Passion Lettres
May 2011

Faire catleya au XVIIIe siècle

Pour ceux qui souhaiteraient étudier de près certains fantasmes masculins qui font la Une des media ces jours-ci, le numéro 32 de la revue Etudes Françaises est intégralement en ligne ici :

Volume 32, numéro 2, automne 1996, p. 3-126
Faire catleya au XVIIIe siècle : lieux et objets du roman libertin
Sous la direction de Jean M. Goulemot et Benoît Melançon

http://www.erudit.org/revue/etudfr/1996/v32/n2/index.html
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Rétif, Le Pied de Fanchette

Le fantasme majeur de Rétif de La Bretonne redevient d'actualité : un article sur «Le Pied de Fanchette» ici
http://www.erudit.org/revue/etudfr/1996/v32/n2/036024ar.pdf

www.erudit.org

Paru en 1769, «Le pied de Fanchette» de Rétif de la Bretonne rappelle la place, au XVIIIe siècle, de la fascination pour le pied féminin.

http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=3280734

On peut ajouter à cette bibliographie un peu spéciale
Tanizaki, «Le Pied de Fumiko», et Mario Vargas Llosa.

«Maintenant, tu apparais, Lucrecia, nu-pieds ou chaussée, dans chaque chapitre, page, mot. »
Mario Vargas Llosa,
Les cahiers de don Rigoberto, Extrait p. 317.

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Archives de la vie littéraire sous l'Occupation

Archives de la vie littéraire sous l'occupation: À travers le désastre [Broché]
Robert O. Paxton (Sous la direction de), Olivier Corpet (Sous la direction de), Claire Paulhan (Sous la direction de)

Présentation de l'éditeur
Depuis la « montée des périls » jusqu'aux lendemains de la Libération, quelle a été la vie quotidienne des intellectuels français? De quels enjeux ont-ils été les otages ou les porte-parole? Quelles formes ont-ils données à leurs débats politiques et moraux, à leurs angoisses et à leurs espoirs? Les questions, les archives déposées à l'Institut Mémoires de l'Édition contemporaine (IMEC) - et les documents provenant de la New York Public Library (NYPL), du Mémorial de Caen, du Deutsches Literatur Archiv de Marbach, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) et de collections privées - répondent avec sensibilité et réalisme: plus de six cent cinquante pièces d'archives sont présentées ici, illustrant la difficile situation des représentants de l'« intelligence en guerre », tout au long de ces « années noires ». Qu'ils soient collaborateurs, attentistes, déportés, prisonniers, résistants de la première ou de la dernière heure, en exil ou dans la clandestinité, les intellectuels français se sont abondamment servis de la première de leurs armes: les mots. Pris dans l'engrenage du « désastre » dont parle Jacques Maritain, entraînés au « fond de l'abîme » qu'évoque Henri Bergson, écrivains et artistes, poètes et philosophes, directeurs de revues, journalistes, imprimeurs sont confrontés à une guerre totale, méthodiquement dirigée « contre l'Esprit ». Bien qu'occulté par les stratégies des hommes politiques et des militaires, leur rôle s'avère pourtant décisif: c'est que l'affrontement a lieu aussi au cœur même des pages des revues littéraires et poétiques et, en particulier autour de La Nouvelle Revue française - l'une des trois « puissances » françaises que les nazis veulent s'approprier: « Tu peux serrer dans ta main une abeille jusqu'à ce qu'elle étouffe, écrit Jean Paulhan en février 1944, pour symboliser la Résistance intellectuelle. Elle n'étouffera pas sans t'avoir piqué. C'est peu de choses, dis-tu. Oui, c'est peu de choses. Mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu'il n'y aurait plus d'abeilles. »

  • Broché: 446 pages
  • Éditeur: Tallandier (20 mai 2009)
  • Collection: ALB. ILLUSTR
  • Langue: Français
  • ISBN-10: 284734585X
  • ISBN-13: 978-2847345858
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Monzie les Veuves abusives

Anatole de Monzie, Les Veuves abusives

avec une préface d'Emmanuel Pierrat


Les grands hommes ont quelquefois de petites femmes. Thérèse Levasseur partagea trente-trois années durant la vie de Jean-Jacques Rousseau — quoiqu'elle n'ait jamais appris à lire —, et, à la mort de l'écrivain, courut se jeter dans les bras d'un valet d'écurie; Caroline Massin, entrée au lit du philosophe Auguste Comte en sa qualité de prostituée, se piqua de mathématiques pour y rester; Athénaïs Michelet, Cosima Wagner, Sophie Tolstoï… elles sont huit, mesquines entre toutes, à avoir été choisies par Anatole de Monzie, huit «femmes de» dont le mérite n'est jamais allé plus loin. Elles ont «assassiné leur mari après sa mort». Elles sont les Veuves abusives.
(extrait, Thérèse Levasseur, veuve de Jean-Jacques Rousseau) « Thérèse n’a pas tué Jean-Jacques, lequel succomba dans un accident d’artériosclérose, alors qu’il venait de ramasser à travers la campagne du mouron pour les petits oiseaux. Mais il arrive qu’on assassine les grands hommes après leur mort. On les assassine dans leur nom, leur renommée et le confiant espoir de leurs suprêmes tendresses. Il y a des trahisons instantanées qui affectent le caractère d’infamies rétroactives. La veuve qui n’attend pas d’avoir posé son voile pour courir au rendez-vous du mâle, découvre d’un geste la turpitude et la duperie des jours anciens. »

Ouvrage de 1936 réédité dans la collection des
Cahiers Rouges de Grasset

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Le roi Arthur

Une très belle synthèse sur la légende du roi Arthur a été mise en ligne sur le site d’André Larané, HERODOTE.

« On dit qu'un abbé du XIIIe siècle réveilla ses moines endormis pendant son prêche avec ces quelques mots : «Il y eut jadis un roi nommé Arthur...».
Huit siècles plus tard, le nom d'Arthur continue à tenir éveillés les lecteurs de tous âges. La légende de ce roi ne cesse en effet d'intriguer et émerveiller l'Occident.»

Isabelle Grégor

Prologue du Conte du Graal

Version originale :

Donc avra bien sauve sa peinne
Crestiens, qui antant et peinne
a rimoier le meillor conte,
par le comandement le conte,
qui soit contez an cort real.
Ce est li contes del graal,
don li cuens li baille le livre,
s'orroiz comant il s'an delivre.



http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=611

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Umberto Eco Le Cimetière de Prague

« Chers libraires, le dix-neuvième siècle regorge d’événements plus ou moins mystérieux: les Protocoles des sages de Sion, célèbre faux qui incita Hitler à mettre en place l’Holocauste, l’affaire Dreyfus, mais aussi de nombreuses intrigues impliquant les services secrets de plusieurs nations, des loges maçonniques, des conspirations jésuites, ainsi que d’autres épisodes qui, s’ils n’étaient avérés, inspireraient des feuilletons comme ceux d’il y a 150 ans. Ce roman est un récit à épisodes, dont tous les personnages – protagoniste mis à part – ont réellement existé, jusqu’au grand-père du héros, auteur d’une mystérieuse missive à l’abbé Barruel, lettre qui engendra l’antisémitisme moderne. Le seul personnage de fiction du roman (mais qui ne nous en rappelle pas moins de nombreuses personnes croisées au hasard de nos rencontres) devient ainsi l’auteur de diverses machinations et complots, tandis qu’en toile de fond d’extraordinaires coups de théâtre se succèdent: les caniveaux se remplissent de cadavres, les bateaux explosent alors qu’un volcan entre en éruption, des abbés sont poignardés, des notables portent des barbes postiches, des satanistes hystériques célèbrent des messes noires, etc. L’ouvrage est illustré, à l’instar des feuilletons d’autrefois. Ces images sont des documents d’époque, et pourraient ainsi éveiller une certaine nostalgie chez le lecteur désireux de retrouver les livres de sa jeunesse. Je m’adresse également à deux autres types de lecteurs. D’abord à celui qui n’a aucune idée que ces événements ont réellement eu lieu, qui ne connaît rien à la littérature du dix-neuvième siècle et qui, donc, a pris Dan Brown pour argent comptant et se délectera avec une satisfaction sadique de ce qu’il pensera être une invention perverse, ce qui vaut également pour le personnage principal, que j’ai voulu le plus cynique et le plus exécrable de toute l’histoire de la littérature. Mais je m’adresse aussi à celui qui sait, ou du moins se doute, que je relate des faits avérés et qui, peut-être, se rendra compte que la sueur perle à son front, lancera des regards inquiets par-dessus son épaule, allumera toutes les lumières de son appartement, et devinera qu’il n’est pas à l’abri et que tout cela pourrait arriver aujourd’hui aussi – d’ailleurs, peut-être est-ce le cas en ce moment même. Et il pensera alors, comme je l’espère: « Ils sont parmi nous… »

Umberto Eco

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