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Charles BAUDELAIRE et sa mère

essai biographique

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À la différence de la
biographie de Baudelaire, vue dans ses rapports avec la création de l’œuvre, cette étude concerne ses rapports avec sa mère.
Dossier établi d’après l’ouvrage d’Albert Feuillerat, Baudelaire et sa mère publié aux éditions Variétés, Montréal, 1944,

et de la Correspondance générale de Baudelaire, éditée entre 1947 et 1953 chez l’éditeur Louis Conard.

Dans leur édition de la Bibliothèque de la Pléiade, en 1973, Claude Pichois et Jean Ziegler ont intégré ce corpus avec les lettres inédites publiées en 1966 par Philippe Auserve, chez Grasset.



Charles Pierre Baudelaire est né le 9 avril 1821.
À l’âge de six ans, son père Joseph-François est mort, et l’année suivante, sa mère Caroline s’est remariée avec Jacques Aupick, un officier. La famille a déménagé de Paris à Lyon et Baudelaire a continué ses études au Collège royal. La famille est retournée à Paris en 1836 et Baudelaire s’est inscrit au lycée Louis-le-Grand. Bien qu’il soit l’un des meilleurs étudiants de sa classe, il n’a pas obtenu son diplôme à Louis-le-Grand parce qu’il a été renvoyé. Baudelaire a fini ses études en obtenant son baccalauréat le 12 août 1839 avec un précepteur, M. Lasègue.

Il s’est installé à Paris et a commencé à vivre une vie de bohème.
Sa mère et son beau-père l’ont envoyé en voyage sur le paquebot
Les Mers du Sud à destination de l’Inde en juin 1841. Mais Baudelaire s’est arrêté à l’Ile de la Réunion et a refusé de continuer le voyage. Il est retourné en France en février 1842. Il s’est installé de nouveau à Paris.

En 1842, Baudelaire a reçu son héritage à l’âge de 21 ans, mais il dépensait trop d’argent. En juin 1843 il fallut que Baudelaire vende la maison et le domaine de son père à Neuilly à cause de ses lourdes dettes. En septembre 1844, sa mère a réuni un conseil judiciaire, une situation où un homme de loi contrôle les finances d’une personne. Baudelaire ne l’a jamais pardonné à sa mère. Le notaire Maître Narcisse Ancelle, qui a dirigé le conseil judiciaire, a estimé la fortune de Baudelaire en septembre : « Lors [de] la majorité, en avril 1842 : 100 050 francs. Au moment de la dation du conseil judiciaire ne restaient que 55 550 francs... » Baudelaire a dépensé presque la moitié de sa fortune.







Il a vécu avec 200 francs par mois pour le reste de sa vie, mais il n’a pas cessé d’emprunter de grandes sommes d’argent. Il a connu des problèmes financiers pendant toute son existence.

On lui connaît plus de quarante domiciles parisiens , la plupart du temps pour échapper à ses créanciers…

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Un autre problème a commencé pendant cette période : la dépendance aux drogues. À peu près tous les biographes de Baudelaire s’accordent sur le fait qu’il a contracté une dépendance à l’alcool et à l’opium (le laudanum) en 1847. Cette dépendance est liée à une maladie vénérienne, à des problèmes gastriques, et probablement à ce que l’on nomme aujourd’hui des troubles bipolaires.

Les problèmes financiers de Baudelaire et son usage des drogues ont créé un cercle vicieux.

D’abord, Baudelaire avait besoin d’argent pour les factures et l’opium : sans cesse il écrivait à sa mère pour lui demander de l’argent ; à cause de l’opium et de sa dépression, il ne pouvait pas travailler. Ce triste engrenage dépeint le reste de la vie de Baudelaire.



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La villa Aupick, que Baudelaire appelait « la maison-joujou », à Honfleur. Habitée après la mort de Caroline Aupick par l’écrivain Alphonse Allais, elle n’existe plus.




La correspondance de Baudelaire avec sa mère n’est pas une correspondance parmi d’autres. Elle est l’une des correspondances, sinon l’une des œuvres les plus belles du XIXe siècle, même si Mme Aupick reste presque muette, ses lettres à son fils ne nous étant pas parvenues. C’est peut-être elle qui les a détruites après le décès de Charles.

Nous possédons de nombreuses lettres de Mme Aupick à son beau-fils Alphonse Baudelaire, à Maître Ancelle, aux amis de son fils, en particulier Charles Asselineau, et au critique Sainte-Beuve.

Suspendu à ses réactions, Baudelaire s’est entièrement dévoilé à sa mère. Il ne lui a caché aucune amertume, aucune déception, aucune ambition frustrée. Elle est pour lui l’objet d’un amour confinant à la vénération et d’une violence évoquant tous les extrêmes : «
J’ai peur de te tuer, de détruire ton faible corps. […] Et cependant, dans les circonstances terribles où je suis placé, je suis convaincu que l’un de nous deux tuera l’autre, et que finalement nous nous tuerons réciproquement. Après ma mort, tu ne vivras plus, c’est clair. Je suis le seul objet qui te fasse vivre», écrit Baudelaire à sa mère le 6 mai 1861.

Leurs rapports complexes ont été finement analysés par Albert Feuillerat.

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Anne-Félicité Ducessois, épouse d’Alphonse, demi-frère du poète — photographie de 1891.



Échues à Anne-Félicité Ducessois, épouse d’Alphonse, demi-frère du poète, après la mort de Mme Aupick, les lettres de Baudelaire à sa mère franchirent inédites le cap du siècle, à l’exception de celle datée du 18 novembre 1858. Ce n’est qu’en 1917, cinquantenaire de la mort de Baudelaire, que, dans
La Revue de Paris , seront publiées cent trente lettres à Mme Aupick.


Neuf ans plus tard, Jacques Crépet faisait paraître les
Dernières lettres inédites à sa mère , comprenant cent dix-huit lettres ou fragments complétant la correspondance précédemment publiée.

Les lettres données dans ces recueils, ainsi que quelques publications occasionnelles, ont été recueillies par Jacques Crépet, avec quarante-deux lettres supplémentaires, dans la
Correspondance générale de Baudelaire, éditée entre 1947 et 1953 chez l’éditeur Louis Conard. Dans leur édition de la Bibliothèque de la Pléiade, en 1973, Claude Pichois et Jean Ziegler ont intégré ce corpus avec les lettres inédites publiées en 1966 par Philippe Auserve, chez Grasset.






Albert Feuillerat, décédé aux États-Unis en 1952, a publié à Montréal en 1942 une étude des rapports psychologiques de Baudelaire et sa mère, fondée sur une étude attentive de la correspondance, ainsi que des lettres de Mme Aupick à Charles Asselineau. Professeur à l’université Columbia puis à Yale, il a consacré deux ouvrages à Baudelaire : Baudelaire et la Belle aux cheveux d’or (Marie Daubrun), Presses de l’université Yale, 1941 ; Baudelaire et sa mère, Éditions Variétés, Montréal, 1944.


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Joseph-François Baudelaire, père de Charles

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