Jul 2010

Féminisation des insultes et des gros mots

Caroline Caudron et Julie Populaire ont publié un article de 25 pages sur la féminisation des insultes et des gros mots, dans le cadre de l’Université libre de Bruxelles.

« 
Le Bon Usage de Grevisse n’est pas adapté aux insultes et aux gros mots, bien qu’ils soient des adjectifs et des noms communs. Nous vous proposons d’apporter votre contribution dans notre étude en répondant aux questions ci-dessous. »

Cet article est
téléchargeable ici.
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Malcolm Lowry et la kabbale

Under the volcano est l’un de mes livres culte, comme il l’est pour un grand nombre de lecteurs fervents de Malcolm Lowry.

Yvonne revient à Quauhnahuac, une ville mexicaine, pour retrouver son mari, Geoffrey Firmin, ex-consul d’Angleterre, après une séparation d’une année. Elle le retrouve au matin dans une cantina, complètement ivre après une nuit passée au bal de la Croix-Rouge. C’est le jour des morts. On suit jusqu’au soir ces personnages, à qui se joint Hugh, le demi-frère de Geoffrey, amoureux d’Yvonne. Promenades, course de taureau, errance alcoolisée, jusqu’à la mort ignominieuse du consul, tué par des para-militaires fascistes et jeté dans un ravin avec le cadavre d’un chien, alors qu’Yvonne, un peu plus loin, est foudroyée par l’orage. Mais là-dessous courent d’autres récits, surgissent des allusions, apparaissent des symboles, de sorte que le roman est comme une vaste forêt parcourue de sentiers qu’on peut prendre ou non, avec aux embranchements des panneaux signalétiques pointant vers différentes directions. Il n’est pas indifférent que le consul tente d’écrire un livre magistral sur l’ésotérisme. La réalité est une apparence, la vérité est cachée, accessible aux initiés, foisonnante, seule porteuse de sens. Quelques pistes sont données: le paradis perdu (le jardin), l’Adam primitif et androgyne de la Kabbale coupé en deux, le péché originel, la culpabilité, le mythe du bon Samaritain, le Jour des Morts mexicain, les cercles de l’enfer, la roue de la vie, la forêt primitive, etc.

Un lien vers une étude intéressante sur la kabbale dans Au-dessous du volcan: La voie la plus humide

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No se puede vivir sin amar

Un lien vers un article de Max-Pol Fouchet sur Malcolm Lowry, Au-dessus du volcan:
No se puede…
[…] Depuis Joyce, depuis les grands Faulkner, rien d’aussi important, rien qui aille plus loin et plus profond ne nous a été offert par la littérature étrangère. Au-dessous du Volcan est l’un des rares livres que notre temps imposera à l’avenir, quand le tri s’effectuera des fausses et des vraies valeurs, quand la balle sera séparée de l’épi. Je plains ceux qui ne sauront pas le reconnaître. Ici se fait le point de la critique.


Dans ce livre, non plus que dans
Ulysse ou le Bruit et la Fureur, on n’entre aisément, il est vrai. Les amateurs de non-résistance doivent demeurer sur la berge. D’ailleurs, l’œuvre confie sa garde à un premier chapitre cerbériforme! Quarante pages sans fissures, sans complaisance, sans appeau, sans attrape-lecteur, où se déploie toute la thématique de l’auteur. Premier chapitre qui est, au demeurant, le dernier. Là se résume, dans la conscience d’un personnage, avec des écarta divers, un drame accompli dont la marche noua sera révélée par la suite.

Nous voici dans une tragédie encore bouillante, et noua ignorons son développement. […]

http://dh3rm3.aikotoba.org/index.php?id=59

Paru dans le volume « Les Lettres Nouvelles — Malcolm Lowry », aux Éditions Julliard au deuxième trimestre juillet-août 1960.

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Yourcenar sur L'Œuvre au Noir

Marguerite Yourcenar parle de L’Œuvre au Noir:

http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I00005238/marguerite-yourcenar-parle-de-l-oeuvre-au-noir.fr.html

Bibliographie d’ouvrages explicatifs sur L’Œuvre au Noir, de Marguerite Yourcenar.

• BERTHELOT A, spécialiste du moyen âge et du XVIe siècle, propose un commentaire de l’œuvre, ed. Nathan, coll. Balises, 1993 (l’ouvrage présente une étude des personnages, s’interroge sur le style, pose la question du roman historique, travaille le discours réflexif et la narrativité, apporte des précisions sur la typologie de la Renaissance, les enjeux politiques et métaphysiques, l’imago mundi. Il est complété d’un lexique, d’un index thématique, de jugements critiques et de sujets d’essais et d’exposés, selon les principes de la collection).
 BORGOMANO L., André Delvaux, L’Œuvre au noir, ed. Labor, coll. Un film, une œuvre, 1988 (analyse de l’œuvre de Delvaux; on y trouve les lettres entre Delvaux et M. Yourcenar et une 3e partie qui analyse le passage du roman au film, dont le scénario a été publié en son temps dans L’Avant-scène cinéma — ce qui permettrait de travailler sur la comparaison de l’œuvre et du film).
 GALEY M., Les Yeux ouverts, ed. Folio (un excellent ouvrage d’analyse mais le plus intéressant reste les entretiens de Yourcenar avec M. Galley, où elle raconte la fin douloureuse de l’écriture du roman; voir à partir de la page 157 qui commence par la question « Comment est né le projet de l’Œuvre au Noir? »).

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Exposition Léopoldine Hugo

Léopoldine ou la jeunesse volée


Léopoldine, ou la jeunesse volée
11 mars – début septembre 2010



La Maison de Victor Hugo propose pour quelques mois dans l’antichambre de l’appartement un accrochage exceptionnel dédié à Léopoldine, la fille aînée et adorée de Victor Hugo. La jeune femme périt noyée à l’âge de dix-neuf ans, avec son mari Charles Vacquerie, quelques mois à peine après leur mariage, au cours d’une promenade en barque sur les bords de la Seine, le 4 septembre 1843. Ils furent inhumés dans un même cercueil à Villequier, où les rejoignit Madame Hugo selon ses dernières volontés, décédée à Bruxelles, le 27 août 1868.

C’est à Rochefort, où le poète faisait escale avec sa bien-aimée Juliette Drouet, qu’il apprit la terrible nouvelle, cinq jours plus tard. Rongé par la souffrance et miné par la culpabilité, il cessera d’écrire pendant trois ans.

Sont ici réunis des portraits de Léopoldine, des lettres échangées avec ses proches, des dessins que Victor Hugo lui avait dédiés lors de ses voyages ou plus tard, évoquant son souvenir, mais aussi des croquis et caricatures du poète repris par elle, des bulletins scolaires, son cahier de retraite, son faire-part de mariage et des factures de son trousseau. Quelques vêtements et accessoires de la jeune fille, reliques inestimables, sont également exceptionnellement présentés telle sa robe de mariée ou ce fragment d’étoffe rouge de la robe avec laquelle elle est représentée dans le tableau de Châtillon
Léopoldine au Livre d’Heures et dont le poète a cousu un échantillon sur le montage du portrait de Léopoldine lisant exécuté par Madame Hugo.
Objet vénéré entre tous, la robe portée le jour de sa noyade fut précieusement conservée dans une housse à gants de la jeune fille, avec cette mention de la main de Madame Hugo
: « Costume avec lequel ma fille est morte — relique sacrée ».
Ces œuvres esquissent les deux profils de Léopoldine
: la jeune fille romantique de la première moitié du XIXe siècle et la figure mythique de l’enfant chérie, qui inspira à Victor Hugo certains des plus beaux poèmes des Contemplations, ces « mémoires d’une âme », à qui le recueil poétique fut dédié et dont le souvenir fut omniprésent dans la vie comme dans l’œuvre du poète.
C’est à Léopoldine que Victor Hugo adresse ces vers poignants qui expriment l’abîme de douleur devant lequel le laisse sa disparition
:

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.


Les Contemplations, IV, XIV

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