Mar 2013

Éphéméride 31 mars 1855 décès de Charlotte Brontë

Charlotte Brontë est une romancière britannique, née le 21 avril 1816 à Thornton (Yorkshire), morte le 31 mars 1855.


Charlotte Brontë est née en 1816 à Thornton, près de Bradford dans le Yorkshire. Son père Patrick est pasteur, lui et sa femme Maria ont déjà deux filles Maria et Elizabeth. En 1817 naît Branwell, puis Emily en 1818 et Anne en 1820. En 1821 la mère des six enfants meurt. En 1825, les quatre filles aînées sont à l’école à Cowan Bridge où les deux plus âgées vont mourir de tuberculose, des suites des conditions de vides très rudes. Cette école servira ensuite à dépeindre le pensionnat de Lowood dans
Jane Eyre.


Charlotte et Emily rentrent alors au presbytère d’Haworth, où leur père est désormais pasteur et la tante Elizabeth Branwell vient habiter avec eux afin d’aider Patrick Brontë.


Durant leur enfance, les enfants vont inventer des royaumes magiques bâtis autour des soldats de plomb de Branwell
: les royaumes de Gondal (Emily et Anne) et d’Angria (Charlotte et Branwell). Les histoires de ces royaumes magiques sont écrites dans des carnets à l’écriture minuscule.


Après ces années d’école à Roe Head, Charlotte y devient professeur, puis institutrice dans une famille. En 1842, elle se rend à Bruxelles avec Emily pour apprendre le français et l’allemand au pensionnat Héger où elle tombe amoureuse de Monsieur Héger, qui est marié. À la suite du décès de leur tante, les sœurs rentrent à Haworth. Charlotte retournera à Bruxelles seule par la suite.


En 1844, les trois sœurs ont le projet d’ouvrir une école à Haworth mais ce projet n’aboutira jamais.


En 1846, elles publient un recueil de poèmes par Currer, Ellis et Acton Bell, pseudonymes masculins. Ce recueil sera vendu à deux exemplaires.


Les sœurs se mettent alors à rédiger chacune un roman.
The Professor, le roman de Charlotte à propos de son expérience à Bruxelles, ne trouvera jamais un éditeur de son vivant (il fut publié en 1857 à titre posthume).
Elle commence à rédiger
Jane Eyre qui sera publié en 1847.


Cette même année, Emily publie
Les Hauts de Hurlevent, et Anne publie Agnes Grey.


En 1848 Charlotte et Anne se rendent à Londres afin de révéler leur identité à leurs éditeurs
: en effet les gens pensaient que les trois Bell n’étaient en fait qu’une seule et même personne, peu de gens imaginaient que les auteurs étaient des femmes.


Les sujets évoqués par les Brontë semblent alors étonnamment peu en accord avec leur vie recluse dans les landes.


Le 24 septembre de cette année meurt Branwell, le frère adoré, devenu alcoolique et drogué.

Peu de temps après, le 19 décembre Emily meurt elle aussi. Anne mourra moins de six mois plus tard, le 28 mai 1849, alors que Charlotte l’a emmenée au bord de la mer pour la soigner.


Charlotte et son père sont très affectés de ces deuils successifs. Néanmoins elle continue d’écrire et le 26 octobre
Shirley est publié.


Durant les années qui suivent, Charlotte commence à être connue dans les cercles littéraires londoniens et elle rencontre Thackeray ou encore Elizabeth Gaskell.

En 1852 elle commence à rédiger
Villette et le révérend Arthur Bell Nicholls, vicaire à Haworth depuis 1845 la demande en mariage. Patrick Brontë s’oppose violemment à cette union et Charlotte, qui n’est pas amoureuse, refuse.


Pourtant en 1854, année de la publication de
Villette, Charlotte et Arthur Bell Nicholls se fiancent puis se marient le 29 juin. Il semble que Charlotte admirait son mari plus qu’elle ne l’aimait vraiment.


Elle meurt le 31 mars 1855, alors qu’elle est enceinte.


Certaines personnes reprocheront au révérend Nicholls d’avoir relégué l’auteur de Jane Eyre au rang de femme au foyer
; cependant Charlotte semble avoir été heureuse de ces quelque temps de vie conjugale. Elizabeth Gaskell écrira plus tard dans Life of Charlotte Brontë (publié en 1857) que ses derniers mots furent pour son mari: « Je ne vais pas mourir, n’est-ce pas? IL ne peut pas nous séparer, nous avons été si heureux. »
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Éphéméride 30 mars 1844 naissance de Paul Verlaine

Paul Marie Verlaine est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.

Né le 30 mars 1844, Paul Verlaine était d'origine ardennaise mais vécut à Paris. Élève au lycée Bonaparte, il embrassa par la suite une carrière d'employé de bureau à la mairie de Paris, en même temps qu'il fréquente cafés et cercles littéraires comme celui des Vilains Bonshommes.

Admirateur de Baudelaire, il s'essaie à la poésie et publie son premier recueil,
Poèmes saturniens en 1866 à 22 ans. Frappé par le mariage puis la mort de sa cousine Elisa Montcomble dont il était amoureux, il bascule dans l'alcool et la violence.

Ses
Poèmes saturniens (1866) et les Fêtes galantes (1869), sont marqués par l'influence de la poésie parnassienne, même si l'on voit déjà s'y dessiner des traits indéniablement personnels - sensualité, mélancolie - et tout à fait propres à la poétique verlainienne telle qu'il la décrira ultérieurement dans l'Art poétique (écrit en 1874, publié dans Jadis et Naguère en 1884).

Après sa période d'errance amoureuse, il rencontra une jeune fille, Mathilde Mauté, qu'il célébra dans les poèmes de la
Bonne Chanson (1870).

Mais soupçonné de sympathie à l'égard des Communards, il connut à cette époque des difficultés financières et professionnelles qui détériorèrent encore le climat familial.

La rencontre du poète avec Arthur Rimbaud, en 1871, vint porter un coup ultime à son mariage. Après quelques mois de cohabitation pénible sous le toit familial et quelques scènes violentes, Verlaine choisit de s'enfuir avec Rimbaud, abandonnant femme et enfant.

Les deux poètes poursuivirent, en Belgique puis en Angleterre, une relation tumultueuse et passionnée, qui se termina violemment, lorsque Verlaine, au cours d'une dispute, tira deux coups de feu sur Rimbaud, le blessant légèrement.

Il fut condamné à deux ans de prison; c'est dans sa cellule qu'il écrivit les poèmes du recueil
Romances sans paroles (1874) sur la période de sa vie commune avec Rimbaud. Rongé par le remords, il y redécouvrit également la foi catholique. À sa sortie de prison, il composa des poèmes marqués par sa conversion, notamment ceux qui figurent dans Sagesse (publié en 1881).

Il gagne ensuite sa vie comme professeur à Londres puis en France à Rethel où il noue une relation équivoque avec un de ses élèves, Lucien Létinois. Cette amitié particulière qui dure de 1877 à la mort de Lucien en 1883 les mène à une vie instable en Angleterre puis dans les Ardennes où Verlaine a acheté une ferme avec l'argent de sa mère.

L'installation rêvée échoue et Verlaine rentre à Paris en 1882 : commence alors une déchéance sociale et morale qui le réduit à l'état de semi-clochard alcoolique. Usé, Verlaine meurt à 51 ans, le 8 janvier 1896, d'une congestion pulmonaire.

Il était cependant devenu l'un des écrivains les plus admirés de sa génération, et son influence sur les jeunes poètes, notamment les premiers symbolistes, était déjà grande. On doit encore à Verlaine un important recueil d'études critiques sur Rimbaud, Mallarmé et Tristan Corbière, les
Poètes maudits (1884), des recueils sensuels comme Parallèlement (1889) ainsi que, vers la fin de son existence, des œuvres autobiographiques en prose, Mes hôpitaux (1892), Mes prisons (1893) et des Confessions (1895).

Il mourut le 8 janvier 1896 à cinquante et un ans, alcoolique, malade, dans une terrible misère. Il représente par excellence la figure du poète maudit.
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Éphéméride 29 mars 1902 naissance de Marcel Aymé

Marcel Aymé est né le 29 mars 1902 à Joigny, dans l’Yonne, où son père, maître maréchal-ferrant dans un régiment de Dragons, était en garnison. Il était le benjamin de six enfants et ses parents étaient originaires de villages voisins du Jura.


À la mort de sa mère, en 1904, son père le confia, avec sa plus jeune sœur Suzanne, son aînée de deux ans, aux grands-parents maternels, Auguste Monamy et Françoise Curie, qui exploitaient une tuilerie, une ferme et un moulin à Villers-Robert, dans le Jura.


C’est là que Marcel connut le monde rural qui a inspiré ses romans de la campagne et ses contes.


Le jeune garçon fréquenta l’école du village et, à la mort de ses grands-parents, fut accueilli à Dole par sa tante Léa Monamy, la plus jeune sœur de sa mère, qui tenait un commerce de mercerie.


Il poursuivit ses études au Collège de l’Arc et obtint le baccalauréat « math-élèm » en 1919. Sa scolarité fut très bonne, en tout cas différente de l’image de cancre qu’il a donnée de certains de ses personnages.


Entré en mathématiques supérieures au lycée Victor-Hugo de Besançon, il dut abandonner ses études en 1920, victime de la grippe espagnole.


Il revint à Dole se faire soigner chez sa tante, qui fut pour lui une seconde mère. Après un service militaire en Allemagne, il vécut à Paris où il commença des études de médecine, vite interrompues, et exerça plusieurs petits métiers avant de tomber à nouveau gravement malade.


Il se réfugia à Dole, où, pendant sa convalescence, sa sœur aînée Camille l’encouragea à écrire.


Brûlebois, publié en 1926 aux « Cahiers de France » à Poitiers, est l’histoire d’un sous-préfet devenu porteur à la gare de Dole et amateur de la dive bouteille. Ce premier roman fut un succès qui ouvrit à Marcel Aymé les portes de Gallimard. Il connut la notoriété avec La Table-aux-Crevés, qui obtint le prix Renaudot en 1929.


C’est avec
La Jument verte, en 1933, qu’il devint un auteur célèbre et scandalisa les bien-pensants. En 1933 également commença sa carrière cinématographique avec l’adaptation de La Rue sans nom par Pierre Chenal. Ce fut le début d’une longue série de films et téléfilms inspirés de ses œuvres, plus d’une trentaine, le plus connu étant sans conteste La Traversée de Paris, réalisé par Claude Autant-Lara en 1956.


Cette période précédant la guerre lui fut favorable. Il publia successivement
Maison basse (1935), Le Moulin de la Sourdine (1936), Gustalin (1937) et Le Bœuf clandestin (1939), alternant romans « parisiens » et romans « de la campagne ». La publication de trois recueils de nouvelles et des premiers Contes du chat perché entre 1932 et 1939 lui permit également de prendre une place importante dans le monde littéraire de l’époque.


Installé à Montmartre dès 1928, il habitera sur la Butte jusqu’à sa mort.


Pendant la guerre, Marcel Aymé a beaucoup écrit, et publié la plupart de ses œuvres en feuilletons dans les journaux
: des nouvelles (Le Passe-muraille), des Contes du chat perché, des romans (La Belle Image, Travelingue, La Vouivre). Il a poursuivi sa carrière de dialoguiste de cinéma avec le metteur en scène Louis Daquin (Nous les gosses, Madame et la mort, Le Voyageur de la Toussaint).


Après la guerre il publia
Le Chemin des écoliers en 1946 et Uranus en 1948. Avec Travelingue, paru en 1941, cette trilogie présente un tableau exceptionnel de la société française avant, pendant et après la guerre. La sortie de deux recueils — Le Vin de Paris en 1947 et En Arrière en 1950 — confirma son goût pour les nouvelles, dont il a écrit plus de cent.


C’est en 1948 que le metteur en scène Douking s’intéressa à une pièce écrite en 1932,
Lucienne et le boucher, que Louis Jouvet avait refusé de faire jouer. Ce fut le début de la carrière théâtrale de Marcel Aymé qui obtint de grands succès avec Clérambard (1950), La Tête des autres (1952), Les Quatre Vérités (1954) ou Les Oiseaux de lune (1955).


Un dernier roman,
Les Tiroirs de l’inconnu, paru en 1960, fut un clin d’œil au « Nouveau roman ».


Il a écrit des centaines d’articles, de préfaces et plusieurs essais dont le plus remarquable est
Le Confort intellectuel (1949).


Marcel Aymé est mort à Montmartre le 14 octobre 1967.

d’après
http://marcelayme1.free.fr/marcel_ayme/biographie/biographie. html
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Éphéméride 28 mars 1936 naissance de Mario Vargas Llosa

Jorge Mario Pedro Vargas Llosa né le 28 mars 1936 à Arequipa, région d’Arequipa, au Pérou, est un écrivain péruvien et espagnol, auteur de romans et d’essais politiques. Il est lauréat du prix Nobel de littérature 2010

À l’âge de 14 ans, son père l’envoie étudier à l’Académie militaire de Lima, qui lui laisse un sinistre souvenir et la matière de son livre
La Ville et les chiens.

Il étudie ensuite la littérature et le droit à l’Université San Marcos, exerçant en parallèle différentes professions
: correcteur littéraire puis collaborateur aux rubriques cinéma de la revue Literatura (1957-1958) et du journal El Comercio.

Pendant une brève période, il est impliqué dans une branche étudiante du Parti communiste péruvien qu’il abandonne en protestation de la ligne stalinienne du mouvement sur l’art et la littérature. La révolution cubaine fait un temps revivre ses espoirs d’une révolution progressiste.

Grâce à une bourse d’étude, il poursuit son cursus universitaire à Madrid où il soutient, en 1958, une thèse de doctorat sur Rubén Darío.

En 1959 il s’installe à Paris en 1959 dans l’espoir de recevoir une bourse pour reprendre des études mais sa demande est rejetée. Dans la capitale française Vargas Llosa travaille en tant que professeur d’espagnol puis journaliste pour l’Agence France-Presse et la télévision. Il se passionne pour la littérature du pays et écrit de manière prolifique. il obtient un prix littéraire pour « Les caïds ». « La ville et les chiens » obtient deux prix littéraires et sera traduit en plus de 20 langues.

Vargas Llosa part ensuite pour Londres et Barcelone. Il retourne à Lima en 1974 et est élu à l’Académie péruvienne un an plus tard.

Depuis, il est un écrivain connu, régulièrement invité pour donner des cours ou des conférences dans de nombreuses universités.
Entre-temps, voyant les multiples dérives du régime de Castro, il est devenu libéral.

En 1990 il fonde un mouvement de droite démocratique mais est battu à l’élection présidentielle.

Avec Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez et José Donoso, Mario Vargas Llosa est considéré comme l’un des grands acteurs du boom de la littérature latino-américaine dans les années 1960.
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Éphéméride 27 mars 1899 naissance de Francis Ponge

Francis Ponge est un poète français, né à Montpellier le 27 mars 1899 et mort à Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes, le 6 août 1988.

Né à Montpellier en 1899, issu d’une famille protestante bourgeoise, Francis Ponge échoue à deux reprises à sa licence de philosophie, et ne parvient pas à entrer à l’Ecole Normale Supérieure. Il étudie le droit et la philosophie à Paris avant d’être mobilisé et de rejoindre l’armée pendant la Première Guerre mondiale.

Dans les années vingt, il commence à publier des textes à la NRF avant d’appartenir brièvement au mouvement surréaliste.

Au début des années trente, il se marie. Il entre en 1931 aux messageries Hachette
: parallèlement à son travail littéraire, il assurera cet emploi alimentaire. Délégué syndical et sympathisant communiste de la première heure, il perd son emploi à la suite des soulèvements du Front populaire en 1936.
Il adhère au parti communiste en 1937.

Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il entre dans la Résistance. En 1942 paraît
Le Parti pris des choses, dans lequel les grands axes de son travail poétique sont posés. Il rompt sciemment avec les traditions surréalistes, et se distingue de ses contemporains en prenant justement le « parti » des choses. Les titres de ses poèmes sont à ce titre éloquents: « l’huître », « la cruche », « le savon », « le cageot », etc.

Maître de la forme, il commence à enseigner après la guerre, tout en continuant son œuvre.
Il devient directeur artistique et littéraire de l’hebdomadaire communiste
Action de 1944 à 1946.
Il quitte le parti communiste en 1947, considérant que le parti interférait avec sa liberté individuelle d’auteur.

Après un séjour en Algérie, il entre à l’Alliance Française comme professeur jusqu’en 1964. Bien que reconnu par des sommités intellectuelles, tel Jean-Paul Sartre, Francis Ponge restera dans une certaine confidentialité jusqu’en 1984, lorsqu’il reçoit le grand prix de poésie de l’Académie française.

Il connaît à partir de cette époque une reconnaissance publique, avec des prix et récompenses (Légion d’honneur, Grand Prix de l’Académie Française), des conférences et lectures (Cerisy, Centre Pompidou) et un hommage au festival d’Avignon en 1985.

Il est inhumé au cimetière protestant de Nîmes.
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Éphéméride 26 mars 1913 naissance de Jacqueline de Romilly

Jacqueline Worms de Romilly, née David le 26 mars 1913 et décédée le 18 décembre 2010, est une philologue, écrivain, professeur et helléniste française, qui reçut de la Grèce la nationalité hellénique en 1995, à titre honorifique.

Membre de l'Académie française, première femme professeur au Collège de France, elle est connue sur le plan international pour ses travaux sur la civilisation et la langue de la Grèce antique, en particulier à propos de Thucydide, objet de sa thèse de doctorat.

Née à Chartres le 26 mars 1913, Jacqueline David est la fille de Maxime David, normalien, professeur agrégé de philosophie, mort pour la France le 2 octobre 1914, et de Jeanne Malvoisin (devenue écrivain après la Grande Guerre).

Après une enfance heureuse dans le XVIe arrondissement de Paris, elle fait de brillantes études secondaires au lycée Molière, où elle est lauréate du concours général de latin et deuxième prix en grec ancien en 1930.

Après sa khâgne au lycée Louis-le-Grand, elle est admise à 20 ans à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (promotion 1933).

Élève de l'helléniste Paul Mazon, elle est reçue à l'agrégation de lettres en 1936. Elle se marie en 1940 avec Michel Worms de Romilly, éditeur aux Belles Lettres, dont elle divorce en 1973.

Du fait de l'origine juive de son père et de son mari, elle se voit refuser le droit d'enseigner par le régime de Vichy en 1941. Elle obtient enfin son doctorat ès lettres en 1947.

Après avoir enseigné de 1945 à 1949 en khâgne au lycée de jeunes filles de Versailles, Jacqueline de Romilly devient professeur de langue et littérature grecques classiques à l'université de Lille (1949-1957), puis à la Sorbonne de 1957 à 1973.

De 1973 à 1984, elle occupe la chaire de la Grèce antique au Collège de France, où elle est la première femme professeur.

En 1975, elle est élue à l'Académie des inscriptions et belles-lettres au fauteuil de l'helléniste Pierre Chantraine : elle est la première femme élue à cette académie, qu'elle préside en 1987. En 1989, elle devient la deuxième femme, après Marguerite Yourcenar, à entrer à l'Académie française : elle est élue au 7
e fauteuil.

Elle meurt à 97 ans, le 18 décembre 2010 et elle est inhumée au cimetière du Montparnasse.

Jacqueline de Romilly disait d'elle-même ne pas avoir eu, « bien sûr », la vie qu'elle souhaitait :
« Avoir été juive sous l'Occupation, finir seule, presque aveugle, sans enfants et sans famille, est-ce vraiment sensationnel ? Mais ma vie de professeur a été, d'un bout à l'autre, celle que je souhaitais. »
— Dans
Une certaine idée de la Grèce, livre d'entretien avec Alexandre Grandazzi.

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Éphéméride 25 mars 1914 décès de Frédéric Mistral

Frédéric Mistral est un écrivain et lexicographe français de langue provençale, né le 8 septembre 1830 à Maillane (Bouches-du-Rhône), où il est mort le 25 mars 1914 et où il est inhumé.

Mistral fut membre fondateur du Félibrige, membre de l’Académie de Marseille et, en 1904, Prix Nobel de littérature.

Mistral est un fils de ménagers aisés. Il naît à Maillane, au mas du Juge.

À l’âge de sept ans, Frédéric Mistral va à l’école de Maillane. En 1839 il est inscrit au pensionnat de Saint Michel De Frigolet où il ne reste que deux ans. Ensuite, il fréquente le pensionnat de Millet d’Avignon puis le Collège royal.

À ce moment-là, il loge au pensionnat Dupuy où il fait la connaissance d’un professeur nommé Joseph Roumanille, de Saint Rémy de Provence, avec lequel il restera lié jusqu’à la mort de celui-ci.

Il passe son baccalauréat en 1847 à Nîmes.

Vers la Révolution de 1848 il écrit son premier livre
:  Li Messoun  (Les Moissons): un poème géorgique en quatre chants.

De 1848 à 1851 il fréquente la Faculté de droit d’Aix en Provence où il obtient une Licence de Droit.

Son père se faisant vieux et presque aveugle, Frédéric va aider avec sa mère et son demi-frère à la gestion du Mas.

Il passe son temps libre à écrire et à chanter la Provence, ses gens, ses bêtes, ses traditions.

Le 21 mai 1954, jour de la Sainte Estelle, naît le Félibrige.

En 1855 son père meurt
; Frédéric s’installe avec sa mère dans la maison dite du Lézard où il finira d’écrire son premier chef-d’œuvre : Mirèio (Mireille) publié en 1859 aux éditions Roumanille.

En 1876 il épouse une Bourguignonne, Marie Rivière, qui a vingt-sept ans de moins que lui avec laquelle il n’aura pas d’enfants. Ils s’installent alors dans une maison qu’il vient de faire bâtir juste à côté de celle du Lézard. Il poursuit son œuvre.

En 1891 il crée un Journal  
L’Aioli : il en confie la direction à un ami camarguais Folco Baroncelli.

Le 17 novembre 1904, Mistral reçoit le Prix Nobel de Littérature
: soixante-quatorze années vouées à la Provence sont ainsi récompensées.

Le 14 octobre 1913, le Président de la République Raymond Poincaré en visite dans les provinces françaises vient personnellement saluer Frédéric Mistral chez lui.

Frédéric Mistral meurt le 25 mars 1914 à 84 ans.
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Éphéméride 24 mars 1905 décès de Jules Verne

Jules Verne naquit à Nantes le 8 février 1828.

Son père, Pierre Verne, fils d'un magistrat de Provins, s'était rendu acquéreur en 1825 d'une étude d'avoué et avait épousé en 1827 Sophie Allotte de la Füye, d'une famille nantaise aisée qui comptait des navigateurs et des armateurs.

Jules Verne eut un frère : Paul (1829 - 1897) et trois soeurs : Anna, Mathilde et Marie. À six ans, il prend ses premières leçons de la veuve d'un capitaine au long cours et à huit entre avec son frère au petit séminaire de Saint-Donatien.

En 1839, ayant acheté l'engagement d'un mousse, il s'embarque sur un long-courrier en partance pour les Indes. Rattrapé à Paimboeuf par son père, il avoue être parti pour rapporter à sa cousine Caroline Tronson un collier de corail. Mais, rudement tancé, il promet : " Je ne voyagerai plus qu'en rêve. " Mais cette belle anecdote n’est qu’une légende…

À la rentrée scolaire de 1844, il est inscrit au lycée de Nantes où il fera sa rhétorique et sa philosophie. Ses baccalauréats passés, et comme son père lui destine sa succession, il commence son droit. Jules Verne passe son premier examen de droit à Paris. Le théâtre l'attire et le théâtre, c'est Paris. Il obtient de son père l'autorisation d'aller terminer ses études de droit dans la capitale où il débarque, le 12 novembre 1848.

À Paris, il s'installe rue de l'Ancienne-Comédie. Son père lui fournit une pension calculée au plus près du strict nécessaire. Avide tout lire, Jules Verne jeûnera trois jours pour s'acheter le théâtre de Shakespeare…

Il écrit, naturellement pour le théâtre. Avec d'autant plus de confiance qu'il a fait la connaissance de Dumas père.

Verne passe sa thèse de droit en 1850. Selon le voeu de son père, il devrait s'inscrire au barreau de Nantes ou prendre sa charge d'avoué. Fermement, l'écrivain refuse : la seule carrière qui lui convienne est celle des lettres.

Il ne quitte pas Paris et, pour boucler son budget, doit donner des leçons.

En 1852, il publie
Les Premiers navires de la marine mexicaine et Un Voyage en ballon qui figurera plus tard dans le volume Le Docteur Ox sous le titre Un Drame dans les airs, deux récits où déjà se devine le futur auteur des Voyages extraordinaires.

En 1856, il fait la connaissance de celle qu'il épousera le 10 janvier 1857 : Honorine-Anne Hébé Morel, née du Fraysne de Viane, veuve de vingt-six ans et mère de deux fillettes. Jules Verne, grâce aux relations de son beau-père et à un apport de Pierre Verne (50 000 francs), entre à la Bourse de Paris comme associé de l'agent de change Eggly.

Il continue à lire énormément et entame ses premiers grands voyages (Angleterre et Écosse en 1859, Norvège et Scandinavie en 1861) tout en continuant à écrire pour le théâtre. Le 3 août 1861, naît Michel Verne, qui sera son unique enfant.

1862 : Il présente à l'éditeur Hetzel
Cinq semaines en ballon et signe un contrat qui l'engage pour les vingt années suivantes. Sa vraie carrière va commencer : le roman, qui paraît en décembre 1862, remporte un succès triomphal, en France d'abord puis dans le monde. Jules Verne peut abandonner la Bourse sans inquiétude.

1864 verra la sortie de
Voyage au centre de la Terre suivi en 1865 par De la Terre à la Lune. Ainsi débutera sa fameuse série des Voyages extraordinaires qui se poursuivra durant quarante années. Parmi les romans les plus célèbres : L'Île mystérieuse, Vingt mille lieues sous les mers, Michel Strogoff, Robur le Conquérant, etc.

En 1866, il achète son premier bateau baptisé du prénom de son fils : le Saint-Michel. Il le surnommera son cabinet de travail flottant. Il continuera de voyager, d'écrire ses romans et ses pièces de théâtre sans que sa popularité ne faiblisse.

En 1886 - 1887, après un drame dont on connaît peu de choses (Il fut blessé de deux balles de revolver par son neveu Gaston) et la vente de son yatch, il renonce à sa vie libre et voyageuse et jette l'ancre à Amiens.

En 1902, il est atteint de la cataracte mais il continue de travailler jusqu'à ce qu'il ne puisse plus tenir une plume. Il se passionne pour les
AVENTURES D'ARTHUR GORDON PYM d'Edgar Poe, l'un des auteurs qu'il admire le plus, depuis cinquante ans, et il écrit la suite des aventures du héros américain: LE SPHINX DES GLACES. Il écrira encore dix livres, avant de mourir le 24 mars 1905, dans sa maison d'Amiens.

En tout, Jules Verne a écrit plus de 80 romans, publié plusieurs grands ouvrages de vulgarisation et fait représenter, seul ou en collaboration, une quinzaine de pièces de théâtre.

Ses
Voyages extraordinaires ont été adaptés sous toutes les formes (bandes dessinées et films) et son oeuvre demeure encore très vivante de nos jours.
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Éphéméride 23 mars 1881 naissance de Roger Martin du Gard

Roger Martin du Gard est un écrivain français né en 23 mars 1881 à Neuilly-sur-Seine et mort le 22 août 1958 à Bellême, près de Sérigny (Orne).

Issu d’une famille aisée d’avocats et de magistrats, il peut consacrer sa vie à la littérature. Il a une vocation précoce d’écrivain, dont il a pris conscience en lisant le roman de
Léon Tolstoï, Guerre et Paix. Pour attendre d’affirmer sa vocation de romancier, il entreprend des études de lettres mais échoue à la licence. Il décide alors de tenter le concours de l’École des Chartes et obtient avec succès le diplôme d’archiviste paléographe en présentant une thèse sur l’abbaye de Jumièges.


La publication de son roman
Jean Barois en 1913 lui permettra de se lier d’amitié avec André Gide et Jacques Copeau. Dans Jean Barois, R. Martin du Gard ne cherche pas à démontrer. Il n’émet aucun jugement, il ne condamne pas, il n’absout pas: il décrit avec une volonté d’objectivité l’évolution de la religion contemporaine, comme la séparation des Églises et de l’État en 1905. Avec ses documents authentiques ou fictifs qui s’y trouvent insérés, la seconde partie constitue aussi la première représentation littéraire de l’Affaire Dreyfus et du procès Zola qui lui est lié.


Après la Première Guerre mondiale, R. Martin du Gard conçoit le projet d’un roman-fleuve dont le sujet initial est
Deux frères. De fait, le roman en huit volumes intitulé Les Thibault va l’occuper des années vingt à 1940, date de publication du dernier volume, Épilogue. À travers l’histoire de Jacques et Antoine Thibault qui sont liés à la famille de Fontanin, le romancier fait le portrait d’une classe sociale, la bourgeoisie parisienne, catholique, protestante, universitaire, mais aussi en révolte dans le cas de Jacques Thibault.
Conçus comme une conclusion à l’œuvre, les deux derniers volumes sont consacrés à la disparition des deux héros et mettent l’accent sur la
Première Guerre mondiale.

L’Été 1914 décrit la marche à la guerre que ne peuvent empêcher ni les socialistes, ni les autres groupes pacifistes: révolutionnaire de cœur, Jacques Thibault ne saura que se sacrifier en lançant sur les tranchées un appel à la fraternisation des soldats allemands et français.

Racontant la lente agonie d’Antoine Thibault gazé pendant le conflit,
Épilogue évoque la « marche à la paix » et s’interroge sur les propositions du président Wilson qui aboutiront à la création de la SDN.

C’est juste après la publication de
L’Été 1914, que R. Martin du Gard reçoit le prix Nobel de littérature en 1937. Il passe ensuite une majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, où il prépare un roman resté inachevé, les Souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort, qui sera publié à titre posthume.

Commencé pendant la première guerre mondiale, son
Journal décrit une vie familiale parfois difficile et raconte les réussites de l’amitié: précédé de « souvenirs », il a été publié par C. Sicard sous la forme de trois gros volumes. C’est également les joies de l’amitié que mettent en lumière les très nombreuses lettres regroupées désormais dans plusieurs volumes de correspondance (avec André Gide, Jacques Copeau, Eugène Dabit, Georges Duhamel, Jean Tardieu).

Parmi les œuvres posthumes, on compte également des nouvelles (
La Noyade intégré au volume du Lieutenant-colonel de Maumort, Genre motus) qui s’inscrivent dans la continuité de celles que l’écrivain avait publiées de son vivant (Confidence africaine).

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Éphéméride 22 mars 1909 naissance de Gabrielle Roy

Gabrielle Roy (Saint-Boniface, Manitoba, 22 mars 1909-Québec, Qc, 13 juill. 1983) est un écrivain québécois.

Elle est la petite fille de pionniers québécois, benjamine d’une famille de onze enfants. En dépit d’une enfance marquée par une santé fragile, les difficultés pécuniaires de sa famille et la loi Thornton de 1916 qui abolit l’enseignement du français dans les écoles, elle fait de brillantes études à l’Académie Saint-Joseph et au
Winnipeg Normal Institute, puis embrasse la carrière d’institutrice.

De 1929 à 1937, ses expériences d’enseignement dans les villages manitobains, à la Poule d’Eau et à Saint-Boniface l’ouvrent aux immenses paysages de l’Ouest et à la mosaïque des ethnies qui nourriront généreusement son œuvre.

Elle décide de partir suivre des cours d’art dramatique en France et en Angleterre. Après deux ans d’essais infructueux, elle choisit alors la voie de l’écriture et installée à Montréal, entame une carrière de journaliste pigiste dans
La Revue Moderne et Le Bulletin des agriculteurs.

La découverte du quartier Saint-Henri, rongé par la misère, va donner naissance au premier grand roman urbain canadien,
Bonheur d’occasion (1945), qui dénonce la condition des ouvriers et des exclus au début de la Seconde Guerre mondiale. L’ouvrage connaît un immense succès: choisi par la Literary Guild of America de New York comme Book of the Month, il est couronné par le Prix Fémina en 1947 et sera traduit dans une douzaine de langues.

Elle part ensuite pour un séjour de trois ans en France où elle écrit
La Petite Poule d’Eau (1950). À son retour, elle s’établit à Québec et en 1957 achète un chalet à Petite-Rivière-Saint-François, dans le Comté de Charlevoix, où, en dépit de dépressions régulières, elle va écrire l’essentiel de son œuvre, tout en voyageant à travers le Canada, les États-Unis et l’Europe. Elle meurt d’une crise cardiaque à l’Hôtel-Dieu de Québec le 13 juillet 1983.
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Éphéméride 21 mars 1925 naissance de Peter Brook

Peter Brook, né le 21 mars 1925 à Londres, est un metteur en scène, acteur, réalisateur et écrivain britannique.

Il est le fils d’une famille russe qui a immigré en Angleterre lors de la Révolution russe. Il fait ses études à l’Université d’Oxford où il étudie la littérature comparée.

Il débute sa carrière théâtrale en 1942 par une adaptation du
The Tragical History of Docteur Faustus de Christopher Marlowe. Il monte à la fois des classiques, dont Shakespeare, et des pièces d’auteurs contemporains comme Jean Anouilh, Jean-Paul Sartre, Genet, Roussin et des auteurs d’avant-garde tel Peter Weiss. Il veut rapprocher le cinéma et le théâtre. Peter Brook s’inscrit, comme Giorgio Strehler ou Jean Vilar, dans le nouveau courant du théâtre, influencé par Brecht ou l’héritage de Jacques Copeau et Gordon Craig.

En 1962, il crée à Londres
le Roi Lear de Shakespeare, avec la Royal Shakespeare Company, et décide alors de renoncer au décor pour œuvrer dans ce qu’il appellera L’Espace vide, lequel doit développer l’imagination du spectateur. Peter Brook travaillera plusieurs fois avec la Royal Shakespeare Company entre 1945 et 1979.

En 1968, Peter Brook est invité par Jean-Louis Barrault à Paris pour participer à un atelier théâtral d’échange culturel.

En 1971, Peter Brook et la productrice Micheline Rozan vont découvrir dans Paris, un théâtre à l’italienne sur le point d’être démoli
: le théâtre des Bouffes du Nord. Peter Brook s’y installe avec le CIRT. En 1974, le théâtre est rouvert avec la représentation de Timon d’Athènes de Shakespeare. La salle est désormais un lieu important de la création théâtrale européenne.

Aujourd’hui, Peter Brook est vu comme un véritable maître et chacune de ses créations est attendue. Il semble avoir transmis sa passion à ses deux enfants Simon et Irina Brook.
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Éphéméride 20 mars 1828 naissance d'Henrik Ibsen

Henrik Ibsen est un poète et auteur dramatique norvégien (Skien 1828-Christiania 1906).

Il naît le 20 mars 1828 à Skien, petite ville de la côte norvégienne près d’Oslo. Lorsque Henrik eut huit ans, son père dut vendre ses biens. La famille s’exila à la campagne. Henrik s’isole avec ses livres, dessine, rêve.

Envoyé à Grimstad faire son apprentissage chez un pharmacien, il y reste six ans (1844-1850). Son esprit satirique s’exerce à l’encontre de la bourgeoisie de la petite ville de province. Il écrit des poèmes romantiques. Il croit à la solidarité scandinave, à la volonté du peuple de se sacrifier pour une idée
; aussi, lorsque, plus tard, en 1864, la Norvège refusera d’aider le Danemark en guerre contre la Prusse, il sera amèrement déçu.

En 1850, il part pour Christiania et passe son baccalauréat
; il connaît la misère, noue des contacts avec un mouvement d’émancipation ouvrière, fonde le journal Andhrimner, qui ne survivra que quelques mois.

En 1851, Ole Bull, qui venait de fonder le Théâtre national à Bergen, lui offre la régie du théâtre. S’il ne deviendra jamais un bon metteur en scène, Ibsen fera, pendant les cinq années passées au théâtre de Bergen, son apprentissage de dramaturge.

Chaque année, il donnera une pièce. Il étudie les sagas
; dans ce monde héroïque, il retrouve ses idéaux.

En 1857, il prend à Christiania la direction artistique du Théâtre national, qui doit contrebalancer le « Christiania Theater », de tradition danoise. C’est le temps de l’espoir et des déceptions. Ibsen connaît des difficultés dans la gestion de son théâtre
; ses pièces sont mal reçues, et il perd son poste.

En 1861, malade, il est en proie à des idées de suicide. Déçu dans ses espoirs esthétiques et politiques, Ibsen rompt avec son pays et part pour l’Italie en 1864. Il y vivra pendant de nombreuses années, ainsi qu’en Allemagne, et ne sera de retour en Norvège de façon définitive qu’en 1891.

Le poème dramatique
Brand (1866) est écrit sous le coup de ses déboires et de son indignation.
Après
Brand, qui connaît un succès en Scandinavie, vient Peer Gynt (1867).

En 1869 paraît l
’Union des jeunes, satire des partis politiques, puis Ibsen termine Empereur et Galiléen (1873). Cette œuvre, conçue à une époque où Ibsen est sous l’impression de la guerre franco-allemande et de la Commune, porte la trace des influences de Schopenhauer, des critiques bibliques de Renan.

Après les
Piliers de la société (1877), Maison de poupée (1879) provoque des discussions passionnées. La pièce est une dénonciation du mariage et de l’inégalité des époux. Les Revenants (1881) soulève également des protestations indignées. Cette pièce est une attaque contre le mariage conventionnel sans amour et, en cela, elle est liée à Maison de poupée.

Cette pièce soulève une telle tempête d’indignation qu’Ibsen écrit
Un ennemi du peuple (1882), tragi-comédie qui est en quelque sorte un commentaire sur ses relations avec la société.

Dans
Rosmersholm (1886), on retrouve les fortes oppositions d’Empereur et Galiléen. Ibsen se sent alors attiré par le mysticisme et les mouvements inconscients de l’âme (la Dame de la mer, 1888).

Dans
Hedda Gabler (1890), l’exigence de l’action héroïque, la sexualité anormale, la peur du scandale social provoquent chez l’héroïne un état permanent de violence.

En 1891, Ibsen quitte l’Allemagne
: il s’y est familiarisé avec l’œuvre de Nietzsche, et Solness le Constructeur (1892) aussi bien que John Gabriel Borkman (1896) rendent compte de sa réaction à la théorie du surhomme.

Après
le Petit Eyolf (1894), qui a pour thème l’amour égoïste des parents qui exclut l’enfant, la dernière œuvre d’Ibsen, Quand nous nous réveillerons d’entre les morts (1899), porte le sous-titre: « Un épilogue dramatique ».

Henrik Ibsen meurt le 23 mai 1906.
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Éphéméride 19 mars 1897 naissance de Joe Bousquet

Joe Bousquet est né dans l’Aude, à Narbonne, le 19 mars 1897.

Son père était médecin-major dans l’armée. Il passe son bac en 1912 puis fait un voyage en Angleterre qui le marquera profondément. Au début de la guerre, son père est nommé dans la région parisienne avant de revenir en 1915 à Narbonne. Joe mène une vie agitée et s’initie à la drogue
: morphine, puis cocaïne et enfin opium qui l’accompagnera jusqu’à sa mort.

En 1916 il devance l’appel. Très courageux, il recevra la croix de guerre, la médaille militaire et la légion d’honneur avant d’être blessé en 1917. Il est soigné à Nancy, vit une histoire d’amour qui le conduit au désespoir.

Il retourne au front et le 27 mai 1918, à vingt et un ans, il est blessé aux vertèbres au combat de Vailly. Paralysé à hauteur des pectoraux, il perd l’usage de ses membres inférieurs. Il restera alité toute sa vie à Carcassonne, au 53 rue de Verdun, dans une chambre dont les volets sont fermés en permanence.

Le J
ournal Intemporel, puis La Fiancée du Vent marquent ses débuts d’écrivain, mais c’est en participant avec ses amis François-Paul Alibert, Ferdinand Alquié, Claude-Louis Estève et René Nelli à la fondation de la revue Chantiers que son engagement littéraire prend forme.

Intéressé par le mouvement surréaliste, mais au-dessus des doctrines, son leitmotiv sera d’aimer, de suivre son cœur et rien d’autre.
Chantiers du groupe Carcassonne fusionnera avec la jeune revue des Cahiers du Sud du groupe de Marseille. Les Cahiers du Sud ne cesseront de paraître, bien après sa mort, qu’en 1966.

Orientée vers la recherche d’un génie du sud, langue d’oc, troubadours, catharisme, hors de tout folklore, ouverte aux grands courants du Nord, le Graal, les Romantiques allemands, la revue des
Cahiers du Sud abordera les sujets les plus divers, de la mathématique à la poétique érudite.


Estève, Jean Paulhan, Jean Cassou, André Gide, Paul Valéry, Paul Éluard, Ferdinand Alquié, de nombreux peintres, autant d’amitiés, de rencontres, qui se nouent et se resserrent au fil des lettres et au gré des visites, autant d’amour aussi avec des femmes imaginaires ou réelles, rêvées et imaginées, dans les profondeurs de la nuit intérieure.


1939, la guerre: l’occupation allemande partage la France. C’est alors que derrière les remparts de Carcassonne, l’espace confiné de la chambre de Joe Bousquet s’ouvre, devenant le point de ralliement des écrivains réfugiés dans la zone Sud, le groupe de la N.R.F. notamment, et le numéro spécial des Cahiers du Sud sur le Génie d’oc et l’Homme méditerranéen en 1943, en codirection avec Jean Ballard, est un pied de nez à l’occupation nazie.

Le corps petit à petit se casse; avoir écrit tant et tant, des lettres innombrables, des poèmes, des romans, des journaux, avoir tant lutté, avoir tant cherché. Mais cette balle continue son œuvre, cette douleur empire et l’opium qui le drogue est le seul remède à sa souffrance, à ses crises d’urémie insoutenables.

Joe Bousquet meurt dans la nuit du 27 au 28 septembre 1950 à Carcassonne.

Une rue porte son nom à Carcassonne et à Narbonne ainsi qu’à Labastide-Saint-Georges (Tarn) et à La Palme (Aude) où il aimait passer des vacances chez ses grands-parents (lire
La Route des Étangs). Une place porte également son nom à Villalier (Aude).

Il repose dans le cimetière de Villalier.

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Éphéméride 18 mars 1634 naissance de Mme de La Fayette

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette, née le 18 mars 1634 à Paris où elle est morte le 25 mai 1693, est une femme de lettres française.

Marie-Madeleine Pioche de La Vergne est née dans une famille aisée de petite noblesse. Son père écuyer gravite dans l’entourage du cardinal de Richelieu. Sa mère, fille d’un médecin du roi, est au service de Mme de Combalet, nièce du cardinal de Richelieu, puis de la duchesse Rose-Madeleine d’Aiguillon.

Son père, Paul Pioche de la Vergne, écuyer du roi, meurt d’une balle dans le torse alors qu’elle n’a que quinze ans. L’année suivante sa mère se remarie avec le chevalier Renaud de Sévigné, l’oncle du mari de la Marquise de Sévigné. Celle-ci devient l’amie intime de Marie-Madeleine. Elles ont huit ans de différence et resteront amies toute leur vie.

La future Mme de La Fayette est de petite noblesse mais son érudition, sa beauté et la richesse de sa famille, lui ouvrent vite les portes des salons parisiens.

En 1650, elle devient dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche. Elle se retrouve ainsi au cœur des intrigues de la Cour et commence à acquérir une éducation littéraire auprès du grammairien Ménage qui lui enseigne l’italien et le latin. Ce dernier l’introduit alors dans les salons littéraires en vogue de Catherine de Rambouillet, de la Marquise du Plessis-Bellière et de Madeleine de Scudéry.

En 1655, Madeleine épouse, à l’âge de 21 ans, un Auvergnat de dix-huit ans son aîné, François Motier, comte de La Fayette, dont elle aura deux fils. Ce veuf, frère de la célèbre Louise de La Fayette, favorite de Louis XIII, qui mène une existence retirée dans son château, lui apporte la fortune et un nom. Elle l’accompagne dans ses domaines familiaux en Auvergne et dans le Bourbonnais bien qu’elle retourne fréquemment à Paris où elle commence à s’introduire dans la haute société de la Cour et à ouvrir avec succès son propre salon dans son prestigieux hôtel de la rue Vaugirard.

Leur bonheur conjugal semble avoir sombré après quelques années de mariage, après la naissance de leurs fils, date à partir de laquelle François de La Fayette se fait tellement discret qu’il semble avoir littéralement disparu (ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’un document trouvé dans les archives de la Trémoille indique que ce mari silencieux avait vécu jusqu’au 26 juin 1683).
La Bruyère a résumé ainsi cette étrange situation
: « Nous trouvons à présent une femme qui a tellement éclipsé son mari, que nous ne savons pas s’il est mort ou en vie… »

On compte, parmi les connaissances de Marie-Madeleine de La Fayette, Henriette d’Angleterre, future duchesse d’Orléans, qui lui a demandé d’être sa biographe
; le Grand Arnauld et Huet dont le Traité de l’origine des romans sera publié en préface de son Zaïde. Au tout début de la Fronde, elle a également été proche du cardinal de Retz.

Établie de façon définitive à Paris en 1659, elle fait paraître anonymement
La Princesse de Montpensier en 1662. De 1655 à 1680, elle sera étroitement liée avec La Rochefoucauld (l’auteur des Maximes), dont elle dira: « M. de La Rochefoucauld m’a donné de l’esprit, mais j’ai réformé son cœur. »

Grâce à La Rochefoucauld, Mme de la Fayette qui aime les livres et qui a beaucoup lu rencontre Racine, le vieux Corneille, Boileau et beaucoup d’autres auteurs.

1669 voit la publication du premier tome de
Zaïde, un roman hispano-mauresque édité sous la signature de Segrais mais presque certainement dû à Madame de La Fayette. Le deuxième volume paraît en 1671. Zaïde fut l’objet de rééditions et de traductions, notamment grâce à la préface de Huet.

L’œuvre la plus célèbre de Marie-Madeleine de La Fayette est
La Princesse de Clèves, d’abord éditée par un de ses amis en mars 1678. Cette œuvre, dont le succès fut immense, passe souvent pour être un prototype du roman d’analyse psychologique.

Comme l’indique Henriette Levillain
: « Le livre déborde largement les frontières des salons mondains et devient un sujet de conversation général et un objet de débat sans fin, notamment en raison de la scène de l’aveu par Mme de Clèves à son mari de sa passion pour le duc de Nemours, écoutée par celui-ci en cachette. »

La mort de La Rochefoucauld en 1680 puis du comte de La Fayette en 1683 la conduit à mener une vie sociale moins active dans ses dernières années. Elle s’est clairement retirée de la vie mondaine, afin de se préparer à la mort. Elle meurt en 1693.

Trois de ses ouvrages ont été édités à titre posthume
: La Comtesse de Tende (1723), Histoire d’Henriette d’Angleterre (1720) et Mémoires de la Cour de France (1731).
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Éphéméride 17 mars 1680 décès de François de La Rochefoucauld

François VI, duc de la Rochefoucauld, né le 15 septembre 1613 à Paris et mort le 17 mars 1680, est un écrivain, moraliste et mémorialiste français, surtout connu pour ses Maximes.

Il porte pendant cette période le titre de prince de Marcillac et ses études sont un peu négligées puisqu’il rejoint l’armée à seize ans et presque immédiatement commence à se faire un nom dans la vie publique. Pendant quelques années Marcillac continue à participer aux campagnes annuelles, où il se montre du plus grand courage, mais sans obtenir crédit pour ses capacités militaires. Puis il passe dans l’entourage de Madame de Chevreuse, la première des trois femmes célèbres qui influencèrent successivement sa vie.

Par le truchement de Madame de Chevreuse il devient attaché à la reine Anne d’Autriche. Il participe à des cabales contre Richelieu, qui n’eurent aucun résultat sérieux
; il est mis pendant huit jours à la Bastille et doit se retirer sur le domaine de son père.

En 1642, après la mort de Richelieu, l’occasion semble être favorable pour les ambitions qui animent la plupart des membresde la haute noblesse de France. Marcillac devient l’un des personnages importants et prend une part active dans la réconciliation entre la reine et Condé dans une ligue contre Gaston, duc d’Orléans. Mais la cote montante de Mazarin vient lui faire obstacle et la liaison qu’il a vers 1645 avec la belle duchesse Anne de Longueville en fait irrévocablement un Frondeur. Il prend une place marquante dans le siège de Paris, se batdésespérément et il est sévèrement blessé au siège de Mardyck.
Dans la seconde Fronde, Marcillac suit les fortunes de Condé. À la mort de son père, en 1650, intervient un incident caractéristique. La noblesse de province se réunit aux funérailles et le nouveau duc de la Rochefoucauld tente de la persuader de le suivre dans une tentative en direction de la garnison de Saumur, sans succès. Puis c’est une série d’actions pendant la Fronde au cours desquelles il est brave et généralement malchanceux.

Sa courbe de malheurs atteint un sommet dans la bataille du faubourg St Antoine (1652) où il est blessé à la tête
: on pense qu’il y perdrait les yeux. Il a besoin d’une année pour recouvrer la santé et se retrouve dans la ville de Verteuil avec pour seuls résultats, après vingt ans de combat, une santé abîmée, une fortune écornée et des conflits avec tous ceux qui avaient du pouvoir dans l’État. Il reste quelques années en retrait et il a la chance d’éviter la prison. Il ne retourne à la Cour qu’après la mort de Mazarin.
Un peu avant, La Rochefoucauld fait partie du salon de Madeleine de Sablé, protectrice de La Fontaine, membre de la coterie de Rambouillet. Il s’était consacré dans la solitude à l’écriture de ses mémoires; la fréquentation des salons lui sert pour la composition de ses fameuses Maximes. En 1663, la publication de ses mémoires par les Elzevier cause du trouble dans le petit monde des salons. Beaucoup de ses amis sont profondément blessés et il se hâte d’en nier l’authenticité.

Trois ans plus tard, il publie anonymement les
Maximes, qui l’établissent d’un coup parmi les plus grands hommes de lettres. À peu près à la même époque commence son amitié avec Marie-Madeleine de la Fayette, qui durera jusqu’à la fin de sa vie. Les portraits que nous avons de lui proviennent surtout des lettres de Mme de Sévigné et, bien qu’elles évoquent ses maladies, sont généralement plaisantes. Il a un cercle d’amis dévoués dans les salons et à la cour, tels Simon Arnauld de Pomponne…; il est reconnu comme un moraliste et un écrivain de la plus haute valeur et il aurait pu entrer à l’Académie française s’il l’avait désiré. Il s’éteint après avoir reçu les derniers sacrements des mains de Bossuet.

Dénonciation inlassable de toutes les apparences de vertu, les Maximes annoncent la fin du héros cornélien et de son optimisme en l’Homme.
L’édition définitive des sept cents Maximes n’a eu lieu qu’en 1817.

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Éphéméride 16 mars 1868 naissance de Maxime Gorki

Maxime Gorki est né le 16 mars (cal. julien)/28 mars 1868 (cal. greg.) à Nijni Novgorod sur la Volga dans un milieu modeste. Il passe les toutes premières années de sa vie à Astrakhan où son père était agent maritime après avoir quitté son atelier d’artisan de Nijni Novgorod, mais l’enfant revient dans sa ville natale quand son père meurt alors que Maxime n’a que trois ans et que sa mère retourne chez ses parents qui tenaient un petit atelier de teinturerie.

Orphelin de mère un peu plus tard, à dix ans, il est élevé durement par un grand-père violent et une grand-mère excellente conteuse, douce et pieuse
: il apprend ainsi à survivre dans un contexte difficile mais pittoresque qu’il évoquera dans le premier volet de son autobiographie « Enfance ».

Forcé par son grand-père de quitter l’école à douze ans, il pratique plusieurs petits métiers comme cordonnier ou graveur dans la ville de Kazan. Très affecté par la mort de sa grand-mère, il tente de se suicider en décembre 1887 mais survit à la balle qu’il s’était tirée près du cœur, celle-ci cependant endommageant gravement son poumon
: il souffrit toute sa vie de faiblesse respiratoire.

Il entreprend ensuite une très longue errance à pied de plusieurs années dans le sud de l’empire russe et les régions du Caucase, lisant en autodidacte, effectuant différents métiers comme docker ou veilleur de nuit et accumulant des impressions qu’il utilisera plus tard dans ses œuvres
: il racontera cette période de formation dans « Mes universités ».

À 24 ans, il décida de rentrer dans le rang et devint journaliste pour plusieurs publications de province. Il écrivit sous le pseudonyme de 
Jehudiel Khlamida, nom évoquant par sa racine grecque le masque et les services secrets, puis il commence à utiliser aussi le pseudonyme de « Gorki » (qui signifie littéralement « amer ») en 1892 dans un journal de Tiflis: ce nom reflétait sa colère bouillonnante à propos de la vie en Russie et sa détermination à dire l’amère vérité.

Le premier ouvrage de Gorki « 
Esquisses et récits » parait en 1898 et connait un succès extraordinaire, en Russie et à l’étranger, ce qui lance sa carrière d’écrivain pittoresque et social. Il y décrit la vie des petites gens en marge de la société (les bossiaks, les va-nu-pieds), révélant leurs difficultés, les humiliations et les brutalités dont ils sont victimes mais aussi leur profonde humanité. Gorki acquit ainsi la réputation d’être une voix unique issue des couches populaires et l’avocat d’une transformation sociale, politique et culturelle de la Russie, ce qui lui vaut d’être apprécié à la fois de l’intelligentsia; il entretient des liens de sympathie avec Anton Tchekhov et Léon Tolstoï, et des travailleurs.

Dans le même temps, à partir de 1899, il s’affiche proche du mouvement social-démocrate marxiste naissant et s’oppose publiquement au régime tsariste, d’où de nombreuses arrestations
: il sympathise avec de nombreux révolutionnaires, devenant même l’ami personnel de Lénine après leur rencontre en 1902. Il gagne encore en célébrité quand il démontre la manipulation de la presse par le gouvernement lors de l’affaire Matvei Golovinski, prouvant l’implication de la police secrète, l’Okhrana, dans la rédaction et la publication des « Protocoles des sages de Sion », torchon antisémite.

Son élection en 1902 à l’Académie Impériale est annulée par le tsar Nicolas II, ce qui entraîne par solidarité la démission des académiciens Anton Tchekhov et Vladimir Korolenko.

Les années 1900-1905 montrent un optimisme grandissant dans les écrits de Gorki
; ses œuvres les plus déterminantes dans cette période sont une série de pièces de théâtre à thèmes politiques dont la plus célèbre est « Les Bas-fonds », représentée avec un grand succès après des difficultés avec la censure en 1902 à Moscou et montée ensuite dans toute l’Europe et aux États-Unis.

Maxime Gorki s’engage alors davantage dans l’opposition politique et il est même emprisonné brièvement pour cet engagement en 1901. Il est de nouveau incarcéré à la Forteresse Pierre et Paul de Saint-Pétersbourg durant la révolution avortée de 1905
: il y écrit sa pièce « Les Enfants du soleil », formellement située durant l’épidémie de choléra de 1862, mais clairement comprise comme représentant les évènements de l’actualité.

Devenu riche par ces activités de romancier, de dramaturge et d’éditeur, il apporte son aide financière au Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) en même temps qu’il soutient les appels des libéraux pour une réforme des droits civiques et sociaux. La brutale répression de la manifestation des travailleurs demandant une réforme sociale le 9 janvier 1905, événement connu sous le nom de « Dimanche sanglant » qui marqua le début de la Révolution de 1905, semble avoir joué un rôle décisif dans la radicalisation de Gorki.

Il devint alors très proche du courant bolchevique de Lénine sans qu’il soit assuré qu’il adhéra à ce mouvement
: ses relations avec les Bolcheviques et Lénine demeureront d’ailleurs difficiles et conflictuelles.

En 1906, les Bolcheviques l’envoyèrent aux États-Unis pour lever des fonds de soutien et c’est pendant ce voyage que Gorki commença son célèbre roman « 
La Mère » (qui paraîtra d’abord en anglais à Londres et finalement en russe en 1907) sur la conversion à l’action révolutionnaire d’une femme du peuple à la suite de l’emprisonnement de son fils.

Cette expérience de l’Amérique, où il rencontre Théodore Roosevelt et Mark Twain mais aussi les critiques de la presse qui se scandalisait de la présence à ses côtés de sa maîtresse Moura Budberg et non de sa femme Yekaterina Peshkova, l’amène à approfondir sa condamnation de l’esprit bourgeois et son admiration pour la vitalité du peuple américain.

De 1906 à 1913, Gorki vit à Capri à la fois pour des raisons de santé et pour échapper à la répression croissante en Russie. Il continue cependant à soutenir les progressistes russes, particulièrement les Bolcheviques, et à écrire des romans et des essais. Il bâtit aussi avec d’autres émigrés bolcheviques, comme Bogdanov ou Lounatcharski, un système philosophique controversé intitulé « Construction de Dieu » qui cherchait, en prenant appui sur le mythe de la révolution, à définir une spiritualité socialiste où l’humanité riche de ses passions et de ses certitudes morales accéderait à la délivrance du mal et de la souffrance, et même de la mort.

Bien que cette recherche philosophique ait été rejetée par Lénine, Gorki continue à croire que la culture, c’est-à-dire les préoccupations morales et spirituelles, était plus fondamentale pour la réussite de révolution que les solutions politiques ou économiques. C’est le thème du roman « 
La Confession », paru en 1908.

Profitant de l’amnistie décrétée pour le 300e anniversaire de la dynastie des Romanov, Gorki revient en Russie en 1913 et poursuit sa critique sociale en guidant de jeunes écrivains issus du peuple et en écrivant les premières parties de son autobiographie, « 
Ma vie d’enfant » (1914) et « En gagnant mon pain « (1915-1916).

Durant la Première Guerre mondiale, son appartement de Petrograd est transformé en salle de réunion bolchevique mais ses relations avec les communistes se dégradent. Il écrit ainsi deux semaines après la Révolution d’octobre
: « Lénine et Trotsky n’ont aucune idée de la liberté et des droits de l’homme. Ils sont déjà corrompus par le sale poison du pouvoir… « .

Son journal « Nouvelle vie » est censuré par les bolcheviques et Gorki écrit en 1918 une série de critiques du Bolchevisme au pouvoir intitulées « 
Pensées intimes » qui n’ont été publiées en Russie qu’après la chute de l’Union soviétique. Il y compare Lénine à la fois au tsar pour sa tyrannie inhumaine d’arrestations et de répression de la liberté de penser et à l’anarchiste Serge Netchaïev pour ses pratiques de comploteur. En 1919, une lettre de Lénine le menace clairement de mort s’il ne changeait pas ses prises de position.

En août 1921, il ne peut sauver son ami Nikolaï Goumiliov qui est fusillé par la Tcheka malgré son intervention auprès de Lénine.
En octobre de la même année 1921, Gorki quitte la Russie et séjourne dans différentes villes d’eau en Allemagne et ayant achevé le troisième volet de son autobiographie, « 
Mes universités » publié en 1923, retourne en Italie pour soigner sa tuberculose: installé à Sorrente en 1924, il reste en contact avec son pays et revient plusieurs fois en URSS après 1929, avant d’accepter la proposition d’un retour définitif que lui fit Staline en 1932: on discute les raisons de ce retour, expliqué par des difficultés financières pour les uns comme Soljenitsyne, ou par ses convictions politiques pour les autres.

Sa visite du camp de travail soviétique des Îles Solovetski, maquillé à cette occasion, le conduit à écrire un article positif sur le Goulag en 1929, ce qui déclenche des polémiques en Occident
: Gorki dira plus tard l’avoir écrit sous la contrainte des censeurs soviétiques.

Il est honoré par le régime qui exploite dans sa propagande son départ de l’Italie fasciste pour retrouver sa patrie soviétique
: il reçoit la médaille de l’Ordre de Lénine en 1933 et il est élu président de l’Union des écrivains soviétiques en 1934, ce qui lui vaut d’être installé à Moscou dans un hôtel particulier qui avait appartenu au richissime Nikolaï Riabouchinski et est devenu le Musée Gorki aujourd’hui, et on lui accorde également une datcha dans la campagne moscovite.

Une des artères principales de la capitale, rue Tverskaïa, reçoit son nom comme sa ville natale qui retrouve son nom primitif de Nijni Novgorod en 1991, à la chute de l’URSS.

Cette consécration soviétique est illustrée par de nombreuses photographies où il apparaît aux côtés de Staline et d’autres responsables de premier plan comme Kliment Vorochilov et Viatcheslav Molotov.

Par ailleurs, Gorki participe activement à la propagande stalinienne comme dans l’éloge du
« Canal de la mer Blanche » à propos duquel, évoquant les bagnards du goulag chargés des travaux, il parle de « réhabilitation réussie des anciens ennemis du prolétariat ».

Cependant, Gorki semble avoir été partagé entre sa fidélité au bolchevisme et ses idées sur la liberté indispensable aux artistes. Il était d’ailleurs suspect aux yeux du régime et après l’assassinat de Sergueï Kirov en décembre 1934, le célèbre écrivain est assigné à résidence à son domicile.

La mort soudaine de son fils Maxim Pechkov en mai 1935 et la mort rapide, attribuée à une pneumonie, de Maxime Gorki lui-même le 18 juin 1936 ont fait naître le soupçon d’empoisonnement mais rien n’a jamais pu être prouvé.

Staline et Molotov furent deux des porteurs du cercueil de Gorki lors de ses funérailles qui furent mises en scène comme un événement national et international le 20 juin 1936 sur la Place Rouge à Moscou. André Gide qui commençait son célèbre
Voyage en URSS y prononça un discours d’hommage.
Maxime Gorki est inhumé dans le cimetière du Kremlin derrière le mausolée de Lénine.
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Éphéméride 15 mars 1945 décès de Pierre Drieu La Rochelle

Pierre Drieu La Rochelle naît le 3 janvier 1893.

À quatorze ans, il découvre le « Ainsi parlait Zarathoustra » de son futur maître à penser Friedrich Nietzsche. Après un séjour en Allemagne et en Angleterre, il se définit comme « germanophile et anglomane ».

En 14-18, il sert dans l’infanterie et sera blessé trois fois.

Au lendemain de la guerre, il se lie d’amitié avec Aldous Huxley et découvre Shakespeare, Gœthe, Schopenhauer, Dostoïevski, Proudhon, Sorel, Barrès, Kipling, Péguy, Guénon et Maurras. Ses premiers poèmes sont publiés en 1917 avec
Interrogation.

Entre 1920 et 1924, il est tenté par le dadaïsme, se rapproche des surréalistes André Breton et Paul Eluard, et devient l’ami de Louis Aragon. Mais en 1925, il signe un article historique dans la N.R.F.
: « la véritable erreur des surréalistes », qui le sépare pour toujours de l’avant-garde.

1927 est l’année de l’amitié majeure de Drieu avec André Malraux qui sera fidèle à sa mémoire jusqu’au bout.

Il écrit des articles pour Bertrand de Jouvenel à
La Lutte des Jeunes en 1934 et fait la connaissance du militant Pierre Inférieure. Il écrit sa profession de Foi dans Socialisme fasciste: « Cette envie de faire une politique de gauche avec des hommes de droite. »
La même année, il rencontre Ernst von Salomon à Berlin.

En 1936, il adhère au Parti Populaire Français dirigé par Jacques Doriot, ancien communiste, et ne manque pas les rendez-vous de Saint-Denis. Il écrit régulièrement dans
L’Émancipation Nationale, organe de presse du parti. En 1939, il envoie sa lettre de démission au P.P.F.

Après la défaite de 1940, il prend en main la direction de la N.R.F. Il donne aussi des articles à
La Gerbe d’Alphonse de Châteaubriant.

En 1943, il collabore à l’hebdomadaire
Révolution Nationale de Lucien Combelle. Écrivain et journaliste pro nazi, collaborationniste d’un antisémitisme violent  (Notes pour comprendre le siècle, 1941), il se réclame « socialiste européen » mais déchante très vite, en voyant l’imminente chute du IIIe Reich. La conception de l’Europe de Drieu reste idéalisée et utopique car influencée par les lectures d’auteurs romantiques allemands.

Traqué et vivant dans la clandestinité, il se suicide, à l’âge de 52 ans le 15 mars 1945 à Paris, après avoir achevé son
Récit secret où il déclare: « Je me suis conduit en pleine conscience, au milieu de ma vie, selon l’idée que je me fais des devoirs de l’intellectuel. »

Drieu excelle dans le journal intime ou le témoignage introspectif. Ses réflexions décadentistes et ses descriptions pessimistes du monde littéraire et politique font de lui un des meilleurs mémorialistes de son temps.
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Éphéméride 14 mars 1823 naissance de Théodore de Banville

Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du bonheur ».

Ami de Victor Hugo, de Charles Baudelaire et de Théophile Gautier, il est considéré dès son vivant comme l’un des plus éminents poètes de son époque. Il a notamment découvert le talent naissant d’Arthur Rimbaud.

Théodore de Banville a fait ses études au lycée Condorcet à partir de 1830. Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacra à la poésie, et fréquenta les milieux littéraires parmi les plus anticonformistes. Il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l’adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l’ennemi de la dérive larmoyante du romantisme.

Il collabora aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux « le Pouvoir » (1850), puis « le National » (1869) et devint une figure très importante du monde littéraire, devenant membre de la « Revue fantaisiste » (1861), où se retrouvent les poètes qui furent à l’origine du « Parnasse » et de tous les mouvements du siècle.

Il rencontre Marie-Élisabeth Rochegrosse en 1862 (ils se marieront treize ans plus tard), et organise la première représentation de Gringoire en 1866. Il publie « Les Exilés » en 1867, recueil qu’il dédie à sa femme et qu’il considéra comme le meilleur de son œuvre.

Il fut l’un des auteurs les plus influents du monde des lettres, auteur de théâtre, poète de la seconde génération romantique et critique littéraire, et fut admiré et souvent imité par toute une génération de jeunes poètes de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Sa revue collective, « le Parnasse contemporain », initia Arthur Rimbaud à la poésie de son temps. Le 24 mai 1870, celui-ci, alors âgé de 16 ans, envoya à Théodore de Banville un courrier auquel il joignit plusieurs poèmes (« Ophélie », « Sensation », « Soleil et chair »), afin d’obtenir son appui auprès de l’éditeur Alphonse Lemerre. Banville, bien qu’il répondît à Rimbaud, ne publia jamais ses poèmes.

En novembre 1871, Théodore de Banville logea chez lui Arthur Rimbaud, mais dès le mois de mai, ce dernier dans ses lettres dites « du voyant » exprime sa différence et, en août 1871, dans son poème parodique, « Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs », exprime une critique ouverte de la poétique de Banville.

En 1872, avec son « Petit Traité de poésie française », Banville rompt avec le courant symboliste. Il publie presque une œuvre par an tout au long des années 1880, et meurt à Paris le 13 mars 1891, peu après la publication de son seul roman, « Marcelle Rabe ».

Théodore de Banville a particulièrement travaillé, dans son œuvre, les questions de forme poétique, et a joué avec toutes les richesses de la poésie française. Il lui a été reproché d’avoir manqué de sensibilité et d’imagination, mais son influence salutaire, permit à de nombreux poètes de se dégager de la sensiblerie mièvre qui survivait au véritable romantisme.

Il s’est aussi occupé avec Asselineau de la 3e édition des « Fleurs du mal » de Baudelaire.
Il est enterré au cimetière du Montparnasse.


Léon Daudet: souvenirs de Banville

« Théodore de Banville et Mme de Banville étaient des familiers du salon de Victor Hugo. Impossible d'imaginer un vieux ménage plus uni par les douces flammes conjointes de l'esprit et du cœur. Quiconque a lu Banville connaît Banville. Ailée comme une improvisation de Mercutio, sa causerie, qu'éclairait l'étincelle d'une perpétuelle cigarette, allait de la gourmandise aux passions de l'amour, en passant par Balzac et le Théâtre-Français, ouvrait les portes de la mémoire sur les loges d'artistes célèbres, sur les mots des derniers boulevardiers, combinait les plus jolis dessins à la Fragonard, dans des nuances claires et vives qu'on n'oubliait plus. Le génie de Hugo était la fleur immense et parfumée où se grisait ce papillon diapré de Banville. Avec lui l'anecdote allait vite, déblayée par un rapide chevrotement qui signifiait l'accessoire et l'éliminait. Sur sa face glabre aux lèvres fines, l'ironie et la bonté alternaient. D'une exquise politesse, parlant à toutes les femmes comme à des reines, il écoutait les histoires des autres — chose infiniment rare chez un improvisateur de cette qualité — et il n'était jamais distrait. Sa femme était aussi spirituelle que lui, mais en retrait, avec un tact et un nuancé incomparables. Ils étaient de ceux, les chers anciens, qui font trouver la mort trop cruelle, dont la mémoire demeure liée pour nous aux accents déchirants et si nobles d'Alceste et que l'on voudrait, en grande pompe et grand honneur, aller rechercher sur les sombres bords. »

LÉON DAUDET, Souvenirs et polémiques, Éditions Robert Laffont, Paris, 1992.
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Éphéméride 13 mars 1888 naissance de Paul Morand

Paul Morand, né le 13 mars 1888 à Paris 8e et mort le 23 juillet 1976 à Paris, est un écrivain, diplomate et académicien français.


Paul Morand est né à Paris, rue Marbeuf, sur l’emplacement du célèbre Bal Mabille.

Fils du haut fonctionnaire et artiste Eugène Morand, il rate l’oral de philosophie de son baccalauréat, en 1905. Jean Giraudoux devient son précepteur et Paul se transforme tout d’un coup en élève assidu. Il intègre l’École libre des sciences politiques, puis termine premier au concours du Quai d’Orsay. Tout en débutant dans la
Carrière, il fréquente les milieux littéraires, fait la connaissance de Jean Cocteau et Marcel Proust, et s’essaie à la poésie en composant une Ode à Marcel Proust.

Sa carrière diplomatique est allée de pair avec une carrière littéraire très féconde
: son œuvre compte une centaine de romans, nouvelles, portraits de villes et chroniques.
Au cours des années 1920-1930, il écrit de nombreux livres, récits de voyage, romans brefs et nouvelles (
Ouvert la nuit, Lewis et Irène…), qui frappent par la sécheresse du style, le génie de la formule et la vivacité du récit, mais aussi par la fine description des pays traversés par l’auteur ou ses personnages.

Il fréquente les milieux politiques, diplomatiques, mondains, et se lie avec Proust, Cocteau, Misia Sert, avec lesquels il partage le goût des soupers fins et la passion de la littérature.

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, il collabore régulièrement à La N.R.F. et publie des nouvelles. Des postes à l’étranger, il rapporte de remarquables textes sur les villes.

Ayant réintégré les Affaires étrangères en 1938, Paul Morand se trouvait, au moment de la défaite de 1940, à Londres où il occupait les fonctions de responsable de la mission de guerre économique. Mis à la retraite d’office par le gouvernement de Vichy, il publiait en 1941 Chroniques de l’homme maigre, livre d’orientation maréchaliste. De cette période datent encore Propos des 52 semaines, L’Homme pressé, Excursions immobiles.

Avec le retour de Laval au gouvernement, il était nommé à la présidence de la commission de censure cinématographique, avant de terminer la guerre comme ambassadeur à Berne. Jean Jardin, éminence grise de Pierre Laval, avait favorisé son départ de Bucarest en 1944, lors de l’avancée des troupes russes, et l’avait fait nommer en Suisse, ce qui lui vaut d’être révoqué à la Libération par le général de Gaulle.

Son attitude durant l’Occupation lui vaudra longtemps une solide inimitié du général de Gaulle qui, après son retour au pouvoir en 1958, empêchera jusqu’en 1968 son entrée à l’Académie française.

Sur le choix de la Collaboration par Morand, le regard du général de Gaulle est ainsi rapporté par Alain Peyrefitte
: « […] Laval ne lui demandait même pas de rentrer […]. Il est parti par le même bateau que l’ambassade. On ne voulait pas de lui à Vichy et on lui a tenu rigueur de son abandon de poste. Il était victime des richesses de sa femme. Pour les récupérer, il s’est fait nommer ministre de Vichy à Bucarest. Puis, quand les troupes russes se sont approchées, il a chargé un train entier de tableaux et d’objets d’art et l’a envoyé en Suisse. Il s’est fait ensuite nommer à Berne, pour s’occuper du déchargement. » (Charles de Gaulle, 20 mai 1962, C’était de Gaulle, Fayard, tome I, 1994, p. 148.)


La publication de sa correspondance avec Chardonne remettra en lumière l’antisémitisme frénétique de Morand, qu’il partageait avec sa femme la princesse Hélène Soutzo, de dix ans son aînée — une « Minerve qui aurait avalé sa chouette », disait Cocteau.

« Les deux crocodiles n’ont rien renié de leur vichysme d’antan. Morand y peste contre « l’enjuivement » de l’Académie Goncourt, traite tel écrivain de « merde juive ». Sa phobie antisémite n’a d’égale que sa détestation des homosexuels, tombant au niveau de graffiti de vespasienne […] L’aigreur colérique s’accentue au fil des années soixante, mêlée à la nostalgie. » (François Dufay,
Le soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945. Chardonne, Morand et les hussards, Paris, Perrin, 2006, p. 140).
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Éphéméride 12 mars 1922 naissance de Jack Kerouac

Jack Kerouac, écrivain américain, est surtout connu pour Sur la route, (1957) qui décrit ses voyages dans l’Ouest américain. Il est connu comme le père de la Beat Generation, de jeunes intellectuels qui rejetaient les valeurs traditionnelles de la société.

Né le 12 mars, 1922, à Lowell, Massachusetts, Jean-Louis Lebris de Kerouac était le fils de Leo Kerouac, imprimeur d’origine québécoise originaire de Bretagne, et Gabrielle Levesque, apparentée au Premier ministre québécois René Lévesque. Kerouac aimait lire et voulait être un écrivain depuis sa plus tendre enfance. Il ne parlait pas anglais jusqu’à l’âge de cinq ans, en utilisant à la place une combinaison de français et de l’anglais (le joual) utilisé par un grand nombre de Canadiens français installés en Nouvelle-Angleterre. Gerard Kerouac, le frère aîné est mort à l’âge de neuf ans ; cette mort est comme « une plaie qui ne se refermera jamais » il avait aussi une sœur aînée.

À onze ans, Kerouac a commencé à écrire des romans et a confectionné des comptes de courses de chevaux, jeux de football, de base-ball et des jeux.

Il passe aussi des heures dans l’atelier d’imprimerie, apprenant à taper à la machine. Il acquiert ainsi une grande dextérité qui forme l’une des composantes principales de son œuvre et rend unique son écriture. En effet, Kerouac écrit rapidement, rédigeant souvent des chapitres entiers d’une seule traite et corrigeant peu ses brouillons. Le tapuscrit de
Sur la route, écrit sur un seul rouleau de papier, témoigne de cette dextérité.

Kerouac a reçu une bourse de football de l’Université de Columbia à New York. À dix-sept ans il est allé à Horace Mann High School à New York pour améliorer ses résultats scolaires et augmenter son poids. Il découvre le jazz, ce qui devient pour lui une véritable religion. Il découvre également la drogue et l’alcool…

En 1940, Kerouac est arrivé à Columbia, mais s’est cassé la jambe lors du deuxième match de la saison. Après sa blessure, il a commencé à poursuivre sa véritable passion de la littérature.

Kerouac a commencé à sécher les cours régulièrement, il a étudié le style de l’écrivain Thomas Wolfe (1900-1938) et a traîné dans les rues de New York. En 1941, Kerouac a eu une dispute avec l’entraîneur de football britannique et a quitté l’école.

Kerouac a brièvement travaillé dans une station-service et en tant que journaliste sportif pour un journal à Lowell. Il a ensuite signé pour travailler à bord du SS Dorchester en partance pour le Groenland.
Après ce voyage Kerouac retourne à Columbia pour un court séjour.

En 1943, il s’enrôle dans la Marine, mais il a été libéré au bout de six mois. Kerouac a passé les années de guerre à travailler comme marin marchand. Il simule la folie afin d’échapper à cette obligation militaire et il passe ainsi quelques semaines en hôpital psychiatrique. Il est donc renvoyé de la marine pour cause d'« indifférence caractérisée ».

De retour à la vie civile, il dépense sa solde entière dans les bars et refuse de jouer dans l’équipe de l’université Columbia. Dès lors, tout espoir de vivre du sport s’évanouit et Kerouac entame sa descente dans le milieu interlope new-yorkais. Il consomme des drogues (la marijuana et la benzédrine) et fréquente des prostitués. Il participe aussi à des orgies homosexuelles.

Il découvre des intellectuels tels que les écrivains William Burroughs (1914-1997) et Allen Ginsburg (1926-1997).

En août 1944, Jack Kerouac aide Lucien Carr à dissimuler le corps d’un professeur de gymnastique, que ce dernier a tué à coups de couteau. Kerouac est inculpé de complicité et est placé en détention. Les parents d’Edie Parker paient sa caution à la seule condition que Jack épouse leur fille. Kerouac se marie donc à Edie Parker le 22 août 1944, sans avoir eu le choix, et le mariage n’a duré que deux mois.

À 24 ans, Kerouac renoue avec une vie dissolue, fréquentant chaque nuit les bars de la ville, en compagnie de ses deux amis, Ginsberg et Burroughs qui sont homosexuels. Ils fréquentent aussi la pègre. L’état physique de Kerouac se dégrade à vue d’œil et, dès lors, il est incapable de faire du sport.

Il a écrit deux romans pendant ce temps,
La mer est à mon frère et Les hippopotames ont été bouillis dans leurs réservoirs, avec Burroughs.
Avec Haldon Chase, il stimule sa créativité en se concentrant sur les personnages, au point de les faire vivre en imagination, puis d’écrire dans la foulée (c’est la méthode de la « Prose Spontanée »).

En 1947, Neal Cassady, un voleur de voiture et homme à femmes qui a été considéré par le groupe comme un génie, s’est rendu à New York et a demandé Kerouac lui donner des leçons d’écriture. Lorsque Cassady est retourné à Denver, au Colorado, Kerouac a suivi. Après quelques semaines à Denver, Kerouac a erré en Californie, début d’une période de quatre ans de voyage dans l’Ouest. Quand il n’est pas sur la route, il était à New York à travailler sur son roman
La Ville et de la Ville, qui a été publié en 1950.

Maintenant marié à Joan Haverty, Kerouac a commencé à expérimenter un style d’écriture plus naturelle. Il voulait écrire la façon dont il a vécu : une fois et sans montage.

En avril 1951 Kerouac enfilé un énorme rouleau de papier dans sa machine à écrire et a écrit l’immense paragraphe qui est devenu
On The Road. Le défilement de plus de 35 mètres a été écrit en trois semaines, mais n’a pas été publié pendant sept ans.

Sal et Neal, les personnages principaux, se moquent de valeurs établies et vivent selon un code romantique né hors de l’Occident. Ils sont décrits comme « l’exécution d’une fonction de notre noble époque, se
déplacer. » Et pour Kerouac, avec le mouvement vient la sagesse et le sens.

Dans le temps entre l’écriture
sur la route et sa publication, Kerouac a fait beaucoup de voyages, a naufragé son second mariage, a fait une dépression, s’est créé une dépendance aux drogues et à l’alcool, et a rédigé ses écrits les plus ambitieux. Il écrit pendant des semaines, nuits comprises, sous la dépendance d’amphétamines.

Ses autres œuvres comprennent
Visions of Cody (1952), le Dr Sax (1952), Maggie Cassidy (1953) (un conte romantique de ses jours chez les adolescentes), Mexique City Blues et Tristessa (les deux 1955) et Visions de Gérard, L’Écriture de l’éternité d’or, et Midnight Angel Vieux (tous en 1956).

Quand On The Road a été publié en 1957, Kerouac est devenu rapidement célèbre et porte-parole de la Beat Generation.

Kerouac apparaît souvent ivre ; il boit un litre de whisky par jour, ce qui déclenche des crises de
delirium tremens que n’arrangent pas les virulentes critiques dont il est la cible. Des écrivains portent de sévères critiques à l’encontre du style peu académique de Kerouac. Le premier, Truman Capote, déclare que ses textes étaient « tapés et non écrits ».

En 1958, il a écrit
Les Clochards célestes (The Dharma Bums), une suite de On The Road. Il a ensuite cessé d’écrire pendant quatre ans.

En 1960, il était alcoolique et a souffert d’une dépression nerveuse.

Kerouac est mort d’hémorragie massive de l’estomac, la mort des alcooliques, à 47 ans, le 21 octobre 1969, avec un tampon sur les genoux et un stylo dans la main. Il était dans une situation financière déplorable : à sa mort il léguera 91 dollars à ses héritiers. Il a été enterré avec le reste de sa famille près de Lowell.
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Éphéméride 11 mars 1851 création de «Rigoletto»

Rigoletto est un opéra italien en trois actes et quatre tableaux de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave, d’après la pièce de Victor Hugo Le roi s’amuse, créé le 11 mars 1851 au théâtre de la Fenice à Venise. Il s’agit du 17e opéra du compositeur, formant avec Le Trouvère (1853) et La Traviata (1853), la « trilogie populaire » de Verdi.

À Mantoue et dans ses environs, au XVIe siècle. Rigoletto, bouffon du Duc de Mantoue, séducteur dépravé, protège secrètement sa fille Gilda à l’abri des regards et des dangers. Aussi la malédiction du Comte Monterone à son égard terrifie-t-elle Rigoletto, dont le costume de bouffon de cour cache un père aimant et protecteur.
Séduite par le Duc de Mantoue, puis enlevée par les courtisans qui la mènent jusqu’à la chambre de leur maître, Gilda s’enflamme pour son amant volage, son premier amour. Rigoletto s’estime déshonoré et entreprend de se venger du Duc, qui court se gaver d’autres femmes sitôt Gilda séduite : le bouffon engage le spadassin Sparafucile pour qu’il tue le Duc en pleine nuit.
Mais Gilda, éprise jusqu’au bout de l’homme qui l’a conquise, se glisse secrètement à sa place au moment où l’assassin doit frapper, et tombe sous ses coups : c’est le corps de sa fille que Rigoletto récupère, effondré : c’est là l’ultime volet de la malédiction de Monterone.


Centré sur le personnage dramatique et original d’un bouffon de cour, Rigoletto fit initialement l’objet de la censure de l’empire austro-hongrois. Le roi s’amuse avait subi le même sort en 1832, interdit par la censure et repris seulement cinquante ans après la première.

Ce qui, dans le drame d’Hugo, ne plaisait ni au public ni à la critique, était la description de la vie dissolue à la cour du roi de France François I
er. Dans l’opéra, le livret transfère l’action, par compromis, à la cour de Mantoue qui n’existe plus à l’époque, remplace le roi de France par le duc, et le nom de Triboulet par celui de Rigoletto.

Intense drame de passion, de trahison, d’amour filial et de vengeance,
Rigoletto offre non seulement une combinaison parfaite de richesse mélodique et de pouvoir dramatique, mais il met en évidence les tensions sociales et la condition féminine subalterne dans laquelle le public du XIXe siècle pouvait facilement se reconnaître.

« La donna è mobile », déclare le Duc de Mantoue dans cet air fameux de Rigoletto. Il a beau chanter l’inconstance de la femme, c’est avant tout la frivolité et le cynisme du Duc que pointe l’opéra de Verdi. Rigoletto dépeint une aristocratie déliquescente et des personnages emportés par l’engrenage implacable du malheur.
De sa composition de
Rigoletto réalisée en quarante jours, Giuseppe Verdi dira, à la fin de sa vie, qu’elle fut sa meilleure.

Depuis sa création en 1851 à La Fenice de Venise, l’opéra demeure un des plus populaires du maître italien du bel canto. Verdi s’éloigne pourtant avec
Rigoletto des canons du bel canto et s’il sollicite encore la virtuosité pure, c’est pour la lier à la trame dramatique, à la caractérisation des personnages : le pathétique bouffon Rigoletto, la fragile et pure Gilda, l’inconséquent et amoral Duc de Mantoue.
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Éphéméride 10 mars 1940 décès de Mikhaïl Boulgakov

Né à Kiev le 3 mai 1891, mort à Moscou le 10 mars 1940, Mikhaïl Afanassiévitch Boulgakov est un écrivain et médecin russe d’origine ukrainienne, issu d’une famille d’intellectuels de Kiev.

Mikhaïl Boulgakov travaille d’abord comme médecin durant la période troublée de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile russe. Puis, à partir de 1920, il abandonne cette profession pour se consacrer au journalisme et à la littérature, où il est confronté, tout au long de sa carrière, aux difficultés de la censure soviétique et à la grande misère matérielle. Il collabore à différentes revues et prend une part active dans la vie culturelle tout en effectuant différents petits travaux alimentaires. Faux journal intime, les Écrits sur des manchettes témoignent de l’atmosphère intense de l’époque.

Mort à seulement 48 ans, il a écrit pour le théâtre et l’opéra, mais il est surtout connu pour des œuvres de fiction comme les romans
La Garde blanche qui décrit le destin tragique d’individus pris dans le tourbillon de l’Histoire, paru en 1925, et Le Roman de monsieur de Molière, achevé en 1933 (publié en URSS, de manière expurgée, en 1962 et de manière intégrale en 1989), ou la nouvelle Cœur de chien, achevée en 1925 mais qui fut aussitôt interdit, publié en URSS en 1987.

Dès lors, constamment surveillé par la police politique, Boulgakov ne sera plus publié. La lettre qu’il écrit à Staline au début des années trente pour pouvoir quitter l’URSS, témoigne du profond désespoir auquel il est réduit. À défaut de visa, il sera autorisé à travailler comme assistant au Théâtre d’Art de Moscou sur intervention personnelle de Staline, au bon vouloir duquel il sera désormais lié. Malgré cette redoutable « protection », il sera l’objet de persécutions jusqu’à sa mort, le 10 mars 1940.

Son œuvre la plus connue est
Le Maître et Marguerite, roman plusieurs fois réécrit et retravaillé entre 1928 et 1940, publié en URSS dans son intégralité en 1973, dans lequel il mêle habilement le fantastique et le réel, de telle sorte que le fantastique passe pour réel, et le réel pour fantastique, ainsi que les époques et les lieux, Jérusalem au Ier siècle, sous Ponce Pilate, et Moscou, dans les années 1930, sous la dictature soviétique.

Fortement auto-biographique, toute son œuvre (aujourd’hui entièrement traduite en français) est traversée par le thème des rapports entre l’artiste et le pouvoir.
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Éphéméride 9 mars 1892 naissance de Vita Sackville-West

Victoria Mary Sackville-West, Lady Nicolson, plus connue sous le nom de Vita Sackville-West, est une poétesse, romancière, essayiste, biographe, traductrice et jardinière anglaise, née le 9 mars 1892 et morte le 2 juin 1962.
Son long poème narratif,
The Land, reçut le Hawthornden Prize en 1927. Elle l’obtint une seconde fois, devenant le premier écrivain dans ce cas, en 1933 avec ses Collected Poems.

Elle est connue pour avoir participé à la création de ses jardins à Sissinghurst Castle, dans le Kent, pour sa vie aristocratique exubérante, son mariage solide avec Harold Nicolson, et ses amours passionnées avec des femmes comme Violet Trefusis et la romancière Virginia Woolf.

Victoria Mary Sackville-West est née à Knole dans le Kent, demeure ancestrale de sa famille. Sa famille était à la fois aristocratique, (elle portait le titre de comte de Dorset), et littéraire. Deux de ses ancêtres, Thomas Sackville (1536-1608) et Charles Sackville (1638-1706) étaient des poètes distingués. Vita a fait ses études à la maison.
Vita étant une femme, la loi anglaise l’empêchait d’hériter un jour de cet immense château élizabéthain et de ses domaines, ce qui affecta le reste de sa vie.

Elle est devenue un écrivain prolifique, et son travail publié s’étend sur un certain nombre de genres différents.

« La Terre », son long poème narratif, a remporté le prix Hawthornden en 1927.

Elle a épousé l’écrivain et diplomate Harold Nicolson le 1er Octobre 1913. Ils ont eu deux fils, Ben, né le 6 Août 1914, et Nigel, né le 19 Janvier 1917. En 1930, Vita et Harold ont acheté Sissinghurst Castle dans le Kent, où ils ont créé leur célèbre jardin.

Vita a également eu une liaison amoureuse avec Violet Trefusis. L’écrivaine
Virginia Woolf était une amie proche de Vita et Virginia a utilisé Vita comme inspiration pour le personnage éponyme de son roman de 1928 « Orlando », décrit par le fils de Vita, Nigel Nicolson, comme « la plus longue et la plus charmante lettre d’amour de la littérature ».

Les propres romans de Vita comprennent « Les Edwardians » (1930) et « All Passion Spent » (1931). « 
Toute passion abolie » a été dramatisée à la télévision par la BBC en 1986.

Le dernier roman de Vita, « 
No Signposts in the Sea », a été publié en 1961 et prend la forme d’un journal écrit par Edmund Carr, un journaliste de Fleet Street en prenant une croisière en mer.

Vita Sackville-West est morte à Sissinghurst le
2 Juin 1962. Ses jardins sont les plus visités d’Angleterre.
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Éphéméride 8 mars 1913 naissance de Mouloud Ferraoun

Mouloud Feraoun est un écrivain kabyle d’expression française né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel en haute Kabylieet assassiné à Alger le 15 mars 1962.

Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel (ancienne commune mixte de Fort-National), son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l’état-civil français. Il fréquente l’école de Tizi-Hibel à partir de l’âge de 7 ans.

En 1928, il est boursier à l’Ecole Primaire Supérieure de Tizi-Ouzou. Il entre à l’Ecole Normale de Bouzaréa en 1932 où il fait la connaissance d’Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa. En 1952, il est nommé directeur du Cours Complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l’Ecole Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d’Alger.

En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine
La Terre et le sang récompensé en 1953 par le prix populiste.

En 1960, il est Inspecteur des Centres Sociaux à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, c’est là qu’il est assassiné par l’OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu.

Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique
Le fils du pauvre en 1939; il n’est publié qu’en 1950 à compte d’auteur. Ce n’est qu’en 1954 que Le Seuil le publie expurgé des 70 pages relatives à l’Ecole Normale de Bouzaréa.

Les éditions du Seuil publient, en 1957,
Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu’après sa mort.

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Éphéméride 7 mars 1936 naissance de Georges Perec

Georges Perec est un écrivain français né le 7 mars 1936 à Paris et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne).

Il naît à Paris, le 7 mars 1936, de parents juifs polonais émigrés une dizaine d’années auparavant. Il passe sa petite enfance au 24 rue Vilin, dans le quartier de Belleville, où sa mère tient un salon de coiffure jusqu’en 1942. Engagé volontaire contre l’Allemagne dans la guerre franco-allemande de 1939, Icek Peretz, son père, est tué en juin 1940.

En 1941, la mère du petit Georges, pour lui sauver la vie, l’envoie en zone libre à Villard-de-Lans via un train de la Croix-Rouge. Il y est baptisé et son nom, francisé, devient Perec. Le petit Georges passe là le reste de la guerre. Sa mère est déportée en 1943 à Auschwitz.

Adopté par son oncle et sa tante, il fait ses études à Paris, au lycée Claude Bernard et au lycée Henri IV. Étudiant en lettres et en sociologie, il fréquente la faculté de lettres de Paris et celle de Tunis. Perec est très tôt animé par le désir d’écrire.
Sans famille, sans collectivité où s’insérer, Perec fait de la littérature « son » monde, le lieu où il trouve et recrée un foyer. Il dit de ses parents
: « J’écris parce qu’ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l’écriture, l’écriture est le souvenir de leur mort et l’affirmation de ma vie. » Profondément marqué par la disparition de ses proches, Perec entame une psychothérapie avec Françoise Dolto en 1949.

Dès 1955, il rédige des notes pour les
Nouvelles de la NRF et pour les Lettres nouvelles.

De 1961 à 1978, il occupe un poste de documentaliste en neurophysiologie au CNRS, puis commence à écrire. Georges Pérec est passionné par les questions de technique littéraire. Le succès arrive très vite à son premier ouvrage,
Les Choses. Il obtient le prix Renaudot en 1965.

En juin 1967 il est coopté pour entrer à l’Oulipo. Cette cooptation marque un point important dans son œuvre littéraire puisque désormais ses textes suivront en général des contraintes de type oulipienne. Perec est, avec Raymond Queneau et Italo Calvino, l’un des membres de l’Ouvroir dont les ouvrages ont eu le plus de succès.

Adepte de la contrainte, mais également homme rationnel, il écrit en 1969,
La Disparition, un livre sans la voyelle « e », puis en 1972, Les Revenentes, où la seule voyelle est le « e ». De 1971 à 1975 il fait une psychanalyse avec Jean-Bertrand Pontalis.

Il publie
W ou le Souvenir d’enfance, mais son œuvre la plus vaste, qui résume toutes ses exploitations littéraires est La Vie mode d’emploi, pour laquelle il reçoit le prix Médicis en 1978. C’est le fruit de huit années de travail. Cet ouvrage est dédié à Raymond Queneau.

En 1976, l’hebdomadaire
Le Point lui confie une chronique de mots croisés. Mais cette vie, consacrée tout entière à l’écriture, s’achève brutalement, le 3 mars 1982 à l’hôpital Charles-Foix à Ivry où il succombe à un cancer. Ses cendres reposent désormais au columbarium du cimetière du Père-Lachaise à Paris
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Éphéméride 6 mars 1619 naissance de Cyrano de Bergerac

Savinien Cyrano de Bergerac naît le 6 mars 1619 à Paris, dans le 2e arrondissement, dans la paroisse Saint-Sauveur, où il est baptisé.

À partir de 1622, il vit avec sa famille dans les fiefs de Mauvières et Sousforest (nommé « Bergerac » à cause de ses anciens propriétaires) que son grand-père avait acquis en 1582 à Saint-Forget, près de Chevreuse, dans le sud-ouest de l’Île-de-France.

Il étudie au collège de Beauvais de Paris, dont le principal lui inspire le personnage principal du
Pédant joué. Il n’est donc pas du tout Gascon, mais il s’engage en 1638 dans la compagnie Royal Gascogne du baron Alexandre Carbon de Casteljaloux du régiment des gardes du roi, qui en comptait un grand nombre.

Engagé dans les combats qui opposent Français et Espagnols dans la guerre de Trente Ans, Cyrano est blessé en 1639 au siège de Mouzon d'« un coup de mousquet à travers le corps », puis, peut-être passé dans les troupes de Conti, en 1640 à celui d’Arras d'« un coup d’épée dans la gorge », qui met fin à sa carrière militaire.

Parmi les compagnons de bataille de Cyrano, Christophe de Champagne, baron de Neuvillette (mort dans une embuscade, au retour du siège d’Arras, en août 1640), qui a épousé le 20 février 1635 Madeleine Robineau (1610-1657), cousine de l’écrivain.

De retour dans la vie civile, il reprend ses études au collège de Lisieux en 1641. À la même époque, libre-penseur, il devient intime avec Chapelle et s’introduit auprès du précepteur de ce dernier, Pierre Gassendi, dont il devient le disciple.

Il s’engage dans la carrière littéraire. Son
Pédant joué est peut-être représenté en 1646, sa Mort d’Agrippine avec certitude en 1653 — elle fait d’ailleurs scandale. Il n’a pas rencontré Molière, mais ce dernier lui a emprunté de nombreux passages, en particulier une scène de son Pédant Joué. Les œuvres les plus éminentes de Cyrano sont des romans de science-fiction, L’Autre Monde: l’Histoire comique des Estats et empires de la Lune (1657) et L’Histoire comique des Estats et empires du Soleil.

Cette œuvre,
L’autre monde, révèle sa connaissance expérimentale de l’alchimie. Le célèbre alchimiste Fulcanelli le qualifie et l’honore en ces termes: « Le plus grand philosophe hermétique des temps modernes. »

Cyrano, décrit par maints auteurs comme homosexuel, devient probablement, vers 1640, l’amant de l’écrivain et musicien D’Assoucy, avant de rompre brutalement en 1650. Lorsque leur relation se transforme en amère rivalité, Cyrano adresse des menaces de mort à D’Assoucy, qui l’obligent à quitter Paris. La querelle prend alors la forme d’une série de textes satiriques: Cyrano écrit Contre Soucidas (anagramme du nom de son ennemi) et Contre un ingrat, tandis que D’Assoucy contre-attaque avec la Bataille de Cyrano de Bergerac avec le singe de Brioché sur le Pont-Neuf.

En 1653, à bout de ressources, il accepte la protection du duc d’Arpajon, qui l’aide à publier l’année suivante chez Charles de Sercy ses
Œuvres diverses et La Mort d’Agrippine.

Cyrano est blessé en 1654 par la chute d’une poutre en bois alors qu’il entrait dans la maison de son protecteur, le duc d’Arpajon. On ignore s’il s’agit d’une tentative délibérée contre sa vie ou simplement d’un accident.

Le 23 juillet 1655, il se fait transporter à Sannois, dans la maison de son cousin Pierre de Cyrano, trésorier général des offrandes du Roi, où il meurt chrétiennement, selon le certificat de décès délivré par le curé de la paroisse, le 28 juillet, à l’âge de 36 ans. Il est inhumé dans l’église de Sannois.
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Éphéméride 5 mars 1944 décès de Max Jacob

Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper, mort le 5 mars 1944, alors qu’il était emprisonné au camp de Drancy (Seine-Saint-Denis).


Fils d’un tailleur établi à Quimper, Max Jacob entreprend, après de brillantes études secondaires, des études à l’École coloniale à Paris. Il les abandonne au profit de la critique d’art, écrivant sous le pseudonyme de Léon David dans le Moniteur des Arts. La fréquentation des ateliers et des expositions lui permet de rencontrer Picasso en 1901. Le peintre catalan habitera chez Max Jacob à partir de 1902, avant que ce dernier aille rejoindre en 1907 la rue Ravignan à Montmartre, peu après l’installation du peintre au Bateau-Lavoir.

Max Jacob est alors le témoin privilégié de la naissance du cubisme, assistant en particulier à la genèse des
Demoiselles d’Avignon. Il se lie alors avec Juan Gris, Apollinaire, Braque ou André Salmon. Après des contes pour enfants, Max Jacob entreprend de réinventer la poésie en prose: Saint-Matorel (1911) et le Siège de Jérusalem (1914), illustrés par Picasso et les Œuvres burlesques et mystiques du frère Matorel (1912) avec des dessins de Derain, tous trois édités par Kahnweiler, précèdent le célèbre Cornet à dés (1917) édité à compte d’auteur.

Jusqu’en 1921, Max Jacob fréquente la bohème montmartroise et se lie avec la plupart des écrivains et artistes du moment. L’amitié de Cocteau sera indéfectible
; Modigliani fera de lui des portraits émouvants.
Deux apparitions du Christ (la première sur le mur de sa chambre en 1909, le seconde en 1914) le convainquent d’abandonner la religion juive pour la foi catholique. Le baptême aura lieu l’année suivante sous le regard de son parrain Picasso. Sa vie sera désormais différente.

De 1921 à 1928, il s’installe dans l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, où il demeurera de nouveau à partir de 1935, et jusqu’à sa mort en 1944. Il écrit d’innombrables méditations religieuses et dessine des scènes inspirées par la Bible.

Parallèlement à son œuvre d’écrivain, essentiellement des poésies où il démontre son incomparable talent de jongleur de mots (
La Défense de Tartuffe, 1919, Cinematoma, 1920, Le Laboratoire central et le Roi de Béotie, 1921, L’Art poétique et Le Cabinet noir, 1922, Filibuth ou la montre en or et La Couronne de Vulcain, 1923, etc.). Max Jacob, qui s’était essayé à la peinture à son arrivée à Paris, va se consacrer de plus en plus à cet art.
À partir de 1919, il exposera régulièrement ses gouaches qui lui procureront les ressources que l’écriture ne lui apporte pas. Elles sont inspirées par des paysages de Bretagne, de Paris ou du Val de Loire, par les fresques romanes qu’il admire ou par les scènes de cirque qu’il affectionne particulièrement.

Durant la période du Bateau-Lavoir, il avait adopté une technique faite de formes géométriques, qui n’était pas sans relations avec le cubisme. Il la reprendra dans les dernières années. Son art se partage alors entre des gouaches à l’expression spontanée et d’autres copiées d’après des cartes postales, plus alimentaires et plus banales.

Durant toute sa vie, Max Jacob a par ailleurs été un « découvreur » de talents, encourageants peintres, écrivains et musiciens, écrivant des préfaces ou servant d’intermédiaire avec ses amis et relations. André Malraux, Paul Dubuffet, Roger Toulouse, Josep de Togorès, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Christopher Wood ou Giovanni Leonardi lui sont tous plus ou moins redevables.

De 1928 à 1935, de retour à Paris, Max Jacob s’abandonnera aux mondanités et au dandysme, entouré de toute une génération de jeunes poètes comme Marcel Béalu, Michel Manoll ou René-Guy Cadou, qui voient en lui, à travers
Le Cornet à dés, l’inventeur de la modernité. Sa correspondance est considérable.
Max Jacob va consacrer ses dernières années, particulièrement douloureuses, à prophétiser la catastrophe qui s’annonce. Bien qu’authentiquement chrétien, il est contraint de porter l’étoile jaune.

En 1942, sa sœur Julie-Delphine meurt, anéantie par la peur. L’année suivante, son frère Gaston, puis en janvier 1944, sa sœur chérie Myrté-Léa sont déportés à Auschwitz, dont ni l’un ni l’autre ne reviendront.

Max Jacob mène une vie quasi monastique à l’ombre de l’abbaye bénédictine de Saint Benoît sur Loire. C’est là qu’il est arrêté par la Gestapo d’Orléans le 24 février 1944, emprisonné à la prison d’Orléans, puis déporté quatre jours plus tard au camp de Drancy d’où partaient les convois vers l’Allemagne, où il meurt d’une pneumonie et d’épuisement deux semaines plus tard en dépit d’interventions tardives pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et Sacha Guitry.

Max Jacob comptait parmi ses nombreux amis Jean Moulin qui prend le pseudonyme de
Max dans ses activités de résistant. Son corps a été inhumé en 1949 à Saint-Benoît-sur-Loire. Sa tombe a été ornée d’un de ses portraits réalisé en 1935 par son ami René Iché.
Le 17 novembre 1960, il est déclaré officiellement « Poète mort pour la France ».
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Éphéméride 4 mars 1876 : naissance de Léon-Paul Fargue

Léon-Paul Fargue est né le 4 mars 1876 à Paris. Son père est ingénieur chimiste et dirige une fabrique de céramiste.

Il fait de bonnes études au collège Rollin, au lycée Janson-de-Sailly, puis brièvement au lycée Henri IV où il se lie avec Alfred Jarry. C’est sur les conseils de Bergson qu’il abandonne la préparation de l’École Normale Supérieure. Après avoir hésité entre la musique, la peinture et la littérature, il opte pour cette dernière.


Après quelques essais à Pont-Aven sur les traces de Gauguin, il choisit finalement d’écrire et publie en 1895 sa première œuvre
: Tancrède en revue puis le Mercure de France publie un ensemble de poèmes de ce qui allait devenir Pour la musique (qui ne sera publié qu’en 1914)

Il traîne dans la bohème de Montmartre sous l’ombre de Verlaine et du Cabaret du Chat Noir, puis il rencontre Mallarmé, Valéry, Gide ou Vuillard. Il participe à la création de revues
: La Croisade, avec Francis Jourdain et Maurice Tourneur, L’Art Littéraire, avec Alfred Jarry. Le Mercure de France puis la Plume publient bientôt ses poèmes.

En 1900, après trois ans de service militaire dans l’Est, Fargue retrouve Paris et épisodiquement la fabrique de son père dont il héritera à la mort de celui-ci en 1909.

Dès 1902, il est introduit dans la sphère musicale, aux côtés de Ricardo Viñes et Maurice Ravel. Parallèlement il se lie avec Charles-Louis Philippe et Marguerite Audoux.

Il participe aux débuts de La Nouvelle Revue Française.
En 1909, il rencontre Valery Larbaud et ce sera le début d’une amitié importante. Enfin en 1912 paraît
Poèmes son second livre, qui lui assurera la notoriété auprès de gens très divers, d’Apollinaire à Claudel, d’Alain-Fournier à Proust.

Mobilisé en 1914 à Laon, il sera rapidement réformé et retrouvera, autour de la libraire d’Adrienne Monnier, ses amis Jean Cocteau et Erik Satie, lequel composera peu après six mélodies sur les Ludions. Il est réputé en particulier pour sa conversation éblouissante. Il voyage, parfois avec Valery Larbaud, en Europe Centrale, en Allemagne, en Italie, en Angleterre.

Dans les années 20, Fargue fonde et dirige la prestigieuse revue Commerce avec Valery Larbaud et Paul Valéry, relayé par Jean Paulhan. Il se lie avec certains surréalistes notamment Philippe Soupault et Robert Desnos, côtoie Malraux, Saint- Exupéry, Joyce, ou Michaux. Il publie son œuvre poétique seconde manière, en prose, dans Commerce, qu’il rassemble dans Espaces et Sous la lampe en 1929.

Les années 30 sont marquées par une nouvelle activité, la chronique journalistique sur des sujets très divers. Elles seront réunies plus tard dans Déjeuners de soleil et Dîners de lune.

Il recevra pour D’après Paris le prix de la Renaissance en 1932, sera élu à l’Académie Mallarmé en 1937, et sera membre de l’Académie Ronsard. En 1939 il publie son livre le plus connu, qui lui servira aussi de surnom: Le piéton de Paris.

Peu avant la seconde guerre mondiale, Fargue rencontre sa future femme, le peintre Chériane, chez qui il s’installe boulevard Montparnasse.

En 1941 il publie Haute solitude parfois considéré comme son chef d’œuvre poétique. En 1943, au cours d’un repas avec Picasso, il est frappé d’hémiplégie et restera paralysé. Il n’en continue pas moins à écrire et reçoit en 1946 le grand Prix de la Ville de Paris.
Il meurt à 71 ans, le 24 novembre 1947, chez lui à Paris.
Il est inhumé au cimetière de Montparnasse.

Son œuvre comprend des poèmes en prose et en vers
: Tancrède, Poèmes, Pour la musique, Vulturne, Ludions, D’après Paris, Haute solitude
et des chroniques et des essais: Sous la lampe, Le piéton de Paris, Lanterne magique, Méandres, Pour la peinture.
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Éphéméride 3 mars 1996 décès de Marguerite Duras

Marguerite Duras, de son vrai nom Marguerite Donnadieu, est née le 4 avril 1914 à Gia Dinh, une ville de la banlieue Nord de Saïgon. À l’âge de 5 ans elle perd son père. Deux ans plus tard, en 1923, sa mère s’installe avec ses trois enfants à Vinh Long, une ville située dans le delta du Mékong.

Marguerite Donnadieu passe toute son enfance au Viet-Nam. En 1932, alors qu’elle vient d’obtenir son baccalauréat, elle quitte Saïgon et vient s’installer en France pour poursuivre ses études. Elle obtient une licence en droit en 1963.

Cette même année elle rencontre Robert Antelme qu’elle épouse en 1939.
En 1943 Marguerite et Robert Antelme s’installent au 5 rue St Benoît, à Paris, dans le quartier de St Germain des Près. Robert Antelme et Dionys Mascolo se lient d’une profonde amitié et avec Marguerite entrent dans la résistance.

En parallèle Marguerite Donnadieu publie un premier ouvrage sous le pseudonyme de Marguerite Duras :
Les Impudents (Éditions Plon). L’année suivante elle passe chez Gallimard et fournit son deuxième ouvrage, La Vie tranquille.

1944 est l’année qui marque l’arrestation de son mari Robert, déporté à Dachau. Marguerite s’inscrit alors au PCF, la Parti Communiste Français.

À la Libération Robert Antelme est libéré dans un état critique, il rejoint son épouse dans son domicile parisien. En 1947 Marguerite Duras divorce et se remarie avec Dionys Mascolo dont elle aura rapidement un enfant prénommé Jean.

En 1950 Marguerite Duras quitte le PCF, elle publie
Un Barrage contre le Pacifique, puis en 1952 Le Marin de Gibraltar, et en 1955 Le Square. En 1957 elle rencontre Gérard Jarlot, avec qui elle va collaborer pour de nombreuses adaptations théâtrales ou cinématographiques. En parallèle sa vie personnelle est bousculée par deux événements majeurs : elle se sépare de son second mari et sa mère décède.

Poursuivant son œuvre littéraire, Marguerite Duras publie en 1958 Moderato Cantabile alors que les salles de cinéma mettent pour la première fois à l’affiche une adaptation d’un de ses livres, Barrage contre le Pacifique, de René Clément. Elle achète une maison à Neauphle-le-Château. Lancée dans le cinéma, elle signe les dialogues d’Hiroshima mon amour, d’Alain Resnais.

De 1960 à 1967 elle est membre du jury Médicis. Politiquement marquée à gauche, elle milite activement contre la guerre d’Algérie, dont la signature du Manifeste des 121, une pétition sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie.

En 1963 elle commence l’écriture du Vice-Consul, puis en 1964 elle publie Le Ravissement de Lol V. Stein, un nouveau roman, et l’année suivante sa première œuvre théâtrale.
Elle crée la pièce
L’Amante anglaise, mise en scène par Claude Régy.

En 1969 elle passe à la réalisation cinématographique avec
Détruire, dit-elle. Puis en 1972 sa maison sert de décor à Nathalie Granger, puis elle écrit tour à tour India Song et La Femme du Gange, qu’elle tourne au cinéma.
En 1973 India Song est transformé en pièce de théâtre et parallèlement en film. En 1977 c’est Le Camion qui sort au cinéma.

À partir du début des années 80 suivront Savannah Bay, La Maladie de la mort et en 1984 L’Amant, un roman largement autobiographique reprenant la trame de son enfance.

En 1985 elle met en scène
La Musica deuxième au théâtre Renaud-Barrault, puis elle publie Yann Andréa Steiner (1992, éditions POL), Écrire (1993, Gallimard) et C’est tout (1995, éditions POL).

Marguerite Duras s’est éteinte le 3 mars 1996 à son domicile parisien de St Germain-des-Prés.
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Éphéméride 2 mars 1755 décès du duc de Saint-Simon

Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, né à Paris le 16 janvier 1675 et mort le 2 mars 1755, est un membre de la noblesse française, célèbre pour ses Mémoires qui racontent par le menu la vie à la Cour aux temps du roi Louis XIV et de la Régence.

Né à Paris en 1675, mort en 1755, écrivain et mémorialiste français, Saint-Simon est le fils unique du second mariage du duc Claude, écuyer de Louis XIII devenu duc et pair.
De son premier mariage avec Diane de Budos il n’aura qu’une fille. Voulant à tout prix que ce duché ne soit pas perdu, il va se remarier en 1672 à l’âge de soixante cinq ans. Trois ans plus tard naît Louis de Rouvroy futur duc de Saint-Simon.

Frêle et seul, Louis, vidame de Chartres, reçoit une formation intellectuelle et morale supérieure à celle que recevait habituellement un jeune seigneur. Particulièrement attiré par l’histoire, il n’aime pas trop le métier des armes. Mais ne devant pas déroger à la règle, il participe à diverses campagnes de Louis XIV de 1692 à 1701.
N’ayant pas été nommé brigadier dans l’ordre du tableau de janvier 1702 suite à une invention de Louvois qui fit passer le mérite avant l’ancienneté, et l’ancienneté avant la naissance, il décida de remettre au roi sa démission du service armé pour raisons de santé, et s’établit à la cour.


A la mort de son père en 1693, il sait qu’il faut consolider ses appuis à la cour. Il se marie donc en 1695 avec Marie-Gabrielle de Durfort de Lorge, fille aînée du maréchal-duc de Lorge, petite-nièce de Turenne et cousine du roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange-Nassau.
Le duc de Saint-Simon va toujours donner le change. Alors qu’on le croit désœuvré et inoffensif, il passe son temps à épier les faits et gestes de la cour.

La mort du Dauphin en 1711, celle du duc de Bourgogne en 1712 et celle de Louis XIV en 1715 vont profondément modifier l’existence de Saint-Simon. Lui qui a longtemps eu des rêves de pouvoir va enfin les réaliser ou presque.
C’est au duc d’Orléans qu’échoit la Régence. Bien que très différents, les hommes ont l’un vers l’autre une amitié très solide. Appartenant au Conseil de Régence, Saint-Simon est très déçu par la réalité du pouvoir. Son influence au Conseil diminue rapidement. Il obtient quand même une ambassade extraordinaire en Espagne, à la cour de Philippe V d’octobre 1721 à avril 1722.

En décembre 1723 la mort du Régent met fin à sa vie publique. Fleury et le duc de Bourbon lui font comprendre que sa présence à la cour n’était désormais plus indispensable.
Il se retire sur ses terres de La Ferté-Vidame pour poursuivre la rédaction de ses
Mémoires, au style pittoresque et imagé, d’une grande originalité.

Pendant les trente ans qui lui restent à vivre, plusieurs dizaines de milliers de pages sortiront de sa plume. Il fera revivre, sous le règne de Louis XV dont il boude la cour, les règnes de Louis XIII et de Louis XIV dans un langage dont l’intensité et la puissance évocatrice sont restées inégalées.


L’immense manuscrit que sera ses « Mémoires » prend forme, il fut interrompu à la mort de sa femme, en janvier 1743, puis repris six mois plus tard. Une autre interruption le voit rédiger ce chef-d’œuvre qu’est le Parallèle des trois premiers rois bourbons en 1746, et ce n’est qu’en 1749 qu’il achève le manuscrit de deux mille huit cent cinquante-quatre pages, reliées en onze portefeuilles à ses armes et destinées à une publication posthume.

Le duc de Saint Simon meurt à Paris le 2 mars 1755.

Les
Mémoires achevées en 1753, furent, après la mort de leur auteur, confisquées avec d’autres papiers sur l’ordre de Louis XV contresigné par Choiseul. Leur première édition, incomplète, date de 1829-1830, et leur première édition complète de 1879-1928.
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Éphéméride 1e mars 1875 décès de Tristan Corbière

Édouard-Joachim Corbière, dit Tristan Corbière, né le 18 juillet 1845 au manoir de Coat-Congar à Morlaix (Finistère) et mort le 1er mars 1875 à Morlaix, est un poète français.
Il est né de l’union d’Édouard Corbière et d’Angélique Aspasie Puyo que 33 ans séparent
: à sa naissance, son père est âgé de 52 ans, et sa mère de 19. son père, Édouard Corbière est un ancien écumeur des mers, inventeur du roman maritime
Après une enfance passée sans histoire dans le manoir du Launay, Tristan est envoyé à l’âge de 14 ans en pension au lycée impérial de Saint-Brieuc. Apparaissent ainsi les symptômes de l’affection qui devait l’emporter. Tristan se plaint d’engelures aux mains, souffre de rhumatisme articulaire. D’après le diagnostic du Dr Pierre Osenat, il s’agit du rhumatisme tuberculeux de Poncet. Son état de santé s’aggravant, il doit quitter Saint-Brieuc l’année suivante pour rejoindre son oncle médecin établi à Nantes. Il entre au lycée de Nantes en qualité d’externe. Deux ans plus tard, son état de santé l’oblige à cesser ses études. Commence alors une vie de marginal
; il voyage dans le sud de la France, où il lit les œuvres de Hugo, de Baudelaire, de Musset.
Il s’installe ensuite à Roscoff, en Bretagne, dans une maison que possèdent ses parents. Les habitants du village le surnomment l’« Ankou », c’est-à-dire le spectre de la mort, en raison de sa maigreur et de son allure disloquée. Il aime prendre la mer sur son bateau, « Le Négrier » (titre du plus célèbre roman de son père) et se livre à quelques excentricités. Il s’amuse un jour à se déguiser en forçat, en femme ou en mendiant, l’autre à se raser les sourcils ou bien encore, alors qu’il est en visite à Rome, à traîner un porc en laisse déguisé en évêque lors du carnaval auquel assiste le pape. C’est ainsi que s’écoulent ses jours, jusqu’à sa rencontre avec une petite actrice parisienne que Corbière se plaît à appeler Marcelle, de son vrai nom Armida Josefina Cuchiani
; elle devient Marcelle, la muse-égérie des Amours jaunes, la « cigale » du poème liminaire et du poème d’envoi, la « Passagère » de « Steam-Boat », voire le faux blason de l’édition originale.
Délaissant son prénom d’état-civil, Édouard-Joachim, pour prendre celui, plus évocateur, de Tristan (pour TRISTE EN CORPS BIÈRE), il fait paraître à compte d’auteur en 1873 son unique recueil de poèmes, « Les Amours jaunes », qui passe inaperçu chez les frères Glady. L’édition financée par le père Corbière se monte à 481 exemplaires sur papier hollande et 9 sur papier jonquille.

Bien que le poète ait d’abord présenté neuf de ses poèmes dans La Vie parisienne entre le 25 mai et le 18 octobre 1873, Les Amours jaunes passent presque inaperçues, même si des poèmes, tel « Le Douanier », courent déjà sous le manteau et font la joie de ses amis, frères de bordée. Trois articles de journaux de l’époque saluent pourtant le nouveau venu. Mais il faudra attendre l’enthousiasme de Paul Verlaine pour le premier des « poètes maudits » dans un chapitre de son essai « Les Poètes maudits » (1883). Le recueil se trouve également en bonne place dans la bibliothèque élitiste de Des Esseintes, le héros d’« À Rebours »: cette présence dans l’œuvre de Huysmans contribuera à faire connaître le poète au public.

Corbière meurt à Morlaix le 1er mars 1875. Il n’a pas trente ans et n’a connu qu’une vie de solitude, brève et misérable, constamment atteint dans sa chair par la maladie, malheureux en amour, englué dans une passion unique et sordide; sans doute, au figuré, la mer fut-elle sa véritable épouse. Le temps a rendu le poète à la lumière, et reconnu, bien tard, son talent.
Les « Amours jaunes » désignent les amours vénales.

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