Dec 2008

Paul Eluard dit Liberté

PAUL ÉLUARD écrit un magnifique poème

La France est bafouée, trahie, violée. La barbarie nazie règne. Les résistants s’organisent. Parmi eux PAUL ÉLUARD écrit un magnifique poème LIBERTÉ qui est parachuté sur la France occupée. Ce poème devient le cri de ralliement de tous ceux qui restent fidèles à la France éternelle. Ce poème reste à tout jamais inscrit dans la mémoire de la France.


ILLUSTRATION DE FERNAND LÉGER POUR LE POÈME LIBERTÉ

ÉCOUTER LE POÈME RÉCITÉ PAR PAUL ÉLUARD
(en REAL MEDIA 350 Ko)

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Traductions des 1001 et nuits

Choisir une traduction des contes des Mille et une nuits pour les élèves de collège n’est pas toujours une mince affaire.
Pour mémoire, une présentation des principales traductions existantes et leurs caractéristiques
:

Traduction Galland (Paris, 12 vol., 1704-1717)
La première de toutes les traductions en langue européenne et qui a fait connaître à l’Occident les
Mille et une nuits. En réalité, elle a fabriqué un recueil à part, en ajoutant de nombreux contes d’un autre genre comme Aladdin, Ali Baba, Le prince Ahmad et la fée Pari Banou, Les deux soeurs jalouses de leur cadette, Zayn al-Asnam (introduit par l’éditeur à l’insu de Galland lui-même), Codadad (id.), etc. contes qui, pour la plupart, ne se trouvent dans aucun manuscrit arabe et ont été racontés à Galland ou pris à d’autres sources.
Nombreuses rééditions, en livre de poche, Garnier-Flammarion, 3 vol., Paris, 1965 (régulièrement réimprimée).

Traduction Mardrus (Paris, 16 vol., 1899-1904)
Ajouts de contes qui n’ont pas de lien avec les
1001 nuits et reprise de ceux introduits par Galland. La traduction est parfois excessivement orientalisante, mais est encore la seule à fournir en français certains contes de l’édition Bûlâq. Cette traduction est disponible aujourd’hui chez Robert Laffont, col. Bouquin, 2 vol., Paris, 1985 (régulièrement réimprimée). La traduction est un peu « coquine », en réaction à Galland qui est un peu pudibond.

Traduction Khawam (Paris, 3 vol., 1965-67)
Publiée d’abord chez Albin Michel en 3 vol., puis reprise avec quelques modifications par Phébus, 4 vol., en 1986-7. L'édition reprend en gros le manuscrit
Galland, c’est-à-dire celui édité par Mahdî avec quelques adjonctions de manuscrits de la B. N. F. En poche, elle est publiée chez Pocket.

Traduction Bencheikh et Miquel (Paris, 3 vol., 1991-96)
La plus récente des traductions françaises, elle utilise l’édition dite de Calcutta II, semblable à celle de Bûlâq, à laquelle elle ajoute des éléments pris dans un texte semblable à celui de l’éd. Mahdî. Publiée d’abord en livre de poche, dans la collection Folio (Gallimard), elle offre une traduction complète des
Nuits dans la Bibliothèque de la Pléiade.

Traduction Burton (The Book of the Thousand Nights and a Night, Bénarès (Londres), 10 vol., 1885; Supplemental Nights to the Book of the Thousand Nights and a Night, 6 vol., 1886-88, nombreuses rééditions). Peut-être l’une des plus complètes et des plus utiles aux chercheurs. Le traducteur n’hésite pas à donner deux fois le « même » conte, lorsque d’une version à l’autre les différences le justifient. De même, il est le seul à offrir certains contes directement extraits des manuscrits.

Pour compléter ces informations,

Étude comparative d’un même passage (in
Conte du roi Shâhriyâr et de son frère le roi Shâh Zamân):

-
Version Antoine Galland: « La pudeur ne me permet pas de raconter tout ce qui se passa entre ces femmes et ces Noirs, et c’est un détail qu’il n’est pas besoin de faire; il suffit de dire que Schahzenan en vit assez pour juger que son frère n’était pas moins à plaindre que lui ».

-
Version Joseph-Charles Mardrus: « Ils se dévêtirent tous et se mêlèrent entre-eux. Et soudain la femme du roi s’écria ‘O Massaoud! Ya Massaoud!’, et aussitôt accourut vers elle un solide nègre noir qui l’accola; et elle aussi l’accola. Alors le nègre la renversa sur le dos et la chargea. »

-
Version Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel: « Ils se déshabillèrent. Les dix couples se formèrent et la reine appela Mas’ûd qui descendit d’un arbre en disant: ‘Que me veux-tu, petite maquerelle, mon petit trou, je suis Sa’d le baiseur, Mas’ûd le fortuné’. La reine éclata de rire, se jeta sur le dos et se fit monter par l’esclave ».

Enfin, le somptueux film de Pasolini, revu voici quelques jours sur une chaîne du câble, n’est pas à projeter en classe…
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Lecture en cours Verlaine par Carco

:

Francis Carco (1886 — 1958)

Mon compagnon de cette période de Noël


En rupture de ban très jeune avec la société et sa famille bourgeoise, attiré dès l’adolescence par les mauvais garçons, les lieux mal famés et les jeux de la nuit,
Francis Carco, M’sieur Francis plus tard pour la pègre, se fixe dès seize ans le programme de son existence: il sera poète.

Poète de la nuit, poète de la rue, des marlous, des Apaches, des filles du bitume, des éphèbes racoleurs, écrivain de Paname, des bordels, des caboulots et des fumeries d’opium.
Il arpente Paris la nuit, de Barbès aux Fortifs, de la Chapelle à la Bastoche, de la Place du Tertre au Quartier Latin. Avec Apollinaire, Max Jacob, Pierre Mac Orlan, Utrillo, Modigliani…, toute la bande du Lapin Agile, il vit l’épopée grandiose et misérable de la bohème dont Montmartre est le cœur.
Jésus la Caille, le môme maquillé qui fait craquer les macs et les filles sera son premier roman. Car ce fils de bourgeois encanaillé s’est promis de foutre, en pleine gueule des bourgeois, des romans musclés et pourris dont ils se lécheront les babines.
Après des années de galère, Francis Carco est lauréat de l’Académie Française et décoré de la Légion d’Honneur. Explorateur fasciné et ambigu de la misère et du crime, des êtres voués au malheur, à la déchéance et à la solitude, Francis Carco fait revivre dans ses romans tout un monde et une époque. Mais au-delà de ces témoignages de voyeur, la force de son œuvre est de nous entraîner à sa suite dans les tréfonds de l’humanité en souffrance.


Je me régale de son évocation de Verlaine, qu’Albin-Michel a eu la bonne idée de rééditer le 12-11-2008. Je suis en quête de son
Nerval et de son Villon.
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Nuit de Noël

« Un homme passa, tenant un crochet, une lanterne sourde, et chargé d’une hotte. Je le suivis.
Vers six heures, nous passâmes aux Halles. Je vis, près de la fontaine des Innocents, un homme vêtu de haillons multicolores comme une mosaïque, agenouillé devant un tas d’ordures, et cherchant des bribes d’aliments putrides qu’il mangeait avidement. Il était nu-tête et ses cheveux pendaient, roux, comme ceux du Christ. »



Guillaume Apollinaire, Œuvres en prose, « Histoire d’une famille vertueuse, d’une hotte et d’un calcul»

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Corneille documentation

Pour Corneille, les ressources de l’internet sont abondantes. Une petite sélection, donc:

- biographie
:
http://adlitteram.free.fr/donnees_auteurs/corneille/corneille.htm

- émissions, théâtre audio
:
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2006/corneille/emissions.php

- dossier dans l’excellente encyclopédie canadienne
:
http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Pierre_Corneille

- sites
:
http://17emesiecle.free.fr/Corneille.php

Corneille à Rouen
:
http://www.rouen-histoire.com/Corneille/

Point de vue historique
:
http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_MOD_078

Une émission à écouter
:
http://www.canalacademie.com/Pierre-Corneille-par-Helene.html

Propositions de lectures
Serge Doubrovski, Corneille et la dialectique du héros (thèse, 1963), Gallimard, coll. TEL
Georges Couton,
Corneille et la tragédie politique, Que sais-je? n°2174, Presses universitaires de France, 1984.
Georges Forestier,
Le Cid, Pierre Corneille: résumé analytique, commentaire critique, documents complémentaires, Nathan, 1992.
Alain Niderst,
Pierre Corneille, Fayard, 2006.
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La censure cinématographique en France

Parmi les nombreuses thèses d’étudiants que met en ligne L’IEP de Lyon, j’ai trouvé celle-ci fort intéressante :

Lionel TRELIS
Institut d’Études Politiques de Lyon
LA CENSURE CINÉMATOGRAPHIQUE EN FRANCE

Résumé

De et sous toutes obédiences politiques, la censure cinématographique s’est manifestée, passant d’une ostentation forte et institutionnalisée à une loi de l’interdit et du politiquement correct. À chaque époque sa censure. Elle consiste en tout contrôle d’une autorité publique ou privée disposant d’un pouvoir direct/indirect et discrétionnaire d’interdiction sans aucun contrôle démocratique de sa décision. La censure peut revêtir une forme larvée ou insidieuse sous l’apparence d’un contrôle anodin.
Les spécificités du cinématographe, qui est un médium « chaud » impliquent une évolution originale des notions d’interdit à l’écran et de protection du spectateur. Aussi constate-t-on le déclin progressif mais tardif et relatif de la légitimation de la censure
: on passe de la peur de l' « obscurité malsaine » à l’émergence d’une certaine liberté d’expression cinématographique. C’est l’acheminement vers la mort de la censure « archaïque ».
Les thèmes à risque, la censure militaire etc. rendent le lien infime entre censure et propagande, qui sont les deux faces d’une même médaille consistant à violer les foules, ce qui dénote une tendance à l’abrutissement et à l’instrumentalisation de la censure contre la réflexion.
L’évolution récente confirme la mutation en une censure qui ne dit pas son nom et laisse poindre une conclusion pathétique à notre démonstration.
De la censure politique à la censure économique, et de la censure économique à une pseudo-libéralisation, le Salut passe par une responsabilisation tant du spectateur que du créateur.

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Maupassant par H. Mitterand

Nous savions, depuis le colloque de Naples de juin 2006, qu’Henri MITTERAND travaillait sur les Chroniques de Maupassant.
Début novembre est paru le volume des
Chroniques, justement salué hier dans la première page du Monde des Livres
Chroniques de Guy de Maupassant Textes choisis, présentés et annotés par Henri Mitterand.
De 1880 à 1887, Maupassant « aura écrit près de deux cent cinquante chroniques, dont le présent volume offre une anthologie ordonnée selon quatre grands thèmes: société et politique, mœurs du jour, flâneries et voyages, lettres et arts. Ainsi se dessine un témoignage capital sur son époque, mais ainsi se construit aussi une part de son œuvre qu’on ne saurait négliger: dans les journaux, les chroniques alternent avec les contes ou les nouvelles, et des parentés de structure ou de thèmes ne manquent pas d’apparaître au point que l’on hésite à faire de tel texte une nouvelle plutôt qu’une chronique. Assurément, l’unité est ici celle d’un monde et d’une époque: mais c’est aussi bien celle que leur imposent le regard et la plume d’un homme qui a pu se dire « acteur et spectateur de lui-même et des autres. »
  • Relié: 1758 pages
  • Éditeur: LGF (5 novembre 2008)
  • Collection: La Pochothèque
  • ISBN-10: 2253131334
  • ISBN-13: 978-2253131335
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Le cadavre était trop grand

« Le cadavre était trop grand. Guy Môquet piétiné par le conformisme de gauche », de Benoît Rayski
Un pamphlet dont la lecture m’ôte un immense poids de la poitrine.
Benoît Rayski est en colère. Il ne digère pas les propos tenus il y a juste un an par toutes sortes d’enseignants, d’intellectuels, de journalistes et de gens se disant de gauche pour motiver le refus de lire dans les classes, comme l’avait souhaité le président de la République, la célèbre lettre écrite par le jeune communiste Guy Môquet avant d’être fusillé par les nazis.
voir
l’article du journal Le Monde
Citons Roger-Pol Droit
:
« L’insanité des arguments avancés, la bassesse de ceux qui se sont gaussés de la naïveté de cette lettre, de ses bons sentiments, de son style sans apprêt, le soulèvent d’une juste fureur. Certains profs en arrivèrent même à se prendre pour de nouveaux résistants parce qu’ils s’abstenaient d’obtempérer
!
« Écrit au vitriol, ce pamphlet fustige ce qu’il considère comme les nouveaux conformismes d’une bien-pensance qui se croit progressiste et n’est que bornée. Il dénonce
« ce déferlement de tartufferie, cet ouragan de crétinisme, cette avalanche de bêtise ». Dans la France d’aujourd’hui, à ses yeux, « la vulgarité, la bassesse et l’outrecuidance petite-bourgeoise ont en France submergé de façon durable la manière de penser les êtres et les choses », conclut Benoît Rayski. Voilà pourquoi cet homme est en colère. Sa virulence choquera sans doute. Il n’écrit pourtant ni pour choquer ni pour convaincre, mais « pour ne pas avoir honte d’être resté neutre ou pleutre face à la bêtise ».
Merci, Monsieur Rayski
!
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Max Jacob et le poème en prose

Un article de Jiří Látal sur Le poème en prose selon Max Jacob, dont voici la conclusion:


« Notre analyse, quoique macroscopique et rapide, nous autorise cependant à situer
Max Jacob, auteur du
Cornet à dés, par rapport aux autres représentants du même
genre poétique. Nos points de repère seront Baudelaire et Rimbaud.
À l’instar de Baudelaire, Jacob est un citadin, un promeneur nullement solitaire
: en
observant les gens, il s’observe lui-même, en parlant avec eux, en parlant d’eux – et
avec quelle volubilité
! – il nous livre son moi: voilà le manège de son lyrisme intellectualisé,
tendu vers l’inconnu, car ce causer agréable et poli se heurte aux mystères.
Ce qui le rapproche de Baudelaire, l’éloigne de Rimbaud
: la solitude infernale n’a
jamais été son lot.
Il y a pourtant un point où Jacob et Rimbaud se touchent
: leur méfiance envers la
métaphore. Ils préfèrent une approche directe du mystère de la réalité, un discours
bien charpenté, sobre, fonctionnel.
Les titres des textes dans
Le Cornet à dés sont leurs clés sémantiques; ils résument
leur contenu et orientent notre lecture.
Jacob réfléchit sur les données objectives de son existence. Il pré-médite l’aboutissement de son existence.
Les critiques mettent l’accent sur ses jeux de mots, ses écholalies, ses énormités
provoquant le rire. La qualité ludique et l’humour sont la conséquence de sa civilité et
le contre-point de son angoisse existentielle (germe d’une angoisse religieuse
?). À elle
seule, cette qualité ludique et humoristique ne constitue pas l’élément essentiel du
petit poème en prose selon Max Jacob.
 »

ACTA UNIVERSITATIS PALACKIANAE OLOMUCENSIS

http://publib.upol.cz/~obd/fulltext/Romanica7/Romanica7-05.pdf

ici, le compte-rendu d’une excellente biographie du poète
:

http://www.magazine-litteraire.com/content/recherche/article?id=7175

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Caricatures

Le site « Caricatures et caricature » peut être utile aux enseignants. Depuis quelques années, l’enseignement de l’histoire et des lettres recourt plus abondamment à l’image, et notamment à l’image satirique comme support pédagogique.

Dans ce site, vous trouverez des analyses qui focalisent sur des caricatures avec des notices plus ou moins longues, parfois rédigées par des enseignants eux-mêmes.

Pour les trouver, il faut cliquer sur la rubrique « Arrêt sur image ».

La rubrique « Célébrités historiques… » offre également un tour d’horizon de telle ou telle célébrité vue au travers de l’image satirique.

Enfin, dans la rubrique « Caricaturothèque », l’enseignant pourra trouver des séries de caricatures des XVe au XXIe siècle. Ces images peuvent être utilisées pour illustrer des cours.

Les enseignants pourront utiliser l’INDEX des noms et des sujets, index qui permet de balayer l’ensemble des données disponibles sur le site
: auteurs, personnages, thèmes, journaux, dessinateurs, etc...

Ceux d’entre vous qui seraient désireux d’obtenir telle ou telle image présente sur le site, mais de meilleure définition peuvent
écrire aux responsables du site.

http://www.caricaturesetcaricature.com/article-11259812.html

Un dossier sur
La Feuille et l’affaire Dreyfuss:
http://www.caricaturesetcaricature.com/article-13290992.html

Une page intéressante sur les femmes dans la caricature allemande vers 1900
:
http://www.caricaturesetcaricature.com/article-13150395.html

Quelques numéros de
L’Humanité (époque Jaurès) à télécharger.
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À voix lue

Un comédien professionnel lit des extraits choisis de textes d’académiciens ou d’auteurs reconnus.
Retrouvez ainsi les grands noms de la littérature, qu’ils soient contemporains ou disparus.
Et découvrez des textes surprenants, émouvants, passionnants.

Vous voulez quelques noms au hasard
? Arago, Barrès, Chamson, Cheng, Corneille, Curie, Genevoix, Loti, Maspéro, Romilly, Voltaire, Yourcenar… et même Flaubert (c’est vrai, il n’était pas académicien mais ses lettres autographes sont l’un des trésors de la Bibliothèque de l’Institut!)


http://www.canalacademie.com/-A-voix-lue-.html
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Céline délateur

« 2-3-1942
“Mon cher Dr Epting,
Depuis bien longtemps je m’intzeresse, et pour cause, aux antecedents de RACINE, en telle faveur suspecte a mon sens chez les juifs, dont le theatre n’est qu’une fougueuse apologie de la Juiverie. On joue rarement du Corneille au « Français » et presque tous les jours du Racine. Comme cela est suspect.
Or je retrouve quelques phrases precieuses dans un livre d’Elie Faure (juif et maçon) au sujet de Racine « issu d’une asecendance champenoise et d’une asecendance allemande » « 3 gouttes de Sang » page 225 et dans François Mauriac « La vie de Racine » de la part de Mauriac cet espec d’aveu. « La mere de Racine, Jeanne Sconin, les Sconin, violents, brutaux, de race franque et peut etre scandinave ».
Ce Sconin « scandinave » me laisse tout à fait rêveur…
Connaissez vous en Allemagne ou ici un specialiste de la question qui puisse me dire ce que signifie Sconin, est-ce juif? germain? Vraiment Scandinave?… hum… La question est posée.
A vous bien cordialement et tout dévoué LF Celine 4 rue Girardon » (transcription verbatim)
Publié par Pierre Assouline dans son blog aujourd’hui.
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/12/12/quand-celine-denoncait-racine-aux-allemands/

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La fin du Mystère de la Chambre Jaune

La fin du mystère du manuscrit de la chambre jaune

Alors qu’on le croyait définitivement disparu, le manuscrit du Mystère de la chambre jaune a été retrouvé par hasard, justeà temps pour compléter l’exposition de la BNF sur Gaston Leroux.

Longtemps considéré comme définitivement perdu, le manuscrit du
Mystère de la chambre jaune, roman policier culte de Gaston Leroux, vient d’être retrouvé par la famille de l’écrivain lors d’un banal déménagement. L’ensemble comprend quelque 200 feuillets abondamment corrigés, auxquels Gaston Leroux a ajouté de nombreux papiers collés qui modifient, complètent ou précisent le premier jet du texte. À ce stade du travail de l’écrivain, le personnage de Rouletabille s’appelle encore Boitabille, nom que Gaston Leroux abandonnera en 1907 au moment de la parution du roman en feuilleton dans L’Illustration. Les héritiers de Gaston Leroux ont immédiatement fait don du manuscrit à la BNF, où, heureux hasard, se déroule jusqu’au 4 janvier, sur le site de Tolbiac, l’exposition « Gaston Leroux, de Rouletabille à Chéri-Bibi ». Le manuscrit y a été placé le 9 décembre.


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Julien Gracq thèse

Une thèse en ligne:

Julien Gracq et la réception du romantisme allemand

http://edocs.tu-berlin.de/diss/2000/dettmar_susanne.pdf

Table
Avant-propos p. I

Première partie: culture germanique et médiations
I. La culture germanique de Julien Gracq

1. La construction de la culture germanique chez
Gracq et ses connaissances de la littérature
romantique allemande
2. L’entre-deux-guerres et le romantisme allemand
2.1 L’œuvre d’Albert Béguin (1901-1957)
2.2 L'œuvre de Ricarda Huch (1864-1947)
3. Nietzsche et Wagner

II. Le rôle médiateur du surréalisme
1. Julien Gracq et André Breton
1.1 La réception de Fichte et de Hegel
1.2 Les ancêtres romantiques du surréalisme
2. Ressemblances et différences concernant
l’accueil littéraire du romantisme allemand
2.1 Rapprochements entre Gracq et les surréalistes
2.2 Éloignements
3. Reprises de mythes romantiques

III. L’image de la littérature allemande dessinée par Gracq
1. Le domaine de la littérature allemande
2. Digression dans l’art pictural
: le peintre Caspar David Friedrich

Deuxième partie: Interférences entre Gracq et le romantisme allemand — l’individu, le monde et la nature

IV. Aspects philosophiques

1. Intériorité, désocialisation et subjectivité
2. Les traits romantiques de l’univers gracquien
2.1 La dissolution des frontières et des conditions temporelles
3. L’être humain et la nature chez Gracq
3.1 L’arrière-fond romantique
: Neue Mythologie et Naturphilosophie

V. Interférences littéraires
1. Correspondances entre thèmes et motifs littéraires chez Julien Gracq et les romantiques allemands
2. Deux études exemplaires
: la nuit et le rêve
2.1 La nuit
2.2 Le rêve

VI. La poétique du récit et des formes chez Gracq
1. Le modèle du
Bildungsroman goethéen
2. La
romantische Ironie
3. Gracq et le fragment — le modèle de Schlegel
4. Gracq et le
Märchen
5. Gracq et la poétique de Novalis

Troisième partie: Transpositions

VII. Le dialogue d’un écrivain contemporain avec la tradition littéraire
1. Le romantisme français et anglais
2. L’exemple de Kleist et de Jünger

Regard en arrière
Questionnaire adressé à Julien Gracq en janvier 1997

VIII. Bibliographie

Index
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Proust Sodome et Gomorrhe

Les cours d’agrégation de l’UNICE sont toujours en ligne, on peut fouiller dans les années précédentes pour trouver de quoi lire.
Par exemple (vidéo-conférence possible) Pierre Louis Rey
: les dialogues dans Sodome et Gomorrhe

http://www.unice.fr/AGREGATION/dialogues.html
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Verlaine et Rimbaud, une liaison en enfer

Dans les secrets de la policeQuatre siècles d’Histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la Préfecture de policeÉditions de L’Iconoclaste

Une liaison en enfer

Rapport de l’officier de paix Lombard, 1er août 1873
La scène se passe à Bruxelles. Le parnassien Robert Verlaine était marié depuis trois ou quatre mois à la sœur de Civry, un compositeur pianiste qui a été emprisonné à Satory après la Commune, pontonné, puis relaxé. Ce mariage s’était opéré au commencement ou au milieu de l’année dernière.
Le ménage allait assez bien en dépit des toquades insensées de Verlaine, dont le cerveau est depuis longtemps détraqué, lorsque le malheur amena à Paris un gamin, Raimbaud, [sic] originaire de Charleville, qui vint tout seul présenter ses œuvres aux parnassiens. Comme moral et comme talent, ce Raimbaud, âgé de 15 à 16 ans, était et est une monstruosité. Il a la mécanique des vers comme personne seulement ses œuvres sont absolument inintelligibles et repoussantes. Verlaine devint amoureux de Raimbaud, qui partagea sa flamme et ils allèrent goûter en Belgique la paix du cœur et ce qui s’ensuit. Verlaine avait lâché sa femme avec une gaieté de cœur sans exemples, et pourtant elle est, dit-on très aimable et bien élevée. On a vu les deux amants à Bruxelles, pratiquer ouvertement leurs amours. Il y a quelques temps, Mme Verlaine alla trouver son mari, pour essayer de le ramener. Verlaine répondit qu’il était trop tard, qu’un rapprochement était impossible et que d’ailleurs, ils ne s’appartenaient plus. « La vie du ménage m’est odieuse », s’écriait-il: « Nous avons des amours de tigres! » et, ce disant, il montra à sa femme sa poitrine tatouée et meurtrie de coups de couteaux que lui avait appliqués son ami Raimbaud. […] Devant sa mère, il y a une semaine ou quinze jours au plus, Verlaine a eu avec son amie [sic] Raimbaud une dispute à propos d’argent et, après toutes les injures imaginables, tira un coup de pistolet sur Raimbaud qui cria À l’assassin! […] Les faits sont exacts, informez-vous-en à Bruxelles. Peut-être est-ce Raimbaud qui a tiré le pistolet à Verlaine, car je n’ai pu savoir au juste l’auteur du revolver en jeu. Cependant je crois ma version bonne, pour la fixation du personnage. La question de l’individualité de l’assassin réservée, tout le reste est parfaitement vrai. Je transmettrai ultérieurement les autres renseignements qui doivent me parvenir sur cette affaire.

Titre: Dans les secrets de la police Sous titre Quatre siècles d’Histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la préfecture de police. Auteur: Sous la direction de Bruno Fuligni
Date de publication
: 16 octobre 2008 Nombre de pages: 336 Format: 264 x 316 mm Genre: Beaux livres, histoire Prix: 69 €
ISBN
: 978 2 91336 620 6 Code diffuseur: 957507 3

http://www.editions-iconoclaste.fr/spip.php?article1281

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Boulgakov Le Maître et Marguerite

MIKHAïL BOULGAKOV, Le Maître et MargueriteRoman

Quel bonheur de trouver un site tout entier consacré à cette œuvre majeure!
Un jeune Néerlandais présente, en quatre langues, un travail magnifique sur l’auteur et le roman, assorti de cartes, de recensions d’ouvrages critiques, de notes sur l’auteur, le contexte, les thèmes.

Bravo
!

http://www.masterandmargarita.eu/fr/index.html

Et, bien sûr, ce lien vers le texte intégral du roman (
Attention: Auteur décédé en 1940. téléchargement non autorisé en France — mais qui lirait l’ouvrage sur écran?):

Écrit sous la terreur stalinienne par un homme malade et désespéré, ce roman a mis vingt-cinq ans pour s’imposer comme l’un des chefs-d'œuvre de la littérature russe et devenir un livre culte. Les personnages de ce roman fantastique sont le diable, un écrivain suicidaire, un chat géant, Jésus et Ponce Pilate, la plus belle femme du monde… On y trouve des meurtres atroces et des crucifixions. C’est une satire acerbe, une comédie burlesque, une parodie politique, un poème philosophique dévastateur avec des fantômes et des transformations magiques. Mais cette fantasmagorie baroque, ce film noir, cette vision d’apocalypse est aussi l’une des plus belles histoires d’amour jamais écrites.


http://www.ebooksgratuits.com/pdf/boulgakov_maitre_et_marguerite.pdf

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Antisémitisme culturel

Ayant travaillé récemment sur le Faust de Goethe (je projette de mettre des cours en ligne), je m’étais interrogée sur les nombreuses mises en scène de la pièce qui représentaient Méphistophélès en « Juif de caricature »…

J’ai retrouvé dans les archives du journal
Le Monde un compte-rendu de colloque sur l’antisémitisme culturel, organisé en 2007 par le Centre d’études de la vie politique française (Cevipof/Sciences Po).

Cet article n’est plus accessible qu’aux abonnés, mais l’essentiel se trouve dans une page italienne:

http://www.pbmstoria.it/giornali2623

« Les « stéréotypes négatifs » visant les juifs peuvent se résumer à quatre figures principales: « l’ennemi du genre humain », déicide et donc diabolique; « le criminel par excellence », coupable de meurtre rituel; « l’escroc par vocation », perfide et cupide, incarné par l’usurier; enfin, le « comploteur-né », mû par l’ambition de dominer le monde. De la redoutable persistance de ces « mythes antijuifs », Joël Kotek a donné une illustration en étudiant, à partir de caricatures publiées dans la presse arabo-musulmane d’aujourd’hui, la « reprise des stéréotypes antisémites forgés par l’Europe chrétienne ». »
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Tardi Putain de guerre

Voici la dernière BD que je viens d’acheter et de lire.
Dès 1974, avec « Adieu Brindavoine » et
« la Véritable Histoire du soldat inconnu », Tardi l’antimilitariste explore sa fascination pour la guerre de 14-18; même dans ses rocambolesques « Aventures d’Adèle Blanc-Sec », on croise d’anciens poilus. En 1993, avec « C’était la guerre des tranchées », il crée des récits courts, sans héros, et adopte un format de cases horizontales, comme la vision des soldats au fond de leur trou.
Aujourd’hui, avec
« Putain de guerre! », il replonge dans « la boucherie qui ouvre le XX siècle, et dont on ne s’est pas remis ». Avec ce même format horizontal, sans bulles, il offre le monologue d’un ouvrier tourneur en métaux qui, de front en front, vit l’horreur quotidienne. Il a 20 ans. « Le type ordinaire m’intéresse, et surtout le jeune homme. Maintenant que les anciens combattants sont morts, il va enfin pouvoir ressortir. » Alors que l’histoire commence en couleur, elle va en se grisant, se noircissant… Tardi et son conseiller historique depuis trente ans, Jean-Pierre Verney, livrent un journal par année — il rêvait d’une page par jour! -, scindé entre le récit graphique et les pages de l’historien, des photos, un lexique des tranchées. « 1914-1915-1916 » est paru en journaux et en album. Une grande œuvre, du grand Tardi, sur l’absurdité du carnage (Casterman, 72 p., et les trois journaux, 20 p.).
Curieusement, depuis quelques semaines, grâce au site
Mémoire des hommes, je viens enfin de prendre connaissance des circonstances de la mort de mon grand-père, disparu lors de la bataille de la Somme en 1916. Alors que ses trois filles sont désormais disparues, sans jamais avoir rien su…

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Georges Bataille


LA SYMBOLIQUE DES MOYENS DE TRANSPORT DANS L’ŒUVRE ROMANESQUE DE GEORGES BATAILLE

Wafa GHORBEL

De prime abord, les moyens de transport ne constituent que des éléments accessoires parmi tant d’autres dans l’œuvre romanesque de Georges Bataille. Ils permettent, conformément à l’usage habituel, le déplacement des personnages dans l’espace, leurs promenades, leurs voyages, tout en favorisant leurs rencontres et leurs séparations.
Toutefois, une observation attentive permet de détecter la place importante et considérablement symbolique qu’occupent ces véhicules batailliens au sein de leur univers fictionnel. Publics ou privés, collectifs ou individuels, mécaniques ou naturels, terrestres, maritimes ou aériens, ils dépassent le cadre de leurs fonctions originelles utilitaires pour assumer des rôles beaucoup plus abstraits et inconstants au gré des situations fictionnelles qui occasionnent leurs apparitions.
Chevaux, vélos, automobiles (voitures, taxis, fiacres, coupés, corbillards, camionnettes), trains, bateaux (barques, yachts) et avions emplissent l’œuvre d’arrivées et de départs, de retrouvailles et de ruptures, d’espoir et de déceptions, de plaisir et de souffrance, d’amour et de mort. Ils permettent d’entreprendre, parallèlement au déplacement dans l’espace, un voyage périlleux, néanmoins libérateur, dans l’univers intérieur des personnages, un pèlerinage au temple des profondeurs ténébreuses de leur être, de leur obscur inconscient.
Ce voyage serait l’équivalent d’une quête spirituelle de soi, d’une série d’épreuves préparatoires à l’initiation bataillienne, d’une progression existentielle ayant pour ultime station, pour but final la réalisation du « surhomme » nietzschéen.


http://melusine.univ-paris3.fr/astu/Ghorbel.pdf

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Julien Gracq et le Graal

Deux dossiers à consulter, pour les amateurs:

Le Graal dans
Au château d’Argol et le Roi Pêcheur:

http://www.arimathie.be/articles.php?lng=fr&pg=1135

Et d’
IRENA KOZELSKÁ :

POURQUOI LE GRAAL DE GRACQ N’EST-IL PAS SAINT?
La conception du Graal dans
Le Roi Pêcheur de Julien Gracq

http://www.arimathie.be/file/kozelska01.pdf
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Vie de Henry Brulard

Intégralement sur le net, un mémoire de l’université de Paris III sur la Vie de Henry Brûlard de Stendhal:

LIVRES, AUTEURS ET LECTURES DANS LA VIE DE HENRY BRULARD DE STENDHAL
Stratégies du Moi et intertextualité
GAËL TIJOU

Mémoire de maîtrise
préparé sous la direction de M. le professeur Philippe BERTHIER

1999




http://univ.net1.yakoala.free.fr/Bibliothecaire/Auteurs/Stendhal/lecteurbrulard/Sommaire.htm
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À l'Ouest rien de nouveau

Erich-Maria Remarque, A l’ouest rien de nouveau

« 
Nous ne combattons pas. Nous nous défendons contre la destruction ».

Le livre est paru en 1929. Depuis 1918, les publications de livres ou de mémoires de guerre, en Allemagne, étaient légion. Elles étaient surtout le fait de soldats nostalgiques ou d’écrivains conservateurs (parmi les plus célèbres, Ernst Jünger,
Orages d’acier) soucieux avant tout d’exalter la virilité du combattant et les beautés, les vertus du combat.
Le premier mérite de Remarque est de rompre sans ambiguïté avec cette tradition et de briser un tabou. Les héros de Remarque — des adolescents de dix-neuf ans, contrairement aux personnages de Dorgelès et de Barbusse — dévoilent à partir de leurs expériences directes, dans un langage sans apprêt, le visage quotidien, ordinaire et odieux de la guerre. Ils dénoncent tout un arrière-plan de propagande sous-jacent à ces horreurs. Ils parlent au nom d’une génération perdue, sacrifiée, « 
détruite par la guerre, même si elle a échappé à ses grenades ».

Le roman relève de la littérature de démystification et les nazis ne s’y tromperont pas. Dès l’arrivée au pouvoir de Hitler, le livre figure sur la liste des autodafés.
Remarque détruit le mythe de la guerre, les valeurs d’idéal, le respect de la hiérarchie militaire, qu’il critique violemment ici. Il ne décrit pas de guerre de héros et de grandes batailles glorieuses. Pas d’héroïsme flamboyant, d’enthousiasme vers le sacrifice de sa vie. Ses personnages, simples, si jeunes, modestes, n’expriment que leur volonté de survivre à cette catastrophe absurde, insensée, scandaleuse. Il exprime le traumatisme de toute une génération et son pessimisme intégral le rapproche plus de Céline que de Barbusse.

Quelques pistes d’étude parmi d’autres
:
• une génération sacrifiée. Des soldats adolescents
: le « massacre des innocents »
Contrairement à la France, qui constituait ses régiments à partir des régions, des terroirs, l’Allemagne constituait ses régiments avec des élèves du même lycée
: ils se connaissaient dès l’école élémentaire. C’est très net dans le roman.
• l’horreur de la guerre
: rien d’épique, au contraire de Junger qui décrit certains bombardements comme de beaux feux d’artifice
• la mise en cause de la hiérarchie militaire qui envoie au front des adolescents sans les former
• la mise en cause de propagande
: voir l’épisode très dur du retour dans la famille, l’accusation contre les vieux professeurs qui, par leur discours militariste, ont conduit leurs jeunes élèves à la boucherie.
• une écriture sans emphase, acérée, ironique, brutale, qui procède par antithèses, antiphrases, extrêmement lisible et accessible aux élèves.

Bref, une œuvre superbe.

Je possède le dvd du film introuvable de Milestone, en VO, celui-là même qui fut brûlé par les Nazis.
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Machiavel La Mandragore

Une édition critique (établissement du texte + nouvelle traduction + commentaires), de la célèbre pièce de Machiavel, La Mandragore, vient d’être publiée aux Belles-lettres.

Machiavel, Mandragore (Édition de Pascuale Stopelli, texte traduit par Paul Larivaille, précédé d’un essai de Nuccio Ordine), Paris, Les Belles-lettres, 2008, 280 p.

« 
La seule Mandragore de Machiavel vaut peut-être mieux que toutes les pièces d’Aristophane », écrivait Voltaire. Brillante, incisive et acerbe, la pièce de Machiavel, est l’une des plus belles comédies de la Renaissance italienne et française. Travaillée par la philosophie de Machiavel, elle constitue l’image, fictive et plaisante, du Prince.

Ce volume offre la première édition critique du texte, issue des recherches de Pascuale Stopelli qui a mis en lumière nombre des difficultés de la pièce. Le texte est précédé d’un essai de Nuccio Ordine montrant les liens entre l’œuvre de Giordano Bruno, notamment
Le Chandelier, et celle de Machiavel.
Paul Larivaille est l’un des plus éminent spécialiste de Machiavel et de l’Arétin. Pascuale Stopelli enseigne la philologie à l’Université de Rome et Nuccio Ordine la littérature italienne à l’Università degli studi della Calabria, Cosenza, Italie.
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Disparition de Béatrix Beck

La romancière Béatrix Beck, qui avait obtenu le prix Goncourt en 1952 avec « Léon Morin, prêtre », vient de mourir à l’âge de 94 ans. Pour le dictionnaire des écrivains contemporains publié par Jérôme Garcin, elle avait écrit sa propre notice biographique en 1988. La voici


Née par erreur à l’étranger, ramenée en France à vingt et un jours. Comme tout le monde, assise entre deux chaises, la vie et la mort.
Souvenirs enchantés de la guerre de 1914
: avion abattu dans un petit bois de sapins derrière la maison.. Voisines évoquant les gens devenus noirs qu’on étouffait entre deux matelas parce qu’ils avaient la grippe (espagnole ou peste). Répétant complaisamment: « si la grosse Bertha tire sur Paris, ce sera la catastrophe! » Timbres-poste protégés par de mignonnes enveloppes transparentes pour servir de monnaie. Oncle en radieux uniforme militaire dans un palace. Nénette et Rintintin, petit couple de brins de laine qu’on accrochait partout. Passionnant défilé des réfugiés du Nord, à pied, en charrettes, pour qui on formait la haie en leur tendant des verres de vin, des tartines. Américains lançant des cadeaux par les vitres du train. La mère de Béatrix reçut une vache à eau.
Au lycée, espoir de découvrir Dieu (X) grâce à l’algèbre. Ambition de créer un art à nul autre pareil. Comme pis-aller écrivait quelques livres, à la fois pour faire du passé table rase et le mettre à gauche mais ne réussit pas à n’employer que des mots ressemblant aux choses qu’ils désignent (on l’a dit, le mot « maison » n’est pas du tout pareil à une maison).
Aima un apatride qui mourut en 1940 d’un coup de mousqueton à bout portant, non sans lui avoir donné une fille, présent ineffable.
Immeuble explosé pendant la guerre d’Algérie.

Adore sa langue maternelle, paternelle.

Éprouve une grande compassion pour le français, chèvre de M. Seguin attaquée par les loups du charabia. « il n’y a pas de justice sans justesse des termes ».
A trouvé dans les prés « Dieu », vainement cherché jadis au bout des équations. C’est un être féroce, autodévoreur mais génial malgré quelques ratages et si éperdument amoureux.
Stupéfaite d’exister, ne parvient pas à croire à une si dure chance. Sans aucun doute ne se verra pas mourir, qui a jamais vu ça
?


Béatrix Beck


« Dictionnaire des écrivains contemporains de la langue française par eux-mêmes », sous la direction de Jérôme Garcin, Mille et une nuits, 417 p., 24 euros.

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