français de Bucarest, il renonce quelques années plus tard à sa langue maternelle pour écrire en français. Il est interdit de séjour dans son pays d’origine à partir de 1946, pendant le régime communiste. À partir de 1947, les communistes interdisent ses œuvres.


    Ayant terminé sa thèse sur Bergson, il consacre sa vie à l’écriture et à quelques traductions. À travers des ouvrages comme
    Les syllogismes de l’amertume ou Le mauvais démiurge, il développe une pensée empreinte de scepticisme et fortement influencée par le nihilisme.


    Reconnu au sein des milieux intellectuels, il fréquente notamment Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Gabriel Marcel et Mircea Eliade. Il est toutefois inconnu du grand public, ce qui, faute de travail, le condamne à vivre chichement dans un hôtel puis une chambre de bonne. Symbole de cette existence précaire, il mange au restaurant universitaire jusqu’à ses quarante ans, âge à partir duquel l’entrée lui fut refusée.


    Cioran publie en 1973
    De l’inconvénient d’être né, son ouvrage le plus diffusé en France. Il poursuit la construction d’une pensée exprimée dans des textes cours et des aphorismes, à la frontière de la philosophie et de la poésie. Son œuvre est parfois critiquée pour son pessimisme, jugé exubérant et proche de la « pose intellectuelle ». En fait, penseur du tragique de l’existence humaine, Cioran place les « misères du moi » au cœur de ses réflexions, les considérant comme le moteur de la véritable recherche philosophique.

    Il meurt en 1995 à Paris de la maladie d’Alzheimer sans avoir mis à exécution son projet de suicide, huit ans après avoir publié son ultime ouvrage,
    Aveux et anathèmes.
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    Éphéméride 7 avril 1979 décès de Marcel Jouhandeau


    Marcel Jouhandeau, né à Guéret (Creuse) le 26 juillet 1888 et mort à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) le 7 avril 1979, est un écrivain français, connu également sous son pseudonyme Marcel Jouand.

    Né dans une famille commerçante de Guéret, marqué au visage par une malformation labiale, il grandit dans un monde de femmes, notamment sa grand-mère. Marcel Jouhandeau se tourne, dès ses jeunes années – sous l’influence d’une jeune femme sortie du Carmel de Limoges – vers un catholicisme mystique et outré et il envisage dans un premier temps d’entrer dans les ordres.

    À la suite d’une lecture, en 1908, il comprend qu’il est homosexuel. Il part pour Paris la même année et étudie au Lycée Henri-IV, puis à la faculté des lettres de l’université de Paris, où il commence à écrire. Il devient professeur dans un collège de Passy à partir de 1912.

    Ses premiers émois homosexuels sont vécus dans une culpabilité extrême, dans l’outrage de Dieu. Pour autant, ce sentiment de honte ne l’empêche pas de se livrer à de nombreux « passages à l’acte » et toute sa vie oscillera entre la célébration du corps masculin et le vécu mortifère de la sexualité au point qu’en 1914, dans un élan mystique, Marcel Jouhandeau brûle ses manuscrits et tente de se suicider. La crise passée, il se remet progressivement à l’écriture par le truchement de chroniques villageoises qui sont l’occasion de premiers succès.

    Durant la Première Guerre mondiale, il est, dans un premier temps, réformé, avant d’être affecté à l’arrière comme secrétaire à Guéret.

    Il publie en 1924
    Les Pincengrain, une chronique à peine déguisée des habitants de Guéret.

    Les voyages sont pour lui l’occasion de se livrer aux amours masculines narrées dans l
    ’Amateur d’imprudences. Il se marie, à quarante ans, en 1929, avec une danseuse, Élisabeth Toulemont, dite Caryathis « Elyse », ex-maîtresse de Charles Dullin et familière de Jean Cocteau et de Max Jacob.

    Durant cette période, il entame une œuvre de moraliste chrétien (
    De l’abjection) avant de retomber dans les bras d’hommes, épisodes narrés dans Chronique d’une passion et Eloge de la volupté.

    Élise espère détourner son mari de ses penchants pour les garçons mais, au cours des années trente, sa nature homosexuelle l’emportera à nouveau. À la fin de sa vie il assumera son homosexualité. Il en parle ouvertement dans divers ouvrages comme Chronique d’une passion, Du pur amour, Tirésias. Les Jouhandeau habitent à Paris près de la porte Maillot. Ses livres sont publiés aux éditions Gallimard (sept titres chez Grasset à la suite d’une brouille avec Gaston). Il enseigne jusqu’en juillet 1949.

    Vers 1949 les Jouhandeau recueillent une fillette, Céline. Son éducation est un échec. À sa majorité elle met au monde un garçon (le père est reparti en Italie abandonnant mère et enfant), Marc, que les Jouhandeau adopteront.


    De 1936 à 1941, il écrit quatre articles antisémites dont trois seront réunis dans une plaquette
    Le Péril juif édité par Sorlot (s.d.). En 1941, il participe au « congrès de Weimar » (organisé par Goebbels) sur l’invitation de Gerhardt Heller. Partent avec lui Abel Bonnard, Drieu La Rochelle, Brasillach, Fabre-Luce, Chardonne, Fraigneau, Fernandez.

    En décembre 1941, Jouhandeau publie
    Témoignage, un court article où il développe son admiration pour l’Allemagne, dans La NRF de Drieu.

    À la Libération, son dossier sera classé sans suites. Dans ses
    Journaliers, longue chronique de vingt-huit volumes, il reviendra à plusieurs reprises sur cette période de son œuvre.

    Élise meurt en 1971. Ce couple infernal occupe une place importante dans l’œuvre. Atteint de cécité, Jouhandeau cesse d’écrire en 1974. Il consacre ses dernières années à son fils Marc et s’éteint en 1979 à Rueil-Malmaison, son domicile depuis 1960.
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    Éphéméride 6 avril 1741 naissance de Nicolas Chamfort

    Sébastien-Roch Nicolas, dit Chamfort, est un auteur dramatique, publiciste, poète, moraliste et littérateur français.

    Né à
    Clermont-Ferrand, le 6 avril 1741, d’un père inconnu, il fit ses études comme boursier au collège des Grassins à Paris, et remporta en rhétorique les premiers prix de l’université. Il s’y montra un élève brillant et fantasque.

    Il prit en entrant dans le monde le nom de Chamfort à la place du simple nom de Nicolas qu’il avait porté jusque-là, se fit connaître de bonne heure par des prix de poésie remportés à l’Académie, donna au Théâtre-Français quelques comédies qui réussirent, et s’attacha pour vivre à diverses entreprises littéraires.

    Sa réputation le fit rechercher du prince de Condé, qui le nomma vers 1776 secrétaire de ses commandements
    ; il devint ensuite en 1784 secrétaire ordinaire et du Cabinet de Madame Elisabeth, sœur du roi Louis XVI.

    Avant la Révolution, il fut un des écrivains les plus apprécié par les salons parisiens, brillant et spirituel, il écrivit des pièces de théâtre. Initié à la Franc-maçonnerie en 1778, il fut élu à l’Académie française en 1781 au fauteuil n° 6.

    Il fit une carrière d’homme de lettres qui le conduisit à l’Académie, mais très tôt contracta une maladie vénérienne dont il ne guérit jamais véritablement et qui le tint dans un état de faiblesse tout le reste de sa vie.

    À la Révolution, il embrassa avec ardeur les idées nouvelles, quoiqu’il fût personnellement attaché à la famille royale; il se démit de son emploi, suivit les États généraux à Versailles, et se lia avec Mirabeau comme rédacteur anonyme de son journal ; il assista au serment du Jeu de Paume et applaudit à la prise de la Bastille.

    Éminence grise de Talleyrand et de Mirabeau, dont il rédigeait partiellement les discours et les rapports, il entra avec lui au Club des Trente. Lié à Sieyès, il trouva le titre de sa brochure
    : Qu’est-ce que le tiers état? Par ailleurs, plusieurs journaux l’accueillaient dans leurs colonnes, en particulier le Mercure de France.

    Jean-Marie Roland de La Platière le nomma en 1792 conservateur de la Bibiothèque nationale. Ayant osé blâmer les fautes et les violences du parti révolutionnaire, il fut arrêté et jeté en prison; il essaya inutilement de se suicider et fut sauvé par une intervention chirurgicale.
    On le relâcha bientôt après, mais il mourut au bout de quelques semaines des suites des blessures qu’il s’était faites, le 13 avril 1794.


    L’œuvre la plus célèbre et la seule lue de Chamfort a été publiée en 1795 par son ami Pierre Louis Ginguené: Maximes et pensées, caractères et anecdotes, tirée des notes manuscrites qu’il avait laissées de Maximes et Pensées et de Caractères et Anecdotes. L’amertume de ces écrits annonce déjà Ambrose Bierce ou George Bernard Shaw. Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort souhaitait les publier sous le nom de Produits de la civilisation perfectionnée.

    Ses écrits les plus estimés sont: Éloge de Molière, couronné (1769), Éloge de La Fontaine, 1774; La jeune Indienne, le Marchand de Smyrne (1770), comédies; Mustapha et Zéangir (1776), tragédie, ses Maximes et Pensées, Maximes générales.

    Plusieurs de ses ouvrages se sont perdus, entre autres un
    Commentaire sur La Fontaine (il n’en a paru qu’une partie dans les Trois Fabulistes, 1796).

    Ses œuvres ont été rassemblées par Ginguené, 1795, 4 vol. in-8, et par M. Aguis, 1824, 5 vol. in-8, et réimprimées en 1855 par E. Didier.

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    Éphéméride 5 avril 1929 naissance d'Hugo Claus

    Hugo Claus, né le 5 avril 1929 à Bruges et mort le 19 mars 2008 à Anvers (euthanasié à sa demande à cause de sa maladie d’Alzenheimer), est romancier, poète, dramaturge, metteur en scène, réalisateur, peintre, belge néerlandophone.
    Touche-à-tout de génie, visionnaire et provocateur, pourfendeur des conservatismes de tout bord, il est à plusieurs reprises pressenti pour le Prix Nobel.

    Fils d’un imprimeur, Hugo Claus suit sa scolarité dans un internat. Vers 14 ans, il fait le mur, pratique une série de métiers (ouvrier saisonnier dans le Nord de la France, peintre en bâtiment) et se met à peindre et à écrire. À Paris, Antonin Artaud devient pour lui un second père
    ; sa rencontre avec le surréalisme (1948) le marque à tout jamais. Avec les surréalistes, Claus partage l’ambition de bouleverser les conditions de vie traditionnelles et de déclarer la guerre à tout ce qui empêche le libre développement de l’homme. Sa critique de la société est de coloration anarchiste: au centre se trouve l’individu freiné dans son développement par toutes sortes d’institutions: l’École, la Famille, l’Église, l’État…

    De son intérêt pour le surréalisme, il a gardé une préférence pour des figures dissidentes telles qu’Antonin Artaud et Raymond Queneau.

    En 1949, il s’engage dans le mouvement international CoBrA aux côtés de Christian Dotremont et Pierre Alechinsky. Après un séjour en Italie où il apprend à connaître le milieu cinématographique, il retourne en Flandre. À la fin des années 1960, Claus joue un rôle important dans le mouvement contestataire qui veut réformer la politique sociale et culturelle en Flandre.

    Un de ses chefs-d’œuvre poétiques, le recueil
    Poèmes d’Oostakker (De Oostakkerse gedichten, 1955), annonce déjà la couleur de l’œuvre entière. On y découvre les oppositions entre la nature et la culture, le vitalisme et l’érudition, la révélation et la dissimulation, la tradition et l’indépendance. Techniquement, l’auteur ne s’impose aucune contrainte. Il mélange le tragique et le burlesque, le sublime et le banal, le classique et l’obscène.

    Dans le domaine du roman, il publie notamment
    La Chasse aux canards (De Metsiers — 1950), L’Étonnement (De verwondering — 1962), longtemps considéré comme son chef-d’œuvre et Le Chagrin des Belges (Het verdriet van België — 1982), succès international de librairie. Profondément marqué par son enfance dans un internat catholique très strict, il a su évoquer dans Le Chagrin des Belges (1985, trad. de 1983 Het verdriet van België) le comportement de ses compatriotes pendant la dernière guerre et peindre le Flamand fricoteur, conformiste et profiteur avec un réalisme qui rappelle celui de Pieter Bruegel l'Ancien ou de James Ensor.

    Hugo Claus est un dramaturge prolifique. Sa première pièce,
    La Fiancée du matin (Een bruid in de morgen, 1955), créée en français par le comédien débutant Jean-Louis Trintignant, reçoit un accueil aussi favorable que la publication de son premier roman. Suivront d’autres pièces: La Chanson de l’assassin (Het lied van de moordenaar, 1957), Sucre (Suiker, 1958), Thyeste (Thyestes, 1966), Vendredi, jour de liberté (Vrijdag, 1969). Mort de chien (Het haar van de hond, 1982) est créée en français en 1987 au Théâtre National.

    Tout comme les personnages de ses romans, ses héros dramatiques sont confrontés à des problèmes psychiques, sexuels et sociaux, en lien avec les difficultés qu’ils ont vécues durant leur jeunesse dans la maison parentale. Symbole de la dépendance fondamentale (psychologique, existentielle, sociale…) de l’homme et de son manque de liberté, la figure d’Oedipe, quoique souvent cachée ou déguisée, se trouve centrale dans l’œuvre de Claus. À cause de ces liens œdipiens les personnages restent d’éternels adolescents qui n’arrivent pas à assumer le rôle de père ou de héros et entretiennent des rapports difficiles avec la famille, la femme et la société.

    Hugo Claus est encore réalisateur et scénariste. On lui doit les films
    : De Vijanden (Les Ennemis — 1967), Vrijdag (Vendredi jour de liberté — 1980), Het Sacrament (Le Sacrement — 1989) ou De Verlossing (La Rédemption — 2001).

    La diversité de l’œuvre plastique de Hugo Claus qui avait pour habitude de dire
    : « Je suis un peintre dont j’aimerais qu’on dise qu’il a écrit de bons livres », se trouve illustrée dans l’ouvrage Hugo Claus. Imagier (1988).

    Une cinquantaine de prix ont récompensé son œuvre dont le Prix Lugné-Poë en 1955, le Ford Foundation Grant en 1959, le prix Constantijn Huygens en 1979, le Prix des Lettres Néerlandaises en 1986, le Grand Prix de l’humour noir en 1989, le Prix International Pier Paolo Pasolini en 1997, le Prix de Littérature Aristeion en 1998, le Prix Nonino en 2000, et le Preis für Europäische Poesie en 2001.

    Pendant une dizaine d’années, Hugo Claus fut le compagnon de l’actrice Sylvia Kristel. Ils ont eu un fils, Arthur, né le 10 février 1975, qui est comédien.

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    Éphéméride 4 avril 1902 naissance de Louise de Vilmorin

    Louise Levêque de Vilmorin est un écrivain français, née le 4 avril 1902 à Verrières-le-Buisson (Essonne) où elle est morte le 26 décembre 1969.

    Née dans le château familial d’une célèbre famille de botanistes et grainetiers, elle est la seconde fille de Philippe de Vilmorin et de son épouse, Mélanie de Gaufridy de Dortan. Elle se fiance en 1923 à Antoine de Saint-Exupéry mais épouse finalement en 1925 un Américain, Henry Leigh Hunt (1886 – 1972) et s’installe à Las Vegas, au Nevada. Trois filles naissent de ce mariage: Jessica, Alexandra et Elena.

    Divorcée, elle épouse en 1938 en secondes noces le comte Paul Pálffy ab Erdöd (1890 – 1968), dont elle divorce en 1943. Ces années sont pour Louise « les plus belles de [sa] vie. »

    Elle devient ensuite la maîtresse de Paul Esterházy de Galántha (1901 – 1964), à partir de 1942, puis de Duff Cooper, ambassadeur de Grande-Bretagne.

    La femme de lettres voyage beaucoup et séjourne fréquemment en Suisse chez son ami le prince Sadruddin Aga Khan. En 1961 elle fait la connaissance à Genève, par le biais d’un de leurs amis communs Jean-Louis Mathieu, du peintre genevois Émile Chambon et se prend d’amitié pour lui. Le 10 mai 1962 se tient à son initiative le vernissage d’une grande exposition Chambon à la galerie Motte à Paris, dont elle préface le catalogue.

    Elle termine sa vie avec un amour de jeunesse, André Malraux.

    Louise de Vilmorin publie son premier roman,
    Sainte-Unefois en 1934, sur les encouragements d’André Malraux, puis, entre autres, Fiançailles pour rire (1939), Julietta (1951) et Madame de… (1951).

    Elle publie aussi plusieurs recueils de poèmes dont
    Le Sable du Sablier (1945) et L’Alphabet des aveux (1954). Sa fantaisie se manifeste dans les figures de style dont elle est friande, notamment les holorimes (qu’elle écrit « olorime ») et les palindromes dont elle a écrit un grand nombre et de grande taille.

    Francis Poulenc fait d’elle l’égale de Paul Éluard et de Max Jacob. Il trouve dans ses poèmes « une sorte d’impertinence sensible, de libertinage, de gourmandise qui prolongeait dans la mélodie ce que j’avais exprimé, très jeune, dans
    Les Biches avec Marie Laurencin. »

    Elle a travaillé également comme scénariste et dialoguiste pour plusieurs longs métrages,
    Les Amants en 1957, La Française et l’Amour en 1960, et est apparue en tant qu’actrice dans Amélie ou le Temps d’aimer (1961) de Michel Drach et Teuf-teuf (1963) de Georges Folgoas.
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    Éphéméride 3 avril 1862 publication des «Misérables» de V. Hugo

    Victor Hugo a déjà fêté ses soixante ans lorsque sont publiés simultanément, le 3 avril 1862, à Bruxelles, chez Lacroix, Verboeckhoven et Cie, à Paris chez Michel Lévy et Pagnerre, les deux premiers volumes des Misérables.

    Commencée en 1845, sous le titre
    Les Misères, cette somme hugolienne, œuvre immense, classée au patrimoine littéraire national, jouit dès le début de sa publication d’un succès considérable.

    Avec
    Les Misérables, sa gloire va atteindre une dimension planétaire inconnue jusque-là dans le domaine littéraire. Et, plus important encore, une nouvelle conscience sociale va émerger dans la société occidentale.

    Roman phare de Victor Hugo,
    Les Misérables sont le fruit d’une longue gestation. Dès 1828, le jeune écrivain, tout royaliste qu’il est, envisage un grand roman sur le thème de la misère. Commence la période de la documentation avec collecte de coupures de presse, visite des lieux (bagnes, usines ou champ de bataille de Waterloo), et recueil de témoignages.

    L’écriture elle-même commence le 7 novembre 1845, pour un premier jet se déroulant jusqu’en 1848.

    Mais la politique interrompt l’œuvre de création d’Hugo qui assiste indigné à l’abdication de Louis-Philippe et plus tard au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.

    Avant d’être obligé de fuir, il court de barricade en barricade, expérience qui deviendra un des temps forts de son roman où il met en scène le petit Gavroche, tout droit sorti de
    La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, peint en 1830. L’exil lui offre le calme pour reprendre la plume, de 1860 à 1862.

    Entre-temps, le projet a évolué, ses idées sociales étant devenues plus claires. Il ne s’agit plus des
    Misères, abstraction de l’état de pauvreté d’une partie de la population, mais des Misérables, incarnation du peuple souffrant à travers quelques personnages types.

    Il faut trois mois, d’avril à juin 1862, pour publier les dix volumes des
    Misérables. Le peuple est séduit. On dit que dans les ateliers, les ouvriers se cotisent pour acheter les ouvrages et se les passer de main en main.

    Mais les lettrés font la grimace. Peut-être parce que l’attente était énorme, la désillusion se révèle cruelle. Les critiques consternées se multiplient
    : contre le style tout d’abord, « intentionnellement incorrect et bas » (Gustave Flaubert) censé plagier le parler populaire. Puis contre le fond, qui dérange: ne risque-t-il pas de donner de faux espoirs au peuple, de lui faire miroiter cette « passion de l’impossible […]: l’extinction de toutes les misères » (Alphonse de Lamartine)? Baudelaire confesse dans une lettre à sa mère: « Ce livre est immonde et inepte » (11 août 1862).
    Les républicains lui reprochent de donner en exemple un prêtre (Monseigneur Bienvenu), les catholiques d’accuser Dieu d’être à l’origine de la misère. Voici Hugo vilipendé pour avoir engendré
    « le livre le plus dangereux de ce temps » (Jules Barbey d’Aurevilly). Mais n’était-ce pas son but?

    Les Misérables est un des premiers romans centré sur le peuple, non pour faire peur aux lecteurs, mais pour dénoncer les conditions de vie des plus humbles. Il n’a été précédé dans cette voie que par Les Mystères de Paris et en Angleterre par David Copperfield (1849, Charles Dickens).

    À travers ses personnages, c’est l’homme dans sa diversité et sa fragilité qu’il dépeint
    : Jean Valjean (Jean « V’la Jean ») le courageux, Fantine (« l’enfant ») la victime, Cosette (« la petite chose ») et Gavroche, les enfants martyrs, les Thénardier et Javert, la cruauté et l’acharnement.
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    Éphéméride 2 avril 1840 naissance d'Emile Zola

    Né à Paris le 2 avril 1840, mort dans la nuit du 28 au 29 septembre 1902 à Paris, Émile Zola est le fils de Francesco Zola et d’Émilie Aubert.

    D’origine italienne, son père Francesco Zola après avoir été officier d’artillerie devient ingénieur civil. À l’âge de quarante ans, il conçoit un projet de canal à Aix-en-Provence qui pourra ravitailler la ville en eau potable. C’est pendant ce chantier qu’il trouve la mort le 27 mars 1847.

    Zola passe son enfance et son adolescence à Aix-en-Provence. Au collège Bourbon, il a pour meilleur camarade Paul Cézanne.
    La mort de Francesco Zola laisse la mère d’Émile dans une situation très difficile. Elle va donc aller habiter chez ses parents en 1858. Émile Zola qui a dix-huit ans entre au lycée Saint-Louis en tant que boursier.

    Après avoir passé les épreuves du bac à deux reprises sans succès, il prend un emploi de commis des Douanes qu’il ne conservera que trois mois. En 1862 Zola entre aux éditions Hachette en tant que manutentionnaire pour cent francs par mois.

    Zola rêve de devenir écrivain, admirateur d’Alfred de Musset, il écrit des poèmes et va jusqu’à en proposer un à son patron. Ce dernier impressionné le fait passer au service de presse de Hachette où il côtoiera des gens tels qu’Ernest Renan, Hippolyte Taine et Edmond About. En quelques mois, il devient chef de la publicité chez Hachette.

    À partir de 1863, Zola collabore à différents journaux. Cette activité de journaliste occupera toujours une place essentielle dans sa vie. En 1866, il anime dans « l’Événement » la chronique littéraire. À « l’Illustration », il donne deux contes. Il écrit dans un journal alors de gauche, le « Figaro », dans le « Globe », le « Gaulois » et la « Libre Pensée ». En 1871, il est journaliste parlementaire à la « Cloche » et collaborateur régulier du « Sémaphore de Marseille » et du « Messager de l’Europe ».

    Zola a commencé à écrire des poèmes, mais très vite il se tourne vers le roman. Son premier livre « Contes à Ninon » inspiré des œuvres d’Alfred de Musset, parait en 1864. Après deux ou trois autres parutions, c’est en 1868 que la critique et le public commence à s’intéresser à Zola avec la parution de « Thérèse Raquin ».

    Il a l’idée d’écrire un nouveau roman basé sur les lois de l’hérédité au sein de plusieurs générations d’une famille qui aura pour nom les Rougon-Macquart. Cette famille sera originaire d’Aix qui deviendra Plassans. L’éditeur Charpentier, lui faisant confiance pour ce projet, versera à Zola cinq cents francs chaque mois. Avec une régularité à toute épreuve, Zola va écrire trois pages chaque jour ce qui va représenter à la fin de l’année un roman en deux volumes.

    La Fortune des Rougon, La Curée, Le Ventre de Paris, La Conquête de Plassans, La Faute de l’abbé Mouret et Son Excellence Eugène Rougon paraîtront ainsi de 1871 à 1876. Pourtant ce n’est pas encore le succès attendu.

    Zola écrit
    L’Assommoir qu’il publie en 1877. C’est le scandale et la gloire en même temps. On lui reproche en fait de décrire une dure réalité sans complaisance, avec un souci du détail propre à un homme extrêmement bien documenté. Les attaques contre Émile Zola, d’une très grande violence, se font de plus en plus nombreuses.

    Il continue avec la série des Rougon en publiant
    Une Page d’amour en 1878, puis Nana en 1879. C’est à nouveau un scandale avec ce livre qui parle des demi-mondaines. Les adversaires de Zola l’accusent d’être un écrivain pornographique tandis que Gustave Flaubert l’admire pour ce talent à facettes multiples. Le public va s’arracher les exemplaires de Nana.

    Émile Zola publie de 1882 à 1884 cinq nouveaux romans : Pot-Bouille, Le Capitaine Bourle, Au Bonheur des Dames, La Joie de Vivre et Naïs Micoulin.

    Puis en 1885 parait
    Germinal. C’est très certainement le roman le plus documenté de Zola. Il est descendu dans la mine, a parlé avec les ouvriers et les ingénieurs. C’est un grand succès et ses ennemis de moins en moins nombreux sont bien obligés de reconnaître cet immense talent.

    En 1888 Jeanne Rozerot, entre au service des Zola. C’est le coup de foudre. Émile conçoit pour elle un amour d’autant plus fort qu’elle lui donne deux enfants qu’il n’avait jamais pu avoir avec sa femme Alexandrine. Jeanne élève Denise et Jacques dans le culte de leur père. Pour autant, celui-ci n’abandonne pas la compagne de sa jeunesse mais cette double vie le désespère : « J’avais fait le rêve de rendre tout le monde heureux autour de moi, mais je vois bien que cela est impossible. »

    Il publie en 1890
    La Bête Humaine, et termine la série des Rougon qu’il avait commencée en 1871 en publiant le Docteur Pascal en 1893. De 1894 à 1898 il publie la série des Trois Villes, puis de 1899 à 1903 celle des Quatre Évangiles dont « Vérité » sera publié après sa mort et « Justice » qu’il n’aura pas eu le temps d’écrire.

    Éclate alors l’affaire Dreyfus. Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné à la déportation à l’Île du Diable pour haute trahison. Lors de la révision de son procès un certain nombre de personnalités telles que Jaurès et Clemenceau découvrent que le capitaine Dreyfus est innocent et tentent de le défendre. Peine perdue, le véritable coupable est acquitté.

    Émile Zola étudie ce dossier de plus près ; il recoupe les faits et acquiert la certitude que le capitaine Alfred Dreyfus est innocent. Son premier article parait dans le Figaro le 25 novembre 1897. Zola va s’adresser directement au président Félix Faure dans une lettre ouverte intitulée « 
    Lettre à Monsieur Félix Faure, Président de la République » que Clemenceau publie dans son journal L’Aurore sous le titre « J’accuse » le 13 janvier 1898.

    Menacé d’arrestation, Émile Zola se réfugie en Angleterre où il restera onze mois.

    Le 29 septembre 1902 Émile Zola meurt asphyxié dans sa chambre probablement assassiné par un membre de l’extrême droite à cause de son combat aux côtés de Dreyfus. Une foule immense assiste à ses funérailles. Ses cendres reposent au Panthéon.
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    Éphéméride 1er avril 1868 naissance d'Edmond Rostand

    Edmond Eugène Alexis Rostand né le 1er avril 1868 à Marseille et décédé le 2 décembre 1918 à Paris est un auteur dramatique français.

    Fils d’Eugène Rostand et d’Angélique Gayet (descendante d’un capitaine de vaisseau et d’une sœur de l’abbé Barthélémy), Edmond voit le jour à Marseille le 1er avril 1868, rue Montaux N° 14. Cette rue porte, depuis 1919, le nom du poète.

    Après des études secondaires faites d’abord à Marseille et ensuite à Paris au collège Stanislas, le jeune Rostand entreprend des études de droit, et écrit une pièce: Le gant rouge (l888) ainsi qu’un certain nombre de poésies qui ne connurent aucun succès. Bien qu’inscrit au barreau de Paris, il n’exerce jamais, mais se consacre entièrement aux travaux littéraires et fait paraître en 1890, un volume de poésies: Les Musardises.
    Il se marie le 8 avril 1890 avec la poétesse, Rosemonde Étiennette Gérard, dont le premier livre, Les Pipeaux (1889) venait d’être couronné par l’Académie française, et dont Leconte de Lisle était le parrain, et Alexandre Dumas le tuteur.

    Rosemonde et Edmond Rostand auront deux fils, Maurice, né en 1891, et Jean, né en 1894 : Maurice, poète doué comme sa mère et Jean, le cadet né en 1894, futur biologiste et académicien.

    Edmond quitte Rosemonde en 1915 pour son dernier amour, l’actrice Mary Marquet.

    Les deux Pierrots, pièce écrite par Edmond Rostand en 1891, eurent aussi peu de succès que ses pièces précédentes, en revanche la comédie en vers: Les Romanesques, représentée le 21 mai 1894 à la Comédie française, fut très applaudie. Edmond fait resurgir avec éclat le romantisme au théâtre.

    Il écrit ensuite deux pièces en vers pour Sarah Bernhardt
    : La princesse lointaine, représentée au Théâtre de la Renaissance le 5 avril 1895, et La Samaritaine, représentée le 14 avril 1897.

    Le 28 décembre de cette même année 1897, le théâtre de la Porte Saint Martin crée une pièce d’Edmond Rostand,
    Cyrano de Bergerac, qui est un triomphe d’une ampleur rarement égalée dans les annales du théâtre; la pièce venait à point pour rendre le moral à une France traumatisée par la perte de l’Alsace-Lorraine, à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870, et, hantée depuis par l’humiliation et l’esprit de revanche.

    La pièce suivante, L’Aiglon, créée par Sarah Bernhardt le 15 mars 1900, connaît un triomphe analogue: cette double réussite auprès d’un public est pour beaucoup dans l’élection du poète à l’académie française (1901).

    Atteint d’une pneumonie qui met ses jours en danger et compromet gravement sa santé, Edmond Rostand se retire à Cambo, dans le pays basque et ne peut être reçu sous la Coupole que le 4 juin 1904.

    Ce n’est que le 7 février 1910 que les Parisiens peuvent entendre la nouvelle pièce de Rostand, Chantecler, qui est un fiasco complet. La pièce est créée au Théâtre de la Porte Saint-Martin, avec Lucien Guitry dans le rôle-titre, Constant Coquelin, pour qui le texte avait été écrit, étant décédé peu de temps auparavant. La particularité de cette pièce est que tous les personnages sont des animaux. Le grand rôle féminin, celui de la Faisane, est tenu par Simone (Simone Le Bargy).

    La disparition de ses parents, la maladie de poitrine qui le ronge lentement, la guerre qui décime la jeunesse française, les critiques, assombrissent ses dernières années. Il publie cependant Le Cantique de l’Aile et le Vol de la Marseillaise.

    Quelques jours après l’armistice de 1918, Edmond Rostand s’éteint à Paris de la grippe espagnole. Il est inhumé à Marseille, sa ville natale. Il avait cinquante ans.

    La dernière nuit de Don Juan (1921) fut publiée à titre posthume.

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    Éphéméride 31 mars 1855 décès de Charlotte Brontë

    Charlotte Brontë est une romancière britannique, née le 21 avril 1816 à Thornton (Yorkshire), morte le 31 mars 1855.


    Charlotte Brontë est née en 1816 à Thornton, près de Bradford dans le Yorkshire. Son père Patrick est pasteur, lui et sa femme Maria ont déjà deux filles Maria et Elizabeth. En 1817 naît Branwell, puis Emily en 1818 et Anne en 1820. En 1821 la mère des six enfants meurt. En 1825, les quatre filles aînées sont à l’école à Cowan Bridge où les deux plus âgées vont mourir de tuberculose, des suites des conditions de vides très rudes. Cette école servira ensuite à dépeindre le pensionnat de Lowood dans
    Jane Eyre.


    Charlotte et Emily rentrent alors au presbytère d’Haworth, où leur père est désormais pasteur et la tante Elizabeth Branwell vient habiter avec eux afin d’aider Patrick Brontë.


    Durant leur enfance, les enfants vont inventer des royaumes magiques bâtis autour des soldats de plomb de Branwell
    : les royaumes de Gondal (Emily et Anne) et d’Angria (Charlotte et Branwell). Les histoires de ces royaumes magiques sont écrites dans des carnets à l’écriture minuscule.


    Après ces années d’école à Roe Head, Charlotte y devient professeur, puis institutrice dans une famille. En 1842, elle se rend à Bruxelles avec Emily pour apprendre le français et l’allemand au pensionnat Héger où elle tombe amoureuse de Monsieur Héger, qui est marié. À la suite du décès de leur tante, les sœurs rentrent à Haworth. Charlotte retournera à Bruxelles seule par la suite.


    En 1844, les trois sœurs ont le projet d’ouvrir une école à Haworth mais ce projet n’aboutira jamais.


    En 1846, elles publient un recueil de poèmes par Currer, Ellis et Acton Bell, pseudonymes masculins. Ce recueil sera vendu à deux exemplaires.


    Les sœurs se mettent alors à rédiger chacune un roman.
    The Professor, le roman de Charlotte à propos de son expérience à Bruxelles, ne trouvera jamais un éditeur de son vivant (il fut publié en 1857 à titre posthume).
    Elle commence à rédiger
    Jane Eyre qui sera publié en 1847.


    Cette même année, Emily publie
    Les Hauts de Hurlevent, et Anne publie Agnes Grey.


    En 1848 Charlotte et Anne se rendent à Londres afin de révéler leur identité à leurs éditeurs
    : en effet les gens pensaient que les trois Bell n’étaient en fait qu’une seule et même personne, peu de gens imaginaient que les auteurs étaient des femmes.


    Les sujets évoqués par les Brontë semblent alors étonnamment peu en accord avec leur vie recluse dans les landes.


    Le 24 septembre de cette année meurt Branwell, le frère adoré, devenu alcoolique et drogué.

    Peu de temps après, le 19 décembre Emily meurt elle aussi. Anne mourra moins de six mois plus tard, le 28 mai 1849, alors que Charlotte l’a emmenée au bord de la mer pour la soigner.


    Charlotte et son père sont très affectés de ces deuils successifs. Néanmoins elle continue d’écrire et le 26 octobre
    Shirley est publié.


    Durant les années qui suivent, Charlotte commence à être connue dans les cercles littéraires londoniens et elle rencontre Thackeray ou encore Elizabeth Gaskell.

    En 1852 elle commence à rédiger
    Villette et le révérend Arthur Bell Nicholls, vicaire à Haworth depuis 1845 la demande en mariage. Patrick Brontë s’oppose violemment à cette union et Charlotte, qui n’est pas amoureuse, refuse.


    Pourtant en 1854, année de la publication de
    Villette, Charlotte et Arthur Bell Nicholls se fiancent puis se marient le 29 juin. Il semble que Charlotte admirait son mari plus qu’elle ne l’aimait vraiment.


    Elle meurt le 31 mars 1855, alors qu’elle est enceinte.


    Certaines personnes reprocheront au révérend Nicholls d’avoir relégué l’auteur de Jane Eyre au rang de femme au foyer
    ; cependant Charlotte semble avoir été heureuse de ces quelque temps de vie conjugale. Elizabeth Gaskell écrira plus tard dans Life of Charlotte Brontë (publié en 1857) que ses derniers mots furent pour son mari: « Je ne vais pas mourir, n’est-ce pas? IL ne peut pas nous séparer, nous avons été si heureux. »
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    Éphéméride 30 mars 1844 naissance de Paul Verlaine

    Paul Marie Verlaine est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.

    Né le 30 mars 1844, Paul Verlaine était d'origine ardennaise mais vécut à Paris. Élève au lycée Bonaparte, il embrassa par la suite une carrière d'employé de bureau à la mairie de Paris, en même temps qu'il fréquente cafés et cercles littéraires comme celui des Vilains Bonshommes.

    Admirateur de Baudelaire, il s'essaie à la poésie et publie son premier recueil,
    Poèmes saturniens en 1866 à 22 ans. Frappé par le mariage puis la mort de sa cousine Elisa Montcomble dont il était amoureux, il bascule dans l'alcool et la violence.

    Ses
    Poèmes saturniens (1866) et les Fêtes galantes (1869), sont marqués par l'influence de la poésie parnassienne, même si l'on voit déjà s'y dessiner des traits indéniablement personnels - sensualité, mélancolie - et tout à fait propres à la poétique verlainienne telle qu'il la décrira ultérieurement dans l'Art poétique (écrit en 1874, publié dans Jadis et Naguère en 1884).

    Après sa période d'errance amoureuse, il rencontra une jeune fille, Mathilde Mauté, qu'il célébra dans les poèmes de la
    Bonne Chanson (1870).

    Mais soupçonné de sympathie à l'égard des Communards, il connut à cette époque des difficultés financières et professionnelles qui détériorèrent encore le climat familial.

    La rencontre du poète avec Arthur Rimbaud, en 1871, vint porter un coup ultime à son mariage. Après quelques mois de cohabitation pénible sous le toit familial et quelques scènes violentes, Verlaine choisit de s'enfuir avec Rimbaud, abandonnant femme et enfant.

    Les deux poètes poursuivirent, en Belgique puis en Angleterre, une relation tumultueuse et passionnée, qui se termina violemment, lorsque Verlaine, au cours d'une dispute, tira deux coups de feu sur Rimbaud, le blessant légèrement.

    Il fut condamné à deux ans de prison; c'est dans sa cellule qu'il écrivit les poèmes du recueil
    Romances sans paroles (1874) sur la période de sa vie commune avec Rimbaud. Rongé par le remords, il y redécouvrit également la foi catholique. À sa sortie de prison, il composa des poèmes marqués par sa conversion, notamment ceux qui figurent dans Sagesse (publié en 1881).

    Il gagne ensuite sa vie comme professeur à Londres puis en France à Rethel où il noue une relation équivoque avec un de ses élèves, Lucien Létinois. Cette amitié particulière qui dure de 1877 à la mort de Lucien en 1883 les mène à une vie instable en Angleterre puis dans les Ardennes où Verlaine a acheté une ferme avec l'argent de sa mère.

    L'installation rêvée échoue et Verlaine rentre à Paris en 1882 : commence alors une déchéance sociale et morale qui le réduit à l'état de semi-clochard alcoolique. Usé, Verlaine meurt à 51 ans, le 8 janvier 1896, d'une congestion pulmonaire.

    Il était cependant devenu l'un des écrivains les plus admirés de sa génération, et son influence sur les jeunes poètes, notamment les premiers symbolistes, était déjà grande. On doit encore à Verlaine un important recueil d'études critiques sur Rimbaud, Mallarmé et Tristan Corbière, les
    Poètes maudits (1884), des recueils sensuels comme Parallèlement (1889) ainsi que, vers la fin de son existence, des œuvres autobiographiques en prose, Mes hôpitaux (1892), Mes prisons (1893) et des Confessions (1895).

    Il mourut le 8 janvier 1896 à cinquante et un ans, alcoolique, malade, dans une terrible misère. Il représente par excellence la figure du poète maudit.
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    Éphéméride 29 mars 1902 naissance de Marcel Aymé

    Marcel Aymé est né le 29 mars 1902 à Joigny, dans l’Yonne, où son père, maître maréchal-ferrant dans un régiment de Dragons, était en garnison. Il était le benjamin de six enfants et ses parents étaient originaires de villages voisins du Jura.


    À la mort de sa mère, en 1904, son père le confia, avec sa plus jeune sœur Suzanne, son aînée de deux ans, aux grands-parents maternels, Auguste Monamy et Françoise Curie, qui exploitaient une tuilerie, une ferme et un moulin à Villers-Robert, dans le Jura.


    C’est là que Marcel connut le monde rural qui a inspiré ses romans de la campagne et ses contes.


    Le jeune garçon fréquenta l’école du village et, à la mort de ses grands-parents, fut accueilli à Dole par sa tante Léa Monamy, la plus jeune sœur de sa mère, qui tenait un commerce de mercerie.


    Il poursuivit ses études au Collège de l’Arc et obtint le baccalauréat « math-élèm » en 1919. Sa scolarité fut très bonne, en tout cas différente de l’image de cancre qu’il a donnée de certains de ses personnages.


    Entré en mathématiques supérieures au lycée Victor-Hugo de Besançon, il dut abandonner ses études en 1920, victime de la grippe espagnole.


    Il revint à Dole se faire soigner chez sa tante, qui fut pour lui une seconde mère. Après un service militaire en Allemagne, il vécut à Paris où il commença des études de médecine, vite interrompues, et exerça plusieurs petits métiers avant de tomber à nouveau gravement malade.


    Il se réfugia à Dole, où, pendant sa convalescence, sa sœur aînée Camille l’encouragea à écrire.


    Brûlebois, publié en 1926 aux « Cahiers de France » à Poitiers, est l’histoire d’un sous-préfet devenu porteur à la gare de Dole et amateur de la dive bouteille. Ce premier roman fut un succès qui ouvrit à Marcel Aymé les portes de Gallimard. Il connut la notoriété avec La Table-aux-Crevés, qui obtint le prix Renaudot en 1929.


    C’est avec
    La Jument verte, en 1933, qu’il devint un auteur célèbre et scandalisa les bien-pensants. En 1933 également commença sa carrière cinématographique avec l’adaptation de La Rue sans nom par Pierre Chenal. Ce fut le début d’une longue série de films et téléfilms inspirés de ses œuvres, plus d’une trentaine, le plus connu étant sans conteste La Traversée de Paris, réalisé par Claude Autant-Lara en 1956.


    Cette période précédant la guerre lui fut favorable. Il publia successivement
    Maison basse (1935), Le Moulin de la Sourdine (1936), Gustalin (1937) et Le Bœuf clandestin (1939), alternant romans « parisiens » et romans « de la campagne ». La publication de trois recueils de nouvelles et des premiers Contes du chat perché entre 1932 et 1939 lui permit également de prendre une place importante dans le monde littéraire de l’époque.


    Installé à Montmartre dès 1928, il habitera sur la Butte jusqu’à sa mort.


    Pendant la guerre, Marcel Aymé a beaucoup écrit, et publié la plupart de ses œuvres en feuilletons dans les journaux
    : des nouvelles (Le Passe-muraille), des Contes du chat perché, des romans (La Belle Image, Travelingue, La Vouivre). Il a poursuivi sa carrière de dialoguiste de cinéma avec le metteur en scène Louis Daquin (Nous les gosses, Madame et la mort, Le Voyageur de la Toussaint).


    Après la guerre il publia
    Le Chemin des écoliers en 1946 et Uranus en 1948. Avec Travelingue, paru en 1941, cette trilogie présente un tableau exceptionnel de la société française avant, pendant et après la guerre. La sortie de deux recueils — Le Vin de Paris en 1947 et En Arrière en 1950 — confirma son goût pour les nouvelles, dont il a écrit plus de cent.


    C’est en 1948 que le metteur en scène Douking s’intéressa à une pièce écrite en 1932,
    Lucienne et le boucher, que Louis Jouvet avait refusé de faire jouer. Ce fut le début de la carrière théâtrale de Marcel Aymé qui obtint de grands succès avec Clérambard (1950), La Tête des autres (1952), Les Quatre Vérités (1954) ou Les Oiseaux de lune (1955).


    Un dernier roman,
    Les Tiroirs de l’inconnu, paru en 1960, fut un clin d’œil au « Nouveau roman ».


    Il a écrit des centaines d’articles, de préfaces et plusieurs essais dont le plus remarquable est
    Le Confort intellectuel (1949).


    Marcel Aymé est mort à Montmartre le 14 octobre 1967.

    d’après
    http://marcelayme1.free.fr/marcel_ayme/biographie/biographie. html
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    Éphéméride 28 mars 1936 naissance de Mario Vargas Llosa

    Jorge Mario Pedro Vargas Llosa né le 28 mars 1936 à Arequipa, région d’Arequipa, au Pérou, est un écrivain péruvien et espagnol, auteur de romans et d’essais politiques. Il est lauréat du prix Nobel de littérature 2010

    À l’âge de 14 ans, son père l’envoie étudier à l’Académie militaire de Lima, qui lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre
    La Ville et les chiens.

    Il étudie ensuite la littérature et le droit à l’Université San Marcos, exerçant en parallèle différentes professions
    : correcteur littéraire puis collaborateur aux rubriques cinéma de la revue Literatura (1957-1958) et du journal El Comercio.

    Pendant une brève période, il est impliqué dans une branche étudiante du Parti communiste péruvien qu’il abandonne en protestation de la ligne stalinienne du mouvement sur l’art et la littérature. La révolution cubaine fait un temps revivre ses espoirs d’une révolution progressiste.

    Grâce à une bourse d’étude, il poursuit son cursus universitaire à Madrid où il soutient, en 1958, une thèse de doctorat sur Rubén Darío.

    En 1959 il s’installe à Paris en 1959 dans l’espoir de recevoir une bourse pour reprendre des études mais sa demande est rejetée. Dans la capitale française Vargas Llosa travaille en tant que professeur d’espagnol puis journaliste pour l’Agence France-Presse et la télévision. Il se passionne pour la littérature du pays et écrit de manière prolifique. il obtient un prix littéraire pour « Les caïds ». « La ville et les chiens » obtient deux prix littéraires et sera traduit en plus de 20 langues.

    Vargas Llosa part ensuite pour Londres et Barcelone. Il retourne à Lima en 1974 et est élu à l’Académie péruvienne un an plus tard.

    Depuis, il est un écrivain connu, régulièrement invité pour donner des cours ou des conférences dans de nombreuses universités.
    Entre-temps, voyant les multiples dérives du régime de Castro, il est devenu libéral.

    En 1990 il fonde un mouvement de droite démocratique mais est battu à l’élection présidentielle.

    Avec Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez et José Donoso, Mario Vargas Llosa est considéré comme l’un des grands acteurs du boom de la littérature latino-américaine dans les années 1960.
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    Éphéméride 27 mars 1899 naissance de Francis Ponge

    Francis Ponge est un poète français, né à Montpellier le 27 mars 1899 et mort à Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes, le 6 août 1988.

    Né à Montpellier en 1899, issu d’une famille protestante bourgeoise, Francis Ponge échoue à deux reprises à sa licence de philosophie, et ne parvient pas à entrer à l’Ecole Normale Supérieure. Il étudie le droit et la philosophie à Paris avant d’être mobilisé et de rejoindre l’armée pendant la Première Guerre mondiale.

    Dans les années vingt, il commence à publier des textes à la NRF avant d’appartenir brièvement au mouvement surréaliste.

    Au début des années trente, il se marie. Il entre en 1931 aux messageries Hachette
    : parallèlement à son travail littéraire, il assurera cet emploi alimentaire. Délégué syndical et sympathisant communiste de la première heure, il perd son emploi à la suite des soulèvements du Front populaire en 1936.
    Il adhère au parti communiste en 1937.

    Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il entre dans la Résistance. En 1942 paraît
    Le Parti pris des choses, dans lequel les grands axes de son travail poétique sont posés. Il rompt sciemment avec les traditions surréalistes, et se distingue de ses contemporains en prenant justement le « parti » des choses. Les titres de ses poèmes sont à ce titre éloquents: « l’huître », « la cruche », « le savon », « le cageot », etc.

    Maître de la forme, il commence à enseigner après la guerre, tout en continuant son œuvre.
    Il devient directeur artistique et littéraire de l’hebdomadaire communiste
    Action de 1944 à 1946.
    Il quitte le parti communiste en 1947, considérant que le parti interférait avec sa liberté individuelle d’auteur.

    Après un séjour en Algérie, il entre à l’Alliance Française comme professeur jusqu’en 1964. Bien que reconnu par des sommités intellectuelles, tel Jean-Paul Sartre, Francis Ponge restera dans une certaine confidentialité jusqu’en 1984, lorsqu’il reçoit le grand prix de poésie de l’Académie française.

    Il connaît à partir de cette époque une reconnaissance publique, avec des prix et récompenses (Légion d’honneur, Grand Prix de l’Académie Française), des conférences et lectures (Cerisy, Centre Pompidou) et un hommage au festival d’Avignon en 1985.

    Il est inhumé au cimetière protestant de Nîmes.
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    Éphéméride 26 mars 1913 naissance de Jacqueline de Romilly

    Jacqueline Worms de Romilly, née David le 26 mars 1913 et décédée le 18 décembre 2010, est une philologue, écrivain, professeur et helléniste française, qui reçut de la Grèce la nationalité hellénique en 1995, à titre honorifique.

    Membre de l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, elle est connue sur le plan international pour ses travaux sur la civilisation et la langue de la Grèce antique, en particulier à propos de Thucydide, objet de sa thèse de doctorat.

    Née à Chartres le 26 mars 1913, Jacqueline David est la fille de Maxime David, normalien, professeur agrégé de philosophie, mort pour la France le 2 octobre 1914, et de Jeanne Malvoisin (devenue écrivain après la Grande Guerre).

    Après une enfance heureuse dans le XVIe arrondissement de Paris, elle fait de brillantes études secondaires au lycée Molière, où elle est lauréate du concours général de latin et deuxième prix en grec ancien en 1930.

    Après sa khâgne au lycée Louis-le-Grand, elle est admise à 20 ans à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1933).

    Élève de l'helléniste Paul Mazon, elle est reçue à l'agrégation de lettres en 1936. Elle se marie en 1940 avec Michel Worms de Romilly, éditeur aux Belles Lettres, dont elle divorce en 1973.

    Du fait de l'origine juive de son père et de son mari, elle se voit refuser le droit d'enseigner par le régime de Vichy en 1941. Elle obtient enfin son doctorat ès lettres en 1947.

    Après avoir enseigné de 1945 à 1949 en khâgne au lycée de jeunes filles de Versailles, Jacqueline de Romilly devient professeur de langue et littérature grecques classiques à l'université de Lille (1949-1957), puis à la Sorbonne de 1957 à 1973.

    De 1973 à 1984, elle occupe la chaire de la Grèce antique au Collège de France, où elle est la première femme professeur.

    En 1975, elle est élue à l'Académie des inscriptions et belles-lettres au fauteuil de l'helléniste Pierre Chantraine : elle est la première femme élue à cette académie, qu'elle préside en 1987. En 1989, elle devient la deuxième femme, après Marguerite Yourcenar, à entrer à l'Académie française : elle est élue au 7
    e fauteuil.

    Elle meurt à 97 ans, le 18 décembre 2010 et elle est inhumée au cimetière du Montparnasse.

    Jacqueline de Romilly disait d'elle-même ne pas avoir eu, « bien sûr », la vie qu'elle souhaitait :
    « Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais. »
    — Dans
    Une certaine idée de la Grèce, livre d'entretien avec Alexandre Grandazzi.

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    Éphéméride 25 mars 1914 décès de Frédéric Mistral

    Frédéric Mistral est un écrivain et lexicographe français de langue provençale, né le 8 septembre 1830 à Maillane (Bouches-du-Rhône), où il est mort le 25 mars 1914 et où il est inhumé.

    Mistral fut membre fondateur du Félibrige, membre de l’Académie de Marseille et, en 1904, Prix Nobel de littérature.

    Mistral est un fils de ménagers aisés. Il naît à Maillane, au mas du Juge.

    À l’âge de sept ans, Frédéric Mistral va à l’école de Maillane. En 1839 il est inscrit au pensionnat de Saint Michel De Frigolet où il ne reste que deux ans. Ensuite, il fréquente le pensionnat de Millet d’Avignon puis le Collège royal.

    À ce moment-là, il loge au pensionnat Dupuy où il fait la connaissance d’un professeur nommé Joseph Roumanille, de Saint Rémy de Provence, avec lequel il restera lié jusqu’à la mort de celui-ci.

    Il passe son baccalauréat en 1847 à Nîmes.

    Vers la Révolution de 1848 il écrit son premier livre
    :  Li Messoun  (Les Moissons): un poème géorgique en quatre chants.

    De 1848 à 1851 il fréquente la Faculté de droit d’Aix en Provence où il obtient une Licence de Droit.

    Son père se faisant vieux et presque aveugle, Frédéric va aider avec sa mère et son demi-frère à la gestion du Mas.

    Il passe son temps libre à écrire et à chanter la Provence, ses gens, ses bêtes, ses traditions.

    Le 21 mai 1954, jour de la Sainte Estelle, naît le Félibrige.

    En 1855 son père meurt
    ; Frédéric s’installe avec sa mère dans la maison dite du Lézard où il finira d’écrire son premier chef-d’œuvre : Mirèio (Mireille) publié en 1859 aux éditions Roumanille.

    En 1876 il épouse une Bourguignonne, Marie Rivière, qui a vingt-sept ans de moins que lui avec laquelle il n’aura pas d’enfants. Ils s’installent alors dans une maison qu’il vient de faire bâtir juste à côté de celle du Lézard. Il poursuit son œuvre.

    En 1891 il crée un Journal  
    L’Aioli : il en confie la direction à un ami camarguais Folco Baroncelli.

    Le 17 novembre 1904, Mistral reçoit le Prix Nobel de Littérature
    : soixante-quatorze années vouées à la Provence sont ainsi récompensées.

    Le 14 octobre 1913, le Président de la République Raymond Poincaré en visite dans les provinces françaises vient personnellement saluer Frédéric Mistral chez lui.

    Frédéric Mistral meurt le 25 mars 1914 à 84 ans.
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    Éphéméride 24 mars 1905 décès de Jules Verne

    Jules Verne naquit à Nantes le 8 février 1828.

    Son père, Pierre Verne, fils d'un magistrat de Provins, s'était rendu acquéreur en 1825 d'une étude d'avoué et avait épousé en 1827 Sophie Allotte de la Füye, d'une famille nantaise aisée qui comptait des navigateurs et des armateurs.

    Jules Verne eut un frère : Paul (1829 - 1897) et trois soeurs : Anna, Mathilde et Marie. À six ans, il prend ses premières leçons de la veuve d'un capitaine au long cours et à huit entre avec son frère au petit séminaire de Saint-Donatien.

    En 1839, ayant acheté l'engagement d'un mousse, il s'embarque sur un long-courrier en partance pour les Indes. Rattrapé à Paimboeuf par son père, il avoue être parti pour rapporter à sa cousine Caroline Tronson un collier de corail. Mais, rudement tancé, il promet : " Je ne voyagerai plus qu'en rêve. " Mais cette belle anecdote n’est qu’une légende…

    À la rentrée scolaire de 1844, il est inscrit au lycée de Nantes où il fera sa rhétorique et sa philosophie. Ses baccalauréats passés, et comme son père lui destine sa succession, il commence son droit. Jules Verne passe son premier examen de droit à Paris. Le théâtre l'attire et le théâtre, c'est Paris. Il obtient de son père l'autorisation d'aller terminer ses études de droit dans la capitale où il débarque, le 12 novembre 1848.

    À Paris, il s'installe rue de l'Ancienne-Comédie. Son père lui fournit une pension calculée au plus près du strict nécessaire. Avide tout lire, Jules Verne jeûnera trois jours pour s'acheter le théâtre de Shakespeare…

    Il écrit, naturellement pour le théâtre. Avec d'autant plus de confiance qu'il a fait la connaissance de Dumas père.

    Verne passe sa thèse de droit en 1850. Selon le voeu de son père, il devrait s'inscrire au barreau de Nantes ou prendre sa charge d'avoué. Fermement, l'écrivain refuse : la seule carrière qui lui convienne est celle des lettres.

    Il ne quitte pas Paris et, pour boucler son budget, doit donner des leçons.

    En 1852, il publie
    Les Premiers navires de la marine mexicaine et Un Voyage en ballon qui figurera plus tard dans le volume Le Docteur Ox sous le titre Un Drame dans les airs, deux récits où déjà se devine le futur auteur des Voyages extraordinaires.

    En 1856, il fait la connaissance de celle qu'il épousera le 10 janvier 1857 : Honorine-Anne Hébé Morel, née du Fraysne de Viane, veuve de vingt-six ans et mère de deux fillettes. Jules Verne, grâce aux relations de son beau-père et à un apport de Pierre Verne (50 000 francs), entre à la Bourse de Paris comme associé de l'agent de change Eggly.

    Il continue à lire énormément et entame ses premiers grands voyages (Angleterre et Écosse en 1859, Norvège et Scandinavie en 1861) tout en continuant à écrire pour le théâtre. Le 3 août 1861, naît Michel Verne, qui sera son unique enfant.

    1862 : Il présente à l'éditeur Hetzel
    Cinq semaines en ballon et signe un contrat qui l'engage pour les vingt années suivantes. Sa vraie carrière va commencer : le roman, qui paraît en décembre 1862, remporte un succès triomphal, en France d'abord puis dans le monde. Jules Verne peut abandonner la Bourse sans inquiétude.

    1864 verra la sortie de
    Voyage au centre de la Terre suivi en 1865 par De la Terre à la Lune. Ainsi débutera sa fameuse série des Voyages extraordinaires qui se poursuivra durant quarante années. Parmi les romans les plus célèbres : L'Île mystérieuse, Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, Robur le Conquérant, etc.

    En 1866, il achète son premier bateau baptisé du prénom de son fils : le Saint-Michel. Il le surnommera son cabinet de travail flottant. Il continuera de voyager, d'écrire ses romans et ses pièces de théâtre sans que sa popularité ne faiblisse.

    En 1886 - 1887, après un drame dont on connaît peu de choses (Il fut blessé de deux balles de revolver par son neveu Gaston) et la vente de son yatch, il renonce à sa vie libre et voyageuse et jette l'ancre à Amiens.

    En 1902, il est atteint de la cataracte mais il continue de travailler jusqu'à ce qu'il ne puisse plus tenir une plume. Il se passionne pour les
    AVENTURES D'ARTHUR GORDON PYM d'Edgar Poe, l'un des auteurs qu'il admire le plus, depuis cinquante ans, et il écrit la suite des aventures du héros américain: LE SPHINX DES GLACES. Il écrira encore dix livres, avant de mourir le 24 mars 1905, dans sa maison d'Amiens.

    En tout, Jules Verne a écrit plus de 80 romans, publié plusieurs grands ouvrages de vulgarisation et fait représenter, seul ou en collaboration, une quinzaine de pièces de théâtre.

    Ses
    Voyages extraordinaires ont été adaptés sous toutes les formes (bandes dessinées et films) et son oeuvre demeure encore très vivante de nos jours.
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    Éphéméride 23 mars 1881 naissance de Roger Martin du Gard

    Roger Martin du Gard est un écrivain français né en 23 mars 1881 à Neuilly-sur-Seine et mort le 22 août 1958 à Bellême, près de Sérigny (Orne).

    Issu d’une famille aisée d’avocats et de magistrats, il peut consacrer sa vie à la littérature. Il a une vocation précoce d’écrivain, dont il a pris conscience en lisant le roman de
    Léon Tolstoï, Guerre et Paix. Pour attendre d’affirmer sa vocation de romancier, il entreprend des études de lettres mais échoue à la licence. Il décide alors de tenter le concours de l’École des Chartes et obtient avec succès le diplôme d’archiviste paléographe en présentant une thèse sur l’abbaye de Jumièges.


    La publication de son roman
    Jean Barois en 1913 lui permettra de se lier d’amitié avec André Gide et Jacques Copeau. Dans Jean Barois, R. Martin du Gard ne cherche pas à démontrer. Il n’émet aucun jugement, il ne condamne pas, il n’absout pas: il décrit avec une volonté d’objectivité l’évolution de la religion contemporaine, comme la séparation des Églises et de l’État en 1905. Avec ses documents authentiques ou fictifs qui s’y trouvent insérés, la seconde partie constitue aussi la première représentation littéraire de l’Affaire Dreyfus et du procès Zola qui lui est lié.


    Après la Première Guerre mondiale, R. Martin du Gard conçoit le projet d’un roman-fleuve dont le sujet initial est
    Deux frères. De fait, le roman en huit volumes intitulé Les Thibault va l’occuper des années vingt à 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue. À travers l’histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d’une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique, protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault.
    Conçus comme une conclusion à l’œuvre, les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l’accent sur la
    Première Guerre mondiale.

    L’Été 1914 décrit la marche à la guerre que ne peuvent empêcher ni les socialistes, ni les autres groupes pacifistes: révolutionnaire de cœur, Jacques Thibault ne saura que se sacrifier en lançant sur les tranchées un appel à la fraternisation des soldats allemands et français.

    Racontant la lente agonie d’Antoine Thibault gazé pendant le conflit,
    Épilogue évoque la « marche à la paix » et s’interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la SDN.

    C’est juste après la publication de
    L’Été 1914, que R. Martin du Gard reçoit le prix Nobel de littérature en 1937. Il passe ensuite une majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, où il prépare un roman resté inachevé, les Souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort, qui sera publié à titre posthume.

    Commencé pendant la première guerre mondiale, son
    Journal décrit une vie familiale parfois difficile et raconte les réussites de l’amitié: précédé de « souvenirs », il a été publié par C. Sicard sous la forme de trois gros volumes. C’est également les joies de l’amitié que mettent en lumière les très nombreuses lettres regroupées désormais dans plusieurs volumes de correspondance (avec André Gide, Jacques Copeau, Eugène Dabit, Georges Duhamel, Jean Tardieu).

    Parmi les œuvres posthumes, on compte également des nouvelles (
    La Noyade intégré au volume du Lieutenant-colonel de Maumort, Genre motus) qui s’inscrivent dans la continuité de celles que l’écrivain avait publiées de son vivant (Confidence africaine).

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    Éphéméride 22 mars 1909 naissance de Gabrielle Roy

    Gabrielle Roy (Saint-Boniface, Manitoba, 22 mars 1909-Québec, Qc, 13 juill. 1983) est un écrivain québécois.

    Elle est la petite fille de pionniers québécois, benjamine d’une famille de onze enfants. En dépit d’une enfance marquée par une santé fragile, les difficultés pécuniaires de sa famille et la loi Thornton de 1916 qui abolit l’enseignement du français dans les écoles, elle fait de brillantes études à l’Académie Saint-Joseph et au
    Winnipeg Normal Institute, puis embrasse la carrière d’institutrice.

    De 1929 à 1937, ses expériences d’enseignement dans les villages manitobains, à la Poule d’Eau et à Saint-Boniface l’ouvrent aux immenses paysages de l’Ouest et à la mosaïque des ethnies qui nourriront généreusement son œuvre.

    Elle décide de partir suivre des cours d’art dramatique en France et en Angleterre. Après deux ans d’essais infructueux, elle choisit alors la voie de l’écriture et installée à Montréal, entame une carrière de journaliste pigiste dans
    La Revue Moderne et Le Bulletin des agriculteurs.

    La découverte du quartier Saint-Henri, rongé par la misère, va donner naissance au premier grand roman urbain canadien,
    Bonheur d’occasion (1945), qui dénonce la condition des ouvriers et des exclus au début de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage connaît un immense succès: choisi par la Literary Guild of America de New York comme Book of the Month, il est couronné par le Prix Fémina en 1947 et sera traduit dans une douzaine de langues.

    Elle part ensuite pour un séjour de trois ans en France où elle écrit
    La Petite Poule d’Eau (1950). À son retour, elle s’établit à Québec et en 1957 achète un chalet à Petite-Rivière-Saint-François, dans le Comté de Charlevoix, où, en dépit de dépressions régulières, elle va écrire l’essentiel de son œuvre, tout en voyageant à travers le Canada, les États-Unis et l’Europe. Elle meurt d’une crise cardiaque à l’Hôtel-Dieu de Québec le 13 juillet 1983.
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    Éphéméride 21 mars 1925 naissance de Peter Brook

    Peter Brook, né le 21 mars 1925 à Londres, est un metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain britannique.

    Il est le fils d’une famille russe qui a immigré en Angleterre lors de la Révolution russe. Il fait ses études à l’Université d’Oxford où il étudie la littérature comparée.

    Il débute sa carrière théâtrale en 1942 par une adaptation du
    The Tragical History of Docteur Faustus de Christopher Marlowe. Il monte à la fois des classiques, dont Shakespeare, et des pièces d’auteurs contemporains comme Jean Anouilh, Jean-Paul Sartre, Genet, Roussin et des auteurs d’avant-garde tel Peter Weiss. Il veut rapprocher le cinéma et le théâtre. Peter Brook s’inscrit, comme Giorgio Strehler ou Jean Vilar, dans le nouveau courant du théâtre, influencé par Brecht ou l’héritage de Jacques Copeau et Gordon Craig.

    En 1962, il crée à Londres
    le Roi Lear de Shakespeare, avec la Royal Shakespeare Company, et décide alors de renoncer au décor pour œuvrer dans ce qu’il appellera L’Espace vide, lequel doit développer l’imagination du spectateur. Peter Brook travaillera plusieurs fois avec la Royal Shakespeare Company entre 1945 et 1979.

    En 1968, Peter Brook est invité par Jean-Louis Barrault à Paris pour participer à un atelier théâtral d’échange culturel.

    En 1971, Peter Brook et la productrice Micheline Rozan vont découvrir dans Paris, un théâtre à l’italienne sur le point d’être démoli
    : le théâtre des Bouffes du Nord. Peter Brook s’y installe avec le CIRT. En 1974, le théâtre est rouvert avec la représentation de Timon d’Athènes de Shakespeare. La salle est désormais un lieu important de la création théâtrale européenne.

    Aujourd’hui, Peter Brook est vu comme un véritable maître et chacune de ses créations est attendue. Il semble avoir transmis sa passion à ses deux enfants Simon et Irina Brook.
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    Éphéméride 20 mars 1828 naissance d'Henrik Ibsen

    Henrik Ibsen est un poète et auteur dramatique norvégien (Skien 1828-Christiania 1906).

    Il naît le 20 mars 1828 à Skien, petite ville de la côte norvégienne près d’Oslo. Lorsque Henrik eut huit ans, son père dut vendre ses biens. La famille s’exila à la campagne. Henrik s’isole avec ses livres, dessine, rêve.

    Envoyé à Grimstad faire son apprentissage chez un pharmacien, il y reste six ans (1844-1850). Son esprit satirique s’exerce à l’encontre de la bourgeoisie de la petite ville de province. Il écrit des poèmes romantiques. Il croit à la solidarité scandinave, à la volonté du peuple de se sacrifier pour une idée
    ; aussi, lorsque, plus tard, en 1864, la Norvège refusera d’aider le Danemark en guerre contre la Prusse, il sera amèrement déçu.

    En 1850, il part pour Christiania et passe son baccalauréat
    ; il connaît la misère, noue des contacts avec un mouvement d’émancipation ouvrière, fonde le journal Andhrimner, qui ne survivra que quelques mois.

    En 1851, Ole Bull, qui venait de fonder le Théâtre national à Bergen, lui offre la régie du théâtre. S’il ne deviendra jamais un bon metteur en scène, Ibsen fera, pendant les cinq années passées au théâtre de Bergen, son apprentissage de dramaturge.

    Chaque année, il donnera une pièce. Il étudie les sagas
    ; dans ce monde héroïque, il retrouve ses idéaux.

    En 1857, il prend à Christiania la direction artistique du Théâtre national, qui doit contrebalancer le « Christiania Theater », de tradition danoise. C’est le temps de l’espoir et des déceptions. Ibsen connaît des difficultés dans la gestion de son théâtre
    ; ses pièces sont mal reçues, et il perd son poste.

    En 1861, malade, il est en proie à des idées de suicide. Déçu dans ses espoirs esthétiques et politiques, Ibsen rompt avec son pays et part pour l’Italie en 1864. Il y vivra pendant de nombreuses années, ainsi qu’en Allemagne, et ne sera de retour en Norvège de façon définitive qu’en 1891.

    Le poème dramatique
    Brand (1866) est écrit sous le coup de ses déboires et de son indignation.
    Après
    Brand, qui connaît un succès en Scandinavie, vient Peer Gynt (1867).

    En 1869 paraît l
    ’Union des jeunes, satire des partis politiques, puis Ibsen termine Empereur et Galiléen (1873). Cette œuvre, conçue à une époque où Ibsen est sous l’impression de la guerre franco-allemande et de la Commune, porte la trace des influences de Schopenhauer, des critiques bibliques de Renan.

    Après les
    Piliers de la société (1877), Maison de poupée (1879) provoque des discussions passionnées. La pièce est une dénonciation du mariage et de l’inégalité des époux. Les Revenants (1881) soulève également des protestations indignées. Cette pièce est une attaque contre le mariage conventionnel sans amour et, en cela, elle est liée à Maison de poupée.

    Cette pièce soulève une telle tempête d’indignation qu’Ibsen écrit
    Un ennemi du peuple (1882), tragi-comédie qui est en quelque sorte un commentaire sur ses relations avec la société.

    Dans
    Rosmersholm (1886), on retrouve les fortes oppositions d’Empereur et Galiléen. Ibsen se sent alors attiré par le mysticisme et les mouvements inconscients de l’âme (la Dame de la mer, 1888).

    Dans
    Hedda Gabler (1890), l’exigence de l’action héroïque, la sexualité anormale, la peur du scandale social provoquent chez l’héroïne un état permanent de violence.

    En 1891, Ibsen quitte l’Allemagne
    : il s’y est familiarisé avec l’œuvre de Nietzsche, et Solness le Constructeur (1892) aussi bien que John Gabriel Borkman (1896) rendent compte de sa réaction à la théorie du surhomme.

    Après
    le Petit Eyolf (1894), qui a pour thème l’amour égoïste des parents qui exclut l’enfant, la dernière œuvre d’Ibsen, Quand nous nous réveillerons d’entre les morts (1899), porte le sous-titre: « Un épilogue dramatique ».

    Henrik Ibsen meurt le 23 mai 1906.
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    Éphéméride 19 mars 1897 naissance de Joe Bousquet

    Joe Bousquet est né dans l’Aude, à Narbonne, le 19 mars 1897.

    Son père était médecin-major dans l’armée. Il passe son bac en 1912 puis fait un voyage en Angleterre qui le marquera profondément. Au début de la guerre, son père est nommé dans la région parisienne avant de revenir en 1915 à Narbonne. Joe mène une vie agitée et s’initie à la drogue
    : morphine, puis cocaïne et enfin opium qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.

    En 1916 il devance l’appel. Très courageux, il recevra la croix de guerre, la médaille militaire et la légion d’honneur avant d’être blessé en 1917. Il est soigné à Nancy, vit une histoire d’amour qui le conduit au désespoir.

    Il retourne au front et le 27 mai 1918, à vingt et un ans, il est blessé aux vertèbres au combat de Vailly. Paralysé à hauteur des pectoraux, il perd l’usage de ses membres inférieurs. Il restera alité toute sa vie à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence.

    Le J
    ournal Intemporel, puis La Fiancée du Vent marquent ses débuts d’écrivain, mais c’est en participant avec ses amis François-Paul Alibert, Ferdinand Alquié, Claude-Louis Estève et René Nelli à la fondation de la revue Chantiers que son engagement littéraire prend forme.

    Intéressé par le mouvement surréaliste, mais au-dessus des doctrines, son leitmotiv sera d’aimer, de suivre son cœur et rien d’autre.
    Chantiers du groupe Carcassonne fusionnera avec la jeune revue des Cahiers du Sud du groupe de Marseille. Les Cahiers du Sud ne cesseront de paraître, bien après sa mort, qu’en 1966.

    Orientée vers la recherche d’un génie du sud, langue d’oc, troubadours, catharisme, hors de tout folklore, ouverte aux grands courants du Nord, le Graal, les Romantiques allemands, la revue des
    Cahiers du Sud abordera les sujets les plus divers, de la mathématique à la poétique érudite.


    Estève, Jean Paulhan, Jean Cassou, André Gide, Paul Valéry, Paul Éluard, Ferdinand Alquié, de nombreux peintres, autant d’amitiés, de rencontres, qui se nouent et se resserrent au fil des lettres et au gré des visites, autant d’amour aussi avec des femmes imaginaires ou réelles, rêvées et imaginées, dans les profondeurs de la nuit intérieure.


    1939, la guerre: l’occupation allemande partage la France. C’est alors que derrière les remparts de Carcassonne, l’espace confiné de la chambre de Joe Bousquet s’ouvre, devenant le point de ralliement des écrivains réfugiés dans la zone Sud, le groupe de la N.R.F. notamment, et le numéro spécial des Cahiers du Sud sur le Génie d’oc et l’Homme méditerranéen en 1943, en codirection avec Jean Ballard, est un pied de nez à l’occupation nazie.

    Le corps petit à petit se casse; avoir écrit tant et tant, des lettres innombrables, des poèmes, des romans, des journaux, avoir tant lutté, avoir tant cherché. Mais cette balle continue son œuvre, cette douleur empire et l’opium qui le drogue est le seul remède à sa souffrance, à ses crises d’urémie insoutenables.

    Joe Bousquet meurt dans la nuit du 27 au 28 septembre 1950 à Carcassonne.

    Une rue porte son nom à Carcassonne et à Narbonne ainsi qu’à Labastide-Saint-Georges (Tarn) et à La Palme (Aude) où il aimait passer des vacances chez ses grands-parents (lire
    La Route des Étangs). Une place porte également son nom à Villalier (Aude).

    Il repose dans le cimetière de Villalier.

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    Éphéméride 18 mars 1634 naissance de Mme de La Fayette

    Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, née le 18 mars 1634 à Paris où elle est morte le 25 mai 1693, est une femme de lettres française.

    Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est née dans une famille aisée de petite noblesse. Son père écuyer gravite dans l’entourage du cardinal de Richelieu. Sa mère, fille d’un médecin du roi, est au service de Mme de Combalet, nièce du cardinal de Richelieu, puis de la duchesse Rose-Madeleine d’Aiguillon.

    Son père, Paul Pioche de la Vergne, écuyer du roi, meurt d’une balle dans le torse alors qu’elle n’a que quinze ans. L’année suivante sa mère se remarie avec le chevalier Renaud de Sévigné, l’oncle du mari de la Marquise de Sévigné. Celle-ci devient l’amie intime de Marie-Madeleine. Elles ont huit ans de différence et resteront amies toute leur vie.

    La future Mme de La Fayette est de petite noblesse mais son érudition, sa beauté et la richesse de sa famille, lui ouvrent vite les portes des salons parisiens.

    En 1650, elle devient dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche. Elle se retrouve ainsi au cœur des intrigues de la Cour et commence à acquérir une éducation littéraire auprès du grammairien Ménage qui lui enseigne l’italien et le latin. Ce dernier l’introduit alors dans les salons littéraires en vogue de Catherine de Rambouillet, de la Marquise du Plessis-Bellière et de Madeleine de Scudéry.

    En 1655, Madeleine épouse, à l’âge de 21 ans, un Auvergnat de dix-huit ans son aîné, François Motier, comte de La Fayette, dont elle aura deux fils. Ce veuf, frère de la célèbre Louise de La Fayette, favorite de Louis XIII, qui mène une existence retirée dans son château, lui apporte la fortune et un nom. Elle l’accompagne dans ses domaines familiaux en Auvergne et dans le Bourbonnais bien qu’elle retourne fréquemment à Paris où elle commence à s’introduire dans la haute société de la Cour et à ouvrir avec succès son propre salon dans son prestigieux hôtel de la rue Vaugirard.

    Leur bonheur conjugal semble avoir sombré après quelques années de mariage, après la naissance de leurs fils, date à partir de laquelle François de La Fayette se fait tellement discret qu’il semble avoir littéralement disparu (ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’un document trouvé dans les archives de la Trémoille indique que ce mari silencieux avait vécu jusqu’au 26 juin 1683).
    La Bruyère a résumé ainsi cette étrange situation
    : « Nous trouvons à présent une femme qui a tellement éclipsé son mari, que nous ne savons pas s’il est mort ou en vie… »

    On compte, parmi les connaissances de Marie-Madeleine de La Fayette, Henriette d’Angleterre, future duchesse d’Orléans, qui lui a demandé d’être sa biographe
    ; le Grand Arnauld et Huet dont le Traité de l’origine des romans sera publié en préface de son Zaïde. Au tout début de la Fronde, elle a également été proche du cardinal de Retz.

    Établie de façon définitive à Paris en 1659, elle fait paraître anonymement
    La Princesse de Montpensier en 1662. De 1655 à 1680, elle sera étroitement liée avec La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes), dont elle dira: « M. de La Rochefoucauld m’a donné de l’esprit, mais j’ai réformé son cœur. »

    Grâce à La Rochefoucauld, Mme de la Fayette qui aime les livres et qui a beaucoup lu rencontre Racine, le vieux Corneille, Boileau et beaucoup d’autres auteurs.

    1669 voit la publication du premier tome de
    Zaïde, un roman hispano-mauresque édité sous la signature de Segrais mais presque certainement dû à Madame de La Fayette. Le deuxième volume paraît en 1671. Zaïde fut l’objet de rééditions et de traductions, notamment grâce à la préface de Huet.

    L’œuvre la plus célèbre de Marie-Madeleine de La Fayette est
    La Princesse de Clèves, d’abord éditée par un de ses amis en mars 1678. Cette œuvre, dont le succès fut immense, passe souvent pour être un prototype du roman d’analyse psychologique.

    Comme l’indique Henriette Levillain
    : « Le livre déborde largement les frontières des salons mondains et devient un sujet de conversation général et un objet de débat sans fin, notamment en raison de la scène de l’aveu par Mme de Clèves à son mari de sa passion pour le duc de Nemours, écoutée par celui-ci en cachette. »

    La mort de La Rochefoucauld en 1680 puis du comte de La Fayette en 1683 la conduit à mener une vie sociale moins active dans ses dernières années. Elle s’est clairement retirée de la vie mondaine, afin de se préparer à la mort. Elle meurt en 1693.

    Trois de ses ouvrages ont été édités à titre posthume
    : La Comtesse de Tende (1723), Histoire d’Henriette d’Angleterre (1720) et Mémoires de la Cour de France (1731).
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    Éphéméride 17 mars 1680 décès de François de La Rochefoucauld

    François VI, duc de la Rochefoucauld, né le 15 septembre 1613 à Paris et mort le 17 mars 1680, est un écrivain, moraliste et mémorialiste français, surtout connu pour ses Maximes.

    Il porte pendant cette période le titre de prince de Marcillac et ses études sont un peu négligées puisqu’il rejoint l’armée à seize ans et presque immédiatement commence à se faire un nom dans la vie publique. Pendant quelques années Marcillac continue à participer aux campagnes annuelles, où il se montre du plus grand courage, mais sans obtenir crédit pour ses capacités militaires. Puis il passe dans l’entourage de Madame de Chevreuse, la première des trois femmes célèbres qui influencèrent successivement sa vie.

    Par le truchement de Madame de Chevreuse il devient attaché à la reine Anne d’Autriche. Il participe à des cabales contre Richelieu, qui n’eurent aucun résultat sérieux
    ; il est mis pendant huit jours à la Bastille et doit se retirer sur le domaine de son père.

    En 1642, après la mort de Richelieu, l’occasion semble être favorable pour les ambitions qui animent la plupart des membresde la haute noblesse de France. Marcillac devient l’un des personnages importants et prend une part active dans la réconciliation entre la reine et Condé dans une ligue contre Gaston, duc d’Orléans. Mais la cote montante de Mazarin vient lui faire obstacle et la liaison qu’il a vers 1645 avec la belle duchesse Anne de Longueville en fait irrévocablement un Frondeur. Il prend une place marquante dans le siège de Paris, se batdésespérément et il est sévèrement blessé au siège de Mardyck.
    Dans la seconde Fronde, Marcillac suit les fortunes de Condé. À la mort de son père, en 1650, intervient un incident caractéristique. La noblesse de province se réunit aux funérailles et le nouveau duc de la Rochefoucauld tente de la persuader de le suivre dans une tentative en direction de la garnison de Saumur, sans succès. Puis c’est une série d’actions pendant la Fronde au cours desquelles il est brave et généralement malchanceux.

    Sa courbe de malheurs atteint un sommet dans la bataille du faubourg St Antoine (1652) où il est blessé à la tête
    : on pense qu’il y perdrait les yeux. Il a besoin d’une année pour recouvrer la santé et se retrouve dans la ville de Verteuil avec pour seuls résultats, après vingt ans de combat, une santé abîmée, une fortune écornée et des conflits avec tous ceux qui avaient du pouvoir dans l’État. Il reste quelques années en retrait et il a la chance d’éviter la prison. Il ne retourne à la Cour qu’après la mort de Mazarin.
    Un peu avant, La Rochefoucauld fait partie du salon de Madeleine de Sablé, protectrice de La Fontaine, membre de la coterie de Rambouillet. Il s’était consacré dans la solitude à l’écriture de ses mémoires; la fréquentation des salons lui sert pour la composition de ses fameuses Maximes. En 1663, la publication de ses mémoires par les Elzevier cause du trouble dans le petit monde des salons. Beaucoup de ses amis sont profondément blessés et il se hâte d’en nier l’authenticité.

    Trois ans plus tard, il publie anonymement les
    Maximes, qui l’établissent d’un coup parmi les plus grands hommes de lettres. À peu près à la même époque commence son amitié avec Marie-Madeleine de la Fayette, qui durera jusqu’à la fin de sa vie. Les portraits que nous avons de lui proviennent surtout des lettres de Mme de Sévigné et, bien qu’elles évoquent ses maladies, sont généralement plaisantes. Il a un cercle d’amis dévoués dans les salons et à la cour, tels Simon Arnauld de Pomponne…; il est reconnu comme un moraliste et un écrivain de la plus haute valeur et il aurait pu entrer à l’Académie française s’il l’avait désiré. Il s’éteint après avoir reçu les derniers sacrements des mains de Bossuet.

    Dénonciation inlassable de toutes les apparences de vertu, les Maximes annoncent la fin du héros cornélien et de son optimisme en l’Homme.
    L’édition définitive des sept cents Maximes n’a eu lieu qu’en 1817.

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    Éphéméride 16 mars 1868 naissance de Maxime Gorki

    Maxime Gorki est né le 16 mars (cal. julien)/28 mars 1868 (cal. greg.) à Nijni Novgorod sur la Volga dans un milieu modeste. Il passe les toutes premières années de sa vie à Astrakhan où son père était agent maritime après avoir quitté son atelier d’artisan de Nijni Novgorod, mais l’enfant revient dans sa ville natale quand son père meurt alors que Maxime n’a que trois ans et que sa mère retourne chez ses parents qui tenaient un petit atelier de teinturerie.

    Orphelin de mère un peu plus tard, à dix ans, il est élevé durement par un grand-père violent et une grand-mère excellente conteuse, douce et pieuse
    : il apprend ainsi à survivre dans un contexte difficile mais pittoresque qu’il évoquera dans le premier volet de son autobiographie « Enfance ».

    Forcé par son grand-père de quitter l’école à douze ans, il pratique plusieurs petits métiers comme cordonnier ou graveur dans la ville de Kazan. Très affecté par la mort de sa grand-mère, il tente de se suicider en décembre 1887 mais survit à la balle qu’il s’était tirée près du cœur, celle-ci cependant endommageant gravement son poumon
    : il souffrit toute sa vie de faiblesse respiratoire.

    Il entreprend ensuite une très longue errance à pied de plusieurs années dans le sud de l’empire russe et les régions du Caucase, lisant en autodidacte, effectuant différents métiers comme docker ou veilleur de nuit et accumulant des impressions qu’il utilisera plus tard dans ses œuvres
    : il racontera cette période de formation dans « Mes universités ».

    À 24 ans, il décida de rentrer dans le rang et devint journaliste pour plusieurs publications de province. Il écrivit sous le pseudonyme de 
    Jehudiel Khlamida, nom évoquant par sa racine grecque le masque et les services secrets, puis il commence à utiliser aussi le pseudonyme de « Gorki » (qui signifie littéralement « amer ») en 1892 dans un journal de Tiflis: ce nom reflétait sa colère bouillonnante à propos de la vie en Russie et sa détermination à dire l’amère vérité.

    Le premier ouvrage de Gorki « 
    Esquisses et récits » parait en 1898 et connait un succès extraordinaire, en Russie et à l’étranger, ce qui lance sa carrière d’écrivain pittoresque et social. Il y décrit la vie des petites gens en marge de la société (les bossiaks, les va-nu-pieds), révélant leurs difficultés, les humiliations et les brutalités dont ils sont victimes mais aussi leur profonde humanité. Gorki acquit ainsi la réputation d’être une voix unique issue des couches populaires et l’avocat d’une transformation sociale, politique et culturelle de la Russie, ce qui lui vaut d’être apprécié à la fois de l’intelligentsia; il entretient des liens de sympathie avec Anton Tchekhov et Léon Tolstoï, et des travailleurs.

    Dans le même temps, à partir de 1899, il s’affiche proche du mouvement social-démocrate marxiste naissant et s’oppose publiquement au régime tsariste, d’où de nombreuses arrestations
    : il sympathise avec de nombreux révolutionnaires, devenant même l’ami personnel de Lénine après leur rencontre en 1902. Il gagne encore en célébrité quand il démontre la manipulation de la presse par le gouvernement lors de l’affaire Matvei Golovinski, prouvant l’implication de la police secrète, l’Okhrana, dans la rédaction et la publication des « Protocoles des sages de Sion », torchon antisémite.

    Son élection en 1902 à l’Académie Impériale est annulée par le tsar Nicolas II, ce qui entraîne par solidarité la démission des académiciens Anton Tchekhov et Vladimir Korolenko.

    Les années 1900-1905 montrent un optimisme grandissant dans les écrits de Gorki
    ; ses œuvres les plus déterminantes dans cette période sont une série de pièces de théâtre à thèmes politiques dont la plus célèbre est « Les Bas-fonds », représentée avec un grand succès après des difficultés avec la censure en 1902 à Moscou et montée ensuite dans toute l’Europe et aux États-Unis.

    Maxime Gorki s’engage alors davantage dans l’opposition politique et il est même emprisonné brièvement pour cet engagement en 1901. Il est de nouveau incarcéré à la Forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg durant la révolution avortée de 1905
    : il y écrit sa pièce « Les Enfants du soleil », formellement située durant l’épidémie de choléra de 1862, mais clairement comprise comme représentant les évènements de l’actualité.

    Devenu riche par ces activités de romancier, de dramaturge et d’éditeur, il apporte son aide financière au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en même temps qu’il soutient les appels des libéraux pour une réforme des droits civiques et sociaux. La brutale répression de la manifestation des travailleurs demandant une réforme sociale le 9 janvier 1905, événement connu sous le nom de « Dimanche sanglant » qui marqua le début de la Révolution de 1905, semble avoir joué un rôle décisif dans la radicalisation de Gorki.

    Il devint alors très proche du courant bolchevique de Lénine sans qu’il soit assuré qu’il adhéra à ce mouvement
    : ses relations avec les Bolcheviques et Lénine demeureront d’ailleurs difficiles et conflictuelles.

    En 1906, les Bolcheviques l’envoyèrent aux États-Unis pour lever des fonds de soutien et c’est pendant ce voyage que Gorki commença son célèbre roman « 
    La Mère » (qui paraîtra d’abord en anglais à Londres et finalement en russe en 1907) sur la conversion à l’action révolutionnaire d’une femme du peuple à la suite de l’emprisonnement de son fils.

    Cette expérience de l’Amérique, où il rencontre Théodore Roosevelt et Mark Twain mais aussi les critiques de la presse qui se scandalisait de la présence à ses côtés de sa maîtresse Moura Budberg et non de sa femme Yekaterina Peshkova, l’amène à approfondir sa condamnation de l’esprit bourgeois et son admiration pour la vitalité du peuple américain.

    De 1906 à 1913, Gorki vit à Capri à la fois pour des raisons de santé et pour échapper à la répression croissante en Russie. Il continue cependant à soutenir les progressistes russes, particulièrement les Bolcheviques, et à écrire des romans et des essais. Il bâtit aussi avec d’autres émigrés bolcheviques, comme Bogdanov ou Lounatcharski, un système philosophique controversé intitulé « Construction de Dieu » qui cherchait, en prenant appui sur le mythe de la révolution, à définir une spiritualité socialiste où l’humanité riche de ses passions et de ses certitudes morales accéderait à la délivrance du mal et de la souffrance, et même de la mort.

    Bien que cette recherche philosophique ait été rejetée par Lénine, Gorki continue à croire que la culture, c’est-à-dire les préoccupations morales et spirituelles, était plus fondamentale pour la réussite de révolution que les solutions politiques ou économiques. C’est le thème du roman « 
    La Confession », paru en 1908.

    Profitant de l’amnistie décrétée pour le 300e anniversaire de la dynastie des Romanov, Gorki revient en Russie en 1913 et poursuit sa critique sociale en guidant de jeunes écrivains issus du peuple et en écrivant les premières parties de son autobiographie, « 
    Ma vie d’enfant » (1914) et « En gagnant mon pain « (1915-1916).

    Durant la Première Guerre mondiale, son appartement de Petrograd est transformé en salle de réunion bolchevique mais ses relations avec les communistes se dégradent. Il écrit ainsi deux semaines après la Révolution d’octobre
    : « Lénine et Trotsky n’ont aucune idée de la liberté et des droits de l’homme. Ils sont déjà corrompus par le sale poison du pouvoir… « .

    Son journal « Nouvelle vie » est censuré par les bolcheviques et Gorki écrit en 1918 une série de critiques du Bolchevisme au pouvoir intitulées « 
    Pensées intimes » qui n’ont été publiées en Russie qu’après la chute de l’Union soviétique. Il y compare Lénine à la fois au tsar pour sa tyrannie inhumaine d’arrestations et de répression de la liberté de penser et à l’anarchiste Serge Netchaïev pour ses pratiques de comploteur. En 1919, une lettre de Lénine le menace clairement de mort s’il ne changeait pas ses prises de position.

    En août 1921, il ne peut sauver son ami Nikolaï Goumiliov qui est fusillé par la Tcheka malgré son intervention auprès de Lénine.
    En octobre de la même année 1921, Gorki quitte la Russie et séjourne dans différentes villes d’eau en Allemagne et ayant achevé le troisième volet de son autobiographie, « 
    Mes universités » publié en 1923, retourne en Italie pour soigner sa tuberculose: installé à Sorrente en 1924, il reste en contact avec son pays et revient plusieurs fois en URSS après 1929, avant d’accepter la proposition d’un retour définitif que lui fit Staline en 1932: on discute les raisons de ce retour, expliqué par des difficultés financières pour les uns comme Soljenitsyne, ou par ses convictions politiques pour les autres.

    Sa visite du camp de travail soviétique des Îles Solovetski, maquillé à cette occasion, le conduit à écrire un article positif sur le Goulag en 1929, ce qui déclenche des polémiques en Occident
    : Gorki dira plus tard l’avoir écrit sous la contrainte des censeurs soviétiques.

    Il est honoré par le régime qui exploite dans sa propagande son départ de l’Italie fasciste pour retrouver sa patrie soviétique
    : il reçoit la médaille de l’Ordre de Lénine en 1933 et il est élu président de l’Union des écrivains soviétiques en 1934, ce qui lui vaut d’être installé à Moscou dans un hôtel particulier qui avait appartenu au richissime Nikolaï Riabouchinski et est devenu le Musée Gorki aujourd’hui, et on lui accorde également une datcha dans la campagne moscovite.

    Une des artères principales de la capitale, rue Tverskaïa, reçoit son nom comme sa ville natale qui retrouve son nom primitif de Nijni Novgorod en 1991, à la chute de l’URSS.

    Cette consécration soviétique est illustrée par de nombreuses photographies où il apparaît aux côtés de Staline et d’autres responsables de premier plan comme Kliment Vorochilov et Viatcheslav Molotov.

    Par ailleurs, Gorki participe activement à la propagande stalinienne comme dans l’éloge du
    « Canal de la mer Blanche » à propos duquel, évoquant les bagnards du goulag chargés des travaux, il parle de « réhabilitation réussie des anciens ennemis du prolétariat ».

    Cependant, Gorki semble avoir été partagé entre sa fidélité au bolchevisme et ses idées sur la liberté indispensable aux artistes. Il était d’ailleurs suspect aux yeux du régime et après l’assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934, le célèbre écrivain est assigné à résidence à son domicile.

    La mort soudaine de son fils Maxim Pechkov en mai 1935 et la mort rapide, attribuée à une pneumonie, de Maxime Gorki lui-même le 18 juin 1936 ont fait naître le soupçon d’empoisonnement mais rien n’a jamais pu être prouvé.

    Staline et Molotov furent deux des porteurs du cercueil de Gorki lors de ses funérailles qui furent mises en scène comme un événement national et international le 20 juin 1936 sur la Place Rouge à Moscou. André Gide qui commençait son célèbre
    Voyage en URSS y prononça un discours d’hommage.
    Maxime Gorki est inhumé dans le cimetière du Kremlin derrière le mausolée de Lénine.
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    Éphéméride 15 mars 1945 décès de Pierre Drieu La Rochelle

    Pierre Drieu La Rochelle naît le 3 janvier 1893.

    À quatorze ans, il découvre le « Ainsi parlait Zarathoustra » de son futur maître à penser Friedrich Nietzsche. Après un séjour en Allemagne et en Angleterre, il se définit comme « germanophile et anglomane ».

    En 14-18, il sert dans l’infanterie et sera blessé trois fois.

    Au lendemain de la guerre, il se lie d’amitié avec Aldous Huxley et découvre Shakespeare, Gœthe, Schopenhauer, Dostoïevski, Proudhon, Sorel, Barrès, Kipling, Péguy, Guénon et Maurras. Ses premiers poèmes sont publiés en 1917 avec
    Interrogation.

    Entre 1920 et 1924, il est tenté par le dadaïsme, se rapproche des surréalistes André Breton et Paul Eluard, et devient l’ami de Louis Aragon. Mais en 1925, il signe un article historique dans la N.R.F.
    : « la véritable erreur des surréalistes », qui le sépare pour toujours de l’avant-garde.

    1927 est l’année de l’amitié majeure de Drieu avec André Malraux qui sera fidèle à sa mémoire jusqu’au bout.

    Il écrit des articles pour Bertrand de Jouvenel à
    La Lutte des Jeunes en 1934 et fait la connaissance du militant Pierre Inférieure. Il écrit sa profession de Foi dans Socialisme fasciste: « Cette envie de faire une politique de gauche avec des hommes de droite. »
    La même année, il rencontre Ernst von Salomon à Berlin.

    En 1936, il adhère au Parti Populaire Français dirigé par Jacques Doriot, ancien communiste, et ne manque pas les rendez-vous de Saint-Denis. Il écrit régulièrement dans
    L’Émancipation Nationale, organe de presse du parti. En 1939, il envoie sa lettre de démission au P.P.F.

    Après la défaite de 1940, il prend en main la direction de la N.R.F. Il donne aussi des articles à
    La Gerbe d’Alphonse de Châteaubriant.

    En 1943, il collabore à l’hebdomadaire
    Révolution Nationale de Lucien Combelle. Écrivain et journaliste pro nazi, collaborationniste d’un antisémitisme violent  (Notes pour comprendre le siècle, 1941), il se réclame « socialiste européen » mais déchante très vite, en voyant l’imminente chute du IIIe Reich. La conception de l’Europe de Drieu reste idéalisée et utopique car influencée par les lectures d’auteurs romantiques allemands.

    Traqué et vivant dans la clandestinité, il se suicide, à l’âge de 52 ans le 15 mars 1945 à Paris, après avoir achevé son
    Récit secret où il déclare: « Je me suis conduit en pleine conscience, au milieu de ma vie, selon l’idée que je me fais des devoirs de l’intellectuel. »

    Drieu excelle dans le journal intime ou le témoignage introspectif. Ses réflexions décadentistes et ses descriptions pessimistes du monde littéraire et politique font de lui un des meilleurs mémorialistes de son temps.
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    Éphéméride 14 mars 1823 naissance de Théodore de Banville

    Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du bonheur ».

    Ami de Victor Hugo, de Charles Baudelaire et de Théophile Gautier, il est considéré dès son vivant comme l’un des plus éminents poètes de son époque. Il a notamment découvert le talent naissant d’Arthur Rimbaud.

    Théodore de Banville a fait ses études au lycée Condorcet à partir de 1830. Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacra à la poésie, et fréquenta les milieux littéraires parmi les plus anticonformistes. Il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l’adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l’ennemi de la dérive larmoyante du romantisme.

    Il collabora aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux « le Pouvoir » (1850), puis « le National » (1869) et devint une figure très importante du monde littéraire, devenant membre de la « Revue fantaisiste » (1861), où se retrouvent les poètes qui furent à l’origine du « Parnasse » et de tous les mouvements du siècle.

    Il rencontre Marie-Élisabeth Rochegrosse en 1862 (ils se marieront treize ans plus tard), et organise la première représentation de Gringoire en 1866. Il publie « Les Exilés » en 1867, recueil qu’il dédie à sa femme et qu’il considéra comme le meilleur de son œuvre.

    Il fut l’un des auteurs les plus influents du monde des lettres, auteur de théâtre, poète de la seconde génération romantique et critique littéraire, et fut admiré et souvent imité par toute une génération de jeunes poètes de la deuxième moitié du XIXe siècle.

    Sa revue collective, « le Parnasse contemporain », initia Arthur Rimbaud à la poésie de son temps. Le 24 mai 1870, celui-ci, alors âgé de 16 ans, envoya à Théodore de Banville un courrier auquel il joignit plusieurs poèmes (« Ophélie », « Sensation », « Soleil et chair »), afin d’obtenir son appui auprès de l’éditeur Alphonse Lemerre. Banville, bien qu’il répondît à Rimbaud, ne publia jamais ses poèmes.

    En novembre 1871, Théodore de Banville logea chez lui Arthur Rimbaud, mais dès le mois de mai, ce dernier dans ses lettres dites « du voyant » exprime sa différence et, en août 1871, dans son poème parodique, « Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs », exprime une critique ouverte de la poétique de Banville.

    En 1872, avec son « Petit Traité de poésie française », Banville rompt avec le courant symboliste. Il publie presque une œuvre par an tout au long des années 1880, et meurt à Paris le 13 mars 1891, peu après la publication de son seul roman, « Marcelle Rabe ».

    Théodore de Banville a particulièrement travaillé, dans son œuvre, les questions de forme poétique, et a joué avec toutes les richesses de la poésie française. Il lui a été reproché d’avoir manqué de sensibilité et d’imagination, mais son influence salutaire, permit à de nombreux poètes de se dégager de la sensiblerie mièvre qui survivait au véritable romantisme.

    Il s’est aussi occupé avec Asselineau de la 3e édition des « Fleurs du mal » de Baudelaire.
    Il est enterré au cimetière du Montparnasse.


    Léon Daudet: souvenirs de Banville

    « Théodore de Banville et Mme de Banville étaient des familiers du salon de Victor Hugo. Impossible d'imaginer un vieux ménage plus uni par les douces flammes conjointes de l'esprit et du cœur. Quiconque a lu Banville connaît Banville. Ailée comme une improvisation de Mercutio, sa causerie, qu'éclairait l'étincelle d'une perpétuelle cigarette, allait de la gourmandise aux passions de l'amour, en passant par Balzac et le Théâtre-Français, ouvrait les portes de la mémoire sur les loges d'artistes célèbres, sur les mots des derniers boulevardiers, combinait les plus jolis dessins à la Fragonard, dans des nuances claires et vives qu'on n'oubliait plus. Le génie de Hugo était la fleur immense et parfumée où se grisait ce papillon diapré de Banville. Avec lui l'anecdote allait vite, déblayée par un rapide chevrotement qui signifiait l'accessoire et l'éliminait. Sur sa face glabre aux lèvres fines, l'ironie et la bonté alternaient. D'une exquise politesse, parlant à toutes les femmes comme à des reines, il écoutait les histoires des autres — chose infiniment rare chez un improvisateur de cette qualité — et il n'était jamais distrait. Sa femme était aussi spirituelle que lui, mais en retrait, avec un tact et un nuancé incomparables. Ils étaient de ceux, les chers anciens, qui font trouver la mort trop cruelle, dont la mémoire demeure liée pour nous aux accents déchirants et si nobles d'Alceste et que l'on voudrait, en grande pompe et grand honneur, aller rechercher sur les sombres bords. »

    LÉON DAUDET, Souvenirs et polémiques, Éditions Robert Laffont, Paris, 1992.
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    Éphéméride 13 mars 1888 naissance de Paul Morand

    Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris 8e et mort le 23 juillet 1976 à Paris, est un écrivain, diplomate et académicien français.


    Paul Morand est né à Paris, rue Marbeuf, sur l’emplacement du célèbre Bal Mabille.

    Fils du haut fonctionnaire et artiste Eugène Morand, il rate l’oral de philosophie de son baccalauréat, en 1905. Jean Giraudoux devient son précepteur et Paul se transforme tout d’un coup en élève assidu. Il intègre l’École libre des sciences politiques, puis termine premier au concours du Quai d’Orsay. Tout en débutant dans la
    Carrière, il fréquente les milieux littéraires, fait la connaissance de Jean Cocteau et Marcel Proust, et s’essaie à la poésie en composant une Ode à Marcel Proust.

    Sa carrière diplomatique est allée de pair avec une carrière littéraire très féconde
    : son œuvre compte une centaine de romans, nouvelles, portraits de villes et chroniques.
    Au cours des années 1920-1930, il écrit de nombreux livres, récits de voyage, romans brefs et nouvelles (
    Ouvert la nuit, Lewis et Irène…), qui frappent par la sécheresse du style, le génie de la formule et la vivacité du récit, mais aussi par la fine description des pays traversés par l’auteur ou ses personnages.

    Il fréquente les milieux politiques, diplomatiques, mondains, et se lie avec Proust, Cocteau, Misia Sert, avec lesquels il partage le goût des soupers fins et la passion de la littérature.

    Dès la fin de la Première Guerre mondiale, il collabore régulièrement à La N.R.F. et publie des nouvelles. Des postes à l’étranger, il rapporte de remarquables textes sur les villes.

    Ayant réintégré les Affaires étrangères en 1938, Paul Morand se trouvait, au moment de la défaite de 1940, à Londres où il occupait les fonctions de responsable de la mission de guerre économique. Mis à la retraite d’office par le gouvernement de Vichy, il publiait en 1941 Chroniques de l’homme maigre, livre d’orientation maréchaliste. De cette période datent encore Propos des 52 semaines, L’Homme pressé, Excursions immobiles.

    Avec le retour de Laval au gouvernement, il était nommé à la présidence de la commission de censure cinématographique, avant de terminer la guerre comme ambassadeur à Berne. Jean Jardin, éminence grise de Pierre Laval, avait favorisé son départ de Bucarest en 1944, lors de l’avancée des troupes russes, et l’avait fait nommer en Suisse, ce qui lui vaut d’être révoqué à la Libération par le général de Gaulle.

    Son attitude durant l’Occupation lui vaudra longtemps une solide inimitié du général de Gaulle qui, après son retour au pouvoir en 1958, empêchera jusqu’en 1968 son entrée à l’Académie française.

    Sur le choix de la Collaboration par Morand, le regard du général de Gaulle est ainsi rapporté par Alain Peyrefitte
    : « […] Laval ne lui demandait même pas de rentrer […]. Il est parti par le même bateau que l’ambassade. On ne voulait pas de lui à Vichy et on lui a tenu rigueur de son abandon de poste. Il était victime des richesses de sa femme. Pour les récupérer, il s’est fait nommer ministre de Vichy à Bucarest. Puis, quand les troupes russes se sont approchées, il a chargé un train entier de tableaux et d’objets d’art et l’a envoyé en Suisse. Il s’est fait ensuite nommer à Berne, pour s’occuper du déchargement. » (Charles de Gaulle, 20 mai 1962, C’était de Gaulle, Fayard, tome I, 1994, p. 148.)


    La publication de sa correspondance avec Chardonne remettra en lumière l’antisémitisme frénétique de Morand, qu’il partageait avec sa femme la princesse Hélène Soutzo, de dix ans son aînée — une « Minerve qui aurait avalé sa chouette », disait Cocteau.

    « Les deux crocodiles n’ont rien renié de leur vichysme d’antan. Morand y peste contre « l’enjuivement » de l’Académie Goncourt, traite tel écrivain de « merde juive ». Sa phobie antisémite n’a d’égale que sa détestation des homosexuels, tombant au niveau de graffiti de vespasienne […] L’aigreur colérique s’accentue au fil des années soixante, mêlée à la nostalgie. » (François Dufay,
    Le soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945. Chardonne, Morand et les hussards, Paris, Perrin, 2006, p. 140).
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    Éphéméride 12 mars 1922 naissance de Jack Kerouac

    Jack Kerouac, écrivain américain, est surtout connu pour Sur la route, (1957) qui décrit ses voyages dans l’Ouest américain. Il est connu comme le père de la Beat Generation, de jeunes intellectuels qui rejetaient les valeurs traditionnelles de la société.

    Né le 12 mars, 1922, à Lowell, Massachusetts, Jean-Louis Lebris de Kerouac était le fils de Leo Kerouac, imprimeur d’origine québécoise originaire de Bretagne, et Gabrielle Levesque, apparentée au Premier ministre québécois René Lévesque. Kerouac aimait lire et voulait être un écrivain depuis sa plus tendre enfance. Il ne parlait pas anglais jusqu’à l’âge de cinq ans, en utilisant à la place une combinaison de français et de l’anglais (le joual) utilisé par un grand nombre de Canadiens français installés en Nouvelle-Angleterre. Gerard Kerouac, le frère aîné est mort à l’âge de neuf ans ; cette mort est comme « une plaie qui ne se refermera jamais » il avait aussi une sœur aînée.

    À onze ans, Kerouac a commencé à écrire des romans et a confectionné des comptes de courses de chevaux, jeux de football, de base-ball et des jeux.

    Il passe aussi des heures dans l’atelier d’imprimerie, apprenant à taper à la machine. Il acquiert ainsi une grande dextérité qui forme l’une des composantes principales de son œuvre et rend unique son écriture. En effet, Kerouac écrit rapidement, rédigeant souvent des chapitres entiers d’une seule traite et corrigeant peu ses brouillons. Le tapuscrit de
    Sur la route, écrit sur un seul rouleau de papier, témoigne de cette dextérité.

    Kerouac a reçu une bourse de football de l’Université de Columbia à New York. À dix-sept ans il est allé à Horace Mann High School à New York pour améliorer ses résultats scolaires et augmenter son poids. Il découvre le jazz, ce qui devient pour lui une véritable religion. Il découvre également la drogue et l’alcool…

    En 1940, Kerouac est arrivé à Columbia, mais s’est cassé la jambe lors du deuxième match de la saison. Après sa blessure, il a commencé à poursuivre sa véritable passion de la littérature.

    Kerouac a commencé à sécher les cours régulièrement, il a étudié le style de l’écrivain Thomas Wolfe (1900-1938) et a traîné dans les rues de New York. En 1941, Kerouac a eu une dispute avec l’entraîneur de football britannique et a quitté l’école.

    Kerouac a brièvement travaillé dans une station-service et en tant que journaliste sportif pour un journal à Lowell. Il a ensuite signé pour travailler à bord du SS Dorchester en partance pour le Groenland.
    Après ce voyage Kerouac retourne à Columbia pour un court séjour.

    En 1943, il s’enrôle dans la Marine, mais il a été libéré au bout de six mois. Kerouac a passé les années de guerre à travailler comme marin marchand. Il simule la folie afin d’échapper à cette obligation militaire et il passe ainsi quelques semaines en hôpital psychiatrique. Il est donc renvoyé de la marine pour cause d'« indifférence caractérisée ».

    De retour à la vie civile, il dépense sa solde entière dans les bars et refuse de jouer dans l’équipe de l’université Columbia. Dès lors, tout espoir de vivre du sport s’évanouit et Kerouac entame sa descente dans le milieu interlope new-yorkais. Il consomme des drogues (la marijuana et la benzédrine) et fréquente des prostitués. Il participe aussi à des orgies homosexuelles.

    Il découvre des intellectuels tels que les écrivains William Burroughs (1914-1997) et Allen Ginsburg (1926-1997).

    En août 1944, Jack Kerouac aide Lucien Carr à dissimuler le corps d’un professeur de gymnastique, que ce dernier a tué à coups de couteau. Kerouac est inculpé de complicité et est placé en détention. Les parents d’Edie Parker paient sa caution à la seule condition que Jack épouse leur fille. Kerouac se marie donc à Edie Parker le 22 août 1944, sans avoir eu le choix, et le mariage n’a duré que deux mois.

    À 24 ans, Kerouac renoue avec une vie dissolue, fréquentant chaque nuit les bars de la ville, en compagnie de ses deux amis, Ginsberg et Burroughs qui sont homosexuels. Ils fréquentent aussi la pègre. L’état physique de Kerouac se dégrade à vue d’œil et, dès lors, il est incapable de faire du sport.

    Il a écrit deux romans pendant ce temps,
    La mer est à mon frère et Les hippopotames ont été bouillis dans leurs réservoirs, avec Burroughs.
    Avec Haldon Chase, il stimule sa créativité en se concentrant sur les personnages, au point de les faire vivre en imagination, puis d’écrire dans la foulée (c’est la méthode de la « Prose Spontanée »).

    En 1947, Neal Cassady, un voleur de voiture et homme à femmes qui a été considéré par le groupe comme un génie, s’est rendu à New York et a demandé Kerouac lui donner des leçons d’écriture. Lorsque Cassady est retourné à Denver, au Colorado, Kerouac a suivi. Après quelques semaines à Denver, Kerouac a erré en Californie, début d’une période de quatre ans de voyage dans l’Ouest. Quand il n’est pas sur la route, il était à New York à travailler sur son roman
    La Ville et de la Ville, qui a été publié en 1950.

    Maintenant marié à Joan Haverty, Kerouac a commencé à expérimenter un style d’écriture plus naturelle. Il voulait écrire la façon dont il a vécu : une fois et sans montage.

    En avril 1951 Kerouac enfilé un énorme rouleau de papier dans sa machine à écrire et a écrit l’immense paragraphe qui est devenu
    On The Road. Le défilement de plus de 35 mètres a été écrit en trois semaines, mais n’a pas été publié pendant sept ans.

    Sal et Neal, les personnages principaux, se moquent de valeurs établies et vivent selon un code romantique né hors de l’Occident. Ils sont décrits comme « l’exécution d’une fonction de notre noble époque, se
    déplacer. » Et pour Kerouac, avec le mouvement vient la sagesse et le sens.

    Dans le temps entre l’écriture
    sur la route et sa publication, Kerouac a fait beaucoup de voyages, a naufragé son second mariage, a fait une dépression, s’est créé une dépendance aux drogues et à l’alcool, et a rédigé ses écrits les plus ambitieux. Il écrit pendant des semaines, nuits comprises, sous la dépendance d’amphétamines.

    Ses autres œuvres comprennent
    Visions of Cody (1952), le Dr Sax (1952), Maggie Cassidy (1953) (un conte romantique de ses jours chez les adolescentes), Mexique City Blues et Tristessa (les deux 1955) et Visions de Gérard, L’Écriture de l’éternité d’or, et Midnight Angel Vieux (tous en 1956).

    Quand On The Road a été publié en 1957, Kerouac est devenu rapidement célèbre et porte-parole de la Beat Generation.

    Kerouac apparaît souvent ivre ; il boit un litre de whisky par jour, ce qui déclenche des crises de
    delirium tremens que n’arrangent pas les virulentes critiques dont il est la cible. Des écrivains portent de sévères critiques à l’encontre du style peu académique de Kerouac. Le premier, Truman Capote, déclare que ses textes étaient « tapés et non écrits ».

    En 1958, il a écrit
    Les Clochards célestes (The Dharma Bums), une suite de On The Road. Il a ensuite cessé d’écrire pendant quatre ans.

    En 1960, il était alcoolique et a souffert d’une dépression nerveuse.

    Kerouac est mort d’hémorragie massive de l’estomac, la mort des alcooliques, à 47 ans, le 21 octobre 1969, avec un tampon sur les genoux et un stylo dans la main. Il était dans une situation financière déplorable : à sa mort il léguera 91 dollars à ses héritiers. Il a été enterré avec le reste de sa famille près de Lowell.
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    Éphéméride 10 mars 1940 décès de Mikhaïl Boulgakov

    Né à Kiev le 3 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, Mikhaïl Afanassiévitch Boulgakov est un écrivain et médecin russe d’origine ukrainienne, issu d’une famille d’intellectuels de Kiev.

    Mikhaïl Boulgakov travaille d’abord comme médecin durant la période troublée de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. Puis, à partir de 1920, il abandonne cette profession pour se consacrer au journalisme et à la littérature, où il est confronté, tout au long de sa carrière, aux difficultés de la censure soviétique et à la grande misère matérielle. Il collabore à différentes revues et prend une part active dans la vie culturelle tout en effectuant différents petits travaux alimentaires. Faux journal intime, les Écrits sur des manchettes témoignent de l’atmosphère intense de l’époque.

    Mort à seulement 48 ans, il a écrit pour le théâtre et l’opéra, mais il est surtout connu pour des œuvres de fiction comme les romans
    La Garde blanche qui décrit le destin tragique d’individus pris dans le tourbillon de l’Histoire, paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière, achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962 et de manière intégrale en 1989), ou la nouvelle Cœur de chien, achevée en 1925 mais qui fut aussitôt interdit, publié en URSS en 1987.

    Dès lors, constamment surveillé par la police politique, Boulgakov ne sera plus publié. La lettre qu’il écrit à Staline au début des années trente pour pouvoir quitter l’URSS, témoigne du profond désespoir auquel il est réduit. À défaut de visa, il sera autorisé à travailler comme assistant au Théâtre d’Art de Moscou sur intervention personnelle de Staline, au bon vouloir duquel il sera désormais lié. Malgré cette redoutable « protection », il sera l’objet de persécutions jusqu’à sa mort, le 10 mars 1940.

    Son œuvre la plus connue est
    Le Maître et Marguerite, roman plusieurs fois réécrit et retravaillé entre 1928 et 1940, publié en URSS dans son intégralité en 1973, dans lequel il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.

    Fortement auto-biographique, toute son œuvre (aujourd’hui entièrement traduite en français) est traversée par le thème des rapports entre l’artiste et le pouvoir.
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    Éphéméride 9 mars 1892 naissance de Vita Sackville-West

    Victoria Mary Sackville-West, Lady Nicolson, plus connue sous le nom de Vita Sackville-West, est une poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice et jardinière anglaise, née le 9 mars 1892 et morte le 2 juin 1962.
    Son long poème narratif,
    The Land, reçut le Hawthornden Prize en 1927. Elle l’obtint une seconde fois, devenant le premier écrivain dans ce cas, en 1933 avec ses Collected Poems.

    Elle est connue pour avoir participé à la création de ses jardins à Sissinghurst Castle, dans le Kent, pour sa vie aristocratique exubérante, son mariage solide avec Harold Nicolson, et ses amours passionnées avec des femmes comme Violet Trefusis et la romancière Virginia Woolf.

    Victoria Mary Sackville-West est née à Knole dans le Kent, demeure ancestrale de sa famille. Sa famille était à la fois aristocratique, (elle portait le titre de comte de Dorset), et littéraire. Deux de ses ancêtres, Thomas Sackville (1536-1608) et Charles Sackville (1638-1706) étaient des poètes distingués. Vita a fait ses études à la maison.
    Vita étant une femme, la loi anglaise l’empêchait d’hériter un jour de cet immense château élizabéthain et de ses domaines, ce qui affecta le reste de sa vie.

    Elle est devenue un écrivain prolifique, et son travail publié s’étend sur un certain nombre de genres différents.

    « La Terre », son long poème narratif, a remporté le prix Hawthornden en 1927.

    Elle a épousé l’écrivain et diplomate Harold Nicolson le 1er Octobre 1913. Ils ont eu deux fils, Ben, né le 6 Août 1914, et Nigel, né le 19 Janvier 1917. En 1930, Vita et Harold ont acheté Sissinghurst Castle dans le Kent, où ils ont créé leur célèbre jardin.

    Vita a également eu une liaison amoureuse avec Violet Trefusis. L’écrivaine
    Virginia Woolf était une amie proche de Vita et Virginia a utilisé Vita comme inspiration pour le personnage éponyme de son roman de 1928 « Orlando », décrit par le fils de Vita, Nigel Nicolson, comme « la plus longue et la plus charmante lettre d’amour de la littérature ».

    Les propres romans de Vita comprennent « Les Edwardians » (1930) et « All Passion Spent » (1931). « 
    Toute passion abolie » a été dramatisée à la télévision par la BBC en 1986.

    Le dernier roman de Vita, « 
    No Signposts in the Sea », a été publié en 1961 et prend la forme d’un journal écrit par Edmund Carr, un journaliste de Fleet Street en prenant une croisière en mer.

    Vita Sackville-West est morte à Sissinghurst le
    2 Juin 1962. Ses jardins sont les plus visités d’Angleterre.
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    Éphéméride 8 mars 1913 naissance de Mouloud Ferraoun

    Mouloud Feraoun est un écrivain kabyle d’expression française né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en haute Kabylieet assassiné à Alger le 15 mars 1962.

    Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel (ancienne commune mixte de Fort-National), son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l’état-civil français. Il fréquente l’école de Tizi-Hibel à partir de l’âge de 7 ans.

    En 1928, il est boursier à l’Ecole Primaire Supérieure de Tizi-Ouzou. Il entre à l’Ecole Normale de Bouzaréa en 1932 où il fait la connaissance d’Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa. En 1952, il est nommé directeur du Cours Complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l’Ecole Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d’Alger.

    En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine
    La Terre et le sang récompensé en 1953 par le prix populiste.

    En 1960, il est Inspecteur des Centres Sociaux à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, c’est là qu’il est assassiné par l’OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu.

    Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique
    Le fils du pauvre en 1939; il n’est publié qu’en 1950 à compte d’auteur. Ce n’est qu’en 1954 que Le Seuil le publie expurgé des 70 pages relatives à l’Ecole Normale de Bouzaréa.

    Les éditions du Seuil publient, en 1957,
    Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu’après sa mort.

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    Éphéméride 7 mars 1936 naissance de Georges Perec

    Georges Perec est un écrivain français né le 7 mars 1936 à Paris et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

    Il naît à Paris, le 7 mars 1936, de parents juifs polonais émigrés une dizaine d’années auparavant. Il passe sa petite enfance au 24 rue Vilin, dans le quartier de Belleville, où sa mère tient un salon de coiffure jusqu’en 1942. Engagé volontaire contre l’Allemagne dans la guerre franco-allemande de 1939, Icek Peretz, son père, est tué en juin 1940.

    En 1941, la mère du petit Georges, pour lui sauver la vie, l’envoie en zone libre à Villard-de-Lans via un train de la Croix-Rouge. Il y est baptisé et son nom, francisé, devient Perec. Le petit Georges passe là le reste de la guerre. Sa mère est déportée en 1943 à Auschwitz.

    Adopté par son oncle et sa tante, il fait ses études à Paris, au lycée Claude Bernard et au lycée Henri IV. Étudiant en lettres et en sociologie, il fréquente la faculté de lettres de Paris et celle de Tunis. Perec est très tôt animé par le désir d’écrire.
    Sans famille, sans collectivité où s’insérer, Perec fait de la littérature « son » monde, le lieu où il trouve et recrée un foyer. Il dit de ses parents
    : « J’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture, l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. » Profondément marqué par la disparition de ses proches, Perec entame une psychothérapie avec Françoise Dolto en 1949.

    Dès 1955, il rédige des notes pour les
    Nouvelles de la NRF et pour les Lettres nouvelles.

    De 1961 à 1978, il occupe un poste de documentaliste en neurophysiologie au CNRS, puis commence à écrire. Georges Pérec est passionné par les questions de technique littéraire. Le succès arrive très vite à son premier ouvrage,
    Les Choses. Il obtient le prix Renaudot en 1965.

    En juin 1967 il est coopté pour entrer à l’Oulipo. Cette cooptation marque un point important dans son œuvre littéraire puisque désormais ses textes suivront en général des contraintes de type oulipienne. Perec est, avec Raymond Queneau et Italo Calvino, l’un des membres de l’Ouvroir dont les ouvrages ont eu le plus de succès.

    Adepte de la contrainte, mais également homme rationnel, il écrit en 1969,
    La Disparition, un livre sans la voyelle « e », puis en 1972, Les Revenentes, où la seule voyelle est le « e ». De 1971 à 1975 il fait une psychanalyse avec Jean-Bertrand Pontalis.

    Il publie
    W ou le Souvenir d’enfance, mais son œuvre la plus vaste, qui résume toutes ses exploitations littéraires est La Vie mode d’emploi, pour laquelle il reçoit le prix Médicis en 1978. C’est le fruit de huit années de travail. Cet ouvrage est dédié à Raymond Queneau.

    En 1976, l’hebdomadaire
    Le Point lui confie une chronique de mots croisés. Mais cette vie, consacrée tout entière à l’écriture, s’achève brutalement, le 3 mars 1982 à l’hôpital Charles-Foix à Ivry où il succombe à un cancer. Ses cendres reposent désormais au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris
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    Éphéméride 6 mars 1619 naissance de Cyrano de Bergerac

    Savinien Cyrano de Bergerac naît le 6 mars 1619 à Paris, dans le 2e arrondissement, dans la paroisse Saint-Sauveur, où il est baptisé.

    À partir de 1622, il vit avec sa famille dans les fiefs de Mauvières et Sousforest (nommé « Bergerac » à cause de ses anciens propriétaires) que son grand-père avait acquis en 1582 à Saint-Forget, près de Chevreuse, dans le sud-ouest de l’Île-de-France.

    Il étudie au collège de Beauvais de Paris, dont le principal lui inspire le personnage principal du
    Pédant joué. Il n’est donc pas du tout Gascon, mais il s’engage en 1638 dans la compagnie Royal Gascogne du baron Alexandre Carbon de Casteljaloux du régiment des gardes du roi, qui en comptait un grand nombre.

    Engagé dans les combats qui opposent Français et Espagnols dans la guerre de Trente Ans, Cyrano est blessé en 1639 au siège de Mouzon d'« un coup de mousquet à travers le corps », puis, peut-être passé dans les troupes de Conti, en 1640 à celui d’Arras d'« un coup d’épée dans la gorge », qui met fin à sa carrière militaire.

    Parmi les compagnons de bataille de Cyrano, Christophe de Champagne, baron de Neuvillette (mort dans une embuscade, au retour du siège d’Arras, en août 1640), qui a épousé le 20 février 1635 Madeleine Robineau (1610-1657), cousine de l’écrivain.

    De retour dans la vie civile, il reprend ses études au collège de Lisieux en 1641. À la même époque, libre-penseur, il devient intime avec Chapelle et s’introduit auprès du précepteur de ce dernier, Pierre Gassendi, dont il devient le disciple.

    Il s’engage dans la carrière littéraire. Son
    Pédant joué est peut-être représenté en 1646, sa Mort d’Agrippine avec certitude en 1653 — elle fait d’ailleurs scandale. Il n’a pas rencontré Molière, mais ce dernier lui a emprunté de nombreux passages, en particulier une scène de son Pédant Joué. Les œuvres les plus éminentes de Cyrano sont des romans de science-fiction, L’Autre Monde: l’Histoire comique des Estats et empires de la Lune (1657) et L’Histoire comique des Estats et empires du Soleil.

    Cette œuvre,
    L’autre monde, révèle sa connaissance expérimentale de l’alchimie. Le célèbre alchimiste Fulcanelli le qualifie et l’honore en ces termes: « Le plus grand philosophe hermétique des temps modernes. »

    Cyrano, décrit par maints auteurs comme homosexuel, devient probablement, vers 1640, l’amant de l’écrivain et musicien D’Assoucy, avant de rompre brutalement en 1650. Lorsque leur relation se transforme en amère rivalité, Cyrano adresse des menaces de mort à D’Assoucy, qui l’obligent à quitter Paris. La querelle prend alors la forme d’une série de textes satiriques: Cyrano écrit Contre Soucidas (anagramme du nom de son ennemi) et Contre un ingrat, tandis que D’Assoucy contre-attaque avec la Bataille de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché sur le Pont-Neuf.

    En 1653, à bout de ressources, il accepte la protection du duc d’Arpajon, qui l’aide à publier l’année suivante chez Charles de Sercy ses
    Œuvres diverses et La Mort d’Agrippine.

    Cyrano est blessé en 1654 par la chute d’une poutre en bois alors qu’il entrait dans la maison de son protecteur, le duc d’Arpajon. On ignore s’il s’agit d’une tentative délibérée contre sa vie ou simplement d’un accident.

    Le 23 juillet 1655, il se fait transporter à Sannois, dans la maison de son cousin Pierre de Cyrano, trésorier général des offrandes du Roi, où il meurt chrétiennement, selon le certificat de décès délivré par le curé de la paroisse, le 28 juillet, à l’âge de 36 ans. Il est inhumé dans l’église de Sannois.
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    Éphéméride 5 mars 1944 décès de Max Jacob

    Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5 mars 1944, alors qu’il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis).


    Fils d’un tailleur établi à Quimper, Max Jacob entreprend, après de brillantes études secondaires, des études à l’École coloniale à Paris. Il les abandonne au profit de la critique d’art, écrivant sous le pseudonyme de Léon David dans le Moniteur des Arts. La fréquentation des ateliers et des expositions lui permet de rencontrer Picasso en 1901. Le peintre catalan habitera chez Max Jacob à partir de 1902, avant que ce dernier aille rejoindre en 1907 la rue Ravignan à Montmartre, peu après l’installation du peintre au Bateau-Lavoir.

    Max Jacob est alors le témoin privilégié de la naissance du cubisme, assistant en particulier à la genèse des
    Demoiselles d’Avignon. Il se lie alors avec Juan Gris, Apollinaire, Braque ou André Salmon. Après des contes pour enfants, Max Jacob entreprend de réinventer la poésie en prose: Saint-Matorel (1911) et le Siège de Jérusalem (1914), illustrés par Picasso et les Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel (1912) avec des dessins de Derain, tous trois édités par Kahnweiler, précèdent le célèbre Cornet à dés (1917) édité à compte d’auteur.

    Jusqu’en 1921, Max Jacob fréquente la bohème montmartroise et se lie avec la plupart des écrivains et artistes du moment. L’amitié de Cocteau sera indéfectible
    ; Modigliani fera de lui des portraits émouvants.
    Deux apparitions du Christ (la première sur le mur de sa chambre en 1909, le seconde en 1914) le convainquent d’abandonner la religion juive pour la foi catholique. Le baptême aura lieu l’année suivante sous le regard de son parrain Picasso. Sa vie sera désormais différente.

    De 1921 à 1928, il s’installe dans l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il demeurera de nouveau à partir de 1935, et jusqu’à sa mort en 1944. Il écrit d’innombrables méditations religieuses et dessine des scènes inspirées par la Bible.

    Parallèlement à son œuvre d’écrivain, essentiellement des poésies où il démontre son incomparable talent de jongleur de mots (
    La Défense de Tartuffe, 1919, Cinematoma, 1920, Le Laboratoire central et le Roi de Béotie, 1921, L’Art poétique et Le Cabinet noir, 1922, Filibuth ou la montre en or et La Couronne de Vulcain, 1923, etc.). Max Jacob, qui s’était essayé à la peinture à son arrivée à Paris, va se consacrer de plus en plus à cet art.
    À partir de 1919, il exposera régulièrement ses gouaches qui lui procureront les ressources que l’écriture ne lui apporte pas. Elles sont inspirées par des paysages de Bretagne, de Paris ou du Val de Loire, par les fresques romanes qu’il admire ou par les scènes de cirque qu’il affectionne particulièrement.

    Durant la période du Bateau-Lavoir, il avait adopté une technique faite de formes géométriques, qui n’était pas sans relations avec le cubisme. Il la reprendra dans les dernières années. Son art se partage alors entre des gouaches à l’expression spontanée et d’autres copiées d’après des cartes postales, plus alimentaires et plus banales.

    Durant toute sa vie, Max Jacob a par ailleurs été un « découvreur » de talents, encourageants peintres, écrivains et musiciens, écrivant des préfaces ou servant d’intermédiaire avec ses amis et relations. André Malraux, Paul Dubuffet, Roger Toulouse, Josep de Togorès, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Christopher Wood ou Giovanni Leonardi lui sont tous plus ou moins redevables.

    De 1928 à 1935, de retour à Paris, Max Jacob s’abandonnera aux mondanités et au dandysme, entouré de toute une génération de jeunes poètes comme Marcel Béalu, Michel Manoll ou René-Guy Cadou, qui voient en lui, à travers
    Le Cornet à dés, l’inventeur de la modernité. Sa correspondance est considérable.
    Max Jacob va consacrer ses dernières années, particulièrement douloureuses, à prophétiser la catastrophe qui s’annonce. Bien qu’authentiquement chrétien, il est contraint de porter l’étoile jaune.

    En 1942, sa sœur Julie-Delphine meurt, anéantie par la peur. L’année suivante, son frère Gaston, puis en janvier 1944, sa sœur chérie Myrté-Léa sont déportés à Auschwitz, dont ni l’un ni l’autre ne reviendront.

    Max Jacob mène une vie quasi monastique à l’ombre de l’abbaye bénédictine de Saint Benoît sur Loire. C’est là qu’il est arrêté par la Gestapo d’Orléans le 24 février 1944, emprisonné à la prison d’Orléans, puis déporté quatre jours plus tard au camp de Drancy d’où partaient les convois vers l’Allemagne, où il meurt d’une pneumonie et d’épuisement deux semaines plus tard en dépit d’interventions tardives pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry.

    Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin qui prend le pseudonyme de
    Max dans ses activités de résistant. Son corps a été inhumé en 1949 à Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe a été ornée d’un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché.
    Le 17 novembre 1960, il est déclaré officiellement « Poète mort pour la France ».
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    Éphéméride 4 mars 1876 : naissance de Léon-Paul Fargue

    Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Son père est ingénieur chimiste et dirige une fabrique de céramiste.

    Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry. C’est sur les conseils de Bergson qu’il abandonne la préparation de l’École Normale Supérieure. Après avoir hésité entre la musique, la peinture et la littérature, il opte pour cette dernière.


    Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa première œuvre
    : Tancrède en revue puis le Mercure de France publie un ensemble de poèmes de ce qui allait devenir Pour la musique (qui ne sera publié qu’en 1914)

    Il traîne dans la bohème de Montmartre sous l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard. Il participe à la création de revues
    : La Croisade, avec Francis Jourdain et Maurice Tourneur, L’Art Littéraire, avec Alfred Jarry. Le Mercure de France puis la Plume publient bientôt ses poèmes.

    En 1900, après trois ans de service militaire dans l’Est, Fargue retrouve Paris et épisodiquement la fabrique de son père dont il héritera à la mort de celui-ci en 1909.

    Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel. Parallèlement il se lie avec Charles-Louis Philippe et Marguerite Audoux.

    Il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française.
    En 1909, il rencontre Valery Larbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît
    Poèmes son second livre, qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain-Fournier à Proust.

    Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire d’Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Il est réputé en particulier pour sa conversation éblouissante. Il voyage, parfois avec Valery Larbaud, en Europe Centrale, en Allemagne, en Italie, en Angleterre.

    Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce avec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Il se lie avec certains surréalistes notamment Philippe Soupault et Robert Desnos, côtoie Malraux, Saint- Exupéry, Joyce, ou Michaux. Il publie son œuvre poétique seconde manière, en prose, dans Commerce, qu’il rassemble dans Espaces et Sous la lampe en 1929.

    Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, la chronique journalistique sur des sujets très divers. Elles seront réunies plus tard dans Déjeuners de soleil et Dîners de lune.

    Il recevra pour D’après Paris le prix de la Renaissance en 1932, sera élu à l’Académie Mallarmé en 1937, et sera membre de l’Académie Ronsard. En 1939 il publie son livre le plus connu, qui lui servira aussi de surnom: Le piéton de Paris.

    Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse.

    En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’œuvre poétique. En 1943, au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pas moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris.
    Il meurt à 71 ans, le 24 novembre 1947, chez lui à Paris.
    Il est inhumé au cimetière de Montparnasse.

    Son œuvre comprend des poèmes en prose et en vers
    : Tancrède, Poèmes, Pour la musique, Vulturne, Ludions, D’après Paris, Haute solitude
    et des chroniques et des essais: Sous la lampe, Le piéton de Paris, Lanterne magique, Méandres, Pour la peinture.
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    Éphéméride 3 mars 1996 décès de Marguerite Duras

    Marguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh, une ville de la banlieue Nord de Saïgon. À l’âge de 5 ans elle perd son père. Deux ans plus tard, en 1923, sa mère s’installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong.

    Marguerite Donnadieu passe toute son enfance au Viet-Nam. En 1932, alors qu’elle vient d’obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Elle obtient une licence en droit en 1963.

    Cette même année elle rencontre Robert Antelme qu’elle épouse en 1939.
    En 1943 Marguerite et Robert Antelme s’installent au 5 rue St Benoît, à Paris, dans le quartier de St Germain des Près. Robert Antelme et Dionys Mascolo se lient d’une profonde amitié et avec Marguerite entrent dans la résistance.

    En parallèle Marguerite Donnadieu publie un premier ouvrage sous le pseudonyme de Marguerite Duras :
    Les Impudents (Éditions Plon). L’année suivante elle passe chez Gallimard et fournit son deuxième ouvrage, La Vie tranquille.

    1944 est l’année qui marque l’arrestation de son mari Robert, déporté à Dachau. Marguerite s’inscrit alors au PCF, la Parti Communiste Français.

    À la Libération Robert Antelme est libéré dans un état critique, il rejoint son épouse dans son domicile parisien. En 1947 Marguerite Duras divorce et se remarie avec Dionys Mascolo dont elle aura rapidement un enfant prénommé Jean.

    En 1950 Marguerite Duras quitte le PCF, elle publie
    Un Barrage contre le Pacifique, puis en 1952 Le Marin de Gibraltar, et en 1955 Le Square. En 1957 elle rencontre Gérard Jarlot, avec qui elle va collaborer pour de nombreuses adaptations théâtrales ou cinématographiques. En parallèle sa vie personnelle est bousculée par deux événements majeurs : elle se sépare de son second mari et sa mère décède.

    Poursuivant son œuvre littéraire, Marguerite Duras publie en 1958 Moderato Cantabile alors que les salles de cinéma mettent pour la première fois à l’affiche une adaptation d’un de ses livres, Barrage contre le Pacifique, de René Clément. Elle achète une maison à Neauphle-le-Château. Lancée dans le cinéma, elle signe les dialogues d’Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais.

    De 1960 à 1967 elle est membre du jury Médicis. Politiquement marquée à gauche, elle milite activement contre la guerre d’Algérie, dont la signature du Manifeste des 121, une pétition sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie.

    En 1963 elle commence l’écriture du Vice-Consul, puis en 1964 elle publie Le Ravissement de Lol V. Stein, un nouveau roman, et l’année suivante sa première œuvre théâtrale.
    Elle crée la pièce
    L’Amante anglaise, mise en scène par Claude Régy.

    En 1969 elle passe à la réalisation cinématographique avec
    Détruire, dit-elle. Puis en 1972 sa maison sert de décor à Nathalie Granger, puis elle écrit tour à tour India Song et La Femme du Gange, qu’elle tourne au cinéma.
    En 1973 India Song est transformé en pièce de théâtre et parallèlement en film. En 1977 c’est Le Camion qui sort au cinéma.

    À partir du début des années 80 suivront Savannah Bay, La Maladie de la mort et en 1984 L’Amant, un roman largement autobiographique reprenant la trame de son enfance.

    En 1985 elle met en scène
    La Musica deuxième au théâtre Renaud-Barrault, puis elle publie Yann Andréa Steiner (1992, éditions POL), Écrire (1993, Gallimard) et C’est tout (1995, éditions POL).

    Marguerite Duras s’est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de St Germain-des-Prés.
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    Éphéméride 2 mars 1755 décès du duc de Saint-Simon

    Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, né à Paris le 16 janvier 1675 et mort le 2 mars 1755, est un membre de la noblesse française, célèbre pour ses Mémoires qui racontent par le menu la vie à la Cour aux temps du roi Louis XIV et de la Régence.

    Né à Paris en 1675, mort en 1755, écrivain et mémorialiste français, Saint-Simon est le fils unique du second mariage du duc Claude, écuyer de Louis XIII devenu duc et pair.
    De son premier mariage avec Diane de Budos il n’aura qu’une fille. Voulant à tout prix que ce duché ne soit pas perdu, il va se remarier en 1672 à l’âge de soixante cinq ans. Trois ans plus tard naît Louis de Rouvroy futur duc de Saint-Simon.

    Frêle et seul, Louis, vidame de Chartres, reçoit une formation intellectuelle et morale supérieure à celle que recevait habituellement un jeune seigneur. Particulièrement attiré par l’histoire, il n’aime pas trop le métier des armes. Mais ne devant pas déroger à la règle, il participe à diverses campagnes de Louis XIV de 1692 à 1701.
    N’ayant pas été nommé brigadier dans l’ordre du tableau de janvier 1702 suite à une invention de Louvois qui fit passer le mérite avant l’ancienneté, et l’ancienneté avant la naissance, il décida de remettre au roi sa démission du service armé pour raisons de santé, et s’établit à la cour.


    A la mort de son père en 1693, il sait qu’il faut consolider ses appuis à la cour. Il se marie donc en 1695 avec Marie-Gabrielle de Durfort de Lorge, fille aînée du maréchal-duc de Lorge, petite-nièce de Turenne et cousine du roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange-Nassau.
    Le duc de Saint-Simon va toujours donner le change. Alors qu’on le croit désœuvré et inoffensif, il passe son temps à épier les faits et gestes de la cour.

    La mort du Dauphin en 1711, celle du duc de Bourgogne en 1712 et celle de Louis XIV en 1715 vont profondément modifier l’existence de Saint-Simon. Lui qui a longtemps eu des rêves de pouvoir va enfin les réaliser ou presque.
    C’est au duc d’Orléans qu’échoit la Régence. Bien que très différents, les hommes ont l’un vers l’autre une amitié très solide. Appartenant au Conseil de Régence, Saint-Simon est très déçu par la réalité du pouvoir. Son influence au Conseil diminue rapidement. Il obtient quand même une ambassade extraordinaire en Espagne, à la cour de Philippe V d’octobre 1721 à avril 1722.

    En décembre 1723 la mort du Régent met fin à sa vie publique. Fleury et le duc de Bourbon lui font comprendre que sa présence à la cour n’était désormais plus indispensable.
    Il se retire sur ses terres de La Ferté-Vidame pour poursuivre la rédaction de ses
    Mémoires, au style pittoresque et imagé, d’une grande originalité.

    Pendant les trente ans qui lui restent à vivre, plusieurs dizaines de milliers de pages sortiront de sa plume. Il fera revivre, sous le règne de Louis XV dont il boude la cour, les règnes de Louis XIII et de Louis XIV dans un langage dont l’intensité et la puissance évocatrice sont restées inégalées.


    L’immense manuscrit que sera ses « Mémoires » prend forme, il fut interrompu à la mort de sa femme, en janvier 1743, puis repris six mois plus tard. Une autre interruption le voit rédiger ce chef-d’œuvre qu’est le Parallèle des trois premiers rois bourbons en 1746, et ce n’est qu’en 1749 qu’il achève le manuscrit de deux mille huit cent cinquante-quatre pages, reliées en onze portefeuilles à ses armes et destinées à une publication posthume.

    Le duc de Saint Simon meurt à Paris le 2 mars 1755.

    Les
    Mémoires achevées en 1753, furent, après la mort de leur auteur, confisquées avec d’autres papiers sur l’ordre de Louis XV contresigné par Choiseul. Leur première édition, incomplète, date de 1829-1830, et leur première édition complète de 1879-1928.
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    Éphéméride 1e mars 1875 décès de Tristan Corbière

    Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, né le 18 juillet 1845 au manoir de Coat-Congar à Morlaix (Finistère) et mort le 1er mars 1875 à Morlaix, est un poète français.
    Il est né de l’union d’Édouard Corbière et d’Angélique Aspasie Puyo que 33 ans séparent
    : à sa naissance, son père est âgé de 52 ans, et sa mère de 19. son père, Édouard Corbière est un ancien écumeur des mers, inventeur du roman maritime
    Après une enfance passée sans histoire dans le manoir du Launay, Tristan est envoyé à l’âge de 14 ans en pension au lycée impérial de Saint-Brieuc. Apparaissent ainsi les symptômes de l’affection qui devait l’emporter. Tristan se plaint d’engelures aux mains, souffre de rhumatisme articulaire. D’après le diagnostic du Dr Pierre Osenat, il s’agit du rhumatisme tuberculeux de Poncet. Son état de santé s’aggravant, il doit quitter Saint-Brieuc l’année suivante pour rejoindre son oncle médecin établi à Nantes. Il entre au lycée de Nantes en qualité d’externe. Deux ans plus tard, son état de santé l’oblige à cesser ses études. Commence alors une vie de marginal
    ; il voyage dans le sud de la France, où il lit les œuvres de Hugo, de Baudelaire, de Musset.
    Il s’installe ensuite à Roscoff, en Bretagne, dans une maison que possèdent ses parents. Les habitants du village le surnomment l’« Ankou », c’est-à-dire le spectre de la mort, en raison de sa maigreur et de son allure disloquée. Il aime prendre la mer sur son bateau, « Le Négrier » (titre du plus célèbre roman de son père) et se livre à quelques excentricités. Il s’amuse un jour à se déguiser en forçat, en femme ou en mendiant, l’autre à se raser les sourcils ou bien encore, alors qu’il est en visite à Rome, à traîner un porc en laisse déguisé en évêque lors du carnaval auquel assiste le pape. C’est ainsi que s’écoulent ses jours, jusqu’à sa rencontre avec une petite actrice parisienne que Corbière se plaît à appeler Marcelle, de son vrai nom Armida Josefina Cuchiani
    ; elle devient Marcelle, la muse-égérie des Amours jaunes, la « cigale » du poème liminaire et du poème d’envoi, la « Passagère » de « Steam-Boat », voire le faux blason de l’édition originale.
    Délaissant son prénom d’état-civil, Édouard-Joachim, pour prendre celui, plus évocateur, de Tristan (pour TRISTE EN CORPS BIÈRE), il fait paraître à compte d’auteur en 1873 son unique recueil de poèmes, « Les Amours jaunes », qui passe inaperçu chez les frères Glady. L’édition financée par le père Corbière se monte à 481 exemplaires sur papier hollande et 9 sur papier jonquille.

    Bien que le poète ait d’abord présenté neuf de ses poèmes dans La Vie parisienne entre le 25 mai et le 18 octobre 1873, Les Amours jaunes passent presque inaperçues, même si des poèmes, tel « Le Douanier », courent déjà sous le manteau et font la joie de ses amis, frères de bordée. Trois articles de journaux de l’époque saluent pourtant le nouveau venu. Mais il faudra attendre l’enthousiasme de Paul Verlaine pour le premier des « poètes maudits » dans un chapitre de son essai « Les Poètes maudits » (1883). Le recueil se trouve également en bonne place dans la bibliothèque élitiste de Des Esseintes, le héros d’« À Rebours »: cette présence dans l’œuvre de Huysmans contribuera à faire connaître le poète au public.

    Corbière meurt à Morlaix le 1er mars 1875. Il n’a pas trente ans et n’a connu qu’une vie de solitude, brève et misérable, constamment atteint dans sa chair par la maladie, malheureux en amour, englué dans une passion unique et sordide; sans doute, au figuré, la mer fut-elle sa véritable épouse. Le temps a rendu le poète à la lumière, et reconnu, bien tard, son talent.
    Les « Amours jaunes » désignent les amours vénales.

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    Éphéméride 28 février 1823 naissance d'Ernest Renan

    Joseph Ernest Renan est né le 28 février 1823 à Tréguier (Côtes du Nord).

    Destiné dès l’enfance à la prêtrise, il fit ses premières études à l’école ecclésiastique de Tréguier (1832-1838). Il vient ensuite à Paris achever ses « humanités ». Il commence ses études de théologie au séminaire d’Issy (1841-1843). En 1843 il entre au Grand Séminaire de Saint-Sulpice et le quitte deux ans plus tard, à la rentrée d’octobre 1845.
    Au contact de l’enseignement scolastique et exégétique, il a en effet senti s’évanouir sa vocation sacerdotale.

    Cette perte de la foi est remarquablement contée dans ses
    Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1883). En fait, Renan n’a jamais été profondément croyant. Sa foi découlait d’habitudes familiales et d’émotions enfantines. Ce furent la découverte de la littérature romantique, puis la philologie et surtout la philosophie allemande, et, plus encore, l’influence de sa sœur Henriette qui ébranlèrent définitivement ce christianisme superficiel.

    Ayant quitté le séminaire, Renan trouve une place de répétiteur dans une école privée où, de 1845 à 1849, il mène une vie pauvre, solitaire et ascétique, consacrant tous ses moments de loisir à la préparation de ses études universitaires. En septembre 1848, il est reçu premier à l’agrégation de philosophie. Âgé seulement de vingt-cinq ans, il entreprend la rédaction de
    L’Avenir de la science qu’il laissa longtemps inédit sur les conseils d’Augustin Thierry et qui ne paraîtra que quarante ans plus tard en 1890.

    Il est alors chargé de mission en Italie en 1849 et 1850 et visite Rome, Florence, Padoue, Venise tout en préparant sa thèse de doctorat sur Averroès et l’Averroïsme qu’il présente en 1852. Les années suivantes, Renan donne à la
    Revue des Deux Mondes et au Journal des Débats de nombreux articles qui seront collationnés dans Études d’histoire religieuse (1857) et dans Essais de morale et de critique (1859).
    Sa renommée s’affirme à partir de 1862 au retour d’une mission archéologique en Phénicie, Syrie, Galilée Palestine.

    Renan se voit alors confier la chaire d’hébreu au Collège de France. Il a alors trente-neuf ans. Mais, dès son premier cours, il sera révoqué, ayant prononcé ces mots jugés sacrilèges
    : « Jésus, cet homme admirable. »

    Il décide de publier
    La Vie de Jésus en 1863. C’est un des événements du siècle, dont le succès est considérable en librairie et qui fut traduite dans toutes les langues du monde. Ce livre qui marque les milieux intellectuels de son vivant contient la thèse, alors controversée, selon laquelle la biographie de Jésus doit être comprise comme celle de n’importe quel autre homme, et la Bible comme devant être soumise à un examen critique comme n’importe quel autre document historique.

    Renan revient ensuite à son
    Histoire des Origines du Christianisme (1863-1883). sa méthode consiste à rejeter, en matière religieuse, toute intervention divine et tout mystère pour n’accepter que les faits « scientifiquement » explicables et prouvés.

    Si, à Athènes qu’il visite en 1865, il exalte le « miracle grec » dans un des plus beaux textes de la littérature française, il garde cependant une sensibilité chrétienne. Bien que rejetant les dogmes du catholicisme, il n’en continue pas moins d’admirer l’histoire judéo-chrétienne et le montre bien dans l’
    Histoire des Origines ou l’Histoire du peuple d’Israël (1887-1893).

    Après 1870 et la chute de l’Empire, il est réintégré dans son poste de professeur au Collège de France.
    Le 13 juin 1878, il est élu à l’Académie française, au fauteuil 29, en remplacement de Claude Bernard.
    En 1883, il devient administrateur du Collège de France.
    Il est élevé au grade de grand-officier de la Légion d’honneur.
    Ernest Renan meurt en 1892. Il est enterré au cimetière de Montmartre.
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    Éphéméride 27 février 1902 naissance de John Steinbeck

    John Ernst Steinbeck, J.-R. (27 février 1902 à Salinas — 20 décembre 1968 à New York) est un écrivain américain du milieu du xxe siècle, dont les romans décrivent fréquemment sa Californie natale.
    Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1962.

    Né aux États-Unis en 1902 à Salinas (Californie), Steinbeck est d’origine irlandaise par sa mère et allemande par son père. Ce dernier, Ernest Steinbeck est fonctionnaire, et sa mère, Olive Hamilton, est institutrice. Dans son roman
    A l’est d’Éden il dévoile de nombreux éléments autobiographiques.

    Il vit pendant toute son enfance et son adolescence dans le nord de la Californie, dans la vallée de Salinas, vallée que l’on retrouve tout au long de son œuvre. Il se passionne pour la biologie marine et fait des études à l’université de Stanford. Puis, en quête d’aventures, il abandonne ses études sans même avoir obtenu un diplôme et exerce différents métiers (reporter, apprenti peintre, maçon, ouvrier et chimiste). Finalement, il devient régisseur d’un domaine isolé dans la montagne, et là, il trouve enfin sa vocation: écrire.

    Dans son œuvre, il décrit avec humour et tendresse les Californiens, surtout ceux qui ont la vie dure. Il s’intéresse aux paysans, aux ouvriers, aux syndicats, aux immigrants, aux Indiens. Souvent, ses visions déconstruisent le rêve Américain, et c’est pourquoi il a pu être critiqué aux États-Unis. Le roman Tortilla Flat (1935), avec son style humoristique unique, est son premier succès populaire et lui vaut son premier prix littéraire, la médaille d’or du meilleur roman écrit par un Californien décernée par le Commonwealth Club of California.

    Avec
    Des souris et des hommes (Of Mice and Men) et En un combat douteux (In Dubious Battle), publiés en 1936, ses œuvres deviennent plus sérieuses. Dans une lettre à un ami, il se désole: « Il y a des émeutes dans Salinas et des meurtres dans les rues de cette chère petite ville où je suis né. » Il reçoit le New York Drama Critics Award pour sa pièce.

    Sa grande œuvre, Les raisins de la colère, publiée en 1939, est acclamée par la critique populaire, mais soulève de vives controverses. Sont critiqués son langage jugé vulgaire et son penchant « socialiste » dans sa description de l’affrontement entre les travailleurs et les producteurs Californiens. Dans plusieurs États, le livre sera soit mis dans une section « adulte seulement », soit complètement banni des bibliothèques et des librairies Par contre, le livre sera décrété lecture obligatoire dans les collèges de la ville de New York. Finalement, pour ce livre, Steinbeck reçoit le prix Pulitzer en 1940.

    En 1962, son œuvre entière est couronnée du Prix Nobel de littérature. John Steinbeck s’éteint le 20 décembre 1968 à New York.

    Plusieurs de ses récits, nouvelles et romans ont été adaptés pour le cinéma, le théâtre et la télévision.
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    Éphéméride 26 février 1802 naissance de Victor Hugo

    Victor Hugo est l’un des plus grands poètes et écrivains français de tous les temps. Il s’est illustré dans tous les genres : poésie, théâtre, roman, essai, journalisme.

    Il naît à Besançon (son père est comte et général d’empire) et fait ses études au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Dès 1816, il affirme sa vocation littéraire
    : « Je veux être Chateaubriand ou rien! »


    Victor Hugo est, à ses débuts, poète et monarchiste. Mais les événements de 1830 et sa liaison avec Juliette Drouet provoquent en lui de profonds changements d’idées et en font le chef de file du mouvement romantique. Son appartement devient le siège du « Cénacle », regroupant de jeunes auteurs. Il gagne avec Gérard de Nerval et Théophile Gauthier la « bataille d’Hernani », contre les partisans du théâtre classique.


    Écrivain de génie, il voit sa notoriété se transformer rapidement en célébrité. Victor Hugo est élu à l’Académie Française en 1841 et nommé Pair de France en 1845. Il perd sa fille aînée Léopoldine en 1845 et semble chercher dans la politique un apaisement à son immense douleur.


    Ému par les souffrances du peuple en 1848, Victor Hugo devient républicain et affiche son hostilité à Napoléon III qui le fait exiler à Jersey, puis à Guernesey. En 1859, il refuse l’amnistie de l’Empereur. Pendant cet exil qui dure près de vingt ans, il produit la partie la plus riche de son œuvre.


    De retour en France en 1870, Victor Hugo est accueilli comme le symbole de la résistance républicaine au Second Empire. Il est élu député de Paris, puis sénateur. Sa production littéraire cède alors le pas à la politique. Il publie essentiellement des œuvres commencées pendant son exil.


    Ses funérailles nationales et civiles à Paris sont grandioses, car il a été, de son vivant, le plus populaire des écrivains et un grand défenseur de la République.


    Ses œuvres
    :
    Odes (Poésies, 1822), Cromwell (Théâtre, 1827), Les Orientales (Théâtre, 1829), Marion de Lorme (Théâtre, 1829), Hernani (Théâtre, 1830), Les Feuilles d’automne (Poésies, 1831), Notre-Dame de Paris (roman historique, 1831), Le roi s’amuse (Théâtre, 1832), Marie Tudor (Théâtre, 1833), Lucrèce Borgia (Théâtre, 1833), Les Chants du Crépuscule (Poésies, 1835), Les Voix intérieures (Poésies, 1837), Ruy Blas (Théâtre, 1838), Les Rayons et les Ombres (Poésies, 1840), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856), La Légende des Siècles (Poésie, 1859), Les Misérables (roman, 1862), William Shakespeare (essai 1864), Les Travailleurs de la mer (roman, 1866), l’Homme qui rit (roman, 1869), L’année terrible (1872), Quatre-vingt-treize (1874), l’Art d’être grand-père (1877), Religions et religion (1880), Les Quatre Vents de l’esprit (1881), Choses vues (1887).
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    Éphéméride 25 février 1983 décès de Tennessee Williams

    Thomas Lanier Williams, dit Tennessee Williams, né le 26 mars 1911 à Columbus dans le Mississippi aux États-Unis, mort le 25 février 1983 à New York, est un écrivain américain dont de nombreuses œuvres furent portées au cinéma.

    Ses relations sont très difficiles avec son père, voyageur de commerce alcoolique, joueur de poker, toujours absent, qui favorise régulièrement son frère Dakin. La famille rejoint le grand-père à Saint-Louis en 1918. Tenessee a passé son enfance, avec sa mère Edwina et sa sœur Rose, qu’il adorait, chez son grand-père, pasteur et sa grand-mère apaisante. Gravement malade à cinq ans, il occupe alors son temps à écrire des poèmes et saynettes, sous les encouragements de Rose. Il est encouragé dans cette voie en recevant sa première machine à écrire pour l’anniversaire de ses douze ans.

    Il est publié pour la première fois à dix-sept ans, dans
    Weird Tales. Il fréquente un temps l’université mais doit abandonner, faute de moyens. Il écrit ses premières pièces et commence à prendre conscience de son homosexualité, qu’il ne consomme pourtant qu’à vingt-huit ans. Son accent du Sud lui vaut le surnom moqueur « Tennessee », qu’il prend plus tard comme nom de plume, en hommage aux origines de son grand-père. Il doit travailler dans la même fabrique de chaussures que son père, déteste ce travail, mais s’y accroche dans le but de réunir assez d’argent pour partir étudier à l’université de l’Iowa.
    En 1937, il rompt avec sa famille lorsque Rose, schizophrène, est enfermée dans un sanatorium après avoir subi des attouchements sexuels.

    Il réussit à y décrocher une licence en 1938 et sa pièce
    Spring Storm est présentée, malgré les réactions défavorables de ses professeurs. Il est réformé au moment de l’engagement des États-Unis dans la seconde guerre mondiale à cause de son dossier psychiatrique, de son alcoolisme, de son homosexualité et de ses troubles cardiaques et nerveux.

    Il est alors embauché par la MGM à Hollywood, pour divers travaux d’écriture. En 1943, sa sœur schizophrène subit une lobotomie. Williams la prend en charge, et garde toute sa vie la peur de devenir fou, comme elle.

    Il propose un scénario à la MGM, qu’elle refuse. Il en fait alors une pièce, La Ménagerie de verre, qui devient un grand succès et est adapté au cinéma, comme beaucoup de ses œuvres suivantes.

    Tennessee Williams devient tout à coup célèbre. Utilisant les techniques qu’il a apprises au cinéma, il crée une pièce violente et sensible dans laquelle le tragique plane toujours au-dessus des personnages, un élément récurrent dans son théâtre.

    En 1947,
    Un tramway nommé Désir confirme son statut de grand dramaturge et gagne le Pulitzer.

    Ses pièces se succèdent alors sur les planches de Broadway.
    La Chatte sur un toit brûlant, La Descente d’Orphée, La Nuit de l’iguane entre bien d’autres sont de grands succès, mais sont aussi vus comme des révolutions dans le théâtre américain. On y trouve l’influence de William Faulkner et D.H. Lawrence, qu’il explique dans ses Mémoires d’un vieux crocodile par l’intérêt qu’il éprouve pour les marginaux et les perdants, victimes d’une société qui ne les comprend pas et les rejette. À travers eux il raconte et analyse la solitude, constante de sa vie. Ses personnages et les situations dans lesquelles ils évoluent sont très souvent inspirés sur les membres de sa famille et les événements qu’il a vécus.

    À la mort de son compagnon Frank Merlo en 1963, Williams oriente son écriture dans une direction plus expérimentale, similaire à Samuel Beckett, Ionesco et Jean-Paul Sartre, mais sans succès critique. Il entre en désintoxication en 1969 et aborde cette période dans
    Out Cry, qui est un échec à Broadway en 1973.

    Ses travaux de la fin des années soixante-dix sont parmi ses plus innovants. Pourtant,
    Vieux Carré, A Lonely Day for Crève Cœur ou Clothes for A Summer Hotel n’ont pas le succès de ses premières pièces jouées. En revanche, il est considéré en URSS comme le plus grand auteur depuis Tchekhov.

    Il meurt en 1983, étouffé par un bretzel après une nuit d’alcool et de médicaments dans sa chambre de l’Hotel Elysee à New York. Pour certains, comme son frère, cette mort n’est pas accidentelle.

    Instable, névrosé, Tennessee Williams laisse une œuvre considérable, faite de vingt-cinq pièces, plusieurs dizaines de courtes pièces et scénarios, soixante nouvelles, plus d’une centaine de poèmes et une autobiographie.
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    Éphéméride 24 février 1786 naissance de Wilhem Grimm

    Jacob et Wilhelm GRIMM sont deux écrivains et érudits, nés à Hanau, Jacob le 4 janvier 1785 pour Jacob et le 24 février 1786 pour Wilhelm.


    Ils font leurs études à l’université de Marbourg. Jacob comme philologue, s’intéresse à la littérature médiévale et à la linguistique et Wilhelm devient critique littéraire.


    Ils travaillent dans la diplomatie et dans diverses bibliothèques à Kassel.


    En 1830, les deux frères sont engagés à l’université de Göttingen. Wilhelm en tant que bibliothécaire et Jacob comme chargé de cours en droit ancien, en histoire de la littérature et en philosophie. Ils quittent l’université pour des motifs politiques et reviennent à Kassel en 1837.


    Quelques années plus tard, Frédéric-Guillaume IV de Prusse les invite à s’installer à Berlin, ce qu’ils font dès 1841. Devenus professeurs dans son université, ils demeurent à Berlin jusqu’à la fin de leur vie. Wilhelm meurt le 16 décembre 1859 et Jacob le 20 septembre 1863.


    L’œuvre scientifique majeure de Jacob Grimm est sa
    Deutsche Grammatik (Grammaire allemande, 1819-1837), qui est généralement considérée comme le fondement de la philologie allemande.


    Dans la deuxième édition, parue en 1822, Grimm expose sa loi sur le changement et le déplacement des sons, loi qui contribua à la reconstitution des langues mortes.


    Il écrivit également
    Über d’en altdeutschen Meistergesang (Poésie des maîtres chanteurs, 1811), Deutsche Mythologie (Mythologie allemande, 1835) ainsi qu’une Geschichte der deutschen Sprache (Histoire de la langue allemande, 1848).


    Au nombre des publications de Wilhelm Grimm se trouvent plusieurs livres ayant pour thème la littérature et les traditions populaires allemandes, parmi lesquels les
    Altdänische Heldenlieder (Anciens chants héroïques danois, 1811), Die deutschen Heldensage (les Légendes héroïques de l’ancienne Germanie, 1829), Rolandslied (la Chanson de Roland, 1838) et Altdeutsche Gespräche (Ancien dialecte allemand, 1851).


    Les frères Grimm s’intéressent également aux contes populaires allemands. Après les avoir réunis à partir de différentes sources, ils les publient en deux volumes sous le titre de
    Kinder- und Hausmärchen, (Contes pour les enfants et les parents, 1812-1829).


    Une nouvelle édition paraît en 1857
    ; elle contient des histoires supplémentaires et devint le fameux livre intitulé Contes de Grimm.


    Les frères Grimm travaillent ensemble sur nombre d’autres ouvrages
    ; ils publient notamment en 1852 le premier volume du monumental et classique Deutsches Wörterbuch (Dictionnaire allemand), qui est achevé par d’autres érudits en 1958.


    Wilhelm meurt le 16 décembre 1859 et Jacob le 20 septembre 1863.
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    Éphéméride 23 février 1955 décès de Paul Claudel

    Paul Claudel, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère dans l’Aisne, mort le 23 février 1955 à Paris, est un dramaturge, poète, essayiste et diplomate français. Il fut membre de l’Académie française.

    Paul Claudel, frère cadet de la sculptrice Camille Claudel, est né en 1868 à Villeneuve-sur-Fère en Tardenois dans une famille de petite bourgeoisie anticléricale
    ; son père est fonctionnaire. En 1882, il arrive, avec sa mère et ses sœurs, à Paris, où ils habitent au 31 boulevard de Port-Royal, jusqu’en 1892. Camille était parvenue à faire installer sa famille à Paris afin de faire de la sculpture.

    Paul Claudel se convertit au catholicisme en assistant en curieux aux vêpres à Notre-Dame de Paris le 25 décembre 1886, jour de Noël. Au même moment, Paul Claudel découvre les Illuminations, un recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud dont la lecture sera pour lui déterminante. L’influence de Rimbaud est manifeste, par exemple, dans Tête d’or, une de ses premières pièces de théâtre.

    Diplomate en 1893, il est consul de France à Prague, Francfort, Hambourg, en Chine à Shanghai, Fou-Tcheou (Fuzhou) et Tsien-Tsin (Tianjin), ministre plénipotentiaire à Rio de Janeiro, à Copenhague, ambassadeur de France à T
    ōkyō de 1921 à 1927, à Washington, puis à Bruxelles, où se termine sa carrière diplomatique en 1936.

    Paul Claudel a passé quinze ans en Chine
    : au départ, il devait partir seulement pour cinq ans. En réalité, il y passera quinze ans en trois séjours de cinq ans.

    Au cours de son premier séjour, Claudel écrit Le Repos du septième jour.
    Lors de son deuxième séjour, Rose Vetch devient la maîtresse de Claudel
    ; elle disparaît peu après (elle est en fait enceinte). Claudel rentre en France, il est sauvé du désespoir par l’écriture du Partage de Midi (1905) qui évoque ses aventures avec Rosalie, excepté le troisième acte qui est imaginaire. Il se marie finalement avec Reine Sainte-Marie-Perrin.
    Claudel repart avec son épouse
    ; au cours de ce troisième séjour, il écrit beaucoup.

    Un jour, il reçoit une lettre de Rose. Il la revoit plus tard à Paris. On peut rattacher cette lettre et cette séparation au Soulier de satin: Prouhèze envoie une lettre à Rodrigue et les deux amants sont séparés. On trouve donc des éléments autobiographiques dans le Soulier, ce qui est très rare au théâtre.


    En 1921, Claudel est envoyé à Tokyo où sera écrit
    Le Soulier de satin. Départs pour Washington, Bruxelles. Claudel écrit La Cantate à trois voix. En 1924, le Soulier est terminé.


    En 1935, Claudel est refusé à l’Académie française.

    Attristé par les débuts de la guerre, et notamment l’invasion de la Pologne, au cours d’un mois de septembre 1939, Claudel est initialement peu convaincu par le danger que représente l’Allemagne nazie. Il s’inquiète davantage de la puissante Russie qui représente selon lui une « infâme canaille communiste ».

    En 1940, il voit d’abord une délivrance dans les pleins pouvoirs conférés par les députés à Pétain. Il note dans son Journal (« Vue de la France » au 6 juillet 1940)
    : « La France est délivrée après soixante ans de joug du parti radical et anticatholique (professeurs, avocats, juifs, francs-maçons). Le nouveau gouvernement invoque Dieu et rend la Grande-Chartreuse aux religieux. Espérance d’être délivré du suffrage universel et du parlementarisme. »

    Toutefois, le spectacle de la collaboration avec l’Allemagne l’écœure bientôt. En novembre 1940, il note dans le même Journal
    : « Article monstrueux du cardinal Baudrillart dans La Croix nous invitant à collaborer ‘avec la grande et puissante Allemagne’et faisant miroiter à nos yeux les profits économiques que nous sommes appelés à en retirer! […] Fernand Laurent dans Le Jour déclare que le devoir des catholiques est de se serrer autour de Laval et de Hitler. — Les catholiques de l’espèce ‘bien-pensante’sont décidément écœurants de bêtise et de lâcheté. »

    Dans le Figaro du 10 mai 1941, il publie encore des « Paroles au Maréchal » (désignées couramment comme l’
    Ode à Pétain) qui lui sont souvent reprochées. À partir d’août 1941, le Journal ne parle plus de Pétain qu’avec mépris.

    Quoi qu’il en soit, l’attitude de Claudel pendant l’Occupation n’a pas été du tout glorieuse.

    Avec Maurice Garçon, Charles de Chambrun, Marcel Pagnol, Jules Romains et Henri Mondor, il est une des six personnes élues le 4 avril 1946 à l’Académie française lors de la deuxième élection groupée de cette année visant à combler les très nombreuses places vacantes laissées par la période de l’Occupation. Il est reçu le 13 mars 1947 par François Mauriac. Il a 78 ans.

    Il meurt à Paris en 1955. Il est enterré dans le parc du château de Brangues
    ; sa tombe porte l’épitaphe: « Ici reposent les restes et la semence de Paul Claudel. »

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    Éphéméride 22 février 1864 naissance de Jules Renard

    Le 22 février 1864, Pierre-Jules Renard naît à Châlons-du-Maine en Mayenne. Il est le fils de François Renard, entrepreneur de travaux, et de Anna-Rose Colin. Il est le dernier enfant, non désiré, et sera un enfant martyr.


    En 1866, la famille Renard s’installe à Chitry-les-Mines (Nièvre). Sa jeunesse, « un grand silence roux », est malheureuse. À partir de 1875 et jusqu’en 1881, Jules Renard suit les cours du lycée de Nevers (qui prendra son nom par la suite). Après avoir échoué à la première partie du baccalauréat, il suit les cours de rhétorique du lycée Charlemagne à Paris, en fin d’année il obtiendra la première partie du baccalauréat, ce qui lui permettra de suivre les cours de philosophie dans ce même lycée. Renard obtient la deuxième partie de son baccalauréat en 1883 mais renonce à préparer l’École Normale Supérieure.


    À vingt-deux ans, Renard fait plusieurs tentatives pour trouver du travail et collabore à divers journaux et revues. Après des années de misère, il se marie et produit des poèmes, des nouvelles et de petites pièces de théâtre et son célèbre
    Poil de carotte. Il fréquente les cafés littéraires et collabore à de grands journaux parisiens.

    Jules Renard et Vallette fondent le
    Mercure de France. Jules écrit des articles, des critiques littéraires et des textes pour le Mercure de France qui paraîtront en 1890 sous le titre de Sourires pincés. Il fréquentera désormais de nombreux écrivains et artistes célèbres. En décembre 1891, il commence sa collaboration au Gil Blas.

    Le 19 juin 1897, son père François Renard se tue d’un coup de fusil.
    Le 22 janvier 1900, c’est son frère, Maurice, qui meurt d’une crise cardiaque, il est enterré civilement à Chitry.

    Le 6 mai de la même année, Jules Renard est élu conseiller municipal à Chaumot et obtient la Légion d’Honneur en août. Renonçant à Chaumot il devient conseiller municipal de Chitry en avril 1904 puis maire en mai 1904 et réélu en 1908. En 1907 il est élu à l’Académie Goncourt.

    Le 5 août 1909, la mère de Jules Renard (Madame Lepic dans
    Poil de Carotte) meurt sans que l’on sache si ce fut un accident ou un suicide (elle tombe dans le puits de son jardin).

    Le 22 mai 1910 Renard meurt au 44 rue du Rocher à Paris, des suites d’une artériosclérose. Il sera enterré civilement le 24 mai 1910 à Chitry-les-Mines.


    Jules Renard puise son inspiration dans la campagne nivernaise où il essaie de séjourner le plus fréquemment possible. Ses portraits sont incisifs, ironiques et parfois cruels. Dans
    Histoires Naturelles (1896), il humanise les animaux et animalise les hommes. Il milita pour le pacifisme et l’anticléricalisme qui apparaît notamment dans La Bigote. Souvent irreligieux, il confie dans son journal: « J’ai l’esprit anticlérical et un cœur de moine ».

    Son journal (1897 à 1910, mais publié en 1925) est certainement son chef-d’œuvre, fait d’introspection, d’ironie, d’humour et de nostalgie. C’est aussi une mine d’information sur la vie littéraire.

    Ses œuvres principales
    :
    L’écornifleur (1892), Histoires Naturelles (1894), Poil de carotte (1894), Plaisir de rompre (théâtre, 1897), Pain de ménage (1898), Journal (1897-1910), Les bucoliques (1908), La Bigote (1909).

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    Éphéméride 21 février 1885 naissance de Sacha Guitry

    Sacha Guitry, dramaturge, metteur en scène et réalisateur, naît à Saint-Pétersbourg le 21 février 1885.

    Fils du célèbre comédien Lucien Guitry, il suit rapidement les traces de son père, écrivant et jouant des pièces à succès.

    Élève médiocre, il est expulsé de onze lycées différents comme il le rappelle dans son Discours de cent lignes, prononcé lors du banquet du centenaire du lycée Janson de Sailly.
    Il vécut une vie conjugale mouvementée (cinq mariages : avec Charlotte Lysès, Yvonne Printemps, Jacqueline Delubac, Geneviève de Sereville, Lana Marconi).

    Auteur dramatique prolifique, il a écrit 124 pièces de théâtre, dont beaucoup furent de grands succès. Il a également réalisé trente-six films (dont dix-sept adaptations de ses pièces), jouant dans la quasi-totalité d'entre eux.

    Dès 1914 il s’est intéressé au cinéma et a tourné un reportage en amateur sur quelques célébrités de l'époque (Sarah Bernhardt, Degas, Rodin, Auguste Renoir, Anatole France, Monet, Lucien Guitry, etc.) intitulé
    Ceux de chez nous. Mais c'est surtout à partir du Roman d’un tricheur (1936) qu'il s'affirme à l'écran.
    Il se cessera plus de tourner, alternant fantaisies historiques à grand spectacle, vaudevilles intimistes et films à sketches.


    Accusé de collaboration durant la Seconde Guerre mondiale, il est arrêté en 1944, et réhabilité dans les années 1950. Il meurt à Paris le 24 juillet 1957.
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    Éphéméride 20 février 1888 naissance de Georges Bernanos

    Georges Bernanos est un écrivain français né à Paris le 20 février 1888.

    En 1913, après avoir obtenu une licence en droit et en lettres, il est chargé par l’Action Française de la direction de l’
    Avant-Garde de Normandie, hebdomadaire monarchiste de Rouen.

    C’est en 1926 que commence sa carrière d’écrivain avec
    Sous le soleil de Satan, roman qui reçoit un succès immédiat. Cette même année, il souffre de la condamnation par Rome de l’Action Française mais accepte de s’en séparer. Au mois de novembre, paraît son Saint-Dominique, puis L’imposture (1927), La joie (prix Femina de 1929).

    En 1930, s’attaquant violemment à la bourgeoisie qui l’avait déçu, il rédige un pamphlet
    : La Grande peur des Bien-pensants. Dans un article du Figaro de 1931, il rompt alors avec Charles Maurras et l’Action Française.

    Séjournant à Palma de Majorque d’octobre 1934 à mars 1937, il y suit de près les événements de la guerre civile espagnole. D’abord favorable aux franquistes, il s’en détourne lorsqu’il découvre les accointances de l’Eglise et de Franco. C’est alors qu’il commence à composer
    Les Grands Cimetières sous la lune, parus en 1938.

    Entre-temps avaient vu le jour
    Un Crime (1935), Le journal d’un curé de campagne (Grand prix du roman de l’Académie française, 1936) et Nouvelle Histoire de Mouchette (1937). Il quitte les Baléares et l’année suivante en 1938, embarque pour le brésil où il vécut sept ans.

    Paraissent d’abord
    Le scandale de la Vérité et Nous autres français. Puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, s’élevant contre le gouvernement de Pétain, il inspire l’esprit de la résistance avec la résistance avec: La lettre aux Anglais (1942), Écrit de combat (1944), Le chemin de la croix des âmes (1945)


    En juillet 1945, il rentre en France et ce qu’il y trouve provoque son indignation. Il collabore quelque temps avec
    La Bataille, le Figaro, Combat, Carrefour et l’Intransigeant, publia en 1946 Monsieur Ouine, son roman le plus désespéré (commencé en 1933) et, en 1947, La liberté, pourquoi faire? ainsi que La France contre les robots. Quittant à nouveau la France, il s’installe en Tunisie. Mais il doit bientôt rentrer à Paris, à l’hôpital américain de Neuilly, pour mourir le 5 juillet 1948.

    Œuvres parues après sa mort
    :

    Les Enfants humiliés (1949)
    Le Dialogue des Carmélites (1951)
    Un Mauvais rêve (1951)
    Le crépuscule des vieux (1956)
    Français si vous saviez (1961)
    Le Lendemain, c’est vous (1969).

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    Éphéméride 19 février 1896 naissance d'André Breton

    André Breton est un écrivain, poète, essayiste et théoricien du Surréalisme, né à Tinchebray dans l’Orne le 19 février 1896 et décédé à Paris le 28 septembre 1966.
    Originaire d’un milieu modeste, il commence sans enthousiasme des études de médecine et est mobilisé en 1916 comme infirmier militaire à Nantes. Il y fait la connaissance de Jacques Vaché, qui se suicide à vingt-quatre ans et qui aura une grande influence sur lui.


    Avec Louis Aragon et Philippe Soupault, André Breton fonde en 1919 la revue
    Littérature. Ami de Guillaume Apollinaire, il fréquente aussi Tristan Tzara, initiateur du mouvement Dada.

    Dans
    Les Champs magnétiques (1920), texte poétique écrit avec Philippe Soupault, il met en œuvre le principe de l’écriture automatique et explore les possibilités de l’état hypnotique.

    André Breton publie en 1924 le premier « Manifeste du Surréalisme » où il prône l’exploration poétique de l’inconscient en réhabilitant l’imaginaire et le rêve. Avec ses amis, Philippe Soupault, Louis Aragon, Paul Éluard, René Crevel, Michel Leiris, Robert Desnos, Benjamin Péret, il crée le « Bureau de recherches surréalistes » et la revue « La Révolution surréaliste ».

    Dans le second Manifeste surréaliste (1930) André Breton qui tente de réconcilier le rêve et la réalité et de promouvoir une « libération totale », donne du surréalisme la définition suivante
    : « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer soit verbalement, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée… »

    En 1927 André Breton entre au Parti communiste avant de rompre tout lien avec lui en 1935. Après la guerre et son exil à New York de 1940 à 1946, il tente en vain de raviver le surréalisme.

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    Éphéméride 18 février 2008 décès d'Alain Robbe-Grillet


    Alain Robbe-Grillet est né à Brest le 18 août 1922 et décédé le 18 février 2008 à Caen.
    Romancier et cinéaste, cet ancien ingénieur agronome est considéré comme le principal théoricien du Nouveau Roman. Il est l'auteur en 1963 de l'essai-manifeste intitulé
    Pour un nouveau roman qui théorisa ces expériences littéraires.
    Il a publié une dizaine de romans, dont notamment
    Les Gommes (1953), Le Voyeur (1955, Prix de la Critique), La Jalousie (1957), Dans le labyrinthe (1959), La Belle captive (1976), Djinn (1981), Angélique ou l'enchantement (1988), Les derniers jours de Corinthe (1994), La Reprise (2001) et Un roman sentimental (2007).
    Il a également a également réalisé et scénarisé plusieurs films :
    L'immortelle (1963), Glissements progressifs du plaisir (1974), L'année dernière à Marienbad (1961, réalisé par Alain Resnais), La belle captive (1983), etc.
    Conseiller littéraire des éditions de Minuit de 1955 à 1985, il a été aussi pendant plusieurs années professeur des universités aux États-Unis et a dirigé le Centre de Sociologie de la Littérature à Bruxelles. Chevalier de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national du Mérite et des Arts et des Lettres, il a été élu à l'Académie française en 2004.
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    Éphéméride 17 février 1673 décès de Molière

    Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris le 15 janvier 1622 à Paris. Fils d’un tapissier ordinaire du roi, il fait ses études au collège des Jésuites de Clermont (l’actuel lycée Louis-le-Grand).
    À l’âge de dix ans, sa mère meurt. Il obtient une licence en droit à Orléans, mais trois ans plus tard, il renonce à reprendre la charge familiale et se tourne vers le théâtre.
    Il fonde alors en 1643 « l’Illustre Théâtre » et se fixe comme objectif de « faire rire les honnêtes gens ».

    • En 1644, il en prend la direction sous le pseudonyme de « Molière », tandis qu’en 1665, la troupe devint la « Troupe du Roi « mais n’a pas encore de succès: il lui est interdit de jouer Tartuffe pour cause de bonnes mœurs.


    Molière est à la fois le directeur, l’auteur, le metteur en scène, et l’un des tout premiers acteurs de la troupe à laquelle le roi accorde protection et pension.

    En 1668 sont représentés successivement Amphitryon le 13 janvier, George Dandin en juillet et L’Avare en septembre. La santé de Molière se détériore progressivement tant son rythme de travail est intense
    : il monte jusqu’à sept spectacles par an!

    Il est victime d’un malaise cardiaque et meurt le 17 février 1673 après la quatrième représentation du
    Malade imaginaire (il jouait le rôle d’Argan). À sa mort, sa femme supplie le roi Louis XIV d’ordonner qu’on l’enterre en terre chrétienne, celui-ci consentira par la suite à cette requête. Molière sera enterré en cachette de nuit, car les comédiens étaient excommuniés par l’Église catholique.

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    Éphéméride 16 février 1848 naissance d'Octave Mirbeau

    Octave Mirbeau, né le 16 février 1848 à Trévières (Calvados) et mort le 16 février 1917 à Paris, est un écrivain et un journaliste français.

    Petit-fils de notaires normands, fils d’un médecin, Octave Mirbeau a fait ses études chez les Jésuites avant d’être renvoyé. Après son baccalauréat, il entame sans la moindre conviction des études de droit, qu’il n’achève pas. Mobilisé, il subit la guerre de 1870 dans l’armée de la Loire, et l’expérience traumatisante de la débâcle lui inspirera plusieurs contes. En 1872, il « monte » à Paris et fait ses débuts journalistiques dans le quotidien de l’Appel au Peuple, nouveau nom du parti bonapartiste, L’Ordre de Paris. Ses chroniques ont paru successivement dans L’Ordre de Paris, organe officiel de l’Appel au Peuple, bonapartiste, jusqu’en 1877; puis dans L’Ariégeois, au service du baron de Saint-Paul, député de l’Ariège, en 1877-1878; puis dans Le Gaulois.


    Il met sa plume au service de ses valeurs éthiques et esthétiques et engage les grands combats éthiques, politiques, artistiques et littéraires, qui donneront de lui l’image durable d’un justicier et d’un imprécateur. C’est à la fin de 1884 que commence sa longue amitié avec Monet et Rodin. Il reconnaîtra le génie de Camille Claudel.


    C’est un homme engagé, qui paiera de sa poche la lourde amende à laquelle Zola est condamné pour la publication de
    J’Accuse dans L’Aurore.

    Octave Mirbeau a connu une célébrité européenne et de grands succès populaires, tout en étant également apprécié et reconnu par les avant-gardes littéraires et artistiques, ce qui n’est pas commun.

    Journaliste influent et fort bien rémunéré, critique d’art défenseur des avant-gardes, pamphlétaire redouté, il a été aussi un romancier novateur et un dramaturge, à la fois classique et moderne, qui a triomphé sur toutes les grandes scènes du monde.

    On lui doit notamment les ouvrages Le Calvaire, L’abbé Jules ou encore le Journal d’une femme de chambre.


    Après sa mort, il a traversé pendant un demi-siècle une période de purgatoire
    : il était visiblement trop dérangeant tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social. Littérairement incorrect, il était inclassable, il faisait fi des étiquettes, des théories et des écoles, et il étendait à tous les genres littéraires sa contestation radicale des institutions culturelles; également politiquement incorrect, farouchement individualiste et libertaire.
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    Éphéméride 15 février 1920 naissance de René-Guy Cadou

    René Guy Cadou est un poète français, né le 15 février 1920 à Sainte-Reine-de-Bretagne (Loire-Atlantique) et décédé le 20 mars 1951 à Louisfert (Loire-Atlantique).
    Il est fils d’instituteurs laïques et vit une enfance heureuse qui deviendra plus tard une source majeure de son inspiration poétique. Puis viendra le départ à Nantes pour le lycée, la mort de sa mère qui plongera l’adolescent dans une mélancolie profonde.

    En 1936, Cadou fait la rencontre de Michel Manoll, qui l’introduit dans les milieux poétiques et lui fait connaître notamment Max Jacob et Pierre Reverdy. Sa première publication
    : Brancardiers de l’Aube, en 1937. Suivront des années de poésie ardente, avec de nouvelles épreuves: la mort du père, la guerre, la débâcle.


    Mobilisé en juin 40, Cadou échoue dans la retraite, à Navarrenx puis à Oloron-Sainte-Marie où, malade, il est hospitalisé. Réformé le 23 octobre, il regagne la région nantaise où le hasard de ses nominations en tant qu’instituteur suppléant le conduit aux quatre coins du département. La poésie des premiers recueils est sans doute dominée par l’influence de Pierre Reverdy. L’expérience de la guerre l’orientera vers une expression beaucoup plus poignante et personnelle face à l’horreur
    : « Pleine Poitrine ».
    Le 22 octobre 1941 trois camions bâchés roulent vers la Sablière de Châteaubriant, transportant les 27 otages qui seront fusillés quelques instants plus tard
    : l’instituteur Cadou croise le chemin des otages. Les poèmes de « Pleine Poitrine » s’ancreront sur cet épisode terrible de la barbarie nazie.

    C’est à Rochefort-sur-Loire, dans l’arrière-boutique de la pharmacie de Jean Bouhier, que se retrouvera un groupe de jeunes poètes, en rupture avec le conformisme littéraire du régime de Vichy, et formeront école. On y comptera René Guy Cadou, Jean Rousselot, Jean Bouhier, Luc Bérimont, Marcel Béalu, Michel Manoll…

    Le 17 juin 1943, il rencontre Hélène Laurent, elle-même poète qu’il devait épouser en 1946 et qu’il célèbre dans « Hélène ou le règne végétal ». Nommé instituteur titulaire à Louisfert en octobre 1945, Cadou s’y installe et mène avec les gens du village, la vie simple du maître d’école en sabots et pèlerine.
    Mais bientôt la maladie va faire son œuvre inéluctable
    : interventions chirurgicales en janvier et mai 1950 suivies d’une période de rémission qui ne durera que le temps d’un été. Quelques jours après avoir signé Les Biens de ce Monde, René Guy Cadou meurt dans la nuit du 20 mars 1951, entouré d’Hélène et de Jean Rousselot qui était venu le voir par hasard.
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    Éphéméride 14 février 1885 décès de Jules Vallès

    Jules Vallès est né au Puy-en-Velay le 11 juin 1832. Sa vie est une révolte permanente contre l’injustice, une lutte sans relâche pour changer l’ordre établi. À partir de l’expérience douloureuse de sa propre enfance, il s’attache à défendre « les droits de l’enfant comme d’autres les droits de l’homme ».

    Son enfance au Puy-en-Velay est dure, il vit dans un petit appartement qu’il évoquera ainsi
    : « C’est dans cette prison que j’ai passé les heures libres de ma vie d’enfant… ». La vie des parents de Vallès n’était guère heureuse: ressources aléatoires et faibles, quatre de leurs enfants vont décéder en bas âge.
    Son enfance va s’écouler entre la violence d’une mère possessive et exigeante et les joies simples avec ses oncles, tantes, cousins et amis.

    En 1848, à seize ans, il participe à sa première manifestation à Nantes. Trois ans plus tard, il est sur les barricades à Paris, en réaction au coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte. Il fait son premier séjour en prison.
    Successivement journaliste au « Figaro », au « Progrès de Lyon », au « Globe », à « L’Événement » et à « L’Auvergnat de Paris », il crée plusieurs titres
    : « La Rue », « Le Peuple », « Le Cri du Peuple ».
    La censure le conduit devant les tribunaux et à plusieurs reprises derrière les barreaux. La liberté de la presse fut une bataille pour Vallès.

    Opposant déterminé au Second Empire, après le soulèvement de la Commune de Paris, en mars 1871, où il est élu du XVe arrondissement, il siège à la commission de l’Enseignement puis à celle des relations extérieures.
    Au moment de l’écrasement de la Commune, lors de la « Semaine Sanglante », il se bat sur les barricades. Le bruit court qu’il a été fusillé mais il est parvenu à s’enfuir jusqu’en Angleterre. En juillet 1872, un tribunal militaire le condamne à mort par contumace.

    Vallès connaît neuf années d’exil très éprouvantes. Durant cette période il écrit « L’Enfant », « Le Bachelier » et « L’Insurgé ». Cette œuvre passera à la postérité, lue et traduite dans de nombreux pays.
    De retour en France après l’amnistie, il relance son journal « le Cri du Peuple ». Il revient au Puy en Velay où il souhaite, dit-il s’installer quatre mois par an. Mais le diabète le ronge et il s’éteint le 14 février 1885.

    La dépouille de Jules Vallès est conduite au cimetière du Père Lachaise. Ses funérailles furent suivies par près de cent mille personnes. Dans le cortège des heurts éclatèrent entre royalistes et anciens communards.
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    Éphéméride 13 février 1903 naissance de Georges Simenon

    Georges Simenon est né le vendredi 13 février en 1903 à Liège, mais par superstition ses parents le déclarent né la veille. Son père est fils d’un chapelier, il travaille dans un bureau d’assurance; sa mère est employée dans un grand magasin. En 1906, naît son frère Christian qui sera le préféré de la mère.

    Dans les années 1918 et 1919, son père tombe gravement malade. Georges arrête ses études et travaille; il entre comme reporter à la rubrique « faits divers » du journal très conservateur La Gazette de Liège. Cette période journalistique fut pour le jeune Simenon, juste âgé de seize ans, une extraordinaire expérience qui lui permet d’explorer les dessous de la vie d’une grande ville, les dessous de la politique, mais aussi de la criminalité, de fréquenter et de pénétrer la vie nocturne réelle, de connaître les dérives dans les bars et les maisons de passe; elle lui permet aussi d’apprendre à rédiger de façon efficace. Il écrira plus d’un millier d’articles sous plusieurs pseudonymes dont 150 sous le pseudonyme « G. Sim ».


    En juin 1919, la famille déménage à nouveau pour revenir dans le quartier d’Outremeuse. Simenon y rédige son premier roman Au pont des Arches, publié en 1921 sous son pseudonyme de journaliste. À partir de novembre 1919, il publie les premiers de ses 800 billets d’humeur, sous le nom de Monsieur Le Coq (jusqu’en décembre 1922). Durant cette période, il approfondit sa connaissance du milieu de la nuit, des prostituées, de l’ivresse d’alcool, des garçonnières en ville. Parmi ses fréquentations, il rencontre des anarchistes, des artistes bohèmes, et même deux futurs assassins!

    En 1921, il rencontre une peintre Régine Renchon surnommée Tigy. Son père meurt en novembre à l’âge de 44 ans. Georges effectue son service militaire. Deux ans plus tard, il épouse Régine. Il débarque à Paris. et écrit des contes et nouvelles. Ses premières tentatives littéraires l’amènent à fréquenter le milieu des lettres et des journalistes littéraires. Il place, raconte-t-il plus tard, beaucoup d’espérances en des contes et nouvelles, qu’il apporte à Colette, directrice littéraire du très puissant quotidien parisien, Le Matin. En 1930, dans une série de nouvelles pour Détective, écrites à la demande de Joseph Kessel, apparaît pour la première fois le personnage du commissaire Maigret. La première apparition du personnage dans un roman est intitulée Pietr le Letton.

    Simenon meurt le 4 septembre 1989 à Lausanne.

    Le critique Robert Poulet avait dit: « Presque tous ses récits commencent par cent pages magistrales, auxquelles on assiste comme à un phénomène naturel, et à l’issue desquelles on se trouve infailliblement devant une certaine quantité de matière vivante dont un autre Simenon s’empare alors pour en tirer des surprises et des drames beaucoup moins habilement. » Il avait aussi précisé que Simenon était meilleur dans la peinture des états que dans celle des actions, définissant son univers comme statique.

    Hors romans policiers, ses meilleurs romans sont basés sur des intrigues situées dans des petites villes de province, où évoluent de sombres personnages à l’apparence respectable, mais qui ourdissent de ténébreuses entreprises, dans une atmosphère sournoise et renfermée, dont les meilleurs exemples sont les romans
    Les Inconnus dans la maison et Le Voyageur de la Toussaint, mais aussi Panique, Les Fiançailles de M. Hire et La Vérité sur Bébé Donge.
    Simenon est en effet un romancier d’une fécondité exceptionnelle: on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom et 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes. Il est l’auteur belge le plus lu dans le monde.
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    Éphéméride 12 février 1984 décès de Julio Cortázar

    Julio Florencio Cortázar Descotte, né le 26 août 1914 à Ixelles (Belgique) et mort le 12 février 1984 à Paris, est un écrivain argentin, auteur de romans et de nouvelles, établi en France en 1951 et naturalisé français en 1981.

    À sa naissance en 1914, le père de Julio Cortázar travaille à la délégation commerciale de la mission diplomatique argentine à Bruxelles. La famille, issue d'un pays neutre dans le conflit qui commence, peut rejoindre l'Espagne en passant par la Suisse, et passe dix-huit mois à Barcelone.

    En 1918, la famille retourne en Argentine. Julio Cortázar passe le reste de son enfance à Buenos Aires, dans le quartier périphérique de Banfield, en compagnie de sa mère et de sa sœur. Le père abandonne la famille. L'enfant, fréquemment malade, lit des livres choisis par sa mère, dont les romans de Jules Verne.

    Après des études de lettres et philosophie, restées inachevées, à l'université de Buenos Aires, il enseigne dans différents établissements secondaires de province. En 1932, grâce à la lecture d'
    Opium de Jean Cocteau, il découvre le surréalisme. En 1938, il publie un recueil de poésies, renié plus tard, sous le pseudonyme de Julio Denis. En 1944, il devient professeur de littérature française à l'Université nationale de Cuyo, dans la province de Mendoza.

    En 1951, opposé au gouvernement de Perón, il émigre en France, où il vivra jusqu'à sa mort. Il travaille alors pour l'UNESCO en tant que traducteur. Il traduit en espagnol Defoe, Yourcenar, Poe. Alfred Jarry et Lautréamont sont d'autres influences décisives.

    Il s'intéresse ensuite aux droits de l'homme et à la gauche politique en Amérique latine. Il participe aussi au tribunal Russell.


    Naturalisé français par François Mitterrand en 1981 en même temps que Milan Kundera1, il meurt de leucémie le 12 février 1984 à Paris, où il vivait 4 rue Martel (10e). Sa tombe au cimetière du Montparnasse est un lieu de culte pour des jeunes lecteurs, qui y déposent des dessins représentant un jeu de marelle, parfois un verre de vin.
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    Éphéméride 11 février 1657 naissance de Fontenelle

    Bernard LE BOUYER de FONTENELLE est né à Rouen, le 11 février 1657.

    Neveu des deux Corneille, il fut poète, auteur dramatique, moraliste, philosophe. Il prit parti pour les Modernes dont il fut l’un des chefs ; l’opposition que lui firent Racine et Boileau causa quatre fois son échec à l’Académie où il fut enfin élu le 23 avril 1691 et reçu le 5 mai suivant par son oncle Thomas Corneille. Il avait eu pour concurrent La Bruyère dont il resta l’adversaire.
    Il fréquenta les salons de la fin du XVIIe siècle et la plupart de ceux du XVIIIe ; il fut surtout un familier du salon de Mme de Lambert que Mathieu Marais surnomma “la Caillette de Fontenelle”, et à qui il présenta Montesquieu.
    Ses principaux ouvrages sont : les
    Dialogues des Morts, les Entretiens sur la pluralité des Mondes, la Digression sur les anciens et les modernes, une Histoire des Oracles, une Histoire de l’Académie des Sciences, de 1666 à 1699, des Éloges des Académiciens.
    «On peut le regarder comme l’esprit le plus universel que le siècle de Louis XIV ait produit.» (Voltaire)
    Il appartint soixante-six ans à l’Académie, dont il était le doyen. À sa mort, le 9 janvier 1757, il lui manquait un mois pour être centenaire.

    Son
    Histoire des Oracles, dénonciation des impostures en matière de religion, est téléchargeable ici :
    http://classiques.uqac.ca/classiques/fontenelle_bernard_de/fontenelle.html

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    Éphéméride 10 février 1898 naissance de Joseph Kessel

    Joseph Kessel (10 février 1898, Clara, Entre Ríos, Argentine - 23 juillet 1979, Avernes, Val-d'Oise) est un journaliste et romancier français.

    Né le 10 février 1898 en Argentine, Joseph Kessel fait ses études à Nice, puis à Paris où il valide sa licence de lettres en 1914 avant de s’engager dans le service de politique étrangère au Journal des débats. Il s’essaye au théâtre quelques mois avant de prendre part  la guerre volontairement dans l’artillerie puis dans l’aviation et d’en sortir avec l’inspiration pour son premier succès : L’équipage. Quand le conflit s’acheva et que Kessel, dès qu’il eut atteint sa majorité, demanda la nationalité française, il portait la croix de guerre, la médaille militaire, et il avait déjà fait deux fois le tour du monde.

    Joseph Kessel repart en tant que grand reporter sur le terrain (Irlande, Israël, Berlin...), et publie plusieurs œuvres célèbres dont Les Captifs (1926), Belle de jour (1928)
    Kessel appartenait à la grande équipe qu’avait réunie Pierre Lazareff à Paris-Soir, et qui fit l’âge d’or des grands reporters. Correspondant de guerre en 1939-40, il rejoignit après la défaite la Résistance (réseau Carte), avec son neveu Maurice Druon. C’est également avec celui-ci qu’il franchit clandestinement les Pyrénées pour gagner Londres et s’engager dans les Forces Françaises libres du général de Gaulle. En mai 1943, les deux hommes composaient les paroles du « Chant des Partisans », voué à devenir le chant de ralliement de la Résistance, et Kessel publiait, en hommage à ses combattants, L’Armée des Ombres. Il finirait la guerre, capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survolait la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance et lui donner des consignes.


    À la Libération, il reprit son activité de grand reporter, voyagea en Palestine, en Afrique, en Birmanie, en Afghanistan. C’est ce dernier pays qui lui inspirera son chef-d’œuvre romanesque,
    Les Cavaliers (1967).

    Il écrit près de 80 romans, dont plusieurs sont adaptés pour l'écran, parfois même par ses soins ; l’Armée des ombres (1943), Le Lion (1958), La Passante du Sans-Souci. Il écrit également des scénarios originaux, et adapte le roman de Hans Hellmut Kirst La nuit des généraux (1962).

    En 1962, il est élu à l'Académie Française, au fauteuil du Duc de la Force, et ajoute à son épée une étoile de David.
    Il meurt le 23 juillet 1979 dans le Val d'Oise.

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    Éphéméride 9 février 1874 décès de la comtesse de Ségur

    Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur, née le 1e août 1799 à Saint-Pétersbourg, morte le 9 février 1874 à Paris est une écrivaine française d’origine russe.
    Née à Saint-Pétersbourg en 1799, Sophie Rostopchine est la fille du comte Rostopchine, ministre du tsar Paul Ier et gouverneur de Moscou (c’est lui qui fait incendier la ville à l’approche des troupes de Napoléon 1e).

    Toute son enfance se passe dans le domaine de Voronovo, près de Moscou
    . Elle reçoit l'éducation des enfants de l'aristocratie russe, qui privilégie l'apprentissage des langues étrangères, du français en premier lieu. Adulte, elle sera polyglotte, connaissant cinq langues.
    C'est aussi une petite fille turbulente, souvent punie par ses parents. Sa mère la maltraite.

    Elle quitte la Russie, à la suite de son père, tombé en disgrâce, et s'installe, en 1817, en France, où elle épouse le comte Eugène de Ségur (1819).

    Ce mariage d'amour est d'abord heureux, mais elle est par la suite délaissée par un époux volage qui la trompe notamment avec leur bonne. elle passe une grande partie de sa vie dans sa propriété des Nouettes (Orne) qui devait l'inspirer souvent pour les décors de ses récits. Lors de ses visites épisodiques, son mari lui fait huit enfants et lui donne une maladie vénérienne qui lui provoquera des crises nerveuses.

    A cinquante ans, elle commence à écrire pour ses petits-enfants, Camille et Madeleine de Malavet, leur père étant parti pour Londres, nommé secrétaire d'ambassade. Mais rapidement ses petites histoires jouissent d'une grande renommée. Son époux vend les œuvres de sa femme à Louis Hachette, qui crée la Bibliothèque rose, en empoche les droits d’auteur…

    En 1857, elle publie les
    Nouveaux contes des fées, illustrés par Gustave Doré, puis la trilogie que constituent les Malheurs de Sophie (1864), Les Petites filles modèles (1865) et Les Vacances (1858).

    Essentiellement composés de dialogues au ton alerte, ces récits restent très prisés des enfants.

    Son veuvage et l'effondrement consécutif des ventes de ses livres l’oblige à vendre Les Nouettes en 1872 et à se retirer à Paris, au 27, rue Casimir-Périer, à partir de 1873. Elle meurt à cette adresse à 75 ans, entourée de ses enfants et petits-enfants.
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    Éphéméride 8 février 1828 naissance de Jules Verne

    Jules Verne naquit à Nantes le 8 février 1828. Son père, Pierre Verne, fils d’un magistrat de Provins, s’était rendu acquéreur en 1825 d’une étude d’avoué et avait épousé en 1827 Sophie Allotte de la Füye, d’une famille nantaise aisée qui comptait des navigateurs et des armateurs. Jules est l’aîné de cinq enfants.

    En 1844, il est inscrit au lycée de Nantes où il fera sa rhétorique et sa philosophie. Ses baccalauréats passés, et comme son père lui destine sa succession, il commence son droit. Il obtient de son père l’autorisation d’aller terminer ses études à Paris. Ayant lait la connaissance d’Alexandre Dumas, il commence à écrire pour le théâtre.

    En 1852, il publie
    Les premiers navires de la marine mexicaine et Un Voyage en ballon qui figurera plus tard dans le volume Le Docteur Ox sous le titre Un drame dans les airs, deux récits où déjà se devine le futur auteur des Voyages extraordinaires.

    Il cherche à épouser une jeune fille riche… En 1856, il fait la connaissance de celle qu’il épousera le 10 janvier 1857
    : Honorine-Anne Hébé Morel, née du Fraysne de Viane, veuve de vingt-six ans et mère de deux fillettes. Jules Verne, grâce aux relations de son beau-père et à un apport de Pierre Verne (50000 francs), entre à la Bourse de Paris comme associé de l’agent de change Eggly. Il continue à lire énormément et entame ses premiers grands voyages (Angleterre et Écosse en 1859, Norvège et Scandinavie en 1861) tout en continuant à écrire pour le théâtre. Le 3 août 1861, naît Michel Verne, qui sera son unique enfant.

    1862 : Il présente à l’éditeur Hetzel
    Cinq semaines en ballon et signe un contrat qui l’engage pour les vingt années suivantes. Sa vraie carrière va commencer: Le roman, qui paraît en décembre 1862, remporte un succès triomphal, en France d’abord puis dans le monde. Jules Verne peut abandonner la Bourse sans inquiétude.

    1864 verra la sortie de
    Voyage au centre de la Terre suivi en 1865 par De la Terre à la Lune. Ainsi débutera sa fameuse série des Voyages extraordinaires qui se poursuivra durant quarante années. On connaît tous les grands titres de cette série, des titres comme L’île mystérieuse, Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, Robur le conquérant, etc.

    Fixé à Amiens, devenu, selon lui-même une « bête de Somme », il a écrit plus de 80 romans, publié plusieurs grands ouvrages de vulgarisation et fait représenter, seul ou en collaboration, une quinzaine de pièces de théâtre. Il est à juste titre considéré comme un des créateurs des romans d’anticipation avec H. G. Wells grâce sa grande connaissance des étonnantes conquêtes de la science.

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    Éphéméride 7 février 1812 naissance de Charles Dickens

    Charles Dickens est né à Portsmouth en 1812. Le père tient une place importante dans la jeunesse de Charles Dickens. Il n’a que douze ans lorsque sa famille doit vivre en prison pour dettes, fait qu’il évoque dans La Petite Dorrit (1857).


    L’enfant doit travailler dans une fabrique. Dickens fut traumatisé par ces humiliations enfantines, au point de ne pas remettre à ses éditeurs l’autobiographie qu’il avait promise. À la faveur d’un héritage, il peut reprendre ses études, apprend la sténographie et devient clerc de notaire.


    Il rentre ensuite au
    Morning Herald comme chroniqueur et publie les Esquisses de Boz dont le succès provoqua la commande des Aventures de Mr Pickwick (1836-1837). Poussé par la parution en feuilletons, Dickens entre alors dans une période très créative.


    Dans ses romans, Dickens dénonce souvent les abus et les laideurs sociales de son temps. En 1837-1837, il publie
    Oliver Twist. Déçu par l’Amérique qu’il découvrit esclavagiste au cours d’un voyage en 1840, il publie des Notes américaines (1842).


    Admirateur de Carlyle, il est influencé par lui dans
    Barnaby Rudge (1841), roman historique. De 1843 à 1845 paraissent Les Contes de Noël, Le Carillon (The Chimes), et Le Grillon du foyer (The Cricket of the Heard) qui marquèrent profondément la sensibilité anglo-saxonne.


    Dickens se trouve en Europe au moment des événements de 1848. Il publie alors
    Dombey et Fils (1848) qui évoque le sexisme et le châtiment de l’orgueil.

    Le thème de l’enfance réapparaît dans
    David Copperfield (1849-1850) et celui des fausses valeurs dans Bleak House (1852-1853). Le capitalisme exploiteur est encore dénoncé dans Hard Times (Les Temps difficles, 1854).

    Après la séparation avec sa femme (1858), Charles Dickens, désillusionné, écrit
    Les Grandes espérances (1861) mettant en scène un orphelin, Pip, recueilli par un forçat, et Notre ami commun (1864-1865), sa dernière œuvre complète où, comme dans La Petit Dorrit (1857) l’auteur s’attaque aux fondements de la civilisation du profit.


    Charles Dickens reste l’un des romanciers anglais les plus populaires dans le monde entier. Il meurt le 9 juin 1870.
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    Éphéméride 6 février 1793 décès de Carlo Goldoni

    À l’instar de son rival, Carlo Gozzi, Carlo Goldoni est né à Venise, le 25 février 1707.

    Il passa les quarante premières années de sa vie à voyager d’une ville à l’autre, changeant constamment d’emploi, devenant tour à tour, fonctionnaire de la justice criminelle ou avocat à Pise, consul de Venise à Gênes ou directeur de théâtre. Durant cette période, il écrivit peu (quelques canevas de commedia dell’arte et livrets d’opéra, ainsi qu’une tragédie,
    Bélisaire, qui fit un peu parler de lui en tant qu’auteur).

    Puis, à l’âge de quarante ans, il rencontra Medebac, directeur du théâtre Sant’Angelo de Venise, qui l’attacha à sa compagnie comme auteur attitré, et le sédentarisa dans sa vie natale contre quatre cents, puis six cents ducats. Goldoni fut alors plongé dans une véritable boulimie d’écriture
    : en moins de vingt ans, il produisit près de deux cents vingt pièces, dont presque autant de chefs-d’œuvre.

    Il eut tôt fait de découvrir son genre de prédilection
    : la comédie. Ses pièces, purgées des traditionnelles grossièretés, se plaisent à caricaturer la vie quotidienne vénitienne et ne laissent pas de place à l’improvisation : il rédigeait entièrement les dialogues.

    Au début de sa carrière, ses pièces participaient pleinement de la tradition de la
    commedia dell’arte. Ainsi, Arlequin serviteur de deux maîtres, représenté en 1745, a recours aux personnages traditionnels qui jouent masqués.

    Mais, les ambitions de Goldoni dépassaient nettement ce type de pièces
    ; il souhaitait réformer la comédie italienne pour la rendre comparable à celle du XVIIe siècle français, il se rêvait en Molière italien. Aussi, dès 1750, exposa-t-il les principes de sa « réforme » en une comédie des comédiens, intitulée Il Teatro comico, qui décrivait les tensions survenant au cours des répétitions entre comédiens attachés aux vieilles méthodes et partisans de la réforme.

    Ses plus grandes comédies s’appuient sur le réalisme des situations et la peinture sociale
    : Goldoni a beaucoup été inspiré par ses deux modèles, Molière et Marivaux.

    Trois ans après
    Il Teatro, il écrivit La Locanderia, l’histoire d’une aimable aubergiste courtisée par tous ses riches clients, bien évidemment ridicules. Plus tard, ce sera Il Campiello (1756), récit des mésaventures des habitants d’un groupe de maisons pauvres, La Villégiature (1761), présentation burlesque de la philosophie d’un gentilhomme qui, de retour d’un voyage, apporte dans sa campagne natale une conception nouvelle du comportement amoureux, et Baroufe à Chioggia (1762), histoire d’un jeune batelier semant le trouble parmi les habitants de modeste condition d’une ville portuaire italienne.

    Trois mois après cette dernière pièce, Goldoni fut contraint à l’exil en France. En effet, il n’avait pas réussi à s’imposer en Italie et la « contre-réforme » théâtrale de Gozzi l’avait emporté.

    Il demeura deux ans à la Comédie Italienne, avant d’obtenir une place de professeur d’italien à la cour de Louis XV, où il continua son écriture, mais en français maintenant
    : il produira non seulement une pièce au succès tardif, Le Bourru bienfaisant (1771), mais se consacrera également à la rédaction de ses Mémoires (1787), qui nous permettent aujourd’hui de connaître sa vie de façon assez précise.

    Sa pension royale fut suspendue à la Révolution, et il périt dans la misère le 6 février 1793.

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    Éphéméride 5 février 1626 naissance de Mme de Sévigné

    Femme de lettres française née à Paris en 1626, morte à Grignan dans la Drôme le 17 avril 1696, Marie de Rabutin-Chantal est la petite-fille de Jeanne de Chantal, qui fonda l’ordre de la Visitation avec François de Sales.

    Elle perd son père en 1627, puis sa mère en 1633 puis trois de ses grands-parents. Elle est élevée par son grand-père, puis à la mort de ce dernier ce sont ses deux oncles l’abbé Philippe de la Tour de Coulanges, qui possédait un château à Sucy, près de Paris et Christophe de Coulanges le « Bien-Bon » qui lui donneront une instruction et une éducation exemplaires.

    La légende veut que Ménage et Chapelain aient été ses maîtres. Mais ces importants personnages ne formèrent son esprit qu’après son entrée dans le monde.

    En 1644 Marie de Rabutin-Chantal a dix-huit ans, quand elle épouse Henri de Sévigné, de trois ans son aîné. Ce dernier, léger et dépensier, lui donnera deux enfants
    : Françoise-Marguerite en 1646 et un garçon en 1648. En 1651 son mari Henri trouve la mort lors d’un duel. Veuve à vingt-cinq ans, elle décide de se consacrer exclusivement à sa vie mondaine et à l’éducation de ses enfants.

    Le 27 janvier 1669, la marquise de Sévigné marie sa fille Françoise-Marguerite au comte de Grignan. Ce dernier est nommé en septembre lieutenant-général en Provence. Sa femme l’accompagne. C’est à cette circonstance que nous devons les Lettres (1671-1696) de Madame de Sévigné.

    Mille cinq cents lettres environ, seront adressées principalement à sa fille madame de Grignan, mais aussi à son fils Charles, à son cousin Bussy-Rabutin, à ses amis Madame de Pomponne, le cardinal de Retz La Rochefoucauld, le philosophe Corbinelli, qui fut son lecteur, Madame de La Fayette, Madame Scarron…

    Ces lettres connues de son vivant ont souvent été copiées et transmises de main en main. Leur première publication eut lieu en 1726. La petite-fille de la marquise, madame de Simiane les censura et en fit publier une édition plus complète de 1734 à 1737. En 1820 on découvrit une copie de 1055 pages qui fut à la base de l’édition des Grands Écrivains de la France. Ce sera sur la découverte en 1872 d’un recueil de quatre volumes que s’appuieront les éditions modernes.

    La marquise de Sévigné mourut le 17 avril 1696, à Grignan, où elle était venue soigner sa fille, gravement malade.

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    Éphéméride 4 février 1688 naissance de Marivaux

    Né à Paris, baptisé le 4 février 1688 à Paris où il est mort le 12 février 1763, Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux passe son enfance et son adolescence à Riom, où son père remplit la fonction de directeur de la Monnaie. Élevé au collège des Oratoriens de la ville, il est destiné à reprendre la charge de son père et entreprend à cet effet des études de droit à Paris à partir de 1710.

    Peu après son arrivée dans la capitale il devient, par l’entremise de Fontenelle, l’un des familiers du salon de Mme de Lambert et reçoit l’approbation pour sa première pièce de théâtre,
    le Père prudent et équitable ou Crispin l’heureux fourbe (1712). Cette prédilection qu’il attache à la vie de mondain, plus que le désir impérieux de répondre à sa vocation littéraire a vraisemblablement une très large part dans l’interruption de ses études en 1713. Il s’initie dans les salons à une forme de préciosité moderne qui donnera naissance au « marivaudage ».

    Auteur de plusieurs romans, dont 
    la Voiture embourbée en 1714, et d’une série d’essais publiés par le Mercure, les Lettres sur les habitants de Paris (1717), les Pensées sur la clarté du Discours (1719), il achève de prendre parti dans la seconde Querelle des Anciens et des Modernes en faisant paraître à la fin de 1716 l’Iliade travestie, roman parodique et burlesque.

    Marié en 1717, il perd sa femme en 1723. Ruiné par la banqueroute de Law, débouté dans sa demande de succéder à la charge de son père, il fait mine de s’orienter vers la carrière littéraire alors que l’une de ses pièces (
    la Mort d’Hannibal, 1720) vient d’être acceptée à la Comédie-Française et deux autres, l’Amour et la Vérité (1720) et Arlequin poli par l’amour (1720), au Théâtre des Italiens. Marivaux songe pourtant à une carrière d’avocat et reprend une inscription en droit en 1721. Fondateur du journal le Spectateur français (1721), il mène conjointement une brillante carrière de journaliste et de dramaturge. Il est élu à l’Académie Française en 1742 de préférence à Voltaire.

    Marivaux a été un écrivain prolifique: de 1713 à 1755, il a publié pratiquement tous les ans. Une quarantaine de pièces de théâtre, en un ou trois actes le plus souvent, sept romans et récits parodiques, trois journaux et une quinzaine d’essais.

    Marivaux a été l’auteur le plus joué de la première moitié du XVIIIe siècle, avec Voltaire.
    Dans les années 1950-1960, redevenu à la mode, Marivaux permet à la nouvelle génération de metteurs en scène de s’essayer à de nouvelles interprétations
    : Vitez, Vilar, Planchon, Chéreau, entre beaucoup d’autres.


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    Éphéméride 3 février 1874 naissance de Gertrude Stein

    Gertrude Stein, née le 3 février 1874 à Allegheny en Pennsylvanie et morte le 27 juillet 1946 à l’Hôpital américain de Neuilly sur Seine, est une poétesse, écrivain, dramaturge et féministe américaine.

    Elle passa la majeure partie de sa vie en France et fut un catalyseur dans le développement de la littérature et de l’art moderne. Par sa collection personnelle et par ses livres, elle contribua à la diffusion du cubisme et plus particulièrement de l’œuvre de Picasso, Matisse et de Cézanne.

    Elle naît en Pennsylvanie, dans une famille d’émigrants juifs allemands et passe la plus grande partie de son enfance en Californie. Attirée par la philosophie, les sciences et la psychologie, elle est étudiante en psychologie, puis, commence, en 1897, des études de médecine, qu’elle interrompt en 1901.
    C’est à cette époque qu’elle fait la rencontre du psychologue William James, le frère du romancier Henry James.

    Attirée aussi par l’étranger, l’étrangeté, « ce qui n’est pas la vie américaine bourgeoise à laquelle sa naissance l’avait destinée », elle vient rejoindre son frère Leo à Paris, en 1903, après avoir terminé un premier roman
    Things as they are (qui ne sera publié qu’après sa mort), et choisit définitivement la France, pour terre d’accueil et d’écriture.

    Leo, qui a voulu devenir historien d’art et artiste, qu’elle admire, l’a initiée à la peinture. Ils vivent des dividendes provenant des placements financiers de leur père défunt. Ils entreprennent une collection des plus riches, devenant mécènes de Cézanne, Matisse, Picasso… Entre 1905 et 1920, près de 600 tableaux vont passer entre leurs mains. Gertrude côtoie notamment Henri-Pierre Roché, marchand d’art, et Francis Picabia. Elle ne fréquente pas particulièrement les dadaïstes, mais considère Tristan Tzara comme un cousin.
    Son appartement du 27 rue de Fleurus devient un lieu de rencontre pour l’avant-garde du monde entier.

    En 1907, elle rencontre Alice B. Tolkias, la secrétaire de Leo, avec qui elle partagera sa vie de 1909 jusqu’à sa mort. Cette relation et le soutien au mouvement Cubiste brouillent définitivement Leo et sa sœur.

    Entre 1906 et 1908, elle écrit les mille pages de
    The Making of the Americans, qu’elle considère comme sa grande œuvre, mais qui est l’objet d’un différend avec son frère Leo, qui n’approuve pas cette écriture.
    Lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Stein et Toklas, par fidélité à la France, leur patrie d’adoption, participent à l’approvisionnement des hôpitaux de campagne et au transport des blessés avec leur propre voiture. Elles seront récompensées par le gouvernement pour cet engagement.
    Après la guerre, le salon de la rue de Fleurus a moins de succès, mais elle a le plaisir de voir paraître
    The Making of Americans en 1925 aux éditions Contact. Elle poursuit sa collection mais, ses moyens ne lui permettant plus de s’offrir des Picasso, elle jette son dévolu sur Juan Gris et Masson, puis sur Balthus et Picabia.
    Le succès ne vient qu’avec l’
    Autobiographie d’Alice B. Tolkias en 1933, son œuvre la plus connue et la plus facile d’accès, qui lui vaudra une tournée de conférences aux États-Unis. L’œuvre raconte l’aventure de la collection, en éliminant Léo et en s’attribuant le premier rôle. Le public découvrait une Gertrude Stein que ses œuvres antérieures avaient cantonnée dans le champ plus étroit de l’avant-garde.

    Stein et Toklas quittent Paris pour échapper aux persécutions. Gertrude Stein meurt en 1946, d’un cancer de l’estomac. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise.

    C’est elle qui qualifie les jeunes auteurs, parmi lesquels Hemingway et Fitzgerald de « lost generation »: « Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue », rapporte Hemingway dans Paris est une fête).
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    Éphéméride 2 février 1957 décès de Valéry Larbaud

    Valery Larbaud, né à Vichy en 1881, est issu d’une famille fortunée. Son père, Nicolas Larbaud, pharmacien à Vichy, a bâti sa fortune sur l’exploitation des eaux minérales de Saint-Yorre (Allier).
    Enfant unique, il est élevé par sa mère et sa tante. Solitaire et rêveur dès son plus jeune âge il décrira l’enfance avec un art subtil dans Enfantines (publié en 1918).
    À 10 ans, il est inscrit comme pensionnaire au collège Saint-Barbe de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), épisode marquant de son existence qu’il décrira dans son roman Fermina Marquez (1911).
    En 1896, il entreprend son premier voyage en Espagne, suivi de nombreux autres qui lui feront découvrir et aimer l’Angleterre, l’Italie, le Portugal, l’Allemagne, la Suède, la Grèce, la Suisse, l’Albanie… Dès l’âge de quinze ans, il affirme qu’il veut être « homme de lettres ».
    Ses premières publications sont des traductions, des articles sur la littérature anglaise, espagnole. Il fait connaître de nombreux écrivains au public français.

    En 1908, il publie ses premiers textes. A.O. Barnabooth, Jaune, Bleu, Blanc (publié en 1927) et Aux couleurs de Rome (1938).

    En 1923, dans
    Amants, heureux amants, trois nouvelles sur le thème de l’amour, il utilise le procédé littéraire du monologue intérieur qu’il a découvert et apprécié dans l’œuvre de l’écrivain irlandais James Joyce. Enthousiasmé par la lecture d’Ulysse, il accepte de diriger la traduction en français du texte de Joyce.

    De même, il va entreprendre la traduction d’œuvres de Ramon Gomez de la Serna, Samuel Butler, Gabriel Miro, Walt Whitman… Il veut faire connaître au public français des écrivains alors peu connus comme Joseph Conrad, William Faulkner, Jorge Luis Borges… Mais aussi des auteurs français oubliés comme Maurice Scève, Jean de Lingendes… ou encore peu lus comme Paul Valéry, Blaise Cendrars, Léon-Paul Fargue…

    En 1935, terrassé par un accident cérébral, il ne peut plus écrire. Isolé par la maladie, il n’est pourtant pas oublié du monde des lettres. Il reçoit de nombreux titres honorifiques et littéraires, en particulier le Prix National des Lettres en 1952. Il décède en 1957 à Vichy.
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    Éphéméride 1e février 1851 décès de Mary Shelley

    Mary Shelley, née Mary Wollstonecraft Godwin le 30 août 1797 à Somers Town, un faubourg de Londres, et morte le 1er février 1851 à Belgravia (Londres), est une femme de lettres anglaise, romancière, nouvelliste, dramaturge, essayiste, biographe et auteur de récits de voyage.

    Elle est surtout connue pour son roman
    Frankenstein ou le Prométhée moderne.

    Fille de la philosophe féministe Mary Wollstonecraft et de l’écrivain politique William Godwin, elle perd sa mère alors qu’elle-même n’est âgée que de onze jours. Son père se remarie quatre ans plus tard. Il offre à sa fille une éducation riche et l’encourage à adhérer à ses théories politiques libérales.

    En 1814, Mary Godwin entame une liaison avec un homme marié, partisan de son père, Percy Bysshe Shelley. Accompagné de Claire Clairmont, une belle-sœur de Mary, le couple voyage à travers l’Europe. Au cours des deux années qui suivent, Mary et Percy affrontent un endettement permanent et la mort de leur fille.

    Ils se marient en 1816, après le suicide de la première épouse de Percy.

    En 1816, lors d’un séjour près de Genève, Mary (devenue Mary Shelley) écrit son premier roman
    Frankenstein.

    En 1818, les Shelley quittent la Grande-Bretagne pour l’Italie, où meurent leurs deuxième et troisième enfants, avant que Mary Shelley ne donne naissance à son fils, Percy Florence Shelley, qui seul survivra.

    En 1822, son mari se noie dans le golfe de la Spezia, au cours d’une tempête. Un an plus tard, Mary Shelley retourne en Angleterre et, dès lors, se consacre entièrement à l’éducation de son fils, à sa carrière d’auteur et à la publication des œuvres de son mari.

    Les dix dernières années de sa vie sont marquées par la maladie. Elle décède d’une tumeur du cerveau le 1er février 1851.

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    Éphéméride 31 janvier 1944 décès de Jean Giraudoux

    Hippolyte Jean Giraudoux est un écrivain et diplomate français, né le 29 octobre 1882 à Bellac en Haute-Vienne et mort le 31 janvier 1944 à Paris.


    Né le 29 octobre 1882 à Bellac dans le Limousin, Jean Giraudoux entre à l’École Normale Supérieure en 1903 après un parcours scolaire remarquable et une khâgne à Lakanal. Être reçu à l’école de la rue d’Ulm représente peut-être l’étape la plus importante dans la construction de sa vie d’intellectuel, malgré son échec à l’agrégation d’allemand. L’École Normale lui permit de fréquenter les plus hautes sphères intellectuelles de son temps et lui ouvrit des portes importantes, pendant et après les quatre ans qu’il y passa. Il fit de nombreux voyages à cette époque, en Allemagne, en Italie, au Canada, ou à Harvard aux États-Unis où il passa un an (1906-1907) comme enseignant de français.


    À son retour en France, Giraudoux devint secrétaire particulier de Maurice Bunau-Varilla, qui dirigeait le journal
    Le Matin. C’est là qu’il commença à écrire des nouvelles et à s’insérer dans la scène littéraire parisienne. Il publie Provinciales (1909), recueil de nouvelles sur la vie dans les petites villes de province, et L’école des indifférents en 1910. À cette même époque, dans une atmosphère encore influencée par le symbolisme, il fréquenta Claudel ou Edmond Jaloux avec lesquels il passe ses soirées dans les cafés et les brasseries du quartier Latin.


    En 1910, il intègre le ministère des Affaires étrangères, où il fait carrière, seulement interrompu par une période pendant la première guerre pendant laquelle il fut mobilisé, blessé et obtint la Légion d’honneur. Sous la protection de Philippe Berthelot, il atteint le grade de vice-consul et se vit chargé de délivrer d’importants documents à l’étranger. Cette fréquentation des grands de ce monde se reflétera dans
    Siegfried et le Limousin (1922) ou Bella (1926).


    Dans le même temps, encouragé par la
    Nouvelle Revue Française dirigée par André Gide, il continue à écrire et devint un contributeur régulier de cette même NRF.
    Siegfried et le Limousin présente en arrière-plan de l’histoire l’hostilité entre la France et l’Allemagne, et Bella narre la rivalité de deux hommes d’État, un nationaliste et un internationaliste. Dans Amphitryon 38 (1929), les protagonistes seront l’homme et Dieu, le monde païen et le monde de l’Ancien testament dans Judith (1931) et l’homme et la femme dans Sodome et Gomorrhe (1943).


    Jean Giraudoux était déjà consacré comme un écrivain important quand il rencontre Louis Jouvet
    : il décide de se mettre à l’écriture de pièces de théâtre à l’âge de quarante-cinq ans. En 1928, Louis Jouvet le convainc d’adapter son célèbre roman Siegfried et le Limousin au théâtre. Giraudoux consacrera l’essentiel de sa carrière par la suite à l’expression théâtrale. Outre Amphitryon 38, seront ainsi autre autres écrites et jouées La guerre de Troie n’aura pas lieu (1935), Électre (1937) et La Folle de Chaillot (1945), qui sera montée après sa mort. Il écrit également deux scenarii pour le cinéma, La duchesse de Langeais (1942) et Les anges du péché (1944).

    Peu après l’échec de son mariage avec Suzanne Boland, sa santé se dégrade, et il meurt à Paris en janvier 194
    4, officiellement d’un empoisonnement ou d’une pancréatite. Il s’agit peut-être d’un suicide.
    Il sera inhumé le 3 février, provisoirement, au cimetière de Montmartre (puis à Passy). Au café de Flore, Claude Roy fera courir le bruit qu’il a été empoisonné par la Gestapo, imité par Louis Aragon.


    Jean Giraudoux a participé comme d’autres dramaturges des années 1930-1940 (Cocteau, Anouilh, Sartre, Camus par exemple) à la réécriture des mythes antiques éclairés par les mentalités modernes. Il a su allier fantaisie poétique et goût pour les images insolites et également associer le tragique et le léger dans une langue élégante et fine, parfois même poétique comme dans
    Intermezzo ou Ondine.

    Mon dossier sur
    Électre:
    www.sculfort.fr/articles/etoes/20e/giraudouxelectre.html
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    Éphéméride 30 janvier 1935 naissance de Richard Brautigan

    Richard Brautigan (30 janvier 1935- 14 septembre 1984) est un écrivain et poète américain.
    Issu d’un milieu social défavorisé de la côte Ouest, il est né dans une famille ouvrière à Tacoma, dans l’État de Washington. On sait peu de choses de son enfance apparemment troublée. Il a grandi à Eugene, dans l’Oregon, où il vivait avec sa mère, les enfants de celle-ci et plusieurs beaux-pères.

    En 1955, il est arrêté pour avoir jeté une pierre dans la vitre d’un poste de police, apparemment dans l’espoir d’être emprisonné et nourri. Au lieu de quoi il est envoyé à l’Oregon State Hospital et traité par électrochocs.

    Brautigan trouve sa raison d’être dans l’écriture et rejoint le mouvement littéraire de San Francisco en 1956. C’est là qu’il passera le reste de sa vie, à l’exception de séjours au Japon et dans le Montana. Il épouse Virginia Dionne Adler à Reno le 8 juin 1957. Sa fille Ianthe Elizabeth Brautigan naît le 25 mars 1960.

    Il fréquente les artistes de la Beat Generation et participe a de nombreux événements de la Contre-culture. En 1967, durant le Summer of Love, il est révélé au monde par son best-seller La pêche à la truite en Amérique et est surnommé le « dernier des Beats ». Ses écrits suivants auront moins de succès et dès les années 1970, il tombe progressivement dans l’anonymat et l’alcoolisme. Il met fin à ses jours en septembre 1984. Son dernier roman Cahier d’un retour de Troie sera publié dix ans plus tard en France.
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    Éphéméride 29 janvier 1837 décès d'Alexandre Pouchkine

    Alexandre Sergueïevitch Pouchkine est un poète, romancier et dramaturge russe né à Moscou le 26 mai (calendrier julien) ou le 6 juin (calendrier grégorien) 1799 et mort à Saint-Pétersbourg le 29 janvier (cal. julien) ou le 10 février (cal. greg.) 1837.

    Né à Moscou le 6 juin 1799, Alexandre Serguéïvitch Pouchkine est issu, de par son père, de l’une des plus anciennes familles de la noblesse russe, et est apparenté, du côté de sa mère, à Ibrahim Hannibal, cet esclave noir que Pierre le Grand avait acheté et dont il avait fait son conseiller.

    Le jeune Pouchkine, par l’entremise de sa nourrice, s’imprègne très tôt de la culture populaire dont il nourrira son œuvre. À l’âge de 11 ans, il rentre au lycée impérial. Élève dissipé, il n’obtient en 1817, une fois ses études achevées, qu’un poste subalterne au ministère des affaires étrangères. Dès lors, installé à St-Petersbourg, Pouchkine va connaître trois années d’une vie mondaine et dissolue, partageant son temps entre cercles littéraires, sociétés secrètes proches des décembristes, femmes et tripots. C’est à cette époque qu’il rédige

    Rouslan et Lioudmila, poème héroï-comique qui témoigne déjà alors de la maîtrise de son auteur.

    Mais Pouchkine s’adonne surtout à la rédaction de vers subversifs qui lui valent une mesure d’éloignement. Il est alors muté (1820) en Crimée (qui inspirera nombre de ses écrits comme
    Le prisonnier du Caucase. C’est en Crimée qu’il commence aussi à travailler sur Eugène Onéguine) avant d’être assigné, en 1824, à résidence. Pouchkine regagne alors sa demeure familiale de Pskov où il rédigera notamment Boris Godounov.

    À la suite de la mort d’Alexandre Ier, Pouchkine sollicite le nouveau Tsar afin d’être autorisé à regagner la capitale. Si Nicolas Ier accepte, il informe aussi le poète qu’il sera son premier lecteur… Censure et surveillance se font alors de plus en plus oppressantes.

    En 1830, Pouchkine se marie. Rêvant d’une vie simple et paisible à Tsarkoïé-Selo où il s’est installé, le jeune couple est happé par la vie mondaine de la cour où Pouchkine est nommé historiographe. Mais le succès au sein de la cour de sa jeune épouse, la très belle et coquette Nathalie Gontcharova, lui vaut de nombreux quolibets. Et c’est pour faire taire les rumeurs qu’il provoque en duel Georges d’Anthès, un émigré français qui courtisait son épouse
    ; duel qui a lieu le 27 janvier, dans les faubourgs de Saint-Pétersbourg, près de la rivière noire. Le poète reçoit une balle de pistolet dans le ventre et meurt deux jours plus tard, des suites de cette blessure.


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    Éphéméride 28 janvier 1873 naissance de Colette

    Sidonie Gabrielle Colette est née à Saint-Sauveur-en-Puisaye, Yonne, 28 janvier 1873 (†Paris, 3 août 1954), dite Colette, est une romancière française, élue membre de l’Académie Goncourt en 1945.
    Elle a vécu une enfance heureuse dans un petit village de Bourgogne. Elle épouse Henry Gauthier-Villars, surnommé 'Willy', avec qui elle se marie le 15 mai 1893 à Châtillon-Coligny. Willy, auteur de romans populaires, est un viveur parisien qui fait également travailler à son profit une équipe de collaborateurs. Il introduit Colette dans les cercles littéraires et musicaux de la capitale. Vite saisi par les dons d’écriture de sa jeune épouse, Willy l’engage à écrire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom. Ce sera Claudine à l’école, bientôt suivi d’une série de Claudine (La maison de Claudine, Claudine à Paris, Claudine en ménage, etc.), dont les romans seront publiés sous le nom du seul Willy.
    Colette, épouse bafouée, commence une carrière dans le music-hall (1906-1912), où elle présente des pantomimes orientales dans des tenues suggestives, puis au théâtre Marigny, au Moulin-Rouge et à Bataclan. Ce sont des années de scandale et de libération morale: elle divorce d’avec Willy en 1906 et connaît plusieurs aventures féminines, notamment avec Mathilde de Morny (Missy), fille du duc de Morny et sa partenaire sur scène.

    Mais, durant toute cette période, Colette chemine aussi dans sa vocation d’écrivain. Elle publie des ouvrages évoquant ces années
    : La vagabonde, L’envers du music-hall, En tournée, etc.
    Après son divorce, Colette rencontre ensuite Henry de Jouvenel, politicien et journaliste, qu’elle épouse en 1912 et qui l’engage à donner quelques billets et reportages au journal Le Matin, dont il est le rédacteur en chef. De lui, elle aura sa seule enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite « Bel-Gazou » [ «beau gazouillis » en provençal]. À quarante ans, elle joue aussi un rôle d’initiatrice auprès du fils d’Henry, Bertrand de Jouvenel, dix-sept ans, expérience qui nourrira les thèmes et les situations dans Le Blé en herbe. Le divorce d’avec Henry de Jouvenel sera prononcé en 1923. Comme elle le fera pour Willy dans Mes apprentissages, Colette se vengera de son ex-mari dans Julie de Carneilhan.
    Mélomane avertie, Colette collabore avec Maurice Ravel entre 1919 et 1925 pour la fantaisie lyrique L’Enfant et les sortilèges. Elle a été l’amie de la reine Elisabeth de Belgique, de Marguerite Moreno et de Natalie Barney.
    En 1945, Colette est élue à l’unanimité à l’Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1949. En 1953, elle est promue officier de la Légion d’honneur. L’écrivaine est au faîte de sa gloire et de son talent quand elle s’installe dans son appartement du Palais-Royal pour ne plus le quitter. Elle compte Jean Cocteau parmi ses voisins. Sur ses vieux jours, Maurice Goudeket, son dernier mari, l’aidera à supporter son arthrose. Elle meurt le 3 août 1954. Malgré sa réputation sulfureuse et le refus, par l’Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise à Paris. Sa fille repose à ses côtés.

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    Éphéméride 27 janvier 1832 naissance de Lewis Carroll

    Lewis Carroll, de son vrai nom Charles Lutwidge Dodgson, naquit le 27 janvier 1832, à Daresbury, près de Manchester. Son père était prêtre de l’église anglicane. Charles était le troisième enfant d’une très nombreuse famille.

    Il entra à la public-school de Rugby et, après quatre ans passés à Rugby, fut admis à Oxford (Christ Church College), où il s’installa en janvier 1851
    ; il devait y résider jusqu’à sa mort.

    Il obtint brillamment son diplôme de mathématiques en décembre 1854. Le collège lui accorda de ce fait, le titre de student, qui devait faire de lui ultérieurement un « membre du collège » et, d’emblée, l’équivalent d’un assistant de faculté d’aujourd’hui. En contrepartie, il s’engageait, au moins provisoirement, à devenir prêtre et à rester célibataire.

    C’est à cette époque qu’il commença véritablement à écrire: d’abord des poèmes, mais aussi quelques nouvelles qui parurent dans un petit magazine, The Train, dont le directeur choisit, parmi les pseudonymes que Dodgson lui proposa, celui de Lewis Carroll (1856).

    En même temps, il se passionnait pour la photographie, encore balbutiante. C’est ainsi qu’il tira de nombreux portraits des enfants du doyen de son collège, Liddell, et s’attacha à la petite Alice. En 1862, l’année où celle-ci eut dix ans, Carroll au cours d’une promenade en barque, raconta pour la première fois ce qui devait devenir
    Alice au pays des merveilles. Quelque temps après, le texte fut proposé à l’éditeur MacMillan, qui l’accepta immédiatement. Illustré par John Tenniel, caricaturiste alors célèbre, le livre parut en juillet 1865. Ce fut tout de suite un grand succès et, dès 1867, Carroll envisagea une « suite » illustrée également par Tenniel: ce fut De l’autre côté du miroir (1871). En 1876 enfin, le succès de la Chasse au snark fut presque aussi grand.

    Parallèlement, Carroll poursuivait son travail de professeur et de mathématicien, mais son enseignement ne plaisait guère. Après avoir été ordonné diacre en 1861, il renonça à devenir prêtre, invoquant sa timidité et son bégaiement. Il parvint cependant à rester à Christ Church, où sa vie se déroulait calmement, malgré des conflits violents avec le doyen Liddell, inquiet d’abord de son attachement pour Alice, puis exaspéré par les pamphlets virulents par lesquels Carroll le mettait en accusation avec plusieurs des autorités d’Oxford: Notes by an Oxford Chiel (1874). En 1880, il renonce à la photographie, et en 1881, à l’enseignement. Dès lors, c’est la logique qui va devenir l’objet de tous ses soucis. Il publie encore une œuvre d’imagination: Sylvie et Bruno (en deux parties, 1889 et 1893), mais l’essentiel de sa production, quoique publiée sous le nom de Lewis Carroll, marie plus ou moins heureusement logique, mathématiques et humour.

    Bien que connu de tous ses collègues comme Dodgson-and-Carroll, il refusa constamment l’identification et, quelques mois à peine avant sa mort, décida de renvoyer tout courrier adressé à Lewis Carroll. Mais c’est sous ce nom qu’il se présentait aux petites filles, très nombreuses, avec lesquelles il entrait en conversation, dans le train ou sur la plage; et c’est un exemplaire d’Alice qu’il leur laissait en cadeau — à moins que la sympathie ne grandît — prélude à des relations plus profondes, dont une volumineuse correspondance nous en a laissé la trace. Ce fut là l’essentiel de ses amitiés, et, lorsqu’il mourut dans sa famille, le 14 janvier 1898, à l’âge de soixante-six ans, ses petites amies de toutes les régions furent, à coup sûr, les plus affectées.
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    Éphéméride 26 janvier 1855 décès de Gérard de Nerval


    À quarante-sept ans, le poète Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, se pend à une grille, rue de la Vieille-Lanterne, près du Châtelet, à Paris. Figure emblématique du Romantisme, Nerval souffrait depuis quatorze ans de crises d’hallucinations et de délire.
    Bouleversé par la mort de sa mère dans sa petite enfance, il donnera une place prépondérante dans sa vie et son œuvre au mythe féminin.
    Fantaisie (1832), les Filles du feu (1854), mais aussi Aurélia ou le rêve de la vie (1855) publié après sa mort, en sont le parfait témoignage.

    Francis Carco, qui a écrit en 1953 une très touchante et très poétique biographie du poète, ne croit pas au suicide mais à une mise en scène macabre
    : le corps de Gérard a été retrouvé les pieds affleurant le sol et son chapeau sur la tête:

    « Sais-je pourquoi
    ? Je ne relis jamais dans les Nuits d’Octobre les passages qui ont trait à cette population obscure, errante et dolente de la nuit sans éprouver au cœur comme un pincement!… Je pense à la rue Vieille-Lanterne, au bouge où, vraisemblablement, Gérard fut assommé et pendu à la grille du dehors pour laisser croire à un suicide. Tout cela est sinistre. Peut-être provoqua-t-il une discussion intempestive, ou se livra-t-il tout à coup à une plaisanterie que la clientèle de l’endroit (abrutie par l’alcool et l’épuisement) n’était pas, comme on l’imagine, d’humeur à tolérer. La confusion qui entoure la mort de Gérard n’est, après tout — peut-être — que le prolongement de celle dans laquelle il vivait. »

    Francis Carco, Gérard de Nerval, Albin-Michel 1953.

    Épitaphe
    Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
    Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
    Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
    Un jour il entendit qu’à sa porte on sonnait.

    C’était la Mort! Alors il la pria d’attendre
    Qu’il eût posé le point à son dernier sonnet;
    Et puis sans s’émouvoir, il s’en alla s’étendre
    Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

    Il était paresseux, à ce que dit l’histoire,
    Il laissait trop sécher l’encre dans l’écritoire.
    Il voulait tout savoir mais il n’a rien connu.

    Et quand vint le moment où, las de cette vie,
    Un soir d’hiver, enfin l’âme lui fut ravie,
    Il s’en alla disant: « Pourquoi suis-je venu? »


    Cette épitaphe que Gérard avait composée pour lui-même parut bien après sa mort dans le recueil Poésies diverses (1877)

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    Éphéméride 25 janvier 1882 naissance de Virginia Woolf

    Née Adeline Virginia Stephen à Londres, au 22, Hyde Park Gate, le 25 janvier 1882. Virginia Woolf grandit et fut éduquée dans une famille victorienne recomposée où la figure du père autoritaire domine mais où la curiosité intellectuelle est fortement encouragée. En 1895, après la mort de sa mère, elle souffrit de la première dépression nerveuse d’une longue série. Elle indiqua plus tard dans un récit autobiographique que ses demi-frères George et Gerald Duckworth avait fréquemment abusé d’elle et de sa sœur Vanessa Bell.

    Après la mort de son père (Sir Leslie Stephen, rédacteur et critique littéraire) en 1904, elle déménagea avec sa sœur Vanessa dans une maison à Bloomsbury, formant le noyau du Bloomsbury Group, un cercle intellectuel. Le « Cercle de Bloomsbury » est alors fréquenté par les plus grands noms de l’intelligentsia intellectuelle et artistique de l’époque et notamment Leonard Woolf. Les idées qui y circulent défendent le pacifisme, les contacts humains et le culte de la beauté contre les inhibitions et l’étroitesse des valeurs bourgeoises de la société victorienne. Ils peignent, ils écrivent, ils dissertent, ils seront en tout cas à l’origine de tout un mouvement qui influencera la vie artistique en Angleterre.
    Elle considéra l’écriture comme une activité professionnelle en 1905, initialement pour le supplément littéraire du Times. En 1912, elle épousa Leonard Woolf, fonctionnaire et théoricien politique. En 1917, alors qu’elle a quitté Londres pour s’installer à Richmond avec son mari, ils fondent ensemble leur propre maison d’édition, « The Hogarth Press », qui constituera un prestigieux catalogue avec des noms tels que Freud, Dostoïevski, Mansfield et Woolf elle-même.
    Son premier roman,
    La Traversée des apparences (The Voyage Out), fut publié en 1915. Elle continua à publier des romans et des essais, qui rencontrèrent un succès aussi bien auprès de la critique que du grand public. La plupart de ses œuvres furent publiées à compte d’auteur aux presses Hogarth. Elle est sans doute l’une des plus grandes romancières du XXe siècle.
    Virginia Woolf est considérée comme l’une des plus grandes innovatrices dans la langue anglaise.
    En 1941, Virginia Woolf se suicida. Elle remplit ses poches de pierres et se jeta dans la rivière Ouse, près de sa maison de Rodmell. Elle laissa une note à son mari:
    « 
    J’ai la certitude que je vais devenir folle: je sens que nous ne pourrons pas supporter encore une de ces périodes terribles. Je sens que je ne m’en remettrai pas cette fois-ci. Je commence à entendre des voix et ne peux pas me concentrer. Alors je fais ce qui semble être la bonne chose à faire. Tu m’as donné le plus grand bonheur possible… Je ne peux plus lutter, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. »
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    Éphéméride 24 janvier 1732 naissance de Beaumarchais

    Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 à Paris où il est mort le 18 mai 1799, est un écrivain, musicien, homme d’affaires et poète français, considéré comme l’une des figures emblématiques du Siècle des Lumières.
    Né d’un père horloger, il refuse d’apprendre le métier paternel, puis se ravise, invente même un mécanisme d’horlogerie à échappement, devient horloger de la cour, puis maître de harpe des filles de Louis XV; il prend le nom de Beaumarchais, acquiert une charge à la table du roi, et se transforme en financier.

    En 1764, il est à Madrid, y fait d’étonnants projets de commerce mêlés d’intrigues politiques, hérite en partie les biens du financier Pâris Duverney, ce qui l’entraîne dans un procès de huit ans. Il se défend avec acharnement, en utilisant sans scrupule tous les moyens possibles, et en rédigeant contre le conseiller Goezman, son adversaire, des Mémoires aussi brillants que vigoureux.
    En 1775, il fait jouer 
    le Barbier de Séville qui, après un premier échec, connaît bientôt le triomphe avec une légère modification de la composition. Sa vie est toujours aussi aventureuse et dispersée. Il vend des armes en Amérique, fonde la Société des Auteurs Dramatiques, se bat contre la censure, et fait jouer en 1784 le Mariage de Figaro qui connaît un très grand succès. Pendant la révolution, il compose un drame moralisateur, part pour l’étranger, revient à Paris, reconstitue sa fortune et meurt en 1799.

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    Éphéméride 23 janvier 1783 naissance de Stendhal

    Henri Beyle, dit Stendhal (23 janvier 1783, Grenoble — 23 mars 1842, Paris) est un écrivain français, né à Grenoble dans une famille bourgeoise qu’il apprécie peu; sa mère meurt alors qu’il a sept ans. En 1796, il entre à l’école Centrale de Grenoble. De 1800 à 1801, il part en Italie pour faire la campagne d’Italie où il est nommé sous-lieutenant au sein du 6e régiment de Dragons. Revenu à Paris, il essaie de se faire une place, dans le négoce, dans le succès littéraire ou en séduisant des femmes. Ces années d’apprentissage auront une grande influence sur le personnage de Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir.
    À partir de 1810, il participe ensuite à l’administration napoléonienne et aux guerres. Lors de la chute du Premier Empire, en 1814, il part en Italie où il s’installe à Milan. Pendant cette période, il écrit plusieurs œuvres autour de l’Italie ainsi que
    De l’amour. En 1821, il est accusé de sympathie pour les carbonari — sympathie qui s’exprime dans la nouvelle Vanina Vanini, il est expulsé de Milan.
    De retour à Paris, presque ruiné après le décès de son père, il entre dans le milieu littéraire en fréquentant des salons. Ainsi, il a son cénacle, et a même un disciple en la personne de Prosper Mérimée. Il écrit des journaux, publie des essais. En 1827, il publie son premier roman,
    Armance, suivi en 1830 du Rouge et le Noir, en partie influencé par la Révolution de juillet 1830. Ce roman connaîtra un beau succès. Après cette révolution, il est nommé consul à Civitavecchia.
    À Civitavecchia, il s’ennuie et part voyager. Il ne réussit pas à terminer les œuvres qu’il commence (
    Souvenirs d’égotisme, Lucien Leuwen, Lamiel…). Après avoir achevé son dernier chef-d’œuvre, La Chartreuse de Parme en 1839, il meurt d’une attaque dans la nuit du 22 au 23 mars 1842.
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    Éphéméride 22 janvier 1788 naissance de Lord Byron

    George Noël Gordon, connu sous le nom de Lord Byron est un poète anglais, né à Londres (Holles-Street) le 22 janvier 1788, mort en Grèce à Missolonghi le 19 avril 1824.

    Lord Byron, « ce pessimiste allègre, cet égoïste généreux, ce gourmand frugal, ce sceptique passionné, ce grand seigneur nonchalant qui fut un révolutionnaire actif, ce Nordique fasciné par l'Orient, ce tempérament de droite aux idées de gauche, ce pédéraste couvert de femmes, ce disciple d'Épicure qu'habitait la peur de l'enfer chrétien, cet adversaire de l'impérialisme qui vénérait Napoléon , ce suicidaire amoureux de la vie, cet ami des Turcs qui est mort pour la liberté du peuple grec, ce poète à la réputation sulfureuse et au cœur pur ».

    Gabriel Matzneff

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    Éphéméride 21 janvier 1961 décès de Blaise Cendrars

    Blaise Cendrars, pseudonyme de Frédéric-Louis Sauser (1er septembre 1887 — 21 janvier 1961), est un écrivain d’origine suisse, naturalisé français en 1916.

    C’est un adolescent rebelle, qui abandonne ses études de médecine puis de lettres. Commence alors sa passion des voyages, Russie, Chine, Afrique, Brésil. Lors de son périple en Amérique en 1912, il compose son premier grand poème Les Pâques à New York. De retour à Paris en 1913, il fréquente le milieu des peintres et publie deux autres grands poèmes, La prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France (en collaboration avec Sonia Delaunay) et Le Panama ou les Aventures de mes sept oncles.

    Dès le début de la guerre, il s’engage dans la Légion étrangère.
    Le 28 septembre 1915, il perd au combat sa main droite, sa main d’écrivain, amputée au-dessus du coude. Cette blessure marque profondément l’œuvre de Cendrars. En lui faisant découvrir son identité de gaucher, elle a bouleversé son rapport à l’écriture.

    Après la guerre il publie Les poèmes élastiques (1919), voyage en Amérique du sud et en Afrique noire, où il se passionne pour la culture orale et compose des recueils de contes, Anthologie nègre (1921), Petits contes nègres pour les enfants blancs (1928), Comment les blancs sont d’anciens noirs (1930).

    À partir de 1924, il écrit de moins en moins de poèmes et se consacre à l’écriture de romans, de reportages, de nouvelles. C’est en 1925 qu’il publie son œuvre la plus célèbre,
    L’or, épopée californienne, puis en 1926 Moravagine que lui a inspiré sa rencontre avec un fou dangereux interné pour homicide dans une clinique près de Berne, et Les confessions de Dan Yack en 1929.

    De 1930 à 1941, il publiera une série des longs reportages,
    Rhum (1930), Histoires vraies (1937), La vie dangereuse (1938), D’oultremer à indigo (1941).

    En 1945 il publie
    L’homme foudroyé puis en 1946 La main coupée, roman dans lequel il dénonce « l’ignominie » de la guerre. Dans Bourlinguer (1948), il décrit onze ports européens. La Banlieue de Paris (1949) est née de sa collaboration avec Robert Doisneau. Il publie en 1959 trois pièces radiophoniques, sous le titre Films sans images, puis en 1956 son dernier récit, Emmène-moi au bout du monde.
    Il s’éteint pauvre et malade à Paris, le 21 janvier 1961.


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    Éphéméride 20 janvier 1877 : naissance de Raymond Roussel

    Raymond Roussel, né à Paris, le 20 janvier 1877 et mort à Palerme, Italie, le 14 juillet 1933, était un écrivain, dramaturge et poète français.
    Il est issu d’un milieu extrêmement aisé. Ses parents sont Eugène Roussel, agent de change et fils d’un avoué normand et Marguerite Moreau-Chaslon, fille du président du conseil d’administration de la Compagnie Générale des Omnibus, Aristide Moreau.
    Ses premiers livres,
    La Doublure, La Vue, Impressions d’Afrique, n’obtinrent aucun succès. Tous ses autres ouvrages, comme Locus Solus ou L’Étoile au front, furent perçus comme des œuvres déroutantes.
    En 1932, il fit paraître ses
    Nouvelles Impressions d’Afrique, suivies de 59 énigmatiques photogravures issues de dessins à la plume commandés à Henri-Achille Zo.
    Dans
    Comment j’ai écrit certains de mes livres (1935), Raymond Roussel explique les mécanismes de son écriture imaginaire.
    Adulé des jeunes surréalistes (dont André Breton), défendu par Jean Cocteau, Louis Aragon, Michel Leiris, Paul Éluard, Marcel Duchamp, Georges Perec, François Caradec ou Michel Foucault
    7, cet écrivain fut assez peu lu, compte tenu en définitive moins de la complexité de ses ouvrages que du caractère singulier de ce qui s’y passe.
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    Éphéméride 19 janvier 1737 naissance de Bernardin de Saint-Pierre

    Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, né le 19 janvier 1737 au Havre, de Nicolas Saint-Pierre et Catherine Godebout, et mort le 21 janvier 1814 à Éragny-sur Oise, est un écrivain français.
    Fils d'un modeste directeur des Messageries du Havre, il reçoit une instruction intermittente chez les Jésuites de Caen. Un voyage à la Martinique à l'âge de douze ans, la lecture de
    Robinson Crusoé, de longues contemplations au bord de la mer contribuent à faire de lui un enfant rêveur, exalté et passionné d'aventures. À vingt ans, il entre à l'École des ponts et chaussées et devient ingénieur en 1758.
    Il voyage, passe en Russie où il est protégé par Catherine II. Il dédaigne un brevet de capitaine offert par Frédéric II de Prusse.
    Il se rend à Paris (1765). Là, il finit par obtenir le grade de capitaine-ingénieur du roi à l'île de France (Maurice). Il passe deux ans dans cette île (1768-1770), qui lui laissera des souvenirs inoubliables.
    De retour à Paris (1771), désabusé, il se résout à « vivre des fruits de son jardin », c'est-à-dire de sa plume. Il se lie avec J.-J. Rousseau, dont il partage l'amour de la nature et l'horreur de la civilisation, et fréquente le salon de M
    lle de Lespinasse. En 1773, il publie son Voyage à l'île de France, dont les descriptions colorées et pleines de sensibilité contrastent avec la peinture aride et sèche des voyageurs de l'époque. Par la suite, il entreprend un gros ouvrage, les Études de la nature (1784). L'œuvre est d'un grand artiste qui excelle à peindre des tableaux, à décrire les lignes, les mouvements et surtout les couleurs. Certains thèmes y annoncent le romantisme, tels le plaisir de la solitude, le goût de la tristesse et des sensations rares, le sentiment de la précarité de l'existence. L'idylle de Paul et Virginie (1787) est le quatrième volume des Études de la nature.
    Il devient alors célèbre. Intendant du Jardin des plantes (1792), professeur de morale à l'École normale (1794), il entre à l'Institut lors de sa création (1795). Honoré par l'Empire, il partage ses dernières années entre son logement de l'Institut et sa propriété d'Éragny, où il meurt le 21 janvier 1814.
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    Éphéméride 18 janvier 1689 naissance de Montesquieu

    Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, naît le 18 janvier 1689 à la Brède. Il est issu d’une famille de magistrats nobles, dans le château de la Brède, près de Bordeaux. Ses parents lui choisissent un mendiant pour parrain, pour qu’il n’oublie jamais que les gens pauvres sont aussi ses frères.
    Montesquieu étudie au collège d’Harcourt, puis suit des études de philosophie. Il devient président du parlement de Bordeaux en 1714.
    En 1716, la mort d’un oncle assure une véritable fortune à Montesquieu, et lui permet d’obtenir la charge de président à mortier au Parlement de Bordeaux, ainsi que la baronnie de Montesquieu.
    En 1717, il se marie avec Jeanne de Lartigue, protestante héritière d’une riche famille, et qui lui procure une dot conséquente.
    En 1721 paraît anonymement
    Les Lettres persanes, une nette critique ironique de la société française. Personne ne doute de l’identité du véritable auteur… et le succès est considérable, en raison de la réflexion, mais aussi de l’exotisme des personnages, de la présence de scènes érotiques, de la satire et de l’humour qui parcourent l’œuvre.
    En 1726, Montesquieu revend sa charge pour rembourser des dettes. Deux ans plus tard, il est élu à l’Académie Française, et part ensuite en voyage dans de nombreux pays
    : Autriche, Hongrie, Italie, Allemagne, Hollande et Angleterre sont parmi ses destinations jusqu’en 1830. Montesquieu aurait également été initié à la franc-maçonnerie en Angleterre.
    Il revient au château de la Brède en 1734 et publie alors une réflexion historique, qu’il intitule
    Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Ce chef-d’œuvre s’inspire de ses réflexions, de ses voyages, de ses travaux de documentation pendant des années. En réalité, cet ouvrage prépare le terrain pour ce qui sera l’œuvre de sa vie, De l’esprit des lois, publié anonymement en 1748. À travers son livre, Montesquieu met en place des principes fondamentaux en sciences politiques, économiques et sociales. Toutefois, les critiques ne se taisent pas, et il doit publier en 1750 La Défense de l’esprit des lois.
    L’Église catholique fait interdire l’ouvrage et l’inscrit à l’Index. Mais pendant ce temps, dans toute l’Europe et en particulier dans la nouvelle Grande-Bretagne, le livre est un grand succès.
    Dès lors, un véritable culte va se mettre en place autour de l’écrivain. Il voyage de nouveau beaucoup, en Hongrie, en Autriche et en Italie (un an) puis au Royaume-Uni (18 mois).
    Malgré la reconnaissance et son train de vie de notable, Montesquieu est affaibli et attristé par la perte quasi-totale de sa vue. Il réussit tout de même à participer à L’Encyclopédie, permettant à l’entreprise d’obtenir une certaine notoriété grâce à son nom. Mais il n’a pas le temps d’achever l’article « Goût », que Voltaire devra finir.
    Montesquieu décède le 10 février 1755 à Paris.
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    Éphéméride 17 janvier 1600 naissance de Calderòn de la Barca

    Pedro Calderón de la Barca de Henao y Riaño, né à Madrid le 17 janvier 1600 et mort à Madrid le 25 mai 1681, est un poète et dramaturge espagnol. Extraordinairement prolifique, auteur de plus de deux cents textes dramatiques, il est en particulier connu pour sa pièce La Vie est un songe.
    Pedro Calderón de la Barca naît au sein d’une famille noble où se mêle au sang castillan de la Montaña (près de Santander) le sang d’ancêtres wallons venus du Hainaut (autour de Mons). Il reçoit une éducation soutenue d’abord dirigée vers la théologie. Il est envoyé à l’université d’Alcalá de Henares (1614). À la mort de son père (1615), il passe à l’université de Salamanque, où il fait son droit canon.
    Ce n’est que vers 1620 qu’il s’oriente vers la dramaturgie. En 1623, Calderón donne sa première comédie, Amor, honor y poder (l’Amour, la puissance et l’honneur). Il écrit dès lors pour la scène du palais royal. Il commence une longue carrière de courtisan.

    Vers ces mêmes années (1629), il « dépeint » dramatiquement la célèbre Rendición de Breda (siège et reddition de Breda, aux Pays-Bas), que Vélasquez avait déjà célébrée dans son tableau Les Lances.

    De plus en plus populaire, il finit par mettre ses talents au service du roi Philippe IV. En 1635, le roi lui demande d’inaugurer, par une fête à grand spectacle, son nouveau palais du Buen Retiro. À cette occasion, Calderón brise les conventions de la comédie traditionnelle, celle de Lope de Vega, qui rappelait encore les tréteaux populaires. En effet, dans El mayor encanto, Amor (l’Amour magicien, 1635), la musique, les décors et les costumes jouent avec le texte pour faire un ensemble cohérent et une représentation complète, à la fois spectacle et littérature.
    Particulièrement productif, il écrit de nombreuses
    comedia dont la Dévotion à la croix et la Vie est un songe (1633). Ses compositions trouvent ainsi leur inspiration autant dans les thèmes religieux, moraux, historiques que philosophiques. Après avoir pris part à quelques campagnes militaires, il se fait prêtre en 1651 et poursuit ses productions théâtrales. Grand partisan de la Contre-Réforme, il écrit plus de 80 «autos sacramentales », dont le Grand Théâtre du monde. Dans les années 1660, il dévie plus particulièrement vers des sujets à caractère mythologique. Chapelain du roi dès 1663, il demeure à Madrid jusqu’à sa mort. Le 25 mai 1681, il meurt après avoir écrit d’une plume toujours alerte Hado y divisa de Leonido y Marfisa (Destin et devise de deux amants, 1680).

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    Éphéméride 16 janvier 1884 naissance de Jules Supervielle

    Jules Supervielle est né en Uruguay, à Montevideo, le 16 janvier 1884, d’un père béarnais et d’une mère basque. La même année, le petit Jules et ses parents rentrent en France pour rendre visite à leur famille. C'est à Oloron Saint-Marie que se produit un tragique accident : son père et sa mère meurent brutalement, sans doute empoisonnés par l'eau d'un robinet ou victimes du choléra . L'enfant est d'abord élevé par sa grand-mère.
    Supervielle est ensuite élevé par son oncle en Uruguay. A l'âge de neuf ans, le petit Jules apprend par hasard qu'il n'est que le fils adoptif de son oncle et sa tante. Il commence la rédaction d'un livre de fables sur un registre de la banque Supervielle.
    En 1894, il revient en France, où il s’établira, retournant régulièrement séjourner dans son pays natal. Il commence à publier des poèmes dès 1901. Il se tient à l’écart des mouvements d’avant-garde, et son œuvre, comme le souligne Jean-Michel Maulpoix dans son article « Jules Supervielle, le réconciliateur », se tient à mi-chemin entre le classicisme et la modernité.
    Son époque le célèbre : il obtient le Prix des Critiques en 1949, reçoit le Grand Prix de littérature de l’Académie française en 1955, et est élu « Prince des Poètes » en 1960, un mois avant sa mort.
    1996 voit la parution des œuvres poétiques complètes de Jules Supervielle dans la Bibliothèque de La Pléiade, aux éditions Gallimard.
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    Éphéméride 15 janvier 1622 baptême de Molière

    15 janvier 1622 : Baptême à Saint-Eustache de Jean Pouguelin (sic), le futur Molière, né sans doute le 13 ou le 14.
    Son père est un marchand tapissier âgé de vingt-cinq ans ; sa mère, Marie Cresé (sic), qui a vingt ans, est fille de tapissier. La famille vit dans le quartier des Halles.
    Jean-Baptiste Poquelin fonde L'Illustre-Théâtre le 30 juin 1643, au tout début du règne de Louis XIV, avec ses amis comédiens, Madeleine Béjart et Tiberio Fiorelli, dit Scaramouche, vedette de la comédie italienne. Lui-même adopte le pseudonyme de Molière (nom d'un romancier naguère à la mode).
    La troupe de Madeleine Béjart triomphe enfin à Paris le 18 novembre 1659 avec
    Les Précieuses ridicules.
    Bénéficiant dès lors du soutien du roi, qui le protège contre les cabales et lui assure de confortables revenus, Molière assume une fonction équivalente à celle de bouffon du roi, avec le droit de tout dire et de tout jouer.
    Il va donner dans les quatorze dernières années de sa vie la totalité de ses chefs-d'oeuvre.

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    Éphéméride 14 janvier 1850 naissance de Pierre Loti

    Julien Viaud dit Pierre Loti naît à Rochefort le 14 janvier 1850.
    Il fut officier de marine, grand voyageur et surtout romancier.

    Reçu à l’École navale à Paris, il prend la mer en 1870, comme aspirant de première classe, suivant l’exemple de son frère aîné Gustave mort en mer.
    Dès lors, il ne cessera plus de sillonner le monde en bateau, avec de longs repos à son port d’attache familial de Rochefort, qu’il embellit de collections d’objets achetés ou volés.
    En 1872 il est à Tahiti où on lui a dit, à tort, que son frère avait eu deux enfants d’une indigène. Lui-même tombe amoureux de quelques jolies Polynésiennes et reçoit de la reine Pomaré le surnom de Loti (nom d’une fleur tropicale), qu’il donnera par la suite à un de ses personnages avant d’en faire son propre pseudonyme d’écrivain, l’officier Julien Viaud étant, sinon interdit d’écrire, tenu à une réserve peu compatible avec son tempérament exalté.

    Son œuvre, souvent autobiographique, conduit le lecteur en Turquie (Aziyadé), au Sénégal (Le roman d’un spahi) ou au Japon (Madame Chrysanthème) dont le succès fut immense et inspira à Puccini son opéra Madame Butterfly.
    Il a aussi voyagé de l’Égypte à Tahiti en passant par l’Inde…
    Le cadre de ses romans n’a pas toujours été aussi exotique
    : Pêcheurs d’Islande il décrit la vie des pêcheurs bretons, Ramuntcho se situe au Pays Basque où il termine sa vie.
    Il devient riche, célèbre. À quarante-deux ans, il est élu à l’Académie française contre Émile Zola.
    Il est mort à Hendaye le 10 juin 1923. Après ses funérailles nationales, Loti est enterré selon ses indications dans le jardin des
    Aïeules, ses tantes, dans l’île d’Oléron, où il jouait enfant.
    En 1925 et 1926, son fils Samuel a publié son journal intime.

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    Éphéméride 13 janvier 1941 décès de James Joyce

    James Joyce (2 février 1882 à Dublin - 13 janvier 1941 à Zurich) est un romancier et poète irlandais expatrié, considéré comme l'un des écrivains les plus influents du xxe siècle. Ses œuvres majeures sont un recueil de nouvelles, intitulé Les Gens de Dublin (1914), et des romans tels que Dedalus (1916), Ulysse (1922), et Finnegans Wake (1939).
    Joyce était polyglotte, à l'aise dans 9 langues dont le grec moderne, l'hébreu et le yiddish.

    Bien qu'il ait passé la majeure partie de sa vie en dehors de son pays natal, l'expérience irlandaise de Joyce est essentielle dans ses écrits et est la base de la plupart de ses œuvres. Son univers fictionnel est ancré à Dublin et reflète sa vie de famille, les événements, les amis (et les ennemis) des jours d'école et de collège. Ainsi, il est devenu à la fois le plus cosmopolite et le plus local des grands écrivains irlandais.
    Son œuvre est marquée par sa maîtrise de la langue et l'utilisation de nouvelles formes littéraires, associées à la création de personnages qui, comme Leopold Bloom et Molly Bloom (
    Ulysse), constituent des individualités d'une profonde humanité.
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    Éphéméride 12 janvier 1876 naissance de Jack London

    Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né le 12 janvier 1876 à San Francisco et mort d'un empoisonnement du sang le 22 novembre 1916 à Glen Ellen, Californie, est un écrivain américain avec comme thèmes de prédilection l'aventure et la nature sauvage. Il a écrit L'Appel de la forêt et plus de cinquante autres nouvelles et romans connus.

    Il vit une enfance misérable et commence une vie d'errance à quinze ans. Il exerce ensuite de nombreux métiers pour survivre : balayeur de jardins publics, menuisier, agriculteur, éleveur de poulets, chasseur de phoques (jusqu'au Japon et en Sibérie), pilleur d’huîtres, patrouilleur maritime, blanchisseur, chercheur d'or au Klondike.

    Autodidacte, Jack a fait son éducation par les livres. En 1885, à l'âge de neuf ans, il découvrit les
    Contes de l'Alhambra de Washington Irving, et le livre Signa de la romancière anglaise Ouida, racontant l'histoire d'un enfant de ferme italien sans éducation qui devient un célèbre compositeur d'opéra. Il cita ce livre comme la source de son aspiration future à la littérature.

    Il meurt le 22 novembre 1916 des suites d'un empoisonnement du sang causé par une urémie, maladie dont il souffrait depuis son voyage dans le Pacifique et rongé par son alcoolisme. Certains ont répandu la rumeur que Jack s'était suicidé, mais un de ses docteurs, Alan Thompson, présent lors de sa mort, confirma la thèse de l'empoisonnement.

    Il fut un auteur prolifique, écrivant plus de cinquante livres. Plusieurs de ses œuvres, en particulier les romans d'animaux, paraissent aujourd'hui dans les collections destinées à la jeunesse et connaissent toujours un grand succès. Son œuvre n'en est pas moins politiquement engagée quand par exemple il décrit l'horreur libérale des bas quartiers de l'est londonien dans Le Peuple d'en-bas.

    Il a utilisé son expérience dans le Grand Nord canadien, lors de la ruée vers l'or au Klondike, dans ses livres les plus célèbres tels
    L'Appel de la forêt et Croc-Blanc. Dans Martin Eden, il nous fait partager son expérience de jeune auteur issu d'un milieu pauvre, incompris par la femme riche qu'il aime et rejeté par la famille de celle-ci. Ce roman, mal compris à son époque, était plus une dénonciation de l'individualisme qu'un bilan romancé de sa vie.


    Le sujet du suicide avait déjà été évoqué dans Martin Eden, où son héros se suicide.
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    Éphéméride 11 janvier 1828 décès de Thomas Hardy

    Thomas Hardy (2 juin 1840 — 11 janvier 1928) est un poète et romancier anglais appartenant au courant naturaliste. Auteur devenu aujourd’hui classique, il a particulièrement influencé D. H. Lawrence.

    Thomas Hardy naît à Higher Bockhampton, lieu-dit du village de Stinsford, voisin de Dorchester dans le Dorset, comté du sud-ouest de l’Angleterre, où son père exerce la profession de tailleur de pierre. Sa mère, lettrée, lui donne cours à domicile avant qu’il ne soit inscrit à l’école locale à l’âge de 8 ans. Il arrête ses études à 16 ans en devenant apprenti chez un architecte local. Il travaille ainsi dans le Dorchester avant de partir pour Londres en 1862, où il devient étudiant au King’s College de Londres. Il remporte des prix du Royal Institute of British Architects et de l’Architectural Association.

    De ses études, il garde le goût de la poésie latine. C’est en autodidacte qu’il apprend le grec pour pouvoir lire Homère et le Nouveau Testament. Sur le plan des idées, il se forme en lisant John Stuart Mill et adhère aux idées de Charles Fourier et d’Auguste Comte. Charles Darwin et la critique biblique lui font perdre la foi religieuse dont il porte le deuil toute sa vie. Se sentant rejeté par une société de classe londonienne qu’il exècre, il décide de rentrer dans son Dorset provincial cinq ans plus tard pour se consacrer à l’écriture.
    Très tôt, il écrit des poèmes, dont certains verront le jour trente ou quarante ans plus tard.

    En 1867, à son retour de Londres, il se tourne vers le roman pour essayer de vivre de sa plume. Passées les premières difficultés, il réussit honorablement. Il publie bientôt dans des revues et des magazines. De 1871 à 1896, il écrit quatorze romans et quatre recueils de nouvelles. Une demi-douzaine de grandes œuvres émergent de cette production inégale
    :
    1874
    : Loin de la foule déchaînée (Far from the Madding Crowd);
    1878
    : Le Retour au pays natal (The Return of the Native);
    1886
    : Le Maire de Casterbridge (The Mayor of Casterbridge);
    1887
    : Les Forestiers (The Woodlanders);
    1891
    : Tess d’Urberville (Tess of the d’Urbervilles);
    1896
    : Jude l’Obscur (Jude the Obscure).
    Après le scandale déclenché par la critique radicale du mariage et de la religion qu’est
    Jude, dont les exemplaires sont vendus cachés dans du papier d’emballage à cause de l’exposé qu’y fait l’auteur de l'« érotolepsie », Thomas Hardy, abandonne le roman. Il se consacre alors à la poésie. Thomas Hardy commence à souffrir de pleurésie en décembre 1927 et en meurt en janvier 1928 à Dorchester, après avoir dicté son tout dernier poème à sa femme et secrétaire sur son lit de mort. Lettres et notes du défunt ont été détruites par les exécuteurs testamentaires.
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    Éphéméride 10 janvier 1957 décès de Gabriela Mistral

    • Gabriela Mistral, de son vrai nom Lucila de María del Perpetuo Socorro Godoy Alcayaga est née le 7 avril 1889 à Vicuna et décédée à New-York le 10 janvier 1957. Elle fut est éducatrice, diplomate, féministe et poétesse chilienne, prix Nobel de Littérature en 1945.
    • Gabriela Mistral est née dans le nord du Chili, dans la Cordillère des Andes. Son père, instituteur, a abandonné sa famille quand Gabriela avait trois ans, réduisant celle-ci à une vie pauvre et difficile. Elle fréquente cependant l’école primaire (avec des interruptions) puis secondaire, avant de gagner sa vie comme aide-institutrice dès l’âge de quatorze ans. Sa mère, Petronila Alcayaga, meurt en 1929 et Gabriela lui dédie la première partie de son livre « Tala » en 1938.
    • En 1904, elle publie ses premiers poèmes sous divers pseudonymes dans un journal local.
    • En 1906, elle travaille comme institutrice et rencontre Romeo Ueta, un employé des chemins de fer, qui se suicide en 1909. Cet événement tragique produira de profonds effets sur Gabriela Mistral qui mettra la réflexion sur la vie et la mort au cœur de son œuvre. Sa vie sera cependant enrichie par de très nombreuses amitiés masculines ou féminines qu’elle cultivera à travers une correspondance très active. Elle fut l’amie de Victoria Ocampo.
    • La première reconnaissance littéraire arrive en décembre 1914 quand elle remporte à Santiago le prix Juegos Florales avec son recueil Sonetos de la Muerte (Sonnets de la Mort). Elle prend alors le pseudonyme de Gabriele Mistral composé à partir des noms de ses deux poètes favoris, Gabriele d’Annunzio et Frédéric Mistral.
    • En novembre 1945 le Prix Nobel de Littérature lui est décerné: elle est le premier écrivain d’Amérique latine à le recevoir, le 10 décembre 1945. D’une santé fragile, aggravée par ses nombreux voyages, elle passe les dernières années de sa vie à Hempstead dans l’État de New-York où elle meurt d’un cancer le 10 janvier 1957, à l’âge de 67 ans. Sa dépouille est ramenée au Chili dix jours plus tard et le gouvernement chilien décrète trois jours de deuil national tandis que des centaines de milliers de Chiliens saluent leur poétesse en assistant respectueusement à ses funérailles.
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    Éphéméride 9 janvier 1908 naissance de Simone de Beauvoir

    Simone de Beauvoir est née à Paris le 9 janvier 1908. Elle fit ses études jusqu’au baccalauréat dans le très catholique Cours Désir. Agrégée de philosophie en 1929, elle enseigne à Marseille, Rouen et Paris jusqu’en 1943. Quand prime le spirituel fut achevé bien avant la guerre de 1939, mais ne paraîtra qu’en 1979. C’est L’Invitée (1943) qu’on doit considérer comme son véritable début littéraire. Viennent ensuite Le sang des autres (1945); Tous les hommes sont mortels (1946); Les Mandarins, roman qui lui vaut le prix Goncourt en 1954, Les Belles Images (1966) et La femme rompue (1968).

    Outre le célèbre Deuxième Sexe paru en 1949, et devenu l’ouvrage de référence du mouvement féministe mondial, l’œuvre théorique de Simone de Beauvoir comprend de nombreux essais philosophiques ou polémiques, Privilèges (1955), réédité sous le titre du premier article Faut-il brûler Sade? et La vieillesse (1970). Elle a écrit, pour le théâtre, Les bouches inutiles (1945) et a raconté certains de ses voyages dans L’Amérique au jour le jour (1948) et La longue marche (1957).

    Après la mort de Sartre, Simone de Beauvoir a publié La cérémonie des Adieux (1981) et Lettres au Castor (1983) qui rassemblent une partie de l’abondante correspondance qu’elle reçut de lui. Jusqu’au jour de sa mort, le 14 avril 1986, elle a collaboré activement à la revue fondée par elle et Sartre, Les Temps Modernes.
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    Éphéméride 8 janvier 1976 décès de Pierre-Jean Jouve

    Pierre Jean Jouve est un écrivain, poète, romancier et critique français né à Arras le 11 octobre 1887 et mort à Paris le 8 janvier 1976.
    Enfant d’une famille bourgeoise et de santé fragile, Pierre Jean Jouve découvre à seize ans Baudelaire et Mallarmé, ses maîtres en poésie. Ses premiers vers s’inspirent du symbolisme avant que Jouve ne devienne le chantre de l’unanimisme après sa rencontre avec le groupe de l’Abbaye.
    Pendant la Première Guerre mondiale, il s’engage comme infirmier dans un hôpital militaire, contractant de graves maladies qu’il part soigner en Suisse et c’est sous l’influence de Roman Rolland qu’il y rencontre, qu’il publie des textes pacifistes.
    De 1921 à 1927, Pierre Jean Jouve traverse une grave crise morale prenant conscience que la poésie est d’essence spirituelle. Il reniera ensuite toute son œuvre d’avant 1925.
    Sa rencontre avec la psychanalyste Blanche Reverchon lui révèle la profondeur de l’inconscient.
    Son œuvre, marquée par la foi chrétienne, tourne dès lors autour d’Eros et Thanatos, de l’inconscient dominé par la sexualité entravant l’aspiration spirituelle. Pierre se retranche dans la solitude pour lire les grands mystiques et publie les poèmes
    Noces (1925), Sueur de sang (1933), Matière céleste (1937) et les romans Hécate (1928), Vagadu (1931) et Scène capitale (1935).
    Durant la Seconde Guerre, il publie une analyse du
    Don Juan de Mozart (1942) qu’il faut absolument lire, ainsi que La Vierge de Paris (1946), et une Défense et Illustration (1946) de Baudelaire, Rimbaud et Nerval.
    La poésie de Pierre Jean Jouve se fait le miroir du conflit de l’homme déchiré entre la spiritualité et les instincts.
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    Éphéméride 7 janvier 1873 naissance de Charles Péguy


    Fils d’un menuisier et d’une rempailleuse de chaises, Charles Péguy entre à l’École Normale Supérieure. Militant socialiste, il prend fait et cause pour Dreyfus et ouvre une librairie socialiste dans le Quartier Latin à Paris.
    Après le « coup de Tanger » (1905), il prend des positions politiques de plus en plus nationalistes et tente de concilier socialisme, nationalisme et christianisme mystique. Devenu un poète et écrivain renommé, il ne craint pas, à la veille de la Grande Guerre, de fustiger le pacifisme de son ancien ami Jean Jaurès.
    Charles Péguy meurt au combat d’une balle en plein front le 5 septembre 1914 à Villeroy, pendant la Première bataille de la Marne.

    Son œuvre, multiple, comprend des pièces de théâtre en vers libres, comme Le Porche du Mystère de la deuxième vertu (1912), et des recueils poétiques en vers réguliers, comme La Tapisserie de Notre-Dame (1913), d’inspiration mystique, et évoquant notamment Jeanne d’Arc. C’est aussi un intellectuel engagé: après avoir été militant socialiste, anticlérical puis dreyfusard au cours de ses études, il se rapproche du catholicisme à partir de 1908 et du conservatisme, et reste connu pour des essais où il exprime ses préoccupations sociales et son rejet de la modernité (L’Argent, 1913).

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    Éphéméride 5 janvier 1465 Charles d'Orléans

    • Charles d’Orléans, né à Paris le 24 novembre 1394 et mort à Amboise le 5 janvier 1465.
    • En 1415 Charles d’Orléans fait partie de l’armée française poursuivant Henri V dans le nord de la France. À la débâcle d’Azincourt, le 25 octobre 1415, Charles d’Orléans est fait prisonnier et emmené en Angleterre. Sa libération est conditionnée par le paiement d’une rançon. Il reste 25 ans en Angleterre, années pendant lesquelles il développe son œuvre poétique.
      Son duché d’Orléans est laissé sans défense et les Anglais assiègent Orléans; siège auquel mit fin Jeanne d’Arc.

    • Il est enfin libéré le 5 novembre 1440, contre une rançon de 220000 écus, représentant partiellement la dot de sa nouvelle épouse, Marie de Clèves, âgée de quatorze ans, nièce du duc de Bourgogne, Philippe le Bon. En 1447, il récupère son comté d’Asti et rentre en France l’année suivante pour finir sa vie retiré à Blois. En 1457, le 19 décembre, alors qu’il a 63 ans, son épouse accouche d’une fille, Marie d’Orléans, et, le 27 juin 1462, alors qu’il a 68 ans, Marie de Clèves accouche cette fois d’un fils, Louis, le futur roi Louis XII. En 1464, elle donne naissance à une fille, Anne d’Orléans, quelques mois avant la mort de son mari.

    • Charles d’Orléans meurt à Amboise le 5 janvier 1465. Il est inhumé en l’église du Saint-Sauveur à Blois.

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    Éphéméride 4 janvier 1960 décès d'Albert Camus

    Albert Camus est né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie d’un père d’origine alsacienne et d’une mère d’origine espagnole. La famille est de condition modeste. Il est le deuxième enfant du couple: il a un frère, Lucien, plus âgé de quatre ans.
    Son père est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt à Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. Camus n’a donc pas connu son père.
    Dès la mobilisation de son mari, Catherine et ses deux enfants vont s’installer chez sa mère à Alger, dans le quartier populaire de Belcourt. Albert et Lucien seront plus éduqués par leur grand-mère, une maîtresse femme, que par leur mère en raison de sa quasi-surdité et d’une difficulté à parler.
    À l’école, son instituteur, Louis Germain, le pousse à passer le concours des bourses
    : il pourra ainsi poursuivre ses études au lycée et à l’université. Il lui garde une telle reconnaissance qu’il lui écrira une lettre magnifique en 1957 lorsqu’il recevra le Prix Nobel de Littérature.
    Journaliste engagé, écrivain, passionné de théâtre, il marque la vie culturelle française de 1936 à 1960.
    Comme tous les Français d’Algérie, il est traumatisé par la guerre d’Algérie dont il ne verra pas le dénouement. Le 4 janvier 1960, il trouve la mort dans un accident de voiture.
    Son œuvre touche à de nombreux genres littéraires, romans, essais, adaptations théâtrales, correspondances… On peut citer les ouvrages suivants: L’Envers et l’Endroit (1937), essai, Le Mythe de Sisyphe (1942) essai sur l’absurde, L’Étranger (1942), roman, Caligula (pièce de théâtre), La Peste (1947), Les Justes (1949), L’Homme révolté (1951), La Chute (1956), Chroniques algériennes, Actuelles III, 1939-1958, Le Premier homme.
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    Éphéméride 2 janvier 1884 naissance de Jacques Chardonne

    Jacques Boutelleau, en littérature Jacques Chardonne, naît à Barbezieux le 2 janvier 1884. Son grand-père maternel est l’industriel américain David Haviland, fondateur de la fameuse manufacture de porcelaine de Limoges. Son père, Charentais de vieille souche, dirige une importante maison de cognac.

    Jacques Chardonne a dix-huit ans lorsque ses parents, subitement ruinés, quittent la province pour Paris. Il s’inscrit à la faculté de droit et à l’École de sciences politiques. Ses études terminées, il accomplit son service militaire au Havre mais atteint de tuberculose il est réformé.
    Il devient le collaborateur et le commanditaire de l’éditeur P.V. Stock chez qui il fera publier Apollinaire et Géraldy.
    La guerre éclate. Chardonne est versé dans l’armée auxiliaire puis réformé définitivement. Il s’installe en Suisse, dans le village de Chardonne-sur-Vevey dont il prend le nom. En 1921, il publie l’
    Épithalame chez Stock dont il vient de prendre la direction. En 1927, Chardonne publie son second roman, le Chant du bienheureux. Éva et Claire, qui paraissent en 1930 et 1931, établissent la réputation de Chardonne, romancier du couple.
    Suit un silence de six années, marquées par des péripéties intimes, divorce, nouvelle rechute de santé, remariage et installation à la Frette (1925).
    Avec les
    Destinées sentimentales, Chardonne fait le portrait de la bourgeoisie de manufacturiers et de négociants en cognac qu’il a connue dans sa prime jeunesse. Romanesques (1936) marque la fin de sa première période.
    Pendant plusieurs années, il abandonne le roman pour faire œuvre d’essayiste. Se situant dans la tradition d’un conservatisme libéral, il se veut défenseur des valeurs traditionnelles dans
    Chronique privée de l’an 40, publié en 1941, où quelques pages ayant trait aux causes de la défaite provoquent le scandale. Voir la figure, troisième volet de ses réflexions, envisage l’éventualité d’une Europe unifiée sous l’égide de l’Allemagne. Bien que Chardonne, dès 1942, revienne nettement sur ses positions en supprimant dans une nouvelle édition les pages qui prêtaient à polémique, il sera arrêté et emprisonné à la Libération puis remis en liberté sur ordonnance d’un non-lieu.
    Chimériques (1948) et surtout Vivre à Madère (1953) marquent son retour au roman. Il publiera encore le Ciel dans la fenêtre (1959) et Demi-jour (1964), chefs-d’œuvre de prose musicale qui mêlent librement les souvenirs et les réflexions, avant de mourir à La Frette (Val d’Oise), âgé de quatre-vingt-quatre ans, le 29 mai 1968.

    Collaborateur jusqu'au bout, Chardonne a davantage dénoncé les crimes de l'épuration que la barbarie nazie. Pourtant son fils Gérard Bouttelleau, résistant, avait été interné au camp d'Oranienbourg.

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    Éphéméride 1e janvier 1560 décès de Joachim du Bellay

    Joachim du Bellay naît vers 1522 à Liré, en Anjou, au château de la Turmelière.
    Issu d'une famille de noblesse ancienne (famille de cardinaux, de diplomates et de gouverneurs), le jeune Joachim est orphelin très tôt de père et de mère. Il est confié à la tutelle de René, son frère aîné. Il a une enfance triste, solitaire et devient un adolescent fragile.

    Vers 1547, il rencontre Pierre de Ronsard. Après avoir rêvé l'un et l'autre à une carrière militaire, ils ont dû y renoncer tous deux pour cause de surdité précoce.
    Pierre de Ronsard et du Bellay étudient à Paris au collège de Coqueret, leur professeur est Jean Dorat, un brillant helléniste qui leur fait découvrir les auteurs de l'Antiquité et la poésie italienne. Ronsard et du Bellay forment alors un groupe de sept érudits qui prend en 1553 le nom de Pléiade.
    Du Bellay avait embrassé l'état ecclésiastique et il devint chanoine de Notre-Dame de Paris, ce qui ne l'empêche pas de mener une vie assez mondaine. Ses vers lui donnent accès à la cour, où on l'appelle « l'Ovide français ».

    En 1549, la Pléiade publie un manifeste que du Bellay a écrit :
    Défense et illustration de la langue française : défendre le français contre la domination du latin, cultiver les genres nouveaux, enrichir le vocabulaire. Ce livre se veut l'acte de fondation de la poésie française.
    Puis du Bellay publie un recueil d'une cinquantaine de sonnets, l'
    Olive (1549). Ces sonnets « à la manière » de Pétrarque, connaissent un grand succès. C'est le premier recueil en français de sonnets amoureux.

    Malgré des problèmes de santé, de 1553 à 1557, du Bellay devient secrétaire à Rome du cardinal Jean du Bellay, cousin de son père et grand diplomate. Cet exil de quatre ans, durant lesquels il écrit « Les Antiquités de Rome », commence dans l'enthousiasme. Mais la ville mythique de l'Antiquité n'est plus que ruines, faste et débauche. Le dégoût et le regret s'emparent du poète, sentiments qui lui inspireront ses plus belles pages. De retour à Paris, en 1558, il publie
    Les Antiquités de Rome, les Jeux Rustiques et Les Regrets, un recueil de 191 sonnets (dont le 31e est le célèbre : « Heureux qui comme Ulysse »), en alexandrins.
    Des ennemis secrets le firent accuser d'irréligion, ce qui nuisit à son avancement ; sa santé se détériore.

    Sourd et malade, il s'éteint subitement, à sa table de travail, dans la nuit du 1er janvier 1560.


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    Éphéméride 31 décembre 1799 décès de Jean-François Marmontel

    Écrivain français né à Bort-les-Orgues en 1723 il décède à Abloville, Eure, en 1799.
    D'origine modeste, il étudie chez les jésuites de Mauriac et se distingue aux jeux Floraux à Toulouse. Patronné par Voltaire, il donne à Paris des tragédies :
    Denys le tyran (1748), Aristomène (1749), Cléopâtre (1750).
    M
    me de Pompadour le fit nommer secrétaire des Bâtiments et lui accorda le privilège du Mercure (1758).
    Chargé des articles de rhétorique et de poétique de l'Encyclopédie (rassemblés dans ses
    Éléments de littérature, 1787), Marmontel usa d'une prose poétique pour Bélisaire (1767) et les Incas (1777). Le succès de ses Contes moraux (1761-1771) mit à la mode ce genre édifiant. Il devint secrétaire perpétuel de l'Académie française (1783). La Révolution le déçut. Ses Nouveaux Contes moraux (1792) sont très conformistes. Au Conseil des Anciens, il plaide pour le catholicisme et les émigrés. Ses Mémoires d'un père pour servir à l'instruction de ses enfants (1804) sont un document sur l'époque.

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    Éphéméride 30 décembre 1944 décès de Romain Rolland

    Romain Rolland est un écrivain français, né le 29 janvier 1866 à Clamecy (Nièvre) et mort le 30 décembre 1944 à Vézelay (Yonne). Il reçut le Prix Nobel de littérature en 1915.
    Romain Rolland naît dans une famille de notaires, issue de paysans et de bourgeois aisés qu’il mettra en scène dans Colas Breugnon, paru en 1919.
    Reçu à l'École normale supérieure en 1886, il est reçu à l'agrégation d'histoire en 1889.
    Il passe ensuite deux ans à Rome, de 1889 à 1891, comme membre de l'École française de Rome. À son retour en 1895, il passe son doctorat de lettres en présentant une thèse sur Les origines du théâtre lyrique moderne. Dès que la littérature lui assure de modestes revenus, il donne sa démission de l'Université, en 1912.
    Romain Rolland correspond avec Freud de 1923 jusqu'à 1936 et entretient également des rapports épistolaires et amicaux avec Richard Strauss, André Suarès, Stefan Zweig, Alain et Jean Guéhenno.
    Rolland est en Suisse lors de la déclaration de la Première Guerre mondiale. Bouleversé à l´idée du déclin de l´Europe qu'il voit s'annoncer, il décide alors de ne pas quitter le pays qui lui permet de s'engager au sein de la Croix-Rouge et de diffuser librement ses œuvres. C´est ainsi que la série de pamphlets à l’encontre des pays belligérants, Au-dessus de la mêlée, parut au Journal de Genève : Rolland y dénonçait avec véhémence leur quête d´une victoire totale, au lieu de vouloir négocier une paix équitable.
    La publication de ses articles, à Paris, eut un large écho dans la seconde moitié de la guerre : ils furent traduits en plusieurs langues et ont largement contribué, avec son roman Jean Christophe, à ce qu´on lui décerne le Prix Nobel de littérature en 1915.
    Rolland devient une figure du mouvement pacifiste international, mais aussi du mouvement de la Troisième internationale communiste. Son voyage à Moscou, en 1935, à l'invitation de Gorki, lui permet de rencontrer Staline et de devenir ambassadeur des intellectuels français amis l'Union soviétique.
    En 1937, il quitte la Suisse et rentre en France pour s'établir à Vézelay. À mesure que le danger nazi montait, il s'est éloigné des positions pacifistes qui étaient les siennes depuis la première guerre mondiale. Il s'est très violemment opposé au traité de Munich (septembre 1938). Son dernier acte public sera la lettre de soutien qu'il enverra à Daladier à la déclaration de guerre, qui suscitera l'indignation des pacifistes. Giono dira : « Feu Romain Rolland. »
    Il termine ainsi ses Mémoires en 1940, et écrit Péguy, paru en 1944, dans lequel ses souvenirs personnels éclairent la réflexion d'une vie sur la religion et le socialisme.
    Il meurt le 30 décembre 1944, à près de 79 ans.
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    Éphéméride 29 décembre 1934 Lorca met en scène Yerma

    Après le succès de Noces de sang créé en 1933, le poète et dramaturge andalou Federico Garcia Lorca crée le deuxième volet de sa « trilogie rurale », Yerma.
    Yerma ne peut pas avoir d'enfant et doit faire face aux préjugés et aux tabous d'une société espagnole rongée par la morale religieuse. La pièce, bien que conspuée par la droite conservatrice, remportera un succès retentissant dans les milieux littéraires. Après l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, Lorca achèvera sa trilogie avec
    La Maison de Bernarda Alba, peu de temps avant d'être fusillé par des troupes rebelles opposées à la coalition de gauche récemment élue.

    Mariée à Juan depuis deux ans, Yerma (prénom espagnol tristement prémonitoire, puisqu'il signifie « stérile ») souhaite ardemment avoir des enfants. Lui s'occupe plus volontiers de ses terres que de sa femme, qu'il considère avant tout comme une maîtresse. La jeune femme souffre terriblement de cette situation. Pour elle, enfanter est le seul but de l'existence d'une femme, et cette idée l'obsède. Bien qu'il sache Yerma incapable de le trahir, Juan finit pourtant par la soupçonner de vouloir se tourner vers un autre pour assouvir son désir. Il fait venir à la ferme deux de ses sœurs, fort bigotes, dans le but de la surveiller. Tandis que le climat ne cesse de s'alourdir, Yerma décide de se rendre sur un lieu de pèlerinage pour les femmes stériles ; effarée, elle n'y trouve que débauche. Mais surgit son mari, qui, soupçonneux, l'a suivie. Tout heureux de ces retrouvailles, il veut à nouveau jouir d'elle. Yerma, incapable de supporter une étreinte qui la révulse, l'étrangle de ses propres mains.
       Lorca a choisi de situer l'action de cette pièce en trois actes et six tableaux dans le cadre rude de son Andalousie natale. Véritable drame de la stérilité, rédigée dans un style sans artifice où se mêlent prose et vers, l'œuvre n'est pas sans évoquer la tragédie grecque antique.

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    Éphéméride 28 décembre 1706 décès de Pierre Bayle

    Né le 18 novembre 1647 en pays de Foix, fils de pasteur, il suit des études de philosophie chez les Jésuites de Toulouse où il se convertit au catholicisme, avant de revenir à la religion réformée pour finalement devenir sceptique. Il enseigne la philosophie à l'Académie protestante de Sedan. Poussé à l'exil par la politique religieuse de Louis XIV (révocation de l'Édit de Nantes), il s'installe en Hollande en 1681 où il demeure jusqu'à la fin de ses jours. Il y enseigne la philosophie et publie de nombreux ouvrages ainsi qu'une revue littéraire Nouvelles de la République des Lettres. Il défend plus que tout la tolérance. Il professe la liberté de pratiquer la religion de son choix, ce qui provoque de vives colères à son égard, même parmi les protestants.

    Pour lui, la problématique de la morale est indépendante de la religion, les athées pouvant avoir autant de sens moral que les chrétiens. Pierre Bayle est un sceptique pour qui le consentement universel n'est pas une preuve de l'existence de Dieu.

    Son œuvre majeure,  
    Le Dictionnaire historique et critique  qui a servi de modèle à l'Encyclopédie, a beaucoup de succès et lui apporte la renommée. La France lui propose de revenir à Paris avec une rente moyennant une conversion de pure forme au catholicisme, ce qu'il refuse. Pierre Bayle était un grand érudit ; apôtre de la tolérance et de la libre pensée, il est un précurseur du rationalisme et annonce le siècle des Lumières.
    Il décède à Rotterdam le 28 décembre 1706.

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    Éphéméride 27 décembre 1585 décès de Pierre de Ronsard

    Ronsard, fils du chevalier Louis de Ronsard, est né en septembre 1524 dans le Château de la Possonnière, près de Vendôme.
        Il est d'abord page d'aristocrates, dont le fils du roi François I
    er. Il se destinait à la carrière de militaire et de diplomate, mais une grave maladie le rend à demi-sourd.
        Le 6 mars 1543, il est tonsuré au Mans. Des bénéfices ecclésiastiques lui assurent un revenu régulier qui lui enlève tout souci matériel et lui permet de consacrer sa vie à la poésie.
        Il s'installe à Paris en 1544. C'est là qu'il contribue à former la Pléiade, un groupe de sept écrivains qui se donnent pour mission d'enrichir la langue française et de créer une véritable littérature française. Grand humaniste, il devient le poète le plus important du groupe avec Du Bellay, neveu de puissants hommes politiques, qui rédige en 1549 la
    Défense et Illustration de la langue française. Ce manifeste a pour but de défendre le français contre ses détracteurs, d'enrichir son vocabulaire et ses tournures par un retour aux bases latines et grecques et de composer des œuvres inspirées des auteurs grecs et latins, en leur empruntant des formes anciennes comme l'ode, l'élégie, l'épopée ou la tragédie.
        Ronsard étudie auprès de l'helléniste français Jean Dorat, au collège de Coqueret.
        Il fréquente des poètes, des humanistes, des clercs, des gens de cour ; il y participe activement à la vie des premiers salons et à l'activité de l'Académie de poésie et de musique, créée par Jean Antoine de Baïf. Il devient en 1558 poète officiel de la cour, avec le titre de conseiller et d'aumônier ordinaire du roi.
        Grand humaniste, il veut une poésie inspirée de l'Antiquité tant au niveau des thèmes qu'au niveau de la mythologie; il renoue avec Homère, Virgile et Horace.
        Il s’engage nettement du côté catholique au cours des guerres de religion.
        Ronsard meurt dans la nuit du 27 au 28 décembre 1585, et il est enseveli dans la crypte de l'église du prieuré de Saint-Cosme, près de Tours, aujourd'hui en ruines.
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    Éphéméride 26 décembre 1662 Molière crée L'Ecole des Femmes


    Jean-Baptiste Poquelin achève la création de sa dernière comédie en cinq actes au Palais-Royal à Paris. L’École des femmes sera vite considérée comme la première comédie de la maturité pour Molière. La pièce, novatrice en ce qu’elle mêlait de manière alors inédite les ressources de la farce et de la grande comédie en vers, suscite une série de débats connus sous le nom de « Querelle de L’École des femmes. »
    La morale et le comique de la pièce agaceront ses rivaux tels que Corneille et les consciences traditionnelles. Molière devra faire face à une vague de critiques qui alimenteront la polémique jusqu’en 1663.
    Cette querelle, habilement exploitée par Molière, lui donna l’occasion de répondre aux critiques qui lui avaient été adressées et de préciser son projet dramatique dans une comédie intitulée la Critique de l’École des Femmes, représentée sur la scène du même théâtre au mois de juin de l’année suivante.
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    Éphéméride 25 décembre 1963 décès de Tristan Tzara

    Tristan Tzara, de son vrai nom Samuel Rosenstock, né le 16 avril 1896 à Moinești, Roumanie et mort le 25 décembre 1963 à Paris, est un écrivain, poète et essayiste de langue roumaine et française et l'un des fondateurs du mouvement Dada dont il sera par la suite le chef de file.
    Il écrit dès son adolescence. En 1915, il quitte la Roumanie et s’installe à Zurich où, avec Hugo Ball, il fonde le Cabaret Voltaire qui édite une revue, Dada, à partir de juillet 1917. Jusqu’en 1921 il écrit plusieurs manifestes pour la scène (publiés en 1924 sous le titre Sept manifestes Dada), contre la guerre mais aussi contre la littérature et l’art tels qu’ils sont produits. Ses poèmes et ses sketches sont vite connus à Paris où il vient en 1920, accueilli notamment par André Breton et Picabia. Sa poésie cherche avec les mots ce qu’ont fait des peintres comme Matisse et Picasso, loin des projets de Breton et des futurs surréalistes : il s’en sépare dès 1921. En 1931, il retrouve pour un temps les surréalistes par son rapprochement avec le Parti communiste. Il y adhère, mais rejette l’idée d’une poésie au service d’un idéal révolutionnaire. Organisateur pendant l’Occupation du Comité national des écrivains dans le Sud-ouest, il quitte le Parti communiste en 1956, quand les Soviétiques envahissent la Hongrie. Il meurt à Paris en 1963.

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    Éphéméride 24 décembre 1982 décès de Louis Aragon

    Louis Aragon est né le 3 octobre 1897 à Paris. Son père est Louis Andrieux, 57 ans, un notable, procureur de la République à Lyon, puis député, préfet de police, et ambassadeur de France en Espagne. Sa mère est Marguerite Toucas, 24 ans. Elle fera passer Aragon pour le fils adoptif de sa mère et Andrieux pour son parrain. L’enfance se passe à Paris puis à Neuilly.
    Après son baccalauréat latin-sciences, il s’inscrit à la faculté de médecine en 1916, il est affecté au Val de grâce. Nommé médecin auxiliaire en 1918, il part pour le front. C’est à cette époque que Louis Andrieux et sa mère lui avouent le secret de ses origines.En août, il est cité a l’ordre du régiment et reçoit la croix de guerre. C’est pendant cette période qu’il rencontrera André Breton, lui aussi médecin.
    En 1919, il fonde la revue Littérature avec Philippe Soupault et André Breton. Louis Aragon est un membre du mouvement Dada et du mouvement surréaliste. Il publie Anicet ou le Panorama en 1921 et le Paysan de Paris en 1926. L’année suivante, en 1927, il adhère au parti communiste. Il devient par ailleurs journaliste à L’Humanité. En 1928, il rencontre Elsa Triolet et rompt avec les surréalistes en 1932. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance et publie des poèmes dédiés à Elsa Triolet, sa compagne. Il s’agit du Crève-cœur en 1941 et des Yeux d’Elsa en 1942. En 1970, Elsa Triolet meurt. En 1982, Aragon meurt le 24 décembre à Paris.
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    Éphéméride 23 décembre 1990 décès de Pierre Gripari

    Pierrot la lune et une pièce de théâtre Lieutenant Tenant. Il écrira ensuite de nombreux autres ouvrages pour les adultes mais aussi des contes fantastiques et des récits pour les enfants. Dans les Contes de la rue Broca et Les contes de la Folie Méricourt, géants, sorcières, sirènes surgissent. Pierre Gripari s'amuse à bouleverser l'ordre du merveilleux. Ces ouvrages sont très souvent conseillés par les enseignants. Il existe une association des Amis de Pierre Gripari, présidée par Vladimir Dimitrijevic, l'éditeur de ses oeuvres pour adultes.
    Il est décédé à Paris le 23 décembre 1990.

    Pierre Gripari est né le 7 janvier 1925 à Paris, d'une mère française et d'un père grec. Il fait des études de lettres au lycée Louis-le-Grand, puis s'engage pendant trois ans dans l'armée. Il travaille ensuite dans un bureau et se consacre à la littérature. En 1963, il publie une autobiographie
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    Éphéméride 22 décembre 1944 Première de La Folle de Chaillot


    La Folle de Chaillot est une pièce de théâtre en 2 actes, l'une des plus célèbres de Jean Giraudoux, qu'il rédigea pendant l’Occupation.

    La pièce est présentée pour la première fois en public au théâtre de l'Athénée à Paris, après la mort de Giraudoux, dans une mise en scène orchestrée par Louis Jouvet qui était revenu d’Amérique.
    Marguerite Moreno interprète le rôle titre d'Aurélie, la Folle de Chaillot. Louis Jouvet joue le rôle du chiffonnier. La pièce reçoit un accueil triomphal et les critiques voient en elle “un thème pour tous les délires”. Elle
    apparaît aujourd'hui comme une pièce prophétique : « Ce qu'on fait avec du pétrole. De la misère. De la guerre. De la laideur. Un monde misérable. »

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    Éphéméride 21 décembre 1375 décès de Boccace


    Giovanni Boccaccio (en français Jean Boccace mais le plus souvent simplement Boccace), est un écrivain italien né le 16 juin 1313 à Certaldo, mort le 21 décembre 1375 à Certaldo. il a développé une passion pour la littérature lors de son passage à la cour du roi Robert de Naples. A la fin des années 1340, il rentre à Florence où il se lie d'amitié avec Pétrarque. En 1348, il rédige ce qui est considéré comme son premier chef d'œuvre :
    Décaméron. Malgré de nombreux écrits et plusieurs succès (Corbaccio, une biographie de Dante Alighieri, etc.), il finira sa vie dans la solitude et la misère à Certaldo.

    Le
    Décaméron (du grec δέκα, déca, dix, et ἡμέρα, hêméra, jour) est un recueil de nouvelles écrit en langue italienne entre 1349 et 1353, qui marque la naissance de la prose italienne. Il se compose de 100 courts récits dont l'action se déroule à Florence durant l'épidémie de peste noire en 1348.

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    Éphéméride 20 décembre 2001 décès de Léopold Sedar Senghor

    Né le 9 octobre 1906 à Joal, petite ville côtière du Sénégal, l’itinéraire de Léopold Sédar Senghor est exceptionnel.
    Issu d’une famille riche, il a une enfance sans problème. Bachelier en 1928, il poursuit ses études à Paris où il rencontre Aimé Césaire, poète de la Martinique. Au moment où L.S. Senghor le rencontre, il vient de formuler le concept de négritude, qui désigne l’ensemble des caractères, des manières de penser, de sentir propres à la « race » noire.
    En 1928, Senghor rencontre Georges Pompidou au Lycée Louis-le-Grand. Dès 1934, il fonde à Paris, avec Damas et Césaire, la revue
    L’Étudiant noir qui sonne le réveil des consciences.

    En 1936, L.S. Senghor obtient son agrégation de grammaire, devenant ainsi le premier agrégé africain de l’Université française.

    L’année 1945 marque le début de sa carrière politique. Après la Libération, L.S. Senghor est élu député à l’Assemblée Constituante et participe alors à la rédaction de la Constitution de la Quatrième République. La même année, il publie son premier recueil
    Chants d’ombre.
    L.S. Senghor a été plusieurs fois Délégué de la France à la conférence de l’Unesco et à l’assemblée générale de l’ONU avant de devenir en 1960 le premier Président de la République du Sénégal
    ; il le restera jusqu’en 1980.

    Docteur honoris causa de nombreuses universités, membre de l’Institut de France, le 2 juin 1983 il est élu à l’Académie française.
    À sa mort, il est inhumé dans son pays d’origine en l’absence remarquée des hauts dirigeants français.

    http://agora-2.org/francophonie.nsf/Dossiers/Leopold_Sedar_Senghor

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    Éphéméride 19 décembre 1910 naissance de Jean Genet


    Jean Genet est né le 19 décembre 1910 à Paris. Sa mère l’abandonne à la naissance. Pupille de l’Assistance publique, il est placé dans une famille du Morvan. Très jeune il commet son premier vol et éprouve ses premiers émois homosexuels, éléments fondateurs du mythe Genet. Son parcours est chaotique, fait de mauvaises rencontres, de délinquance et de prison.
    Dès son adolescence il commence une existence marginale et rebelle, passant par la colonie pénitentiaire de Métray, la légion étrangère et la prison à plusieurs reprises. C’est d’ailleurs à Fresnes qu’il commence sa première oeuvre, en 1942,
    Le condamné à mort ; suivent des œuvres dans lesquelles il décrit ses errances. Genet est un perfectionniste, obsédé par la beauté des mots.
    Plusieurs romans autobiographiques vont suivre -
    Notre Dame des fleurs (1944), Miracle de la rose (1946), Querelle de Brest (1947), Pompes funèbres (1947) - mais ces premiers romans sont censurés car jugés pornographiques.
    Jean Cocteau et Jean-Paul Sartre le font découvrir et le défendent, l’un en lui évitant la prison à perpétuité et l’autre en écrivant, en 1952,
    Saint Genet comédien et martyr.
    A partir de 1947, Genet écrit essentiellement des pièces de théâtre, protestations sociales et politiques :
    Les Bonnes (1947), Haute surveillance (1949), Les nègres (1959), Les paravents (1961). Avec Michel Foucault, il met en place un observatoire des prisons, prend parti pour les indépendantistes algériens, s’engage auprès des Black Panthers et des Palestiniens : Le captif amoureux (1986) et L’ennemi déclaré (posth. 1991) en sont l’illustration.
    Il n’attire plus les foudres de la critique et il est l’un des auteurs dramatiques les plus joués du répertoire français. Il obtient en 1983 le Grand Prix national des lettres et sert d’inspiration aux auteurs de la Beat Generation.
    Il meurt à Paris le 15 avril 1986, seul dans une chambre d'hôtel sordide.

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    Éphéméride 18 décembre 1826 naissance d'Alexandre Chatrian

    Alexandre Chatrian est un écrivain français, né à Abreschviller (Meurthe, Moselle aujourd'hui) le 18 décembre 1826 et mort à Villemomble le 3 septembre 1890.
    Il écrivait avec son ami Émile Erckmann sous le pseudonyme commun d'Erckmann-Chatrian.

    En 1847, il était maître d’étude au collège de Phalsbourg lorsqu'il rencontra Erckmann. Ils devinrent amis et passèrent l'été ensemble dans les Vosges. Après la Révolution française de 1848, ils commencèrent à publier des feuilletons mais le succès escompté n'arriva pas aussi vite qu'ils l'avaient cru. Chatrian chercha alors un autre travail et fut embauché en 1852 comme employé de bureau à la Compagnie des chemins de fer de l'Est.
    Après une période de rodage, ils commencèrent à être connus vers 1859 : la publication régulière de contes et de nouvelles fantastiques leur attira de nombreux lecteurs. Ils s'installèrent donc tous deux à Paris, près de la Gare de Paris-Est pour pouvoir revenir régulièrement en Lorraine.
    Alexandre Chatrian prit sa retraite d'employé des chemins de fer en 1884 et se retira alors à Villemomble, où il mourut en 1890

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    Éphéméride 17 décembre 1987 décès de Marguerite Yourcenar

    Marguerite Yourcenar, de son vrai nom Marguerite Cleenewerck de Crayencour naît à Bruxelles, le 8 juin 1903. Elle fut la première femme élue à l'Académie française en 1981.
    Née d'une mère belge qu'elle perd à la naissance, Marguerite de Crayencour est élevée par son père, un anticonformiste, grand voyageur et très cultivé.
    Elle passe la première partie de son baccalauréat à Nice, sans avoir fréquenté l'école.
    Son premier poème dialogué,
    Le Jardin des chimères, est publié à compte d'auteur en 1921 et signé Yourcenar, anagramme de son nom de famille.
    En 1939, son père est mort depuis dix ans, elle manque d'argent et l'Europe s'agite dangereusement. Elle part aux États-Unis pour rejoindre Grace Frick, son amie, avec qui elle vivra jusqu'au décès de celle-ci en 1979. Elle y passera le reste de sa vie : citoyenne américaine en 1947, elle enseignera la littérature française jusqu'en 1949.

    Son roman
    Mémoires d'Hadrien, en 1951, connaît un succès mondial et lui vaut le statut définitif d'écrivain, consacré en 1970 par son élection à l'Académie Royale (belge) de langue et de littérature françaises, et onze ans plus tard, par son entrée à l'Académie française.
    Elle indiquera plus tard avoir longtemps hésité, pour le choix de son sujet, entre l'empereur Hadrien et le mathématicien-philosophe Omar Khayyam.
    Sa vie se partage entre l'écriture dans l'isolement de l'île des Monts-Déserts et de longs voyages dont un périple autour du monde avec Jerry Wilson, son dernier compagnon.
    Elle meurt le 17 décembre 1987 à Mount Desert Island, aux États-Unis. Elle est enterrée au cimetière Brookside à Somesville (Maine).

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    Éphéméride 16 décembre 1897 décès d'Alphonse Daudet

    Alphonse Daudet est né à Nïmes le 13 mai 1840. Après une enfance heureuse en Provence, il fut contraint, par la ruine de ses parents, de se faire surveillant d'études à Alès, épisode évoqué dans Le Petit Chose , puis tente sa chance à Paris en 1857 avec l'appui de son frère Ernest.

    Dès son premier ouvrage, le recueil de vers
    Les Amoureuses, il obtient la notoriété et collabore à divers journaux. Ce premier ouvrage lui permet de rentrer comme secrétaire au service du duc de Morny. En 1867, Alphonse Daudet épouse Julia Allard, jeune fille de la bourgeoisie parisienne.

    Célèbre avec
    Les Lettres de mon moulin (1866), il chante encore la Provence dans sa trilogie de Tartarin : Tartarin de Tarascon (1871), Tartarin sur les Alpes (1885) et Port Tarascon (1890).

    Tenté par le théâtre, Daudet tira des
    Lettres de mon moulin, un drame, L'Arlésienne (1872), immortalisé par la musique de Bizet.

    S'engageant aussi dans la voie du roman réaliste Daudet peignit les mœurs contemporaines (
    Jack, 1876, Sapho, 1884). Atteint de la syphilis, il meurt à Paris le 16 décembre 1897.

    Mon étude de l’Elixir du R.P. Gaucher ici
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    Éphéméride 14 décembre 1895 naissance de Paul Eluard


    Paul Éluard, de son vrai nom Eugène Émile Paul Grindel, est né le 14 décembre 1895.

    En 1913, il a rencontré sa première femme, une jeune Russe, Helena Diakonova, appelée Gala. Il publie son recueil Premiers Poèmes la même année.
    Il a connu le front en 1917 et il a fini la guerre avec des idées pacifistes.
      Il fait la connaissance d'André Breton et Louis Aragon en 1919. Ensemble ils participent au mouvement Dada. Il rencontre Max Ernst en 1921
    La même année Éluard, Aragon, et Breton rompent avec les Dadaïstes. Éluard participe activement du mouvement surréaliste, fondé par Breton en 1924. Comme les autres Surréalistes il adhère au Parti Communiste en 1926. (C'est lui, et non Aragon, qui a écrit l'« Ode à Staline »…) Ils alertent contre les dangers du fascisme.
       Éluard, « l'ami des peintres », s'est lié avec Picasso, Ernst, Dali, Man Ray. Certains illustrent ses recueils et il s'inspire de leurs peintures. Il a écrit les préfaces des expositions artistiques de Paul Klee, Man Ray, Max Ernst.
    L'amour la poésie, un recueil dédié à Gala est publié en 1929, la même année qu'il a rencontré Nush (Maria Benz) qui allait devenir sa deuxième femme en 1934. Éluard resta proche de Gala, qui l’avait quitté pour le peintre Salvador Dali, pendant le reste de sa vie.
    Éluard s'est éloigné des surréalistes pendant les années 1936-1937 et a rompu avec le groupe en 1938.
    Pendant la deuxième guerre mondiale, Éluard s’est engagé dans la Résistance. Il participe à la littérature clandestine à la tête du Comité national des écrivains zone Nord.
    Poésie et Vérité (1942) a été publié avec le fameux poème Liberté. Ce poème, parachuté sur des tracts, met sa vie en danger. Se cachant dans un hôpital psychiatrique, en Lozère, Éluard continue de publier jusqu'à la Libération.
    La douleur de la mort de Nush en 1946 lui inspire
    Le temps déborde en 1947. Il s’engage pour la paix. Il participe au Congrès des intellectuels pour la paix à Wroclaw, avec Picasso en 1948.
    Éluard a rencontré sa dernière femme, Dominique, au Congrès de la paix de Mexico en 1949. Ils se sont épousés en 1951 la même année qu’Éluard a publié
    Le phénix, un recueil dédié à Dominique.
     Paul Éluard est mort le 18 novembre 1952.

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    Éphéméride 13 décembre 1669 Première de «Britannicus»


    La tragédie romaine de Racine, en cinq actes et en vers, est présentée pour la première fois à l’Hôtel de Bourgogne. Le rival de Racine, Corneille, est présent dans la salle. Il fera l'éloge de la pièce à l'Académie quelques jours plus tard mais omettra de mentionner le nom de son auteur, ce qui provoquera une querelle entre les deux hommes.

    Britannicus est la deuxième grande tragédie de Racine. Pour la première fois, l’auteur prend son sujet dans l’histoire romaine. L’empereur Claude a eu un fils, Britannicus,avant d’épouser Agrippine et d’adopter Néron, fils qu’Agrippine a eu d’un précédent mariage et qu’elle va pousser vers le trône au détriment de Britannicus, en empoisonnant Claude. Néron a donc succédé à Claude. Il gouverne l’Empire avec sagesse au moment où débute la tragédie. Racine raconte l’instant précis où la vraie nature de Néron se révèle : sa passion subite pour Junie, fiancée de Britannicus, le pousse à se libérer de la domination d’Agrippine et à assassiner son frère adoptif.
    Bien que jouée 1 258 fois (jusqu'en septembre 1680), Britannicus n'aura qu'un succès mitigé, notamment à cause des partisans de Corneille qui monteront une cabale contre la pièce de Racine.
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    Éphéméride 12 décembre 1821 naissance de Gustave Flaubert

    Flaubert est le second fils d’un chirurgien-chef de l’Hôtel-Dieu de Rouen, où il passera ses premières années.
    Il connaît dès l'enfance la monotonie de la vie de province et il y puise peut-être le goût de l'observation méticuleuse.
    Au cours de l'été 1836, il rencontre à Trouville Elisa Schlesinger, pour laquelle il nourrît un amour sans espoir. Cette passion est à l'origine de
    L'Éducation sentimentale (1843).
    En 1841, il s'inscrit à la faculté de droit à Paris. Refusé à son examen de droit, il entreprend la première version de
    L'Éducation Sentimentale.
    En 1846, Flaubert perd son père et sa sœur. Il habitera désormais avec sa mère. Il rencontre l’écrivain Louise Colet qui sera sa maîtresse pendant dix ans. Il rompt définitivement avec Louise Colet en 1854.
    Deux ans après,
    Madame Bovary est publié dans la Revue de Paris. C'est un énorme succès. Quelques scènes du roman entraîneront un procès en immoralité et des poursuites contre l'auteur.
    En 1869,
    L'Éducation Sentimentale est édité et ne connaît qu'un médiocre succès. Flaubert a la douleur de perdre sa mère en avril 1872. Il est entraîné à la ruine financière par ses neveux.
    Le 8 mai 1880, Flaubert meurt brusquement d'une attaque, laissant inachevé son roman
    Bouvard et Pécuchet.

    L’acte de naissance de Gustave Flaubert est visible ici :
    http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/gfnaissance.gif
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    Éphéméride 11 décembre 1851 Victor Hugo s'exile en Belgique


    Fervent opposant au Coup d'État de Napoléon III (2 décembre), Victor Hugo doit s'exiler en Belgique pour fuir la répression.

    En juillet 1851, à la tribune de la Chambre, Hugo s’était opposé avec virulence à la tentative d'une réforme de la Constitution qui permettrait la rééligibilité du président : « Quoi ! Après Auguste, Augustule ! Quoi, parce que nous avons eu Napoléon le Grand, il faut que nous ayons Napoléon le Petit ! ».
    Plusieurs amis de Hugo, Paul Meurice, Auguste Vacquerie ainsi que ses fils Charles et François-Victor, déploient une activité intense destinée à résister au coup d'État. Victor Hugo accuse Louis-Napoléon de haute trahison, et il est recherché par la police. Il se dresse contre ceux qui veulent étrangler la Jeune République. Quant à ses fils, ils furent condamnés à neuf mois de prison ferme.
    Juliette Drouet le cache et favorise courageusement sa fuite.
    Muni d'un faux passeport, Hugo prend le train de nuit pour Bruxelles
    le soir du 11 décembre : alors que le poète est recherché pour avoir tenté, en vain, d’organiser la résistance en soulevant les masses populaires parisiennes (25 000 francs de récompense sont promis à qui le capturera), il anticipe son expatriation officielle et gagne Bruxelles. Il y passera huit mois et y rédigera Histoire d’un crime, une charge contre le coup d’État et son auteur qui ne sera publiée qu’en 1877, ainsi qu'un pamphlet, Napoléon le Petit, dans lequel il cherche à démolir le mythe construit autour de la figure de l’empereur, dont il fut lui-même dupe.
    L'année suivant son exil se poursuivra sur l'île anglo-normande de Jersey puis en 1855 à Guernesey. Pendant plus de 15 ans, il écrira des satires contre celui qu'il appelle « Napoléon le petit ». Hugo ne reviendra en France qu'après l'abolition du Second Empire en 1870.
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    Éphéméride 10 décembre 1870 naissance de Pierre Louÿs


    L'écrivain français Pierre Louÿs voit le jour à Gand (Belgique). Il doit ses ambitions poétiques à la découverte du poète parnassien José-Maria de Hérédia et parvient à publier ses premiers écrits dans la revue « La Conque ».
    Il fait ses études à l’École Alsacienne, où il se lie d’amitié avec André Gide.
    Il épouse la plus jeune des filles du poète José-Maria de Hérédia, Louise, après avoir été l’amant de l’aînée, Marie.

    Chantre de l'érotisme, fasciné par les précis érotiques grecs, il connaît un succès d'estime avec des romans d'une érudition alambiquée et précieuse, tels
    Aphrodite (1896).

    Son recueil de poèmes le plus connu,
    Les Chansons de Bilitis, inspirera trois compositions à Claude Debussy.

    Son roman
    La Femme et le pantin, inspiré des Mémoires de Casanova, a été adapté au théâtre puis au cinéma (The devil is a woman, de Joseph von Sternberg avec Marlène Dietrich ; La Femme et le pantin de Julien Duvivier avec Brigitte Bardot ; Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel, avec Carole Bouquet).

    En 1919 il est le premier à avoir lancé une rumeur saugrenue, attribuant la paternité des œuvres de Molière à Corneille.
    Il meurt en 1925.
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    Éphéméride 9 décembre 1905 naissance de Dalton Trumbo


    Dalton Trumbo est un scénariste, réalisateur et écrivain américain né le 9 décembre 1905 à Montrose, Colorado (États-Unis) et mort le 10 septembre 1976 à Los Angeles, Californie (États-Unis).

    Il est surtout connu pour être l'auteur et le réalisateur du film
    Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun) et pour avoir été l'un des dix d'Hollywood, un groupe de professionnels du cinéma qui avait refusé de témoigner devant la chambre du Comité des activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee) lors de la commission d'enquête de 1947 sur les influences communistes dans l'industrie cinématographique.

    Victime du maccarthisme, inscrit sur la liste noire, il ne peut dès lors plus travailler. Exilé au Mexique, il continuera toutefois à travailler sous divers pseudonymes, remportant même à deux reprises l'Oscar de la meilleure histoire originale en 1954 et 1957.
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    Éphéméride 8 décembre 1864 naissance de Camille Claudel


    Camille Claudel naît à Villeneuve-sur-Fère en Tardenois (Aisne).
    Elle est sculpteur, sœur du poète et écrivain Paul Claudel. Elle a entretenu une relation passionnelle et tumultueuse avec le sculpteur Auguste Rodin, de vingt-quatre ans son aîné.
    Cet amour impossible, ainsi que son internement psychiatrique en 1913, la murant dans le silence le plus total jusqu'à son décès en 1943 à l'hospice de Mondevergues (Vaucluse), lui ont donné une aura posthume assez récente.
    Le succès du film de Bruno Nuytten en 1988 est venu la sortir de l'oubli.
    Une salle consacrée à ses travaux a été mise en place au musée Rodin.
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    Éphéméride 7 décembre 43 av. JC Assassinat de Cicéron


    Le sénateur romain, Marcus Tullius Cicero, dit Cicéron est égorgé près de sa villa de Formia par les hommes du nouvel homme fort de l'Empire romain, Marc-Antoine. Sa tête et ses mains sont exposées sur la tribune. Depuis son accession au pouvoir avec Octave et Lépide (triumvirat du 11 novembre), Marc-Antoine n'a de cesse de punir ceux qui ont comploté contre César. Une centaine d'orateurs seront assassinés au même titre que Cicéron. Ce dernier laisse derrière lui les bases latines de la plaidoirie ainsi qu'une œuvre rhétorique conséquente (De la république, De l'invention, De l'orateur, les Tusculanes...).
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    Éphéméride 6 décembre 1954 Le prix Goncourt à Simone de Beauvoir


    Les Mandarins  remporte le prix Goncourt.
    Dans ce roman Simone de Beauvoir met en scène un groupe d'intellectuels parisiens qui confrontent leurs réflexions sur la société française en 1944 au sortir de la Seconde Guerre mondiale, qui s'apprête à entrer dans la période de la Guerre froide et de la Guerre d'Algérie.
    Ce roman très autobiographique laisse deviner les silhouettes de Sartre, de Camus, de Beauvoir elle-même et du romancier américain Nelson Algren.
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    Éphéméride 5 décembre 1870 décès d'Alexandre Dumas


    Alexandre Dumas père, romancier fécond, s'éteint au Puys près de Dieppe.

    Ses romans-feuilletons historiques, tels « Le Comte de Monte-Christo » (1844) ou « Les Trois Mousquetaires » , figurent désormais au panthéon, fruit de multiples adaptations télévisées et cinématographiques de cape et d'épée.

    Doué d'un style extraordinairement vivant, Dumas puisait son inspiration dans les grandes heures de l'histoire de France , sans souci de vérité historique, et captait l'attention du lecteur par ses intrigues et ses personnages hauts en couleurs.

    Sa dépouille a été transférée au Panthéon de Paris le 30 novembre 2002, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.
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    Éphéméride 4 décembre 1749 décès de Mme Guérin de Tencin


    Claudine-Alexandrine Guérin de Tencin, baronne de Saint-Martin de l'isle de Ré, décède à Paris à l'âge de 67 ans. Elle est l'auteure de plusieurs romans à succès tels que
    Mémoires du comte de Comminge, Le Siège de Calais et Les Malheurs de l'amour.

    Elle est également à l'origine d'un salon politique et financier qui fut fréquenté par de grands auteurs tels que, Marivaux, l'abbé Prévost, Duclos ou Montesquieu.

    Elle est la mère de l'encyclopédiste Jean le Rond d'Alembert, enfant illégitime, qu'elle abandonna en le faisant porter par un serviteur sur les escaliers de la chapelle Saint-Jean-le-Rond attenant à la tour Nord de Notre-Dame de Paris..
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    Éphéméride 3 décembre 1857 naissance de Joseph Conrad


    Joseph Conrad, de son nom civil Teodor Józef Konrad Korzeniowski h. Na
    łęcz, naît à Berditchev (Ukraine, empire Russie). En 1886, il prend la nationalité britannique.

    Dix ans plus tard, il rédige son premier ouvrage, « La Folie Almayer ». Il devra toutefois attendre les années 1910 et la sortie de « La Chance » avant de connaître le succès.

    Il est considéré comme l'un des écrivains anglais les plus importants du 20ème siècle ; il laisse une œuvre considérable, notamment
    Le Nègre du Narcisse, Lord Jim, Jeunesse, Au cœur des ténèbres, Typhon, Nostromo, Le Miroir de la mer, Sous les yeux de l’Occident, L'Agent secret, Victoire..

    Il décède le 3 août 1924 à Bishopsbourne (comté de Kent).
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    Éphéméride 2 décembre 1980 décès de Romain Gary


    Le romancier français d'origine russe, Romain Gary (de son vrai nom Romain Kacew) se donne la mort à Paris. L'écrivain avait obtenu deux Prix Goncourt en 1956 pour « Les racines du ciel » sous son nom de Romain Gary et en 1975 pour « La vie devant soi », grâce à l'utilisation d'un pseudonyme, Émile Ajar.

    Romain Gary utilisait ce nom comme un masque, pour se railler de l'hypocrisie du monde littéraire et renouveler son style. Romain Gary/ Émile Ajar choisit de se suicider à l'âge de 66 ans, un an après le suicide de son épouse, l'actrice Jean Seberg.
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    Éphéméride 1er décembre 1954 Hemingway remporte le prix Nobel de littérature



    Le prix Nobel est attribué à Ernest Hemingway et vient ainsi récompenser l’œuvre la plus représentative de la « Lost Generation » de l’entre-deux-guerres.

    Personnage à la vie aventureuse, il est notamment l’auteur de « l'Adieu aux armes », un roman poignant qui s'inspire de son activité de correspondant de guerre sur le front italien pendant la Première Guerre mondiale, et de « Pour qui sonne le glas » qui évoque son expérience lors de la guerre civile en Espagne.
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    Éphéméride 30 novembre 1667 naissance de Jonathan Swift



    Jonathan Swift est né à Dublin en le 30 novembre 1667. Après une formation universitaire à Dublin (1681-1688), il quitte l'Irlande et devient secrétaire de William Temple, homme d'état important, membre du Parlement et diplomate très en vue. Swift vécut dix ans chez ce protecteur.

    Ces nouvelles fonctions lui permirent de poursuivre ses études de théologie. Celles-ci s'achèveront en 1692 par un doctorat.

    Jonathan Swift est alors nommé pasteur à Kilroot, près de Belfast (1694). En 1699, lorsque meurt Sir Temple, Jonathan Swift repart en Irlande, où il s'établit en 1700. Il obtient bientôt le bénéfice de Lavacor dans le comté de Meath et une prébende à la cathédrale de St-Patrick à Dublin. En 1701, il publie son premier pamphlet politique, où il prend nettement partie pour les whigs. La politique l'attire de plus en plus. Collaborant à l'
    Examiner, de 1711 à 1714, il prépare l'opinion à la paix avec la France.

    Doyen de la cathédrale de St-Patrick (1713), il n'accède pas à l'évêché
    : Le Conte du tonneau avait déplu à la reine Anne. Swift y attaquait aussi bien les Anglicans que les dissidents ou les catholiques romains. La chute des tories en 1714 rendit définitif son exil volontaire en Irlande. Dès lors, il défendit âprement son pays et publia un nombre important d'ouvrages politiques, jusqu'à sa mort en 1745.
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    Éphéméride 29 novembre 1890 naissance de Maurice Genevoix


    Maurice Genevoix est né le 29 novembre 1890 à Decize (Nièvre), « petite ville en Loire assise ».
    Ses lointains ancêtres, suisses et catholiques fervents, avaient trouvé refuge en France lorsqu’ils avaient fui la répression calviniste. De là leur nom de Genevois, le « x » limousin ayant plus tard remplacé le « s ».

    Ses études sont brillantes
    : une voie d'universitaire et d'enseignant toute tracée. La Grande Guerre interrompt brusquement ce cours. Genevoix est au front ; bientôt grièvement blessé le 25 avril 1915 aux Eparges (Meuse) il passera toute la fin du conflit à l'arrière, réformé. L'impression d'être un survivant plutôt qu'un vivant l'obsède... il retourne finalement à la vie, à la Loire, au pays et s'installe aux “Vernelles" à St-Denis-de-L'Hôtel (Loiret) en 1928, où il écrit les cinq volumes de Ceux de 14 (1916-1923).

    Parallèlement, Maurice Genevoix écrit ses premiers romans, dont le fameux
    Raboliot (1925) qui obtient le prix Goncourt. Secrétaire perpétuel de l'Académie française de 1958 à 1973, il fut aussi un grand voyageur (Canada en 1945, Afrique noire, Afrique blanche en 1949).
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    Éphéméride 27 novembre 1916 décès d'Émile Verhaeren


    Émile Adolphe Gustave Verhaeren, né à Saint-Amand dans la province d’Anvers, Belgique, le 21 mai 1855 et mort à Rouen le 27 novembre 1916, est un poète belge flamand, d’expression française.

    Dans ses poèmes influencés par le symbolisme, où il pratique le vers libre, sa conscience sociale lui fait évoquer les grandes villes dont il parle avec lyrisme sur un ton d’une grande musicalité. Il a su traduire dans son œuvre la beauté de l’effort humain.

    Quand la Première Guerre mondiale éclata en 1914 et que, malgré sa neutralité, la Belgique fut occupée par les troupes allemandes, Verhaeren se trouvait en Allemagne et était au sommet de sa gloire.

    Réfugié en Angleterre, il écrivit des poèmes pacifistes et lutta contre la folie de la guerre dans les anthologies lyriques. Il publia dans des revues de propagande anti-allemandes et tenta dans ses conférences de renforcer l’amitié entre la France, la Belgique et le Royaume-Uni.

    Après l’une de ces conférences à Rouen, il mourut accidentellement, ayant été poussé par la foule, nombreuse, sous les roues d’un train qui partait.
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    Éphéméride 26 novembre1911 suicide de Paul Lafargue



    Ne souhaitant pas subir les affres de la vieillesse, Paul Lafargue se donne la mort avec son épouse Laura.
    Né le 15 janvier 1842 à Santiago de Cuba, marié à une fille de Karl Marx, cet intellectuel fut l’un des principaux penseurs socialistes français. Il est notamment l’auteur du pamphlet «Le droit à la paresse» où il dénonce l’aliénation du système capitaliste par le travail.
    Il a justifié son suicide dans une courte lettre
    : « Sain de corps et d'esprit, je me tue avant que l'impitoyable vieillesse qui m'enlève un à un les plaisirs et les joies de l'existence et qui me dépouille de mes forces physiques et intellectuelles ne paralyse mon énergie, ne brise ma volonté et ne fasse de moi une charge à moi et aux autres ».
    Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise face au mur des Fédérés.
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    Éphéméride 25 novembre 1763 décès d'Antoine-François Prévost


    Antoine François Prévost, dit d'Exiles, est né le 1er avril 1697 à Hesdin (Nord). Il alterne les séjours dans plusieurs monastères et dans l'armée. En 1721, il prononce ses vœux. Ayant quitté son monastère sans autorisation, il s'enfuit à Londres. À partir de 1731, il commence la publication, en Hollande, des sept tomes du Philosophe anglais dont on a pris l'habitude d'extraire le dernier tome sous le simple titre de Manon Lescaut. En 1733, criblé de dettes, Prévost retourne à Londres ou il fonde le journal le Pour et contre consacré à la littérature et à la culture anglaises. En 1736, il devient l'aumônier du prince de Conti. Il publiera plusieurs autres romans, dont: Le Doyen de Killerine (1735-1740) et Histoire d'une Grecque moderne (1740). Il décède le 25 novembre 1763 à Courteuil.
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    Éphéméride 24 novembre 1870 décès de Lautréamont


    Isidore Ducasse est né de parents français, à Montevideo (Uruguay), le 4 avril 1846 le jour de la saint Isidore. Son père était chancelier à l'ambassade. Il vient en France en 1859 pour y poursuivre ses études, au collège de Tarbes puis au lycée de Pau, où il est interne. Il se rend à Paris pour préparer l'École Polytechnique. À l'âge de 22 ans, sous le pseudonyme de Comte de Lautréamont, il publie à compte d'auteur le premier des Chants de Maldoror, un ouvrage en prose poétique, qui passe complètement inaperçu (août 1868). Le volume complet sortira durant l'été 1869. Puis, sous le titre Poésies, il publie encore deux fragments de préface pour "un livre futur" mais qui n'a jamais été écrit. Il meurt phtisique en 1870 à Paris, à l'âge de vingt-quatre ans.
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    Éphéméride 23 novembre 1920 naissance de Paul Celan


    Paul Celan est un poète et traducteur roumain de langue allemande, né Paul Pessach Antschel au sein d'une famille juive allemande, et naturalisé français le 8 juillet 1955. C'est le plus grand poète de langue allemande de l'après-guerre, composant une œuvre absolument novatrice, consciente de venir après l'événement majeur de la Shoah.
    Paul Celan est mort à Paris le 20 avril 1970, probablement après s'être jeté dans la Seine du Pont Mirabeau, son corps étant retrouvé le premier mai.
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    Éphéméride 22 novembre 1869 naissance d'André Gide


    André Gide est né en 1869 dans une famille de la haute bourgeoisie protestante. Son père est un brillant professeur à la faculté de droit de Paris, et sa mère, la fille d'un industriel rouennais du textile.
    Il s'affranchit de son éducation puritaine dans les
    Nourritures terrestres, en 1897, en exprimant son goût pour la vie. Il participe à la vie littéraire avec Paul Claudel, Henri Ghéon, Francis Jammes, Paul Valéry et fonde la Nouvelle Revue Française (NRF) où il défend une école de la rigueur et du classicisme.
    André Gide montre à la fois un désir de prendre parti dans les grands problèmes de son époque tout en faisant preuve de méfiance pour toute forme d'engagement. Son enthousiasme pour le communisme s'éteint après son voyage en URSS qui l'amènera à dénoncer le stalinisme.
    André Gide rejette tout conformisme dans les idées. Sa personnalité est complexe, à la fois sensible et puritaine, tourmenté par le doute et l'inquiétude. Il refuse toute servitude familiale, sociale.
    Il reçoit le prix Nobel de littérature en1947.
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    Éphéméride 21 novembre 1694 naissance de Voltaire



    Fils de notaire, Voltaire est né dans une famille catholique. Son frère aîné, Armand, fut éduqué par les Oratoriens, suspects de jansénisme. Armand fut un janséniste forcené, familier des convulsionnaires de Saint-Médard. Il fut même tonsuré en 1709, mais il renonça à l’état ecclésiastique pour devenir trésorier de la Chambre des Comptes.
    Les rapports des deux frères ne furent pas plus chaleureux que ceux de Diderot avec son frère chanoine, lui aussi dévot fanatique.
    François-Marie Arouet fut baptisé le 22 novembre 1694 en l’église Saint-André-des-Arts.
    Il fit ses études chez les Jésuites, au Collège Louis-le-Grand, rue Saint-Jacques. Il écrira plus tard que « 
    les jésuites ne lui avaient appris que du latin et des sottises », mais il reçut une très solide formation à l’éloquence et fut initié au théâtre que les Pères pratiquaient comme une école de vertu et d’élégance mondaine. Il eut des maîtres de grande qualité et fut un élève brillant.
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    Éphéméride 20 novembre 1858 naissance de Selma Lagerlöf



    Née en 1858 au manoir de Mårbacka dans le Värmland, en Suède, le 20 novembre 1858, Selma Lagerlöf appartient à une vieille famille du Värmland. Elle est institutrice à l'école de filles de Landskrona de 1885 à 1895.
    En 1990, Selma Lagerlöf se voit attribuer, par le périodique
    Idun, le prix de la meilleure nouvelle pour cinq chapitres de Gösta Berlings saga qui sera publié l'année suivante. À partir de 1895, abandonnant le métier d’institutrice, Selma Lagerlöf voyage en Italie (1895), en Palestine et en Égypte (1899), et se consacre entièrement à la littérature.

    Son œuvre la plus célèbre,
    Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson lui est commandée pour enseigner la géographie de la Suède aux écoliers. Son succès est tel que cela lui permettra de racheter en 1910 le domaine familial de Marbacka qui avait été vendu en 1887. En 1919, Selma Lagerlöf quitte définitivement sa maison d’hiver de Falun et s’installe en permanence à Marbacka qu'elle transformera en manoir de style néoclassique. Elle y décède en 1940.

    Selma Lagerlöf a été la première femme à recevoir le prix Nobel de littérature, en 1909, et la première, en 1914, à être élue à l'Académie suédoise.
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    Éphéméride 19 novembre 1900 naissance d’Anna Seghers



    Anna Seghers (de son vrai nom Netty Radvanyi, née Reiling), est un écrivain allemand d'origine juive.

    Durant la Première guerre mondiale, elle est au service des armées. En 1920 elle réussit le baccalauréat. Ensuite elle étudie l'histoire, l'histoire de l'art et la sinologie à Cologne et Heidelberg . En 1924 elle obtient son doctorat à l'université de Heidelberg avec une thèse sur
    Juifs et judéité dans l'œuvre de Rembrandt.

    En 1925 elle épouse le sociologue hongrois László Radványi. En 1928 parait son premier livre sous le pseudonyme d'Anna Seghers. Ce premier roman est couronné par le prix Kleist. Il est porté à l'écran, en 1934, par le dramaturge Erwin Piscator.

    Également en 1928, elle rejoint le Parti communiste allemand (KPD) et l'année suivante elle est membre fondatrice de l’Union des écrivains prolétaires révolutionnaires. En 1930 elle voyage pour la première fois en Union soviétique. Après la prise de pouvoir par les Nazis, Anna Seghers est arrêtée par la Gestapo puis relâchée ; ses livres sont interdits en Allemagne et brûlés. Peu après elle fuit en Suisse et de là rejoint Paris.

    Après le commencement de la Seconde Guerre mondiale et l'entrée des troupes allemandes dans Paris, le mari d’Anna Seghers est interné dans le sud de la France au camp du Vernet. À Marseille, elle se préoccupe de la libération de son mari et des possibilités de fuir à l'étranger. Cette époque forme la trame du roman
    Transit (paru en 1944).

    En mars 1941, Anna Seghers et sa famille réussissent à rallier Mexico via la Martinique, New York et Veracruz. En 1942 paraît son roman qui reste probablement le plus célèbre
    La septième croix que Fred Zinnemann met en images en 1944. Les succès du livre et du film rendent Anna Seghers célèbre dans le monde entier.
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    Éphéméride 18 novembre 1922 décès de Marcel Proust

    18 novembre 1922 décès de Marcel Proust

    Marcel Proust est né le 10 juillet 1871 pendant la Commune. C'est un enfant chétif, sensible. Il grandit à Paris et à Illiers, où il passe la plupart de ses vacances. Ses talents littéraires se manifestèrent dès le lycée. Il commence tôt à fréquenter le salon de Mme Arman de Caillavet, amie d’Anatole France. Il suit les cours d'Henri Bergson dont l’influence sera majeure sur son œuvre. Il fréquente le salon de Mme Strauss, veuve de Bizet. Il rencontre Maurice Barrès, Jacques-Émile Blanche et Oscar Wilde.

    En 1893, il se destine à une carrière de bibliothécaire. Chez Madeleine Lemaire, il fait la connaissance de Robert de Montesquiou.

    En 1894 éclate l’affaire Dreyfus. Proust fait la connaissance de Reynaldo Hahn et c'est le début d’une grande passion.

    En 1895, il est reçu à la licence ès lettres (philosophie). En juin, il est attaché à la bibliothèque Mazarine. Il commence à l’automne 1895 un roman qu’il n’acheva pas et qui ne fut publié qu’en 1952 sous le titre Jean Santeuil.

    Sous le patronage d’Anatole France, Proust fait paraître en 1896 son premier livre
    Les Plaisirs et les Jours, un recueil de nouvelles, d’essais et de poèmes. Il a un nouvel ami intime, Lucien Daudet, fils d’Alphonse, frère de Léon.

    En 1898, dreyfusard, il assiste au procès de Zola. En mai 1900, il effectue un voyage à Venise avec sa mère et y retourne seul en octobre.

    En 1902, il voyage en Hollande, et voit la Vue de Delft, de Vermeer. Il publie plusieurs traductions du critique d’art anglais John Ruskin : La
    Bible d’Amiens en 1904, Sésame et les Lys en 1906.

    En août 1906, Marcel Proust s’installe au 102 boulevard Haussmann, dans un appartement tapissé de liège et hermétiquement clos.

    Au début de l’année 1908, Proust écrivit pour
    le Figaro une série de pastiches imitant le style de Balzac, Michelet, Flaubert, Sainte-Beuve et autres prosateurs du XIXe siècle. En même temps il se met à travailler à un roman, tout en projetant d’écrire plusieurs essais de critique littéraire, artistique et sociologique. L’un de ces essais devait être consacré à Sainte-Beuve. Peu à peu tous ces projets se fondent en un seul.

    Durant l’été 1909, l’essai
    Contre Sainte-Beuve est devenu un roman, que Proust ne cessa d’écrire qu’à sa mort.

    En mai 1913, il adopta pour titre général :
    À la recherche du temps perdu. Sa santé déjà fragile se détériore davantage. Il vit en reclus et s’épuise au travail. À la recherche du temps perdu, est publié entre 1913 et 1927, le premier volume en ayant été édité à compte d’auteur chez Grasset. Le deuxième volume À l’ombre des jeunes filles en fleurs reçoit le prix Goncourt en 1919.

    Le 30 août 1914, Marcel Proust vit un drame personnel en la mort accidentelle, en avion, d’Alfred Agostinelli qui était son ami depuis 1907.

    Durant la guerre, il dîne au Ritz sous les bombardements, fréquente Jean Cocteau, Paul Morand, invite le Quatuor Poulet à jouer à son domicile.

    En mai 1919, il emménage au 44, rue Hamelin (XVIe). Son homosexualité, inavouable dans la société de l’époque, est diffuse dans son œuvre. Il travaille sans relâche à l’écriture des six livres suivants de
    À la recherche du temps perdu, jusqu’au 18 novembre 1922 où il meurt épuisé, emporté par une bronchite mal soignée. Avant sa mort, il demanda à Jacques Rivière et à son frère Robert de publier le reste de son œuvre. La Prisonnière paraît en 1923, Albertine disparue en 1925 et le Temps retrouvé en 1927.

    Marcel Proust est enterré au cimetière du Père Lachaise à Paris.
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    Éphéméride 17 novembre 1747 décès d’Alain-René Lesage



    Alain-René Lesage est né en Bretagne le 8 mai 1668 ; il fait ses études au Collège de Vannes. À quatorze ans il a le malheur de perdre son père qui, notaire royal et greffier, lui laisse une petite fortune que ses tuteurs ne tardent pas à dilapider. Il fait son droit à Paris où il s'inscrit au Palais comme avocat. Il se marie en 1694 et deux de ses enfants, René-André, dit Montmenil, et François-André, dit Pittence, deviennent acteurs.

    Alain-René Lesage connaît son premier succès comme auteur dramatique en 1707 grâce à une pièce en un acte
    Crispin, Rival de don Maitre. La même année il publie un roman à succès Le Diable boiteux, satire originale de la société française. En 1709, il fait représenter à la Comédie Française sa pièce la plus célèbre Turcaret ou Le Financier, peinture d'un réalisme saisissant et impitoyable des milieux de la finance de son époque.

    Prolifique, il donne de 1712 à 1735 au Théâtre de la Foire une centaine de pièces, plus ou moins brillantes, mais qui contiennent d'utiles renseignements sur sa conception de la vie et la meilleure des clés du
    Gil Blas. C'est précisément ce roman picaresque, Gil Blas de Santillane, qui, publié à partir de 1715, assure sa notoriété. Alain-René Lesage meurt à Boulogne-sur-Mer en 1747.
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    Éphéméride 16 novembre 1888 naissance d’Henri Bosco

    16 novembre 1888 naissance d’Henri Bosco

    Henri Bosco est né d'une famille provençale et piémontaise. Après des études au lycée d'Avignon, à l'Université de Grenoble et à l'Institut français de Florence, agrégé d'italien, il enseigne cette langue dans sa ville natale à Avignon, puis à Bourg en Bresse, Philippeville (Algérie) et Rabat (Maroc). Il écrit un premier roman, illustré par ses soins, dès l'âge de sept ans. À seize ans, il se voit attribuer un prix de poésie par une revue suisse. Son premier roman,
    Pierre Lampédouze, dans lequel il décrit sa ville natale, sera publié en 1924. La Provence montagneuse est pour Bosco le lieu de toutes les correspondances mystérieuses : L'Âne Culotte (1937), Le Jardin d'Hyacinthe (1941) sont des histoires baignées de surnaturel.

    Henri Bosco connaît la célébrité avec
    Le Mas Théotime, Prix Renaudot en 1945. En 1953, il parvient au zénith de sa carrière de romancier en recevant le Grand prix national des Lettres.

    Bosco publie également de nombreux livres pour enfants, comme
    L'enfant et La Rivière (1960), et Le Renard de l'île (1967). En 1968, Bosco se voit décerner le Grand prix du Roman de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre. Il meurt à Nice en 1976.
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    Éphéméride 15 novembre 1876 naissance d'Anna de Noailles


    Le 15 novembre 1876 naissait Anna-Élisabeth de Noailles, née princesse Bibesco Bassaraba de Brancovan.
    « J'écris pour que le jour où je ne serai plus On sache comme l'air et le plaisir m'ont plu, Et que mon livre porte à la foule future Comme j'aimais la vie et l'heureuse nature. »
    Née à Paris, descendante des familles de boyards Bibescu de Roumanie, Anna de Noailles est la fille du prince Grégoire Bibesco Bassaraba de Bassaraba. Anna évolue au coeur de la vie mondaine parisienne au commencement du XXème siècle. Son salon de l'avenue Hoche attire l'élite intellectuelle, littéraire et artistique de l'époque parmi lesquels Maurice Barrès, Edmond Rostand, Paul Claudel, Colette, André Gide, Robert de Montesquiou, Paul Valéry, Jean Cocteau, Alphonse Daudet ou encore Pierre Loti. C'est également une amie proche de Clemenceau. Elle publie son premier livre le 8 mai 1901 à l'âge de 25 ans: « Le Cœur Innombrable », succès considérable qui dépassera toutes les espérances de l'auteur. En 1904, avec d'autres femmes, parmi lesquelles Julia Daudet et Judith Gautier, fille de Théophile Gautier, Anna de Noailles crée le prix « Vie Heureuse », issu de la revue du même nom, qui deviendra plus tard le prix Fémina, récompensant la meilleure œuvre française écrite en prose ou en poésie. Anna de Noailles est la seule femme poète de son temps à recevoir les plus hautes distinctions publiques. Le 15 juillet 1931, Henri Bergson lui remet ainsi le titre de la première femme commandeur de la Légion d'honneur. Anna de Noailles sera également la première femme reçue à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. « Elle était plus intelligente, plus malicieuse que personne. Ce poète avait la sagacité psychologique d'un Marcel Proust, l'âpreté d'un Mirbeau, la cruelle netteté d'un Jules Renard. » déclarera Jean Rostand à son sujet, en 1960. Anna de Noailles meurt le 30 avril 1933 dans son appartement de la rue Scheffer ; La Troisième République lui fait des funérailles officielles. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, mais son cœur repose au cimetière d'Amphion-les-Bains.
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    Éphéméride 14 novembre 1851 parution de Moby Dick



    Le plus célèbre roman de l'écrivain américain Herman Melville paraît pour la première fois aux États-Unis sous le titre original
    Moby Dick or the white Whale.

    Attiré par la mer et le large, Ismaël, le narrateur, décide de partir à la chasse à la baleine. Il embarque sur le
    Pequod, baleinier commandé par le capitaine Achab. Ismaël se rend vite compte que le bateau ne chasse pas uniquement pour alimenter le marché de la baleine.
    Achab recherche Moby Dick, un cachalot blanc d'une taille impressionnante et particulièrement féroce, qui lui a arraché une jambe par le passé.
    Achab emmène son équipage dans un périple autour du monde à la poursuite du cachalot dont il a juré de se venger.
    Le
    Pequod finira par sombrer au large des îles Gilbert en laissant Ismaël seul survivant, flottant sur un cercueil.
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    Éphéméride 13 novembre 1850 naissance de Robert Louis Stevenson

    Robert Louis Stevenson est un romancier, poète et essayiste écossais.

    Robert Louis Balfour Stevenson est né à Edimbourg le 13 novembre 1850. Fils unique d'un ingénieur, Stevenson entre à l'école d'ingénieurs d'Anstuthen, puis, après des études de droit, s'inscrit au barreau en 1875. Il connaît durant sa jeunesse de graves ennuis de santé.

    Il délaisse peu à peu le droit au profit de la littérature. Atteint de tuberculose, il passe sa vie à voyager à la recherche d'un climat plus sain, notamment en France. Il publie ainsi
    Un voyage dans les terres (1878), suivi de Voyage avec un âne à travers les Cévennes (1878).

    C'est en France, à Fontainebleau, qu'il rencontre Fanny Osbourne, une jeune Américaine, qu'il épouse en 1880.

    C’est pour le fils de Fanny qu’il rédige, au rythme d’un chapitre par jour,
    L’Île au trésor (1883). On dit que l’influence de Fanny a édulcoré le fantastique du roman Le Cas Étrange Du Docteur Jekyll Et De M. Hyde (1885).
    Le mystérieux imprègne également les contes des
    Nouvelles Mille et une nuits (1882).

    Toujours en lutte contre la maladie, Stevenson part, en 1887, aux îles Marquises, Tahiti, Honolulu et s'installa enfin aux îles Samoa, écrivant
    Dans les mers du Sud (1896) et un ouvrage inachevé Le Barrage d'Hermisson (publié en 1896).

    Il meurt à Vailima, aux Samoa, en 1894. Conformément à ses vœux, il est enterré sur le pic Vaea, d'où sa tombe domine le Pacifique.
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    Éphéméride 12 novembre 1915 naissance de Roland Barthes


    Roland Barthes est un écrivain et sémiologue français.

    Au cours de ses études en linguistique et en lexicologie à Paris, Roland Barthes se passionne également pour le théâtre, la littérature et la musique.
    Cette période de sa vie est marquée par son engagement contre la montée du fascisme en Europe - une santé très fragile l’empêche cependant de prendre les armes pendant la guerre.

    Inspiré par le mouvement structuraliste et par ses lectures de Freud, de Marx ou de Lévi-Strauss, l'écrivain s'impose avec
    Le Degré zéro de l'écriture, un essai fondateur sur la littérature, et l'étude des signes. Une grande partie des recherches de Barthes se concentre autour de la notion de mythe, ancien ou moderne, développée dans son ouvrage Mythologies.

    Proche du philosophe Michel Foucault, il entre avec lui au conseil de rédaction de la revue Critique. Directeur d'études à l'EHESS puis enseignant au Collège de France, Roland Barthes a profondément marqué l'université française et l'enseignement des lettres à partir des années 1970 : ses cours ont fait l'objet de publications multiples.
    Il est décédé le 26 mars 1980.
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    Éphéméride 11 novembre 1821 naissance de Fiodor Dostoïevski


    Né à Moscou en 1821, fils d’un médecin militaire alcoolique et violent (qui inspirera sans doute en partie le père Karamazov), Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski connaît une enfance difficile et maladive : il sera toute sa vie sujet à l'épilepsie.

    Il entre à dix-sept ans à l'Académie du génie militaire de Saint-Pétersbourg d’où il ressort avec le grade de sous-lieutenant. Il s’oriente vers l’écriture. Après quelques traductions, il publie son premier écrit à vingt-trois ans,
    Les pauvres gens.

    D’abord encensé par la critique, il se voit ensuite considéré comme un simple imitateur de Gogol. Il fuit alors les cercles littéraires et se lie avec un groupe de libéraux, le cercle de Petrachevski qui, clandestinement, tentait de préparer les paysans à la révolution socialiste. Il est alors arrêté et condamné à mort, peine commuée en quatre années d'emprisonnement suivies d'un exil de cinq années en Sibérie.
    Il revient diminué de ces travaux forcés (
    Souvenirs de la maison des morts). Mais également changé par la lecture de l’Évangile et la découverte de la bonté de l’homme.

    Il se marie en 1857 avec une jeune veuve tuberculeuse, qui meurt quelques années plus tard. En 1861 il rencontre Pauline Souslova, avec qui il parcourt l’Europe de 1862 et 1863. Fréquentant les casinos, il perd tout son argent et se voit ainsi contraint d’accélérer la rédaction de ses écrits. Sur le point d’être arrêté faute de pouvoir honorer ses dettes, il s’expatrie.

    Le succès de ses écrits lui permet néanmoins de mettre fin à cet exil. Quand il regagne la Russie en 1873, sa réputation littéraire a acquis une dimension et une ampleur internationales. Il meurt le 9 février 1881. Trente mille personnes assistent à son enterrement.
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    Éphéméride 10 novembre 1891 décès d'Arthur Rimbaud


    Jean Nicolas Arthur Rimbaud est un poète français, né le 20 octobre 1854 à Charleville et mort le 10 novembre 1891 à Marseille.

    Arthur Rimbaud écrit ses premiers poèmes à quinze ans. Il renonce subitement à l’écriture à l'âge de vingt ans. Il mène alors une vie aventureuse, au Yémen et en Éthiopie, où il devient négociant.

    Atteint d'une tumeur cancéreuse au genou droit, il quitte l'Éthiopie et rentre en France. À Marseille, les médecins décident de l'amputer. Mais la maladie l'emporte le 10 novembre 1891.

    La densité de son œuvre poétique fait d'Arthur Rimbaud une des figures majeures de la littérature française.
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    Éphéméride 9 novembre 1918 décès de Guillaume Apollinaire


    Guillaume Apollinaire (né Wilhelm Albert Wodzimierz Apolinary de Kostrowicki) est un poète né le 26 août 1880 à Rome.

    Il est considéré comme l'un des poètes français les plus importants du début du xxe siècle, auteur de poèmes tels que
    Zone, La Chanson du Mal-Aimé, ou encore Mai, Le Pont Mirabeau ; son œuvre érotique (dont principalement un roman et de nombreux poèmes) est également passée à la postérité. Il expérimente un temps la pratique du calligramme.

    Il est le théoricien de l'Esprit nouveau, maître du cubisme et précurseur du Mouvement surréaliste.

    Il se porte volontaire pour combattre dans l’armée française en 1914, ce qui initialise sa procédure de naturalisation. Transféré à sa demande au 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant en novembre 1915, il est naturalisé français le 9 mars 1916 sous le nom de Guillaume Apollinaire.

    Il est blessé à la tempe par un éclat d'obus le 17 mars 1916, alors qu'il lisait le
    Mercure de France dans sa tranchée. Évacué à Paris, il est trépané le 10 mai 1916. Affaibli par sa blessure, Guillaume Apollinaire meurt le 9 novembre 1918 de la grippe espagnole.

    Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris alors que, dans les rues, les Parisiens célébraient la fin de la guerre.
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    Éphéméride 8 novembre 1880 parution des "Frères Karamazov"


    Le dernier roman de l'écrivain russe Fiodor Dostoïevski est publié en Russie.

    Écrit en deux ans,
    Les Frères Karamazov est considéré par son auteur comme son œuvre la plus aboutie.

    L'intrigue principale tourne autour des trois fils d'un homme impudique, vulgaire et sans principes (Fiodor Pavlovitch Karamazov), et du parricide commis par l'un d'entre eux. En fait, les enfants sont au nombre de quatre puisque le père a donné naissance à un bâtard, Smerdiakov.

    Chacun des trois fils représente un personnage type de la société russe de la fin du XIXe siècle : Alexeï, le benjamin, est un homme de foi ; Ivan, le cadet, est un intellectuel matérialiste qui cherche à savoir si tout est permis, si Dieu n'existe pas ; Dimitri, leur très exalté demi-frère aîné, est un homme impétueux en qui le vice et la vertu se livrent une grande bataille : ce dernier incarne, selon l'auteur lui-même, « l'homme russe ».
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    Éphéméride 7 novembre 1913 naissance d’Albert Camus


    Albert Camus, né le 7 novembre 1913 en Algérie à Mondovi, à proximité de Bône (actuellement Annaba), dans le département de Constantine, et mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin, dans l'Yonne, est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et nouvelliste français.

    Il fut aussi un journaliste militant engagé dans la Résistance française et dans les combats moraux de l'après-guerre.

    Son œuvre est composée de poèmes, pièces de théâtre, romans, nouvelles et essais. Il est récompensé par le Prix Nobel de littérature en 1957.

    Albert Camus utilise son œuvre pour promouvoir ses idées et opinions sur le communisme, la guerre, la bombe atomique, le colonialisme, l'Allemagne fasciste et le stalinisme. Il développe un humanisme fondé sur la prise de conscience de l'absurdité de la condition humaine, sur la révolte comme réponse à l'absurde, révolte qui conduit à l'action et donne un sens au monde et à l'existence.

    Il décède dans un accident de la route le 4 janvier 1960.
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    Éphéméride 6 novembre 1692 décès de Tallemant des Réaux


    Tallemant des Réaux est né en 1619 à la Rochelle dans une famille de banquiers protestants. Il vient à Paris très jeune et se lie avec Valentin Conrart, secrétaire de Louis XIII, qui regroupe autour de lui des hommes de lettres qui formeront le premier noyau de l'Académie Française.

    Mais Tallemant fait aussi partie du milieu mondain et brillant de l'hôtel de Rambouillet, situé près du Louvre, où la marquise de Rambouillet, née Catherine de Vivonne, réunit dans son salon les grands esprits de son temps : Malherbe, Racan, Corneille, Rotrou, Conrart.

    C'est là qu'il glane la matière de ses
    Historiettes. Dans cet ouvrage qu'il remaniera jusqu'en 1659, Tallemant mêle des anecdotes souvent crues à des observations très pertinentes mais féroces sur les mœurs parisiennes du règne de Louis XIII et du début du règne de Louis XIV.

    À la fin de sa vie, il abjure sa confession protestante afin de bénéficier d'une pension. Ses
    Historiettes ne seront publiées qu'en 1834, et présentent un intérêt historique remarquable. Il décède le 6 novembre 1692 à Paris.
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    Éphéméride 5 novembre 1977 mort de René Goscinny



    René Goscinny, né le 14 août 1926 à Paris et mort le 5 novembre 1977 à Paris, est un écrivain, humoriste et scénariste de bande dessinée français, créateur d’
    Astérix, d’Iznogoud et du Petit Nicolas ainsi que le principal scénariste de Lucky Luke.

    Goscinny meurt d’un arrêt cardiaque le 5 novembre 1977 à l’âge de cinquante et un  ans au cours d’une épreuve d’effort de routine à la clinique de la rue de Chazelles à Paris.
    Il est enterré au carré juif du cimetière du Château, à Nice.
    Uderzo continue seul
    Astérix tout en signant les albums de leurs deux noms, par respect pour sa mémoire.
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    Éphéméride 4 novembre 1838 Stendhal dicte La Chartreuse de Parme


    La Chartreuse de Parme, un roman dicté dans l’allégresse en cinquante-deux jours.

    L'écrivain français Henri Beyle, dit Stendhal, dicte à son secrétaire le texte de ce qui constituera son dernier roman,
    La Chartreuse de Parme.
    Le manuscrit sera achevé le 26 décembre et paraîtra en deux volumes en mars 1839.
    L’action du roman commence à Milan en 1796, par les confidences d’un lieutenant français dénommé Robert, qui conte l’arrivée à Milan des armées de la Révolution, menée par le jeune Bonaparte.
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    Éphéméride 3 novembre 1874 naissance de Lucie Delarue-Mardrus



    Lucie Delarue-Mardrus, née à Honfleur le 3 novembre 1874 et morte le 26 avril 1945 à Château-Gontier, est une poétesse, romancière, sculptrice, dessinatrice, journaliste et historienne française.

    Ses parents ayant refusé la main de celle qu’on surnomme « Princesse Amande » au capitaine Philippe Pétain, elle épouse l’orientaliste Joseph-Charles Mardrus, traducteur des
    Mille et une Nuits, dont elle divorcera vers 1915. Elle devient l’amie de Renée Vivien et de Nathalie Barney.

    Onze recueils de poésie (une anthologie et un recueil anonyme posthumes), au moins quarante-sept récits de fiction (romans et nouvelles), de très nombreux articles (critique littéraire, artistique, bien-être, sociologie…), trois essais, cinq biographies, quatre récits de voyage, une autobiographie, deux pièces de théâtre publiées, de très nombreux manuscrits (poésies et théâtre, scénarii), des dessins et des tableaux étonnants, des sculptures très variées, des partitions (paroles et/ou musique) : Lucie Delarue-Mardrus fut une artiste complète aux dons multiples, d'une curiosité insatiable et d'une capacité de travail impressionnante.
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    Éphéméride 2 novembre 1905 naissance de Georges Schehadé



    Georges Schehadé, né le 2 novembre 1905 à Alexandrie et mort le 17 janvier 1989 à Paris, est un poète et auteur dramatique libanais de langue française.

    Schehadé est l’auteur d’une importante œuvre théâtrale et également l’auteur de plusieurs recueils poétiques (
    Rodogune Sinne, L’Écolier Sultan, Poésies I à VI, Poésies VII (posthume).

    Fuyant la guerre civile (1975-1990) qui menace le Liban, Georges Schehadé quitte Beyrouth en 1978 et s'installe à Paris où il meurt en 1989. Sa tombe se trouve au Cimetière du Montparnasse.

    Georges Schéhadé est l’un des « grands » de la littérature francophone. Il est apprécié en France et en Europe.
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    Éphéméride 1er novembre 1636 naissance de Nicolas Boileau


    Nicolas Boileau est né le 1er novembre 1636 à Paris. C’est un poète, écrivain et critique français.
    Il est le quinzième enfant de Gilles Boileau, greffier au Parlement de Paris. Il fut appelé Despréaux tant que vécut son frère aîné, l'académicien Gilles Boileau, avec qui il fut presque toujours brouillé.
    Il lut ses premières satires à l'hôtel de Rambouillet et se fit dès ce moment des ennemis irréductibles, notamment l'abbé Cotin.
    Théologien de la Sorbonne et avocat, Nicolas Boileau choisira néanmoins le métier d'écrivain critique.
    Ses premiers écrits importants seront des
    Satires écrites de 1660 à 1668 dans lesquelles il s'attaque à des auteurs qu'il juge de mauvais goût et s'attire leur haine. Il ne songeait pas à se présenter à l'Académie où il avait beaucoup d'adversaires, mais il céda au désir que lui exprima Louis XIV de le voir entrer dans cette Compagnie.
    Théoricien de l'esthétique classique en littérature, il sera du côté des Anciens dans la querelle des Anciens et des Modernes au sein de l'Académie française de la fin du XVIIe siècle. On lui doit également plusieurs poèmes comme
    Le Lutrin ou L'Art poétique (1 100 alexandrins classiques) et la traduction du Traité du sublime de l'écrivain grec antique Pseudo-Longin.
    Il est mort le 11 mars 1711.
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    Éphéméride 31 octobre 1795 naissance de John Keats

    • John Keats, poète romantique anglais, né le 31 octobre près de Londres, mort à Rome de la tuberculose le 24 février 1821, est un des poètes les plus importants de sa génération.

    il attira sur lui l’attention publique par Endymion (1818), roman poétique d’une imagination aussi riche que déréglée. Le Quarterly Review et le Blackwoods Magazine critiquèrent acerbement le jeune poète qui, tenant compte des critiques, donna bientôt un troisième volume, Tales and Poems (1820), qui le mit au premier rang des poètes anglais.
    C’est dans ce volume qu’est contenu cet admirable
    Hyperion dont Lord Byron a dit qu’il avait été inspiré par les Titans et qu’il était d’un sublime égal à celui d’Eschyle. C’est surtout dans les sujets mythologiques ou du Moyen âge que le talent de Keats brille de son plus vif éclat. Rien n’égale dans la littérature de la Grande-Bretagne, en couleur et en mélodie, l’Ode au Rossignol, l’Ode à Pan et l’Urne grecque. The Eve of S. Agnes est un modèle du genre romantique.
    Les ravages d’une maladie héréditaire, la phtisie, aggravés par une passion malheureuse, l’emportèrent à vingt-six ans, à Rome, où il repose à côté du poète Shelley.

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    Éphéméride 30 octobre 1885 naissance d’Ezra Pound

    Ezra Pound (Hailey, Idaho, États-Unis, 30 octobre 1885 - 1er novembre 1972 à Venise) est un poète, musicien et critique américain qui a fait partie du mouvement moderniste du début des années 1920 et qui est souvent rattaché à la Génération perdue. Pound était le chef de file de plusieurs mouvements littéraires et artistiques comme l'imagisme et le vorticisme, proche du futurisme italien À Paris à partir des années 20, il a rencontré James Joyce et Ernest Hemingway.
    Pound était également un fervent supporter de Benito Mussolini ; il fut critiqué pour ses prises de position antisémites. Son engagement aux côtés de Mussolini lui vaudra d’être condamné en 1945. Il est reconnu malade et interné jusqu’en 1958.

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    Éphéméride 29 octobre 1783 décès d'Alembert

    Jean le Rond d'Alembert, né le 16 novembre 1717 à Paris, est un enfant illégitime abandonné à sa naissance sur les marches de l'église parisienne de Saint Jean le Rond (qui lui a donné son prénom) ; il est recueilli par la femme d'un artisan-vitrier qui l'élèvera comme son fils. Secrètement, son père lui versera une pension qui subviendra à l'éducation du jeune homme. D'Alembert se révèle particulièrement doué pour les mathématiques, et il étudie avec succès le droit et la médecine.
    Après des premiers mémoires sur la mécanique des fluides et sur le calcul intégral, il est admis à vingt-quatre ans à l'Académie des Sciences comme associé astronome adjoint. En 1743, il publie son important
    Traité de la Dynamique, où il donne ce qu'on appelle désormais le principe de d'Alembert (=conservation de la quantité de mouvement). En 1747, il écrit un article sur les cordes vibrantes, où, pour la première fois, il donne et résout l'équation aux dérivées partielles qui régit la propagation des ondes sonores. On doit aussi à d'Alembert des Réflexions sur la cause générale des vents et un traité sur la précession des équinoxes.
    À compter de 1746, d'Alembert se lance avec Diderot dans une aventure monumentale, la rédaction de l'
    Encyclopédie, Dictionnaire raisonné des Sciences, dont le premier volume paraît en 1751. Dans le Discours préliminaire qui ouvre l'Encyclopédie, d'Alembert affirme le lien entre le progrès des sciences et le progrès social. Il s'inscrit totalement dans le courant des Lumières, et il lutte contre l'obscurantisme religieux et politique. C'est cette activité philosophique qui remplace peu à peu son travail de mathématicien.
    D'Alembert n'a presque jamais quitté Paris. Il refuse notamment à Frederick II la présidence de l'Académie de Berlin ; il décline aussi l'invitation de Catherine II de devenir le précepteur de son fils en Russie, malgré la bourse importante qu'elle propose. Au contraire, il fréquente les salons et aime la vie mondaine, parisienne. En 1754, il devient membre de l'Académie Française, dont il est le secrétaire perpétuel à compter de 1772. La fin de la vie de d'Alembert est marquée par la maladie, et il décède le 29 octobre 1783.

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    Éphéméride 28 octobre 1905 décès d’Alphonse Allais

    Alphonse Allais, né le 20 octobre 1854 à Honfleur (Calvados) et mort le 28 octobre 1905, inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen, est un écrivain et humoriste français. Il a fait partie du mouvement Fumiste, était membre du club des Hydropathes, fut un pilier du cabaret le Chat noir dont il dirigea la revue et présenta de fameuses toiles monochromes (Combat de nègres dans une cave, pendant la nuit ; Récolte de la tomate sur le bord de la mer rouge par des cardinaux apoplectiques ; etc.) au salon des Arts Incohérents. Alphonse Allais a composé des centaines de contes humoristiques, tous ou presque écrits dans l'urgence. Poète autant qu'humoriste, il a cultivé entre autres le poème olorime, c'est-à-dire constitué de vers entièrement homophones, où la rime est constituée par la totalité du vers.
    À la fin de la Seconde Guerre mondiale (en 1944), une bombe de la RAF a totalement pulvérisé sa tombe… Ses cendres « virtuelles » ont été transférées à Montmartre en 2005. Il reste de lui l'image d'un homme à l'humour acide et un spécialiste de la théorie de l'absurde. Ses travaux scientifiques sont moins connus (recherches sur la photographie couleur et dépôt d'un brevet pour du café lyophilisé, ainsi que des travaux très poussés sur la synthèse du caoutchouc).

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    Éphéméride 27 octobre 1469 naissance d’Érasme


    Érasme est né à Rotterdam entre 1466 et 1469 dans des conditions obscures (il est l’enfant naturel d’un prêtre). À neuf ou dix ans, il entre à l’école des frères de la Vie commune de Deventer où il reçoit l’enseignement de la Bible et des auteurs de l’Antiquité.
    En 1488, Érasme prononce ses vœux monastiques au couvent de Steyn (Pays-Bas) où il étudie les poètes latins et compose ses premiers ouvrages. Ordonné prêtre en 1492, il rejoint l’évêque de Cambrai dont il devient le secrétaire. Érasme séjourne ensuite à Paris où il rencontre des hommes de lettres français, italiens et anglais. Il est alors considéré comme un humaniste de grand renom. Puis, en Angleterre, il côtoie la haute société londonienne et le futur roi Henri VIII.
    De 1500 à 1514, Érasme voyage dans toute l’Europe : Londres, où il retrouve son ami Thomas More, Turin, lieu de sa rencontre avec l’imprimeur Alde Manuce, Rome où l’accueillent cardinaux et prélats. À Paris, en 1511, il publie
    L’Éloge de la folie. En 1514, Érasme rencontre à Bâle l’humaniste et imprimeur Jean Froben, qui devient son principal éditeur. En 1516, Érasme publie un essai politique, L’Institution du prince chrétien, destiné au futur Charles Quint, et sa traduction du Nouveau Testament.
    De 1514 à 1530, Érasme effectue de multiples voyages en Europe.
    Durant cette période, il se heurte aux idées de Luther, trop excessives selon lui, contre lequel il prend finalement position.
    Érasme meurt en 1536 à Bâle.

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    Éphéméride 26 octobre 1887 naissance d’Edouard Bourdet


    Édouard Bourdet (1887-1945) est un auteur dramatique, journaliste, administrateur de la Comédie-Française. Il se marie en janvier 1909 avec Catherine Pozzi, poéte et écrivain. Ils ont un fils, Claude, qui sera un grand journaliste et un grand résistant.
    Édouard Bourdet voit jouer sa première pièce de théâtre en 1910,
    Le Rubicon, et il deviendra l'un des principaux fournisseurs du théâtre de boulevard de l'entre-deux-guerres. En 1927, dans la pièce Vient de paraître, il n'est pas tendre avec les prix littéraires, le choix par les écrivains de sujets dans un but commercial et le lancement publicitaire d'un livre et d'un auteur. Dans Le Sexe faible (1929), Édouard Bourdet fait le portrait d’hommes à la recherche de femmes qui les entretiennent. Fric-Frac est une pièce de théâtre jouée en 1936 et adaptée au cinéma en 1939. C'est un grand succès commercial. Avant la Seconde Guerre mondiale, il se bat en duel avec Henri Bernstein, son rival dans le même genre théâtral. Duel qui permet à Henri Bernstein de connaître un regain d'intérêt de la part du public. Édouard Bourdet est également l'ami de Paul Claudel et de Jean Giraudoux et il tient un salon littéraire avec sa seconde femme Denise. Édouard Bourdet eut aussi une activité tout à fait novatrice en tant qu'administrateur de la Comédie-Française de 1936 à 1940. Il est décédé en 1945.

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    Éphéméride 24 octobre 1913 naissance d’Armand Lanoux

    Armand Lanoux, né le 24 octobre 1913 à Paris (12e arrondissement), est un écrivain français.

    Il a fait d'abord plusieurs métiers, instituteur, dessinateur de sujets pour boîtes de bonbons, employé de banque (c'était le métier de son père, Aimé), représentant en livres de luxe, artiste peintre, journaliste...

    Il devient membre du comité littéraire de l'éditeur Arthème Fayard (1950), directeur de la revue
    À la page (1964), préside le Comité de la télévision française en 1958-1959, est nommé Secrétaire général de l'Université radiophonique et télévisuelle internationale. Membre de l'Association France-URSS. Il participe à la rédaction du Code des Usages.
    Il a écrit dans plusieurs genres : le roman (policier, naturaliste, souvenirs comme prisonnier de guerre), l'essai (souvent sur Paris), des biographies :
    Bonjour Monsieur Zola, 1954 ; Maupassant le bel ami, 1967 ; Adieu la vie, adieu l’amour, 1976, sur Dorgelès, la chronique, le théâtre, la poésie (prix Apollinaire 1953 pour Colporteur).

    Il est le lauréat du prix Interallié, en 1956, pour Le Commandant Watrin. En 1963, il obtient la consécration en gagnant le Prix Goncourt avec son roman Quand la mer se retire. Il devient membre de l’Académie Goncourt en 1969. Il est décédé le 23 mars 1983 à Champs-sur-Marne.

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    Éphéméride 23 octobre 1734 Naissance de Restif de la Bretonne

    Nicolas-Edme Restif de la Bretonne est une des personnalités les plus attachantes du XVIIIe siècle. Berger, typographe, écrivain, réformateur, philosophe, libertin, visionnaire, il est le premier écrivain paysan, le premier à vivre (fort mal) de sa plume, l’auteur d’une autobiographie qui vaut bien Les Confessions de Rousseau, de documents de premier ordre sur la vie paysanne de son temps, de pages remarquables sur les mystères du cœur humain et de visions politiques qui ne furent pas toutes entièrement utopiques, dont un projet de réforme de l’orthographe…
    Nicolas Edme Restif (ou Rétif) est né à Sacy, en basse Bourgogne. Il y passa son enfance, au milieu d'une famille très nombreuse et mènera jusqu'à douze ans la vie d'un petit paysan. Des dons précoces pour les lettres, une sensibilité portée en même temps vers la rêverie et la réflexion inciteront sa famille à le diriger vers d'autres destinées qu'une vie campagnarde.
    À dix-sept ans, il part pour Auxerre où il reste quatre ans apprenti puis compagnon typographe. Ce métier lui assurera plus tard son gagne-pain et lui permettra de composer lui-même directement sur la presse une partie de ses livres.
    À vingt et un ans, il arrive à Paris où il vivra jusqu'à la fin de sa vie, à l'exception de fréquents séjours à Sacy. Il écrira 194 volumes totalisant près de 10 000 pages. Il connaît le succès et la gloire dès 1775 avec 
    Le Paysan perverti (suivi en 1784 de La Paysanne pervertie). La Vie de mon père (1778) confirme ce succès. Suivront les 42 volumes des Contemporaines (publiés de 1780 à 1783) ; ses déboires conjugaux et familiaux lui inspireront La Femme Infidèle (1786) et Ingénue Saxancour (1788).
    Son autobiographie s’intitule
    Monsieur Nicolas ou le Coeur humain dévoilé (1796-97, 16 vol. in-12). Il a connu l'extrême misère, a eu des aventures galantes nombreuses (194 maîtresses, si l’on en croit son Calendrier). Si porté qu'il fût sur les anecdotes scandaleuses et les descriptions scabreuses, Restif a fait preuve d'un naturalisme vrai, sincère qui tranche sur les déclamations à la mode et sur la facticité des sentiments, l'insupportable hypocrisie des écrivains de la fin du XVIIIe siècle, Rousseau en particulier. 
    D'autre part, on trouve chez lui les détails les plus curieux sur certaines classes de la société, au début de la Révolution française. Citons encore de lui :
    le Pied de Fanchette ou le Soulier couleur de rose (Paris, 1768, 3 vol. in-12) ; les Nuits de Paris ou le Spectateur nocturne (1788-91, 15 vol. in-12) ; le Pornographe ou Idées d'un honnête homme sur un projet de règlement pour les prostituées (Londres, 1769, in-8) qui eut un succès européen et inspira à Joseph II d'Autriche les règlements sur la prostitution qu'il appliqua dans ses États…

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    Éphéméride 22 octobre 1921 naissance de Georges Brassens


    Fils de maçon, italien par sa mère, Georges Brassens naît le 22 octobre 1921 à Sète dans l’Hérault.
    Dès 14 ans, la lecture des poètes l’éveille à l’écriture. Mais vers 18 ans, une sombre histoire de vol le fait écoper d’un an de prison avec sursis, le fait renvoyer du lycée. C’est ce qui le pousse à rejoindre Paris, chez sa tante Antoinette, en février 1940, rue d’Alésia.
    Son premier boulot le conduit aux usines Renault de Boulogne Billancourt. Il lit beaucoup : Paul Fort, Rimbaud, et surtout Villon. Ce travail le mène en 1942 à publier son premier recueil de poésie,
    Des coups d’épées dans l’eau, suivi de A la venvole.
    Brassens est envoyé en Allemagne début 1943 pour le STO. Lors d’une permission, Brassens « oublie » de revenir en Allemagne, et il se cache à Paris, impasse Florimont, dans le 14e arrondissement. Il y restera plus de vingt ans, jusqu’en 1966. Il y vit caché, profitant de sa réclusion pour écrire, jusqu’à la Libération.
    Fin 1951, un ami réussit à faire passer Brassens au Caveau de la République. Le 6 mars 1951, Patachou l’auditionne en public. Chez Polydor (Philips), Brassens enregistre
    Maman Papa avec Patachou, puis Le Gorille, La mauvaise réputation, Le petit cheval. Les concerts s’enchaînent, Bobino en 1953, deux Olympia en 1954, et les récompenses pleuvent : Grand Prix de l’Académie Charles Cros, édition de ses chansons chez Denoël.
    Il meurt d'un cancer le 29 octobre 1981 près de Sète.
    Il est enterré au cimetière Le Py, le cimetière des pauvres. Un musée est aujourd’hui consacré à Georges Brassens dans sa ville natale de Sète.

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    Éphéméride 21 octobre 1790 naissance d'Alphonse de Lamartine

    Alphonse de Lamartine n'était pas « le pleurard à nacelle » dont parlait Musset. Ni le responsable, selon Flaubert, « de tous les embêtements bleuâtres du lyrisme poitrinaire ». C'est l'un de nos plus grands poètes romantiques.
    Alphonse de Lamartine est né à Mâcon (Saône-et-Loire) en octobre 1790. Il passe son enfance à Milly, un village près de Mâcon, et fait ses études à Belley chez les Jésuites.
    De juillet 1811 à avril 1812, Lamartine est envoyé en Italie. Il découvre Florence, Rome et Naples. Sa vocation littéraire s’affirme sous la Restauration. À cette époque, il rencontre Julie Charles, une jeune femme qui meurt deux ans après leur rencontre sur les bords du lac du Bourget. Julie Charles devient l’Elvire des Méditations poétiques, recueil de vingt-quatre poèmes salué par un grand succès en 1820. Plus tard, il épouse Mary-Ann Birch. En 1829, il est élu à l’Académie française.
    D’abord nommé attaché d’ambassade à Naples en mars 1820, Lamartine est élu tour à tour député à Bergues (Nord) en 1833 après un voyage en Orient (1832), conseiller général de Mâcon, ministre des Affaires étrangères. Il devient chef du gouvernement provisoire de 1848. C'est lui qui signe le décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848. La même année, il est battu aux élections présidentielles. Parallèlement à cette carrière politique, Lamartine continue d’écrire. Il meurt ruiné en février 1869.

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    Éphéméride 20 octobre 1946 naissance d'Elfriede Jelinek


    Elfriede Jelinek est une femme de lettres autrichienne, lauréate du prix Nobel de littérature en 2004. Par sa vision critique de la société autrichienne, elle est souvent comparée à Karl Kraus, Kurt Tucholsky ou Thomas Bernhard.
    Elle a été membre du parti communiste autrichien de 1974 à 1991. Marquée par un père juif socialiste qui sombre dans la folie et une mère catholique très autoritaire, elle se tourne vers la littérature pour exprimer sa révolte contre l'autorité.
    Son premier roman paraît en 1970. Elle connaît son premier succès international avec
    La Pianiste (1983), adapté au cinéma en 2001, et Lust (1990) qui s'est vendu en Allemagne à plus de 150 000 exemplaires.
    La Pianiste a été adaptée au cinéma en 2001 par Michael Haneke avec Isabelle Huppert, Annie Girardot et Benoît Magimel dans les rôles principaux.

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    Éphéméride 19 octobre 1999 décès de Nathalie Sarraute


    Nathalie Tcherniak est née en juillet 1900 à Ivanovo en Russie. A l’âge de huit ans, la jeune Nathalie connaît l'exil à Paris. Au début des années vingt, elle étudie la chimie et l’histoire à Oxford, la sociologie à Berlin et commence des études de droit à Paris, dès 1922, où elle rencontre Raymond Sarraute avec qui elle se marie en 1925. Elle devient avocate au barreau de Paris. Son premier ouvrage, Tropismes, paraît en 1939, après avoir été refusé par Gallimard et Grasset. En 1941, elle radiée du barreau à cause des lois anti juives de Vichy ; elle se réfugie à Janvry puis à Parmain. 1948 est l’année de parution de Portrait d’un inconnu avec une préface de Sartre. En 1953, Martereau obtient davantage de succès. En 1956, paraît L’Ère du soupçon, un ensemble d’essais contre le roman traditionnel. En 1959, Le Planétarium remporte un grand succès. Viennent ensuite Les Fruits d’or (1963), Le Silence (1964), Entre la vie et la mort (1968), Vous les entendez (1972), C’est beau (1975), son autobiographie Enfance (1983), Tu ne t’aimes pas (1988), Ici (1995). Nathalie Sarraute meurt en 1999 à Paris.

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    Éphéméride 18 octobre 1940 décès de Saint-Pol-Roux


    Saint-Pol-Roux, né à Marseille le 15 janvier 1861 et mort à Brest le 18 octobre 1940 est un poète symboliste français, qu'André Breton classait parmi les grands ancêtres du surréalisme. Saint-Pol-Roux représente l'archétype du « poète oublié ». C'est à ce titre que Breton lui dédie le recueil Clair de terre (ainsi qu'à « ceux qui comme lui s'offrent le magnifique plaisir de se faire oublier ») et que Vercors lui dédie Le Silence de la Mer (« le poète assassiné »).
    À quelques mètres des alignements de Lagatjar, en Bretagne, se trouvent les ruines du manoir de Coecilian, du prénom de l'un de ses fils tué à Verdun. Immense poète, reconnu dès ses débuts par Mallarmé, précurseur du mouvement surréaliste, Saint-Pol-Roux tourna le dos au milieu littéraire parisien et vint s'installer avec femme et enfants dans ce manoir qu'il fit construire en 1904.
    Dans la nuit du 23 au 24 juin 1940, un soldat allemand pénètre dans le manoir, tue la gouvernante, blesse Saint-Pol-Roux et sa fille Divine, et s'enfuit. Ils sont emmenés tous les deux à Brest, à l'hôpital. Quand le poète revient, il découvre le manoir pillé et tous ses écrits déchirés, brûlés, envolés… Le choc fut si terrible qu'il tomba rapidement malade et mourut de chagrin quelques mois plus tard. Il est enterré dans le cimetière de Camaret. En 1944, le manoir, occupé par les Allemands, fut bombardé par l'aviation alliée. Il n’en reste rien.

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    Éphéméride 17 octobre 1915 naissance d'Arthur Miller

    Arthur Miller est né à New York dans une famille juive. Son père, tailleur pour dames, s'est ruiné pendant la Grande Dépression. Arthur a fait ses études à l'université de Michigan et a travaillé à l'usine.
    En 1949 il reçoit le
    Pulitzer Prize et le Drama Critics Circle Award pour Mort d'un commis voyageur. Quatre ans plus tard il reçoit le Tony Award pour Vu du pont (pièce inspirée de son expérience à l'usine), Souvenir de deux lundis, Le prix, Après la chute, Incident à Vichy, The American Clock, The Archbishop's Ceiling. Il écrit également des romans et des nouvelles. Il écrit des scénarios de films dont The Misfits (Les Désaxés) joué par Marilyn Monroe (sa deuxième femme) et dirigé par John Huston, avec Clark Gable et Montgomery Clift. Comme une histoire d'amour a inspiré le film Everybody wins de Karel Reisz. En 1990 Les Sorcières de Salem et Après la chute sont joués au National Theatre à Londres. Son autobiographie, Timebends, est publiée en 1987.
    En octobre 1995 il reçoit la décoration Honorary Doctorate in Letters de l'université d'Oxford et en juin 1997 il est fait Honorary Doctorate de l'University de Harvard.
    Resurrection Blues, sa dernière pièce, a été jouée au Guthrie Theater en août 2002. Arthur Miller meurt le 10 février 2005.

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    Éphéméride 16 octobre 1628 décès de François de Malherbe

    François de Malherbe, né à Caen en 1555 et mort à Paris le 16 octobre 1628, est un poète français. Issu d’une famille noble, Malherbe s’attacha, à l’âge de dix-neuf ans à Henri d’Angoulême, fils naturel d’Henri II, et grand prieur de France. Il combattit dans les rangs de la Ligue, avant de se marier et de se fixer à Aix-en-Provence. Appelé à Paris pour ses affaires en 1585, il reçut des pensions d’Henri IV et de Marie de Médicis.
    Auteur de poèmes de facture baroque (
    Les Larmes de saint Pierre, 1587), distingué par le cardinal du Perron, il devint poète de cour en 1605 et se posa en même temps en chef d'école. Rompre avec la tradition de la Pléiade ; épurer et discipliner la langue française a été l’œuvre de sa vie. Il manifeste pour cela une grande sévérité à l’égard du maniérisme et du baroque des poètes du siècle précédent et notamment de Philippe Desportes.
    On peut le considérer comme le premier théoricien de l’art classique fait de mesure et bienséance et l’un des réformateurs de la langue française. Il fut pour cela l’un des auteurs les plus constamment réédités pendant l’Ancien Régime.
    L’hommage que lui adressa Boileau (« Enfin Malherbe vint…, » ) exprime cette dette des écrivains classiques. Sa Consolation à Dupérier demeure justement célèbre.

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    Éphéméride 14 octobre 1888 naissance de Katherine Mansfield


    Katherine Mansfield (14 octobre 1888-9 janvier 1923) est une écrivaine et poétesse néo-zélandaise. C’est à l’âge de neuf ans qu’elle publie son premier texte. Elle part à quatorze ans pour le Queens College de Londres. Très tôt se révèlent ses qualités de musicienne et de nouvelliste, art qu'elle cultivera tout au long de sa courte vie (In a German Pension (1911), Bliss, The Garden Party). C'est à la suite de la mort de son frère sur le front français en 1915 qu'elle compose ses poèmes.
    Elle est mariée juste un jour et une nuit en 1909 avec un professeur de chant, puis elle épouse le critique littéraire John Middleton Murry en 1918 ; la maladie l'éloignera sur la Riviera italienne, en Suisse, en France, de chambre en chambre…
    C’est lors d’un séjour en Angleterre en 1917 qu’elle rencontre Virginia Woolf à qui elle est souvent comparée, notamment pour leur utilisation du « stream of consciousness » ou monologue intérieur. Virginia Woolf avouera qu’elle n’a été jalouse que d’un seul écrivain, Katherine Mansfield.
    Elle écrit une abondante Correspondance et un Journal.
    En 1922, elle s'intéresse aux travaux du mage Gurdjeff, espère guérir, s'installe à Fontainebleau. Elle y meurt de la tuberculose à trente-cinq ans.

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    Éphéméride 13 octobre 1863 décès de Charles Sainte-Beuve


    Charles-Augustin Sainte-Beuve est un critique littéraire et écrivain français, né le 23 décembre 1804 à Boulogne-sur-Mer et mort le 13 octobre 1869 à Paris.
    Il commence une carrière de journaliste au
    Globe ; rêvant de littérature, il ne parvient pas à concrétiser ses rêves de gloire, malgré les conseils de Victor Hugo. Il se rabat alors sur la critique, parfois partiale, de ses contemporains, ce que Marcel Proust lui reprocha par la suite.
    Il a été professeur de littérature à Lausanne (1837-1838) et à Paris et ses cours ont été rassemblés dans
    Port-Royal (1840-1859) qui est son œuvre capitale.
    Sainte-Beuve a écrit nombre d’articles pour des journaux et des revues, et a tenté de constituer une « histoire naturelle littéraire » en étudiant les écrivains selon leur milieu biologique, historique et social. Il a voulu construire une histoire idéale de la littérature. Sainte-Beuve a également été professeur au Collège de France et à l’École Normale, et sénateur.
    Il est couramment admis que Sainte-Beuve a bouleversé les méthodes de la critique littéraire de son époque : sa méthode était fondée sur l’étude de la biographie et des documents historiques liés à l’auteur.

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    Éphéméride 12 octobre 1896 naissance d'Eugenio Montale


    Eugenio Montale est un poète italien né à Gênes le 12 octobre 1896 et mort à Milan le 12 septembre 1981. Son père, négociant en produits chimiques, était notamment fournisseur de l’entreprise Italo Svevo.
    Montale a relativement peu écrit : quatre recueils de brèves lyriques, un « cahier » de traductions de poésie et des livres de traduction en prose, deux volumes de critique littéraire et un de proses de fiction, ainsi qu'une collaboration au journal
    Corriere della Sera. Il y écrit des critiques musicales et des reportages. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1975.
    Ses Poésies sont éditées chez Gallimard en sept volumes dans une traduction de Patrice Dyerval Angelini.

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    Éphéméride 11 octobre 1963 décès de Jean Cocteau


    Jean Cocteau, né le 5 juillet 1889 à Maisons-Laffitte et mort le 11 octobre 1963 à Milly-la-Forêt, est un poète écrivain, peintre, réalisateur français.
    Après des études primaires médiocres, souvent interrompues en raison de sa mauvaise santé, il entre au lycée Condorcet. Il a comme condisciple Dargelos, dont il fera un personnage mythique.
    Après plusieurs échecs au baccalauréat, il écrit des poèmes et se passionne pour le théâtre. Il est introduit dans le monde et les milieux littéraires par sa mère. Il rencontre Maurice Rostand, Lucien Daudet, Proust, François Mauriac, Serge de Diaghilev, Reynaldo Hahn, Alain-Fournier, Péguy.
    En 1912 paraît son troisième recueil de vers ; en 1913, il s'essaie à la peinture. À la fin de 1915, Il rencontre Erik Satie et lance le projet de
    Parade. Au début de décembre, Varèse lui fait rencontrer Picasso.
    En 1916, détaché au service de propagande du ministère des Affaires étrangères, il participe activement à la vie littéraire et artistique. Il fréquente Paul Morand, rencontre dans les salons Bakst, Stravinski, Darius Milhaud.
    En 1922 Cocteau écrit
    Le Grand Écart, Thomas l’Imposteur et des poèmes qui prendront place dans Plain-chant. L’année suivante se monte la pièce Antigone, par Dullin, sur une musique d’Honegger.
    À partir de cette date, Cocteau développe une carrière artistique anticonformiste le plus souvent couronnée de succès. Il reçoit le prix Louis Delluc pour son film
    La Belle et la Bête. Il est élu à l'Académie française en mars 1955.

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    Éphéméride 10 octobre 1913 naissance de Claude Simon


    Claude Simon est un écrivain français né le 10 octobre 1913 à Tananarive (Madagascar) et mort le 6 juillet 2005 à Paris. Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1985. Son père, militaire, décède à Verdun alors qu'il n'a pas un an. Sa mère décède en 1925. En 1939 il est mobilisé, fait prisonnier en juin 1940. Il s'évade et participe à la Résistance.
    Il publie ses romans après la guerre aux éditions de Minuit, ce qui le fait classer dans la mouvance du «Nouveau Roman».
    La Route des Flandres obtient le prix de l'Express en 1960. En 1960, il signe le Manifeste des 121, Déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie.
    Les romans de Claude Simon sont extrêmement travaillés : les thèmes de la guerre, de l'histoire perçue comme un éternel recommencement et du temps conçu comme un piétinement immobile, s'expriment par des images récurrentes d'embourbement et d'enlisement. Cette thématique est rendue par des procédés d'écriture particuliers : étirement de la phrase, répétitions, digressions et, inspiré de Faulkner, emploi répété de participes présents pour tenter de figer le temps.
    Décédé en 2005 à l'âge de 91 ans, Claude Simon est inhumé au cimetière de Montmartre.

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    Éphéméride 9 octobre 1970 décès de Jean Giono


    Fils unique d'un cordonnier et d'une repasseuse, il est né à Manosque le 30 mars 1895, et y est mort. Il doit, à seize ans, devenir employé de banque pour nourrir sa famille. Mobilisé pendant plus de quatre ans pendant la guerre de 14-18, dont plus de deux au front dans l'infanterie – Verdun, le Chemin des Dames, le Kemmel -, il en sort indemne mais viscéralement pacifiste. Démobilisé, il se marie : il aura deux filles. Il a trente ans quand il achève son premier roman (refusé), près de trente-cinq quand paraît le suivant, Colline (1929).
    De 1935 à 1939, Giono s’engage pour la paix, contre la civilisation technique moderne et annonce l’écologie. Il est arrêté pour pacifisme en 1939.
    Peu après la Libération, en septembre 1944, il est à nouveau arrêté ; il passe cinq mois en détention, à Saint-Vincent-les Forts. Le Comité national des écrivains lui interdit toute publication : aucun livre de lui de 1944 à 1946. Encore de 1947 à 1950, il est pratiquement mis en quarantaine. Il est classé, à tort, parmi les « collaborateurs »
    Après la guerre il se sauve par l'écriture ; il donne deux directions à son œuvre. C’est d’abord le cycle dit « du Hussard », placé sous le signe de l’Arioste, de Stendhal et de Mozart, où un jeune aristocrate traversera la Provence en proie à une monstrueuse épidémie de choléra, avant d’aller se battre pour la liberté dans l’Italie de 1848. (
    Le Hussard sur le toit, 1951, Le Bonheur fou, 1957).
    C’est ensuite l’ensemble des
    Chroniques romanesques, une série de livres où domine la noirceur, notamment dans Un roi sans divertissement (1947) et Les Âmes fortes (1950).
    Il s’oriente ensuite vers le cinéma, écrivant des scénarios, des dialogues, faisant même de la mise en scène. Ses romans, plus espacés, gardent leur intensité, leur poésie, leur vivacité de narration (
    Ennemonde, 1964, Le Déserteur, 1966, L’Iris de Suse, 1970).

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    Éphéméride 8 octobre 1754 décès d'Henry Fielding


    Henry Fielding, né le 22 avril 1707 près de Gladstonbury (Angleterre) et décédé le 8 octobre 1754 à Lisbonne,
    est un écrivain anglais.
    Auteur de comédies, farces et parodies des mœurs de son temps (L'Amour sous plusieurs masques, 1728 ; La Tragédie de Tom Pouce le Grand, 1730), il dut, sous la pression du gouvernement, indigné par ses Annales historiques de 1736, abandonner le théâtre pour se consacrer au journalisme, avant d'exercer sa verve et son esprit satirique dans le roman périodique avec Les Aventures de Joseph Andrews (1742). Il évolua ensuite vers le roman réaliste de type picaresque avec Les Aventures de Tom Jones, enfant trouvé, 1750, son chef-d’œuvre considéré comme un modèle du genre, et Amelia, publiés coup sur coup, qui furent à la fois des succès d’honneur et d’argent.

    Mais la santé de Fielding était affectée. Ayant perdu sa femme et épousé sa servante pour donner une mère à ses filles, il mourut au bout de deux mois au Portugal, où il était allé chercher un climat plus doux.

    Le film britannique
    Tom Jones (1963), réalisé par Tony Richardson, a remporté plusieurs Oscars.

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    Éphéméride 7 octobre 1849 décès d'Edgar Allan Poe


    Edgar Allan Poe meurt à quarante ans d'une crise de delirium tremens.
    Poète, romancier, critique littéraire, dramaturge et éditeur, il est l'une des principales figures du romantisme américain. Il est considéré comme l'inventeur du roman policier. Nombre de ses nouvelles fondent les bases du genre fantastique et de la science-fiction.
    Né à Boston, il est adopté par une famille de Richmond, en Virginie, mais c'est à Baltimore qu'il vit de critique littéraire et journalistique. À vingt-sept ans, il épouse sa cousine Virginia, âgée de treize ans.
    C'est à Philadelphie que nombre de ses œuvres parmi les plus connues ont été publiées. En janvier 1845, il publie son poème
    Le Corbeau, qui connaît un succès immédiat. Stéphane Mallarmé en a fait une traduction, mais c'est Baudelaire qui, par ses traductions des nouvelles, fera connaître Edgar Allan Poe en France.
    Depuis 1949, les admirateurs de Poe se réunissent chaque année sur sa tombe, à l'anniversaire de sa naissance, le 19 janvier.

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    Éphéméride 6 octobre 1669 Molière fait jouer Monsieur de Pourceaugnac

    6 octobre 1669 Molière fait jouer Monsieur de Pourceaugnac à Chambord.

    Cette comédie-ballet jouée à Chambord, pour le divertissement du Roi, au mois de septembre 1669, est représentée en public à Paris, pour la première fois, sur le théâtre du Palais-Royal, le 15 novembre 1669, par la Troupe du Roi.
    Dans l'œuvre de Molière, Monsieur de Pourceaugnac se situe chronologiquement après L'Avare, écrit en 1668. C'est l'une des deux comédies de ballets de Molière, sur une musique de Lulli, et l'une des quatre pièces produites pour la cour du Roi.
    Monsieur de Pourceaugnac met en scène un jeune couple d'amoureux aux projets contrariés par Oronte, le père de la jeune fille qui la destine à Pourceaugnac, un provincial ridicule échappé de Limoges. Le malheureux va connaître bien des déboires : on le fait passer pour fou avant de le rendre totalement insensé.
    La pièce
    Monsieur de Pourceaugnac constitue un précieux exemple de l’esthétique de la comédie-ballet, car Molière s’efforce ici d’intégrer les ballets à l’action de la pièce grâce aux hallucinations dont le héros est victime. Cette œuvre, qui obtint un très vif succès, sera représentée quarante-neuf fois du vivant de son auteur.

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    Éphéméride 5 octobre 1713 naissance de Denis Diderot


    Né à Langres, Denis Diderot fait ses études chez les Jésuites. Ses parents le destinent à la prêtrise et il est tonsuré à douze ans. Il échappe heureusement à cette destinée et part étudier la philosophie et la théologie à Paris en 1728. Il rencontre Rousseau à la fin de l'année 1742.
    Sa carrière littéraire débute en 1743 par des traductions. Il publie
    Les Bijoux indiscrets en 1748, et en 1749 ses positions matérialistes exprimées dans sa Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient le conduisent en prison au donjon de Vincennes pendant trois mois. Désormais Diderot, classé parmi les individus dangereux, sera tellement prudent dans ses publications que la majeure partie de son œuvre sera connue longtemps après sa mort et souvent de façon partielle.
    En 1747, Diderot devient le maître d'œuvre du vaste projet de l'
    Encyclopédie. Ce seront vingt ans d'angoisses et de travail intense.
    En 1761, L'impératrice Catherine II de Russie lui achète sa bibliothèque en viager afin de l'aider financièrement. Cette vente permettra au philosophe de doter sa fille et de mettre ses vieux jours à l'abri du besoin, mais aura un impact important sur la réception de son œuvre.
    Cette œuvre est très novatrice : il pose les bases du drame bourgeois au théâtre, révolutionne le roman avec
    Jacques le Fataliste, invente la critique d'art avec ses Salons et c'est à lui qu'il faut attribuer la publication de l'Encyclopédie.

    Durant la Révolution, sa tombe est profanée et ses restes disparaissent. Contrairement à Voltaire et Rousseau, Diderot n'entrera jamais au Panthéon…

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    Éphéméride 4 octobre 1881 naissance d'André Salmon

    4 octobre 1881 naissance d'André Salmon
    André Salmon, né le 4 octobre 1881 à Paris, est un écrivain français, poète, romancier, critique d'art, journaliste. Il fut l'un des grands défenseurs du cubisme avec Guillaume Apollinaire.
    En 1908, Salmon s'installe au Bateau-Lavoir qu'il quitte ensuite pour Montparnasse. Ses premiers recueils, Poèmes et Féeries, bientôt suivis par un troisième en 1910, Le Calumet, sont les premiers publiés en volumes avant ceux de Max Jacob et d’Apollinaire. En 1912, il publie La Jeune Peinture française. En 1916 Il révèle au public le tableau de Picasso Les Demoiselles d'Avignon en la présentant à l’exposition du Salon d’Antin; c'est lui qui lui donne son titre définitif. En 1920 paraît un roman entièrement inspiré par la vie de Montmartre en 1907, La Négresse du Sacré-Cœur. La même année, il publie L'Art vivant. Sous le pseudonyme de Pol de Comène, il publie de courts romans sentimentaux chez Ferenczi.
    Sous l'Occupation, Salmon a continué à écrire au Petit Parisien pour lequel il travaille depuis plus de vingt ans. À la Libération, il est poursuivi et condamné à cinq ans d'indignité nationale, condamnation amnistiée peu après. On lui reproche alors ses reportages sur la guerre civile espagnole, côté franquiste.
    En1964, il reçoit le grand prix de poésie de l’Académie française et Jean Paulhan lui rend hommage sous la coupole. Paraissent chez Gallimard en 1952, Les Étoiles dans l’encrier et en 1957 chez Pierre Seghers, Vocalises. Il se consacre aussi à son œuvre de mémorialiste, publiant après L’Air de la Butte, Montparnasse et Rive Gauche, trois tomes de Souvenirs sans fin. En 1959, son petit-neveu, Jean-Jacques Pauvert, édite La Terreur noire, chronique du mouvement anarchiste, et en 1968, un dernier roman fantaisiste, Le Monocle à deux coups. La Vie passionnée de Modigliani, traduite en de nombreuses langues, connaît un grand succès. En 1967, Salmon devient commandeur dans l’Ordre des Arts et Lettres. Il meurt le 12 mars 1969.

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    Éphéméride 3 octobre 1987 décès de Jean Anouilh


    Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa mère est musicienne et professeur de piano. En 1923, Anouilh se découvre une passion pour le théâtre alors qu'il étudie à Paris au lycée Chaptal. Il est ensuite frappé par deux œuvres marquantes : Les Mariés de la tour Eiffel de Cocteau en 1921, et Siegfried de Giraudoux en 1928.
    Après des études de droit à Paris puis deux ans de travail dans une agence de publicité, il devient le secrétaire de Louis Jouvet en 1929. Les relations entre les deux hommes sont difficiles. En 1931, il se marie avec la comédienne Monelle Valentin, qui incarnera notamment Antigone en 1944. Ils ont une fille en 1934, qui sera elle aussi comédienne, et créera la pièce que son père a tout spécialement écrite pour elle,
    Cécile ou l'École des pères (1954).
    En 1932, la première pièce d'Anouilh connaît un échec : il s'agit d'
    Humulus le muet. Quelques mois plus tard sort L'Hermine qui lui offre un succès d’estime. Il faut attendre 1937 pour qu’il connaisse son premier grand succès avec Le Voyageur sans bagages. L’année suivante le succès de sa pièce La Sauvage confirme sa notoriété et met fin à ses difficultés matérielles.
    Il monte
    Le Bal des voleurs en 1938.

    Puis éclate la seconde guerre mondiale. Pendant l’occupation, Jean Anouilh continue d’écrire (
    Eurydice, en 1942). Il ne prend position ni pour la collaboration, ni pour la résistance. Ce non-engagement lui sera reproché.

    En 1944 est créée
    Antigone. Cette pièce connaît un immense succès public mais engendre une polémique. Certains reprochent à Anouilh de défendre l’ordre établi en faisant la part belle à Créon. En 1945, il s’engage en vain pour essayer de sauver l’écrivain collaborateur Robert Brasillach de la peine de mort. Cette exécution le marque profondément.

    Après la guerre, Jean Anouilh poursuit sa création à un rythme soutenu. En 1947 il écrit
    L’invitation au château, une des premières «pièces brillantes». L’année suivante, Ardèle ou la Marguerite révèle une nouvelle facette du style de Jean Anouilh : les «pièces grinçantes».

    En 1953, le succès de
    L’Alouette («pièce costumée») rivalise avec celui d’Antigone. La même année, Jean et Monelle divorcent. Anouilh se remarie avec Nicole Lançon, une autre comédienne. Ils travaillent ensemble, et auront trois enfants.
    Après une période de répit, trois nouvelles pièces sont publiées en 1959 :
    L’Hurluberlu ou le réactionnaire amoureux, Le petit Molière et Becket ou l’honneur de Dieu, cette dernière obtenant immédiatement le succès.

    Après l’échec de
    La grotte (1961), Jean Anouilh se tourne vers la mise en scène. Il monte successivement Tartuffe (Molière), Victor ou les enfants au pouvoir (Roger Vitrac), L’Acheteuse (Steve Pasteur), et Richard III (William Shakespeare). Le rythme de ses publications personnelles diminue donc : seules trois pièces verront le jour d’ici à 1968. Mais en 1969, un de ses chefs-d’œuvre réaffirme son talent : Cher Antoine ou l’amour raté («pièce baroque»).

    Il écrira encore plusieurs pièces dans les années soixante-dix, dont certaines lui vaudront le qualificatif «d’auteur de théâtre de distraction». Son œuvre, avec le temps, révèle un pessimisme profond.

    Anouilh meurt le 3 octobre 1987 à Lausanne.

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    Éphéméride 2 octobre 1905 décès de Jose-Maria de Hérédia



    Né à Santiago de Cuba, de père cubain et de mère française, José Maria de Hérédia vint au monde dans la plantation de café familiale, nommée “La Fortune”. Le poète est, par son père, le descendant de ces conquistadores espagnols dont il conte les ambitions dans Les Conquérants.
    Il vint en France, au collège Saint Vincent de Senlis pour y poursuivre ses études en 1851, à l'âge de neuf ans, et il y resta jusqu’à son baccalauréat, en 1859. Il y fut un élève brillant et très apprécié. La découverte, juste avant son retour, de l’œuvre de Leconte de Lisle, fit sur lui une impression profonde.
    Dès 1861, il s'installa définitivement en France. Ami de Sully-Prudhomme, d'Anatole France, de Catulle Mendès et, surtout, de son maître Leconte de Lisle, il commença à composer des poèmes très influencés par la toute récente école parnassienne qui prônait le réalisme exact et la perfection absolue de la forme. Il publia ses premières œuvres dans diverses revues, puis Leconte de Lisle lui permit de collaborer au
    Parnasse contemporain (1866).
    Hérédia ne publia qu'un seul recueil, Les Trophées (1893), livre composé de 118 sonnets remarquables pour leur versification virtuose et pour la richesse de leur vocabulaire. Il fut élu à l'Académie française en 1894, occupant le fauteuil de Leconte de Lisle, mais ne produisit plus d'œuvre importante.
    Lors du voyage des souverains russes à Paris, en 1896, José-Maria de Hérédia composa le Salut à l'Empereur, poème lu par Paul Mounet, de la Comédie-Française, à la cérémonie de la pose de la première pierre du pont Alexandre-III. Il était membre de la Commission du dictionnaire. Il devint en 1901 conservateur de la bibliothèque de l'Arsenal.

    Il eut trois filles : Hélène (1871-1953) qui épousa Maurice Maindron, Marie (1875-1963) - mariée à Henri de Régnier, maîtresse de Pierre Louÿs et poète sous le pseudonyme de Gérard d'Houville -, et Louise (1878-1930), mariée à Pierre Louÿs.

    Il mourut le 2 octobre 1905 au château de Bourdonné, près de Houdan. Il fut inhumé le 7 octobre au cimetière de Bonsecours (Seine-Maritime).

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    Éphéméride 1er octobre 1684 décès de Pierre Corneille


    Pierre Corneille est originaire d'une famille de magistrats et il est l'aîné de cinq frères et sœurs. Son père est maître des eaux et forêts et sa mère est la fille d'un avocat. Il accomplit ses études secondaires chez les Jésuites et se destine à une carrière d'avocat. Son père lui achète deux modestes charges, mais timide et peu éloquent, Corneille renonce à plaider. Il propose une première comédie,
    Mélite (1629) à une troupe d'acteurs itinérants, qui fonderont plus tard le théâtre du Marais. Cette troupe présente la pièce à Paris. Le succès est suffisant pour décider Corneille, qui n'a alors que vingt-trois ans, à entreprendre une carrière théâtrale et à s'installer à Paris.
    Pierre Corneille devient célèbre avec une tragi-comédie, Le Cid (1637), qui provoque une querelle littéraire (la jeune Académie française lui reproche notamment de ne pas respecter les lois du théâtre classique, de faire tenir trop d'événements en vingt-quatre heures, et de bousculer la bienséance avec une Chimène amoureuse de l'assassin de son père). Le roi Louis XIII l'anoblit. Il se marie en 1640. Sensible aux critiques, il se consacre alors à la tragédie « régulière ». Corneille connaît avec Pertharite (1651) un échec qui l'éloigne du théâtre pendant sept ans. Il traduit en vers l'Imitation de Jésus-Christ (1651-1656) et s'occupe de l'édition de son théâtre, dont il définit les principes dans les Examens de ses pièces et trois Discours (1660). Revenu à la scène (Œdipe, 1659 ; Sertorius, 1662 ; Sophonisbe, 1663 ; Attila, 1667), il voit le public lui préférer Racine (Tite et Bérénice, 1670). Corneille peint des héros « généreux » pour qui l'honneur et la gloire méritent tous les sacrifices : l'époque en était sans doute passée…

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    Éphéméride 30 septembre 1594 naissance de Saint-Amant


    Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant, né à Grand-Quevilly le 30 septembre 1594 et mort à Paris le 29 décembre 1661, est un poète baroque français.
    Fils d’un officier de marine, issu d’une famille de marchands protestants, Saint-Amant, qui commanda pendant vingt-deux ans une escadre anglaise, n’apprit pas les langues anciennes mais l’espagnol, l’italien et l’anglais.
    Grand voyageur, il visita plusieurs pays d’Europe, l’Amérique du Nord, le Sénégal, les Indes : il s’intéressait à la musique, à la peinture, aux sciences, fréquentant aussi bien les Jansénistes que les Libertins, le salon de l’hôtel de Rambouillet, et l’hôtel de Liancourt.
    Durant sa jeunesse et son âge mûr, il hanta les cabarets avec de joyeux compagnons tels que Nicolas Faret, Guillaume Colletet, Vion d’Alibray, lieux d'inspiration de ses pièces bachiques, comme « les Cabarets », « la Chambre du débauché », « la Crevaille », « le Fromage », « la Vigne », « les Goinfres ».
    Il fut lié avec le Duc de Retz, chez lequel il séjourne à Belle-Île en Bretagne, le Maréchal de Créquy et le Comte d’Harcourt, qu’il accompagna dans ses expéditions et ses ambassades. Nommé gentilhomme ordinaire de la maison de la reine de Pologne, Marie-Louise de Gonzague, il alla résider deux ans à Varsovie. Il passa ses dernières années dans un calme modeste et mourut dans la misère.
    Saint-Amant passait, auprès des connaisseurs, pour le premier poète de son temps, pas seulement dans les satires mais par des odes, des sonnets, voire par son « Moïse sauvé » (1653), idylle héroïque. « Le combat de Moïse et de l’Égyptien », « le bain de la princesse Rermuth », « La Comparaison de la couleuvre et de l’oiseau », etc., sont remarquables. Après l’avoir durement critiqué dans les « Satires », Boileau finit par lui rendre justice.
    Outre le « Moïse » et les « Œuvres poétiques », Saint-Amant a publié : « Rome ridicule » ; « Stances sur la grossesse de la reine de Pologne » ; « Stances à M. Corneille sur son Imitation de Jésus-Christ » ; « la Génération ». Ses poèmes illustrent le courant baroque.
    Refusant de se plier aux règles édictées par Malherbe, il sombra dans l’oubli, après 1650, avec le triomphe du goût classique, avant d’être redécouvert au XIXe siècle. Le succès obtenu par son ode sur la « Solitude » rédigée en 1619 fut tel qu’elle fut imitée, imprimée et traduite. Élu, dès sa création en 1634, membre de l’Académie française et, bien que celle-ci ne fût fondée officiellement sous l’impulsion de Richelieu qu’un an plus tard, il travailla à la partie « comique » du dictionnaire.

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    Éphéméride 29 septembre 1547 Naissance de Miguel de Cervantès

    Miguel de Cervantès est né à Alcala de Henarès. Son père était un modeste chirurgien, à la tête d'une famille nombreuse. Sa famille se déplace souvent, en particulier entre Valladolid et Madrid, les deux lieux de pouvoir de l'époque. Miguel fait des études auprès d'un disciple d'Érasme, avant de partir à Rome avec le cardinal Acquaviva.
    En 1570, Cervantès s'engage comme soldat dans les troupes pontificales commandées par Colonna pour lutter contre les Turcs. Il participe à la bataille de Lépante (1571), sous le commandement de Don Juan d'Autriche. Il y est blessé par deux balles à la poitrine et un coup au bras lui fait perdre en partie l'usage de la main gauche. En 1575, un pirate s'empare de sa galère devant Marseille et le fait prisonnier. Miguel passe cinq ans de captivité dans un bagne avant d'être racheté (1580).
    De retour en Espagne, Cervantès abandonne le métier des armes. Il se marie, reprend peut-être ses études et se met à écrire, notamment des comédies. En 1585, il publie son premier roman,
    La Galatée.
    Début 1605, il publie la première partie de
    El Ingenioso Hidalgo don Quijote de la Mancha. Le succès est immédiat, dans toute la population, grâce au théâtre. Le roman constitue le mythe désormais célèbre du personnage perdu hors de son temps, l'idéaliste jeté au bas de son rêve, le fanatique de l'esprit de chevalerie et de l'amour courtois perdu dans l'enfer moral de la Renaissance. En quelques années, les traductions vont le faire connaître dans les autres pays d'Europe.
    En 1613, nouveau succès avec les
    Nouvelles exemplaires dédié à son protecteur, le comte de Lemos, vice-roi de Naples. Cervantès y fait une nouvelle fois référence au bagne d'Alger. Un long poème satirique, Voyage au Parnasse, publié l'année suivante permet de saisir l'atmosphère littéraire de l'époque. En 1615, Cervantès fait imprimer ses meilleures comédies (Numanchia, Huit Comédies et "entremeses"), ainsi que la suite et la fin de Don Quichotte. Il meurt le 23 avril 1616 (Le 23 avril est aussi la date de la mort de Shakespeare, mort pourtant dix jours après, en raison du décalage des calendriers grégorien et julien, ce dernier étant encore en vigueur dans l'Angleterre anglicane de cette époque).

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    Éphéméride 28 septembre 1803 naissance de Prosper Mérimée


    Prosper Mérimée est né le 28 septembre 1803 dans une famille d'artistes bourgeois. Son père est professeur de dessin à l'École polytechnique, et sera plus tard secrétaire perpétuel de l'École des Beaux-Arts. Sa mère enseigne aussi le dessin. C'est de sa mère qu'il tient la devise « Souviens-toi de te défier ».
    Ses études se déroulent au Lycée Napoléon qui deviendra le Lycée Henri IV. En 1819, il s'inscrit à la faculté de droit. Il obtient sa licence en 1823. La même année, il est exempté du service militaire, pour faiblesse de constitution. Néanmoins, il sera incorporé en 1830 à la Garde nationale. Jusqu'à son entrée dans la fonction publique en 1831, Mérimée n'exerce aucun métier hormis celui d'écrivain. En 1825, le
    Théâtre de Clara Gazul, son premier livre, marque ses débuts. En 1827 paraît La Guzla ou choix de poésies illyriques, prétendues productions populaires inventées par lui, mais qui passeront pour authentiques auprès des poètes et des savants. 1828 : La Jacquerie, scènes féodales, et La Famille Carvajal, drame. 1829 : Chronique du temps de Charles IX, roman historique, important succès de librairie. La même année, il publie Mateo Falcone, sa première nouvelle. C'est dans le cadre de ce genre qu'il écrira ses chefs-d'œuvre.
    Le 27 mai 1834, Thiers, ministre de l'Intérieur, nomme Prosper Mérimée au poste d'inspecteur général des Monuments historiques. Cette nomination, dit Mérimée, « convient fort à mes goûts, à ma paresse et à mes idées de voyages ». Dès le 31 juillet suivant, il quitte Paris pour une tournée dans le Midi de la France ; première d'une longue série vouée à la découverte des monuments en péril. Chaque mission, effectuée dans des conditions difficiles de transport et d'hébergement qu'il évoque avec humour, donne lieu à des rapports au ministre dans lesquels Mérimée décrit l'état, souvent alarmant, des édifices, dénonce les affectations nuisibles et le vandalisme de certaines restaurations. Proche d'Eugénie de Montijo, il fréquente la cour de Napoléon III. Il meurt à Cannes en 1870.

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    Éphéméride 27 septembre 1907 naissance de Maurice Blanchot


    Maurice Blanchot (né à Quain, en Saône-et-Loire) est un romancier, critique littéraire et philosophe français.
    Il fait des études d'allemand et de philosophie, puis de médecine avec une spécialisation en psychiatrie. Entre 1930 et 1940, il poursuit une carrière de journaliste dans la presse d'extrême droite (
    Journal des débats, Combat, Réaction, Revue française,